La soumise

Un matin, alors que j’étais attablée dans mon bar habituel, je remarquai une drôle de femme assise non loin de moi. Je l’avais déjà croisée auparavant, mais je ne sais pas pourquoi elle ne m’avait pas particulièrement intéressée jusque là. Cachée derrière les pages du Canard enchainé, je l’observais discrètement tout en lisant les mésaventures de Dame Pénélope, une châtelaine sarthoise qui faisaient les gros titres de l’actualité politico-judiciaire.  En fait, ce qui avait attiré mon regard cette fois, c’était les marques de ce que je devinais être un harnais clouté sous sa fine robe de laine noire. N’importe qui d’autre aurait pensé à la forme d’un soutien gorge, mais dans mon oeil exercé à mater de l’érotisme sur Tumblr, il n’y avait aucun doute.

Je songeai que décidément les petites brunes insignifiantes étaient bien les plus coquines. Les cheveux longs ramassés en un vague chignon, peu de maquillage, quelques rondeurs bien placées, elle n’avait pourtant rien de ces déesses porno chic des magazines. C’était juste une fille ordinaire avec probablement une intense vie privée. Rentrait-elle d’une fête galante ou partait-elle pour un rendez-vous coquin ? Je lui imaginais mille étreintes. Finissant son café, elle jeta un coup d’oeil alentour et croisa mon regard brillant qui la fixait. Mal à l’aise, elle détourna les yeux et quitta rapidement les lieux après avoir payé.

Je ne sais pas ce qui me prit à cet instant, un coup de coeur peut-être, un coup de folie sans doute. Je décidai de la suivre à bonne distance. Tout en la filant, je passai un coup de fil au bureau pour me faire porter pâle. Je n’avais jamais fait ça auparavant. Mais, il fallait un début à tout, car qui ne tente pas le diable ne vit qu’à moitié. Je me sentais dans la peau d’une chasseresse traquant sa proie au milieu de la jungle urbaine.

Alors que les ruelles succédaient aux boulevards et aux avenues, mes pas bottés résonnaient sur le bitume. Elle s’arrêta enfin au pied d’un immeuble ancien, tapota sur un digicode, puis poussa une lourde porte cochère. Je restai immobile de l’autre côté de la rue, soudain étrangement hésitante. Lorsque je vis que la porte ne se refermait pas, j’osai traverser et m’aventurer dans l’immeuble. Là, une main chaude m’attira à l’intérieur. C’était elle. Elle posa un doigt sur mes lèvres et me fit signe de la suivre.

Lorsqu’elle monta l’escalier, j’admirai le chaloupé de sa croupe envoûtante. Heureusement pour mon coeur qui battait la chamade, il n’y avait qu’un étage à gravir. Là, elle me fit pénétrer dans son petit deux pièces en désordre. Après avoir refermé la porte, je l’attrapai brutalement par les cheveux :

  • C’est quoi tout ce bordel ? Petite salope, tu vas me ranger tout ça immédiatement !

Encore surprise par la violence de mes propres propos, je m’attendais à recevoir une claque. Mais elle baissa les yeux, puis retira son manteau et sa robe. Elle ne garda que le harnais de cuir qui lui enserrait les seins et ses bas noirs qui tenaient tout seuls. Constatant qu’elle était aussi sortie sans sous-vêtements dans la rue, je jubilai intérieurement. Très coquine assurément.

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Puis, ainsi nue, elle courut dans tout l’appartement pour débarrasser la vaisselle sale, jeter les paquets de biscuits vides et ramasser les vêtements qui traînaient à droite et à gauche. Lorsqu’un fauteuil fut enfin libéré, je m’affalai dessus tout en continuant  à la surveiller d’un regard sévère. Pour me donner meilleure contenance, j’allumai aussi une cigarette sans lui demander si j’avais le droit de fumer.

Une fois le ménage terminé, elle revint dans la pièce à quatre pattes, tenant une badine entre les dents. Gracieuse comme une féline, ses beaux seins pendus s’agitaient sous ses pas. Arrivée à ma hauteur, elle déposa la badine sur mes genoux, puis elle se tourna et me présenta ses fesses charnues. Comme elle était bien cambrée, je découvrais avec plaisir sa vulve épilée et luisante. J’aurais voulu y fourrer ma langue, mais je me retins. Je devais m’en tenir à mon rôle de dominante. Je fis donc glisser de haut en bas la badine entre ses fesses. Je frappai par petits coups sur ses petites lèvres gonflées. Par moment, je caressai l’arrondi de ses fesses immaculées tout en alternant avec de légères frappes qui y laissaient de fines traces roses.

Par la suite, comme dans un ballet sans doute mille fois exécuté, elle me fit face et se baissa profondément jusqu’au sol. Là, elle commença à lécher les pointes et les talons de mes bottines lacées. Lentement, très lentement.  Impeccablement penchée, à chaque mouvement son cul se relevait et j’en profitai pour agiter la badine dans le creux de ses fesses.

Alors que je relevai ma jupe et écartai les cuisses, elle comprit qu’il était l’heure de passer l’étape suivante. A genoux, elle s’avança jusqu’à moi et enfonça sa bouille devenue étonnamment lumineuse entre mes cuisses. Après m’avoir amplement chauffée par dessus collant et petite culotte, elle me retira délicatement mes vêtements et poursuivit goulûment son office plus en profondeur. La soumise était douée. De trop même. N’y tenant plus,  je l’attrapai de nouveau par les cheveux et la poussai sans ménagement le dos contre le sol en parquet ciré.  Puis, je m’installai à califourchon sur son visage. Me penchant en arrière, je tendis une main qui s’enfonça brutalement dans son vagin humide. Je secouai vivement mon membre dans son intérieur tout en exécutant avec mon bassin des va-et-vient sur sa face en extase. Je m’oubliai bien vite sous sa langue experte et je me levai aussitôt.

Peu après, l’attrapant par la main qu’elle me tendait,  je la jetai sur le canapé. Puis, tirant sur son harnais,  je poursuivis mon violent travail de fouille de ses entrailles dégoulinantes en alternant avec des claques sur son beau fessier rond.

  • Petit chienne, tu mouilles comme une grosse truie.

A mes mots crus, elle s’abandonna bien vite et je sentis sur ma main, maintenant entièrement en elle, l’étreinte de son plaisir. Je me retirai peu après sans un mot. Je fis escale dans le couloir pour souffler un peu, je n’en revenais pas d’avoir fait toutes ces choses. Ce n’était pas moi. Je filai vers la salle de bain comme pour me débarrasser de toutes ces mauvaises pensées qui commençaient à me pourrir l’esprit.

Peu de temps plus tard, alors que je me séchais après avoir emprunté sa douche, elle réapparut toute souriante.

  • Au fait, je m’appelle Clara. T’es trop nulle comme Dom’, mais j’adore le goût de ta chatte !

Je souris. Je me doutais bien que la vraie vie de luxure, ce n’était pas comme dans les romans.

Puis l’attrapant par le menton :

  • Toi par contre, t’es une parfaite soumise. Belle comme dans les rêves les plus sombres.
  • Poétesse de roman de gare avec ça ! Dépêche-toi de te rhabiller, j’ai un rencard d’ici quelques minutes.

Je ne savais si c’était vrai ou juste une ultime bravade, mais je me hâtai, ne cherchant pas non plus à rester plus longtemps. Encore un coup d’un matin qui me laissait un goût amer. Comme une fuite en avant dans un monde froid et gris où l’amour n’existait plus.

 

 

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