La diablesse

J’attendis la nuit pour répondre à l’invitation de l’allumeuse. Arrivée en bas de chez elle, nerveuse, j’allumai une cigarette. J’avais repris alors que j’avais arrêté depuis des mois. Puis, je composai le numéro écrit au dos du papier qui me convoquait chez elle et je lui indiquai que j’étais là. A cet instant je vis sa silhouette s’approcher de sa fenêtre. Je lui fis signe de descendre.

Peu de temps plus tard, elle se retrouva à mes côtés sur le trottoir. Là, je lui posai un doigt sur les lèvres et l’attrapai par la main. Autant intriguée qu’amusée, elle se laissa guider par mes soins jusqu’à une ruelle peu éclairée à deux pas du boulevard.

Je la tirai vers l’obscurité du lieu. Je la sentis vaguement inquiète. Mais, alors que je la poussai contre un mur, elle relâcha toute résistance à l’instant où je la collai de tout mon long et lui glissai ma langue entre ses lèvres charnues.

Elle sentis l’objet que j’avais caché sous mon manteau et redoubla de sensualité dans l’étreinte. Je lui massais maintenant ses petits seins fermes par dessus la nuisette de satin noir qu’elle portait sous son manteau. Je la voulais plus que jamais. Puis, je cheminai plus en bas, entre ses cuisses, où je constatai, sans n’en avoir aucun doute, l’humidité de son intimité.

Elle profita que j’étais occupée à la fouiller avec frénésie, pour tirer quelque chose de sa poche qu’elle fourra ensuite dans sa bouche. Puis m’attirant à elle, elle fit circuler un cachet vers le fond de ma gorge. Je ne pus que l’avaler. Je supposai qu’il s’agissait d’une drogue quelconque.

Agacée, je la retournai face au mur et relevai son manteau. Elle me tendait son admirable postérieur qui luisait sous les lumières blafardes. J’ajustai mon gode ceinture avant de la pénétrer activement tout en lui tirant sur les cheveux. Elle haletait de plaisir, une de ses mains s’agitant entre ses cuisses.

Je lui murmurai des mots sales, ceux qu’elles appréciaient tant. Elle me murmura de la posséder plus à fond en m’indiquant ses préférences. Je souris en retirant le bijou qui habitait le lieu en question et le glissai dans ma poche. Puis, j’attaquai l’orifice laissé vide où mon phallus de plastic s’enfonça avec un peu plus de difficulté. Je la besognai ainsi pendant de longues minutes. Visiblement elle appréciait fort l’exercice et faisait durer son plaisir.

Pour ma part, le contexte et le frottement du gode sur ma vulve m’avait déjà transportée over the edge. De son côté, je compris qu’elle ne pouvait tenir plus longtemps et je sentis bientôt la réalité de sa jouissance. J’attendis en elle les derniers soubresauts de son orgasme avant de me retirer. J’avais maintenant la tête qui tournait terriblement. Je décidai de l’abandonner là et de m’enfuir sans un mot dans la nuit.

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Sur mon chemin, j’entendis résonner son rire de démente. Je pressai le pas jusqu’à ma demeure qui heureusement n’étais pas très éloignée. Arrivée chez moi, je filai sous la douche où je m’effondrai tout habillée. Mon coeur battait la chamade, je ressentais une soif intense alors que ma mâchoire se crispait fortement. C’était les effets de la drogue qu’elle m’avait fait avaler. Je reconnaissais les symptômes de l’extasy pour y avoir déjà goûté, mais avec une moindre dose. Le reste de la nuit fut terrible. J’entendais son rire qui tournait en boucle dans ma tête entre deux allers-retours vers la salle de bain.

Au matin, je semblai aller mieux, mais je fus prise d’une terrible crise d’anxiété m’obligeant à rester chez moi. La diablesse m’avait bien eu. Face à ce very bad trip, je décidai qu’il était temps que j’arrête mes folies et les filles de l’ombre. Il me fallait de la lumière. L’éclat du soleil pour me sortir de ma dangereuse fuite en avant.

Le lendemain, remise, je quittai enfin mon logis. Plongeant ma main dans la poche de mon  manteau pour trouver mon briquet, je tombai sur le bijou coquin de l’ange des ténèbres. Je décidai alors de me diriger vers le fleuve qui était à deux pas. Là, après avoir un instant admiré les reflets de diamant de l’objet, je l’envoyai au fond de l’eau. Je le vis disparaître dans l’onde comme une offrande aux dieux.

Les jours suivants je changeai de route et de bistrot.

 

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