Le petit guide illustré de l’apprentie dominatrice

Alors voilà, dans la réalité, je suis une apprentie dominatrice, tombée une nuit sur un vrai soumis. Un soumis d’expérience ayant fréquenté le milieu depuis une vingtaine d’années. Il a reconnu en moi les stigmates d’une parfaite dominatrice. D’une pure. D’une non vénale.

Alors forte de cette révélation, je me suis donnée l’objectif de devenir, tant qu’à faire, une spectaculaire dominante. De ce fait, outre les objets dont je disposais déjà comme mes Louboutins, j’ai décidé d’acquérir un corset de bonne qualité. J’en trouvais un sur le site anglais Corset Story. J’ai aussi acheté de jolis bas en voile pour complété la panoplie.

Photo : Julia Vernier 2018 

Pour le matériel de soumission, le parcours de la combattante ne faisait que commencer. Pour le collier et la laisse, le soumis m’ a conseillé d’aller sur un site de produits pour animaux. Là, j’ai choisi un collier à clous très rock, en version gros chien ainsi qu’une laisse en métal. Après tout, il y a quelque chose du chien (ou plutôt de la chienne) chez ces chers soumis.

Photo : Julia Vernier 2018

J’ai eu plus de mal à trouver la cravache. J’ai été d’un magasin de sport à l’autre, sans trouver son bonheur. Alors, j’ai décidé, au final, de prendre le mord aux dents, et de me rendre directement dans un lieu spécialisé dans l’équitation. Là, un coup d’oeil rapide m’a fait tomber sur les cravaches qui se trouvaient dans de grandes corbeilles. J’en ai choisi rapidement une qui me plaisait. Ensuite, j’ai filé direct à la caisse et j’ai payé en liquide. La vendeuse hilare m’a demandé tout de même si je voulais une carte de fidélité. Je lui ai répondu non en souriant. Je ne devais pas être la première à ne pas faire du cheval et à entrer dans sa boutique.

Photo : Julia Vernier 2018

Néanmoins, voyant la longueur de la cravache, je me doutais que j’aurais du mal de la transporter discrètement. Je conclus qu’il fallait que j’achète un grand sac de sport. Ce que je fis. Néanmoins, arrivée chez moi, j’ai vu qu’une poche intérieure m’empêchait de ranger l’objet. Ni une , ni deux, un coup de ciseaux a fait l’affaire.

Une dominatrice ne peut prendre l’avion avec son bagage à main. Elle doit prendre le train, c’est plus long. Mais, elle peut aussi en profiter pour préparer son scénario. Comme une sportive qui voit le parcours avant de se lancer. Le scénario doit être vu dans les détails. Avant. Une dominatrice ne doit pas hésiter. Cependant, comme pour tout, j’ai tendance à procrastiner. A m’y prendre à la dernière minute.

Photo : Julia Vernier 2018

Il me manquait cependant un accessoire très spécialisé. Et il ne me restait plus de temps pour le trouver sur internet. Alors, je décidai de me rendre dans une boutique de Paris spécialisée dans le BDSM Démonia . Tous m’en avaient parlé. C’était un lieu incontournable pour les gens du milieu. Et donc, un endroit indispensable à visiter. Même si je n’avais jamais osé franchir les portes d’un sex shop, le challenge me paraissait amusant, surtout pour quelqu’un qui écrit sur ce genre de trucs. J’ai pris le métro et j’ai atterri dans le quartier très populaire de Belleville. Là, je me suis faufilée boulevard Oberkampf jusqu’à une petite rue adjacente. Le lieu ne payait pas de mine. Juste une grande porte rouge en métal. Après avoir pris ma respiration, j’ai franchi cette porte, et après avoir poussé un lourd rideau de velour rouge, j’ai enfin pénétré dans les lieux. Ça ressemblait à une caverne d’Ali Baba du BDSM. Mais, je n’ai pas traîné. J’ai filé en direction des objets que je recherchais. Pour lui. Pour eux. Des trucs dont ils m’avaient parlé. Après les avoir trouvés, j’ai gagné rapidement la caisse où une jeune caissière piercée m’a encaissée et m’a donnée une carte de réduction. Je n’ai pu retenir un sourire avant de partir et de fourrer les objets dans mon sac à main. Après, quoi de plus normal que de se balader avec un bâillon et des pinces à seins dans le métro (Bon avec une Opinel aussi mais ça c’est une autre histoire).

Photo : Julia Vernier 2018

Fin prête et équipée, je devais rencontrer ce fameux soumis expérimenté ce week-end. Cependant, il m’a méchamment manqué de respect ( volontairement ? ) deux jours avant notre rendez-vous. J’ai préféré abandonner. Une dominatrice doit sentir de la dévotion, sinon elle ne peut devenir ce qu’elle est. Ce n’est que partie remise avec d’autres qui, eux, seront motivés. Il est bon de savoir que comme tout homme lambda, le soumis n’est pas plus fiable qu’un autre. Donc, tous les plans b, c, d sont à prévoir pour lui tout comme pour tous les autres.

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