Quentin

L’autre jour, alors que j’étais au restaurant avec des amies, j’ai aperçu quelqu’un que j’ai reconnu immédiatement. C’était Quentin le meilleur ami d’Axel, mon coup de la semaine dernière. Il était là attablé avec une très jolie blonde. Un instant nos yeux se sont croisés et je l’ai vu froncer les sourcils. Puis, son regard s’est perdu dans le vague comme s’il cherchait où il avait bien pu me rencontrer.

Un peu nerveuse, alors que le repas touchait à sa fin, je suis sortie à l’extérieur fumer une cigarette. Et voilà qu’un instant plus tard, je l’ai retrouvé dehors à me demander du feu. Après avoir de nouveau croisé son regard bleu azur, il s’est adressé à moi :

  • C’est vous, n’est-ce pas ? La jeune femme de l’autre jour chez Axel ?
  • Oui.
  • J’avais du mal de vous reconnaître.
  • Oui avec beaucoup moins de maquillage et mal peignée, je comprends.

Nous avons éclaté de rire.

  • Axel est bouleversé depuis cette soirée. Il m’a dit que vous ne répondiez plus à ces appels, ni à ses messages.
  • C’était une aventure d’un soir. Voilà tout.
  • Il s’attache toujours trop vite et après ça finit mal.
  • S’attacher à quelqu’un est très dangereux. C’est se bercer d’illusions et souffrir à tous les coups.

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Sur ces mots spirituels de bazar, j’ai écrasé ma cigarette et je suis retournée dans la salle, aussi fière et arrogante qu’une reine un jour de couronnement. Il m’a suivi quelques secondes plus tard.

  • Je croyais que tu avais arrêté de fumer. M’a lancé Marjorie la perfide.
  • Eh bien , j’ai repris…
  • Tu le connais le type qui était dehors à fumer avec toi ? M’a interrogé Aurelie la chipie.
  • Oui, c’est le meilleur ami d’une connaissance.

Je suis restée évasive alors qu’elles étaient toutes là à essayer de me cuisiner.

  • Ah, Jul’ et ses mystérieux amants… A soupiré Chloé la romantique.
  • Moi, je croyais que t’étais devenue lesbienne. J’ai dû rater un épisode… A gloussé Mina la brute de décoffrage.
  • Les filles, arrêtez de vouloir toujours enfermer les gens dans des cases ! Je vis ma vie comme je peux.

Pendant que je j’essayais de me dépêtrer de l’interrogatoire en règle de mes amies, j’ai vu la jolie blonde qui accompagnait Quentin, se lever, ramasser ses affaires et quitter le restaurant avec précipitation. Le jeune homme semblait gêné et s’est dirigé peu après vers la caisse pour régler. Puis, il a quitté les lieux et a couru derrière sa compagne. J’ai souri. J’espérais secrètement être la cause de cette brusque crise de jalousie.

Et, j’en ai eu la certitude le soir même. Alors qu’il était déjà fort tard et que je m’apprêtais à aller me coucher après avoir écrit tout le reste de la soirée,  j’ai reçu un appel sur mon mobile. Je ne sais pas pourquoi j’ai répondu. Sans doute que je devais tenir ce téléphone pour le ranger avant de monter dans ma chambre. Donc, j’ai décroché et j’ai entendu la voix de Quentin. Du moins, il m’a semblé le reconnaître, car il n’était pas dans son état normal. Drogué ou alcoolisé, j’aurais dit.  Il m’a raconté alors toute l’histoire vécue après son départ anticipé du restaurant. Effectivement, Noémie – sa copine – lui avait fait une scène parce qu’il n’avait pas voulu lui avouer qu’il me connaissait. Elle était sortie de ses gonds lorsqu’il lui avait balancé, agacé, qu’elle n’avait ni ma classe, ni mon intelligence. Après qu’il l’eut rattrapée et que le couple fut rentré dans leur demeure commune, une nouvelle dispute avait éclatée, plus violente encore. Toutes les vieilles rancoeurs et les non-dits avaient volé dans la pièce ainsi que divers objets. À la fin, Quentin a été sommé de quitter l’appartement. Tout était fini entre eux. Après avoir réalisé une tournée de quelques bars, il avait fini par se rendre chez son ami Axel.  Là, alors que ce denier était parti lui chercher des couvertures pour passer la nuit sur le canapé – que j’avais bien connu – il en avait profité pour récupérer mon numéro sur le mobile de son meilleur ami. Puis, ne trouvant pas le sommeil, il avait décidé de m’appeler.

  • Je suis prêt à aller plus loin qu’Axel.
  • Que sais-tu de ce j’ai pu faire avec Axel ?
  • Tout. On se raconte toutes nos histoires de cul. Je veux t’adorer comme la princesse que tu es. Il m’a montrer les photos de ta chatte. Je veux te bouffer pendant des heures, jusqu’à ce que tu jouisses encore et encore. Tu feras de moi ce que tu veux. Je serai ton esclave.
  • C’est bien tentant tout cela, mais on en reparle lorsque tu seras sobre. Bonne nuit et pas la peine de me rappeler, je vais éteindre ce téléphone et monter me coucher.

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Au matin, lorsque j’ai allumé mon mobile, j’y ai trouvé un nombre incalculable de messages SMS et vocaux de lui où il me déclarait sa flamme et me décrivait tous ses  fantasmes. En fin de matinée, j’ai eu un nouvel appel de lui. Cette fois, il était redevenu sobre et lucide.

  • Désolé Julia. Je ne sais pas pourquoi je t’ai harcelée de la sorte. J’ai honte. Mais, j’ai eu comme un coup de foudre depuis la première fois où je t’ai vu. C’est très violent. L’alcool et les stupéfiants ont libéré ma parole. Oui, j’ai envie d’être à toi. D’être ta salope.

La déclaration de Quentin m’avait mise dans tous mes états. Si Axel était beau garçon, Quentin était vraiment magnifique. Du genre qui peut avoir toutes les filles qu’il veut. Comme la jolie blonde de l’autre jour. Une parfaite Barbie qui devait le faire tourner en bourrique. Mais la belle ne devait pas avoir assez de vices sous sa jolie peau de princesse. Lui, il voulait de la passion, aller au delà de ses limites, prendre des risques et se brûler les ailes. Vu de l’extérieur, c’était parfaitement incompréhensible, mais c’était sans connaître la complexité de la psychologie humaine. Avec mon aura sulfureuse – même si elle n’était qu’une illusion – j’étais la femme rêvée pour lui. La femme de ses fantasmes.

J’étais partagée entre l’attraction sexuelle et la raison qui avait positionné tous les voyants au rouge. Il y avait 100% de chances que cette relation vire à la catastrophe et que j’y perde des plumes. Mais, je me suis décidée rapidement en songeant que tant que j’y gagnerai de l’encre pour alimenter ma plume et mes écrits, il n’y aurait pas mort de femme. Je lui ai donc proposé une invitation à boire un verre dans un bistrot sympa de ma connaissance. Vu son comportement hystérique passé, j’avais jugé qu’un lieu public était beaucoup plus prudent.

Il est arrivé à l’heure, parfaitement sobre et arborant un joli sourire ainsi qu’un look impeccable. J’ai commandé les boissons et j’ai commencé à entamer la discussion.

  • Toujours à squatter chez Axel ?
  • Non, j’ai loué un studio meublé en attendant de trouver mieux.

Je l’ai trouvé encore plus beau que les fois précédentes. Il était calme et posé. Parfaitement maître de lui même. Je regrettais un peu de ne pas l’avoir invité chez moi. Mais, j’avais envie de prendre mon temps avant de déguster ce fruit magnifique. Après plus deux heures de discussions aussi diverses qu’agréables, juste au moment où j’allais prendre congés , il sortit une enveloppe rouge de sa poche.

  • Pour toi.

Alors que je m’étonnais de ce mystérieux cadeau, il me fit signe de la tête de l’ouvrir. J’y ai découvert une petite clé ainsi qu’une photo de lui en pieds et nu avec juste une de ces « cages »  de métal emprisonnant son sexe.

  • Je la garderai jusqu’à ce que tu me rappelles.
  • Et si je ne te rappelle pas ?
  • J’espère au moins que tu trouveras le moyen de me rendre cette clé sinon je serai dans l’embarras.

Face à sa mine comique, j’ai ri. Puis, je l’ai quitté après deux bises sages sur ses joues avant de regagner mon appartement.

Là, j’ai décroché la chaîne d’argent qui pendait à mon poignet. J’y ai glissé la petite clé et j’ai réajusté le bracelet. Le beau Quentin avait non seulement semé le trouble dans mon esprit, mais il avait aussi repris l’avantage dans notre jeu de domination. Sous ses dehors de soumis, il était parfaitement maître de la situation. Cependant, s’il avait marqué cette fois, j’en gardais sous mes talons aiguilles et la suite des évènements promettait d’être aussi imprévisible qu’excitante.

NDLR : Vous l’aurez compris, il s’agit d’un récit totalement imaginaire. Bientôt transformé en roman sur Scribay.

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