A chaque jour suffit sa peine

NDLR : Ce texte fait suite à « Quentin »  précédemment publié sur ce blog.

Après mes mésaventures lesbiennes, je m’étais concentrée sur mon activité professionnelle histoire d’oublier mes déboires. Mais, je ne me doutais pas que, là aussi, mes pérégrinations passées et privées  finiraient par me rattraper.

Ainsi, il y a une semaine, alors que j’accompagnais mon boss pour une présentation de projet chez un client du monde bancaire, j’y retrouvai quelqu’un que je n’attendais pas.  Tout avait bien commencé pourtant. Reçus avec égards par le directeur, nous étions confortablement installés dans une salle de réunion parfaitement équipée. L’ambiance était détendue et le powerpoint prêt à être déroulé sans encombre.

Cependant, parmi les participants de la réunion, je reconnus de suite la longue silhouette et le regard bleu de Quentin. Quelques semaines plus tôt, je l’avais éconduit, en lui renvoyant la clé de son intimité avec des mots très durs : «  Va te faire soigner ! ». Alors que je n’étais pas jusque là du tout stressée par mon intervention, tout d’un coup un énorme trac m’envahit.  Je démarrai la présentation d’une voix chevrotante. Mon boss s’en étonna du regard, puis me sourit pour m’encourager.

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Mais, à peine avais-je déroulé quelques pages, que mon ex soupirant commença à alterner questions perfides et remarques cinglantes. Par la suite, à mesure de l’avancée de ma démonstration, je me décomposais littéralement, au grand dam de mon patron qui fut obligé de reprendre la main avant la fin. Je restai muette jusqu’au final, adressant juste des regards noir à destination de mon contradicteur qui semblait plutôt satisfait de lui.

A l’issue de la réunion, je saluai brièvement les participants, puis je me dirigeai vers les toilettes. J’étais écarlate. Alors que je me rafraîchissais le visage, quelqu’un entra dans la pièce. C’était Quentin. Sans me retourner, je lui balançai sèchement : «  Alors, content de toi ? » . Il se positionna juste derrière moi, et me fixant dans le miroir, il me provoqua de sa voix terriblement sensuelle : «  Je suis désolé maîtresse. Ce que j’ai fait mérite une très, très grosse punition ».

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A cet instant, je me retournai face à lui. Et, plongeant mon regard sombre et dur dans ses yeux bleus aux longs cils de biche, je lui murmurai vertement : «  Va te faire… Soigner ! ». Il tomba à cet instant à mes pieds dans un mouvement digne des meilleures drama queens.  Puis, me fixant du sol d’un air de chien battu, il me déclara d’un air innocent : «  Le seul remède dont j’ai besoin, c’est vous maîtresse ! » Il embrassa ensuite mon escarpin. Je le repoussai fermement. Il se releva et se plaça dans un coin de la pièce, la tête baissée. Je m’étais tournée de nouveau vers le miroir et je l’observai de là, immobile et soumis.

Je ne sais pas ce qui me prit peu après, mais d’un coup de tête, je lui ordonnai : «  Nous y allons maintenant. Cette punition ne peut être remise à un autre jour ! » A ces paroles, j’aperçus son visage s’éclairer. Nous sortîmes des toilettes, l’un après l’autre. Puis, je rejoignis mon patron qui était en grande discussion avec notre client. Ce dernier lui avait semble-t-il adressé des excuses pour le comportement déplacé de son jeune collaborateur.

Peu après quelques échanges d’amabilités, je raccompagnai mon boss jusqu’à sa voiture, tout en établissant avec lui un plan de bataille pour la réunion suivante. Je le laissai partir avant de poursuivre le jeu avec Quentin. Je fis signe à ce dernier de me suivre avec son véhicule.

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Quelques minutes plus tard, je quittai la ville en direction de la campagne environnante avant de m’arrêter en bordure de forêt, après avoir emprunté un petit chemin désert. Là, je descendis et pris sous le bras une corde qui traînait dans mon coffre. Puis, sans un mot, j’ordonnai à mon infatigable soupirant de me suivre. Nous nous enfonçâmes dans les bois. J’étais en quête d’un gros arbre bien solide.

Lorsque je trouvais enfin le support adéquat, je sommai Quentin de se déshabiller entièrement. Il obéit avec plaisir.  Lorsqu’il fut totalement nu, je constatai avec effarement qu’il portait toujours la cage de chasteté qui emprisonnait son sexe. «  Par amour pour vous maîtresse » me lança-t-il fièrement. Je songeai qu’il avait sans doute perdu la raison, même si je le trouvais toujours aussi merveilleusement beau. Son corps mince d’albâtre, ses yeux bleus, sa bouche pulpeuse… Mais, je repris vite mes esprits pour poursuivre mon plan. Je lui demandai de se coller le dos contre l’arbre et ensuite je l’attachai solidement avec la corde. Enjoué et confiant, il se laissa faire. Après, sortant un feutre noir de ma poche, j’inscrivis en gros sur le haut de son torse slut, juste pour rappeler les origines anglaises du jeune homme.

 

Cependant, alors que je ramassais ses vêtements et les emportais avec moi, son beau visage s’assombrit : «  Vous n’allez pas me laisser ici tout seul maîtresse ? ». Je lui souris d’un air sadique : «  Tu ne m’avais pas dit que ton comportement de cet après-midi méritait une punition exemplaire ? ». Il baissa la tête, comme pour faire mine d’accepter sa sanction. Je tournai alors les talons d’un pas décidé. Alors, qu’il devait sans doute ne plus m’apercevoir à l’horizon, j’entendis ses appels à l’aide qui furent de plus en plus étouffés à mesure que je m’éloignai du lieu où il purgeait sa peine.

De retour au parking, je fourrai les vêtements de Quentin dans son véhicule, prenait le volant de ma voiture puis regagnai la ville. Là, je déposai la clef de l’Audi du jeune homme dans la boîte aux lettres de son meilleur ami Axel, puis je filai à mon domicile. Je ne dormis pas bien du tout cette nuit là, cauchemardant sur tout ce qui pouvait arriver à mon aspirant soumis.  Je me levai à l’aube et adressai un SMS à son copain. J’y décrivais les coordonnées GPS du lieu où il pouvait retrouver son ami et celui où j’avais mis la clé de son automobile.

 

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Quelques heures plus tard, je reçus un message en retour d’Axel qui m’indiquait avoir retrouvé Quentin un peu choqué, mais en bonne santé. J’espérais que cette humiliation serait suffisante pour que ce dernier abandonne, mais peu de temps plus tard, j’aperçus un message de lui sur mon téléphone professionnel : «  Maîtresse Julia je vous aime à la folie. J’ai adoré la punition que vous m’avez infligée. Axel était furieux. Nous nous sommes disputés lorsque je lui ai dit que je vous appartenais. Soyez assuré de ma soumission totale. J’attends avec impatience ma prochaine sanction pour vous avoir envoyé ce message. Votre petit Q. »  Lisant ces mots, je soupirai. Mais, bien vite le sourire revint sur mon visage lorsqu’une nouvelle idée de châtiment traversa mon esprit. Le beau Quentin méritait mon attention cruelle et, surtout, il m’amusait. Mais, il devrait attendre. A chaque jour suffisait sa peine.

 

 

 

 

 

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