Lendemain d’abandon

Je devrais m’en foutre totalement. Ignorer le dégoût de moi-même. Mais, je ne peux pas. Il y a toujours ce vieux fond d’éducation qui se rappelle toujours à mon bon souvenir les lendemains d’abandon. Qu’ai-je encore fait, si ce n’est m’oublier une nouvelle fois dans les recoins sombres du net. Pas si sombres que ça en fait. Pas si sordides non plus. Juste traîner dans le grand lupanar qu’est Tumblr et partir sous un portail numérique avec un inconnu dont je ne connais ni le visage, ni le nom. Si, j’ai su son prénom, après : Axel. Un aimable garçon de bonne famille.

Je préfère qu’il ne me dise, ni ne me montre rien. Mon imagination prend le pouvoir. Il est tous les hommes dont je rêve, toutes les femmes que je désire. Peu importe qui il est pourvu que j’ai l’ivresse procurée par ses mots. J’aime ses désirs, ses fantasmes, ses « like » sur mes images exhibées. Est-ce moi ? Ou l’une de ces filles de joie impudiques qui racolent sur Twitter. Va savoir. Peu importe. C’est l’intention qui compte. L’intention de troubler, d’attraper son esprit et son corps, de les avoir à ma merci, là, entre les touches de mon clavier.

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Dans l’intervalle des lenteurs de la messagerie ou de ses autres activités, j’accomplis le voyage de mon côté. La chaleur ayant gagné mon intimité, je m’oublie entre mes doigts agiles. Puis, libérée du plaisir à assouvir, je reprends la maîtrise du jeu, lui jetant des mots sales et des nus savamment assénés. Ils continueront le travail seuls dans l’instant ou bien après. Quand il reverra plus tard ces photos coquines ou qu’il relira ma prose érotique. Lorsque l’on sait qu’il y a une vraie personne derrière le pseudo, ces mots ou ces images sont cent fois plus puissantes que celles qui défilent sans fin sur nos dashboards.

Alors, oui je sais qu’il aura eu du plaisir et que je n’y serai pas pour rien. Après, il se sentira vaguement coupable d’avoir profiter d’une « pauvre fille ». Espérant, mais sans trop y croire, qu’elle en avait eu pour son compte elle aussi. Oui, cher Axel, je n’ai pas besoin de te voir pour jouir. Aussi incroyable que cela puisse être, les mots sont bien plus forts que les images.  Et l’imagination bien plus forte que la réalité. J’aurais profité autant de toi que tu l’auras fait de moi. Et au matin, j’aurais des remords, mais aucun regret. Juste un peu plus de nausée en me regardant dans la glace. Juste un peu plus d’entrailles à vider sur mes écrans et dans mes blogs. Jusqu’à la prochaine fois.

 

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