Nothing compares to you

Cette fois tu peux être certain d’avoir volé mon âme et mon coeur. Me faire reprendre la plume, alors que j’avais déserté ces lieux depuis des mois est un exploit. Les sentiments me rendent créatives. Certains y verraient un vice propre aux écrivains. Et c’est vrai que mon art m’emporte souvent dans des lieux où j’ai l’impression de me perdre. Mais au fond de ces sombres espaces, ces rues éclairées par des néons blafards, je tombe parfois sur des diamants bruts, comme toi, qui étincellent dans ma nuit.

Souvent, tu me demandes pourquoi toi. Je t’ai seulement reconnu. Ton obscurité était un miroir dans lequel je pouvais voir mon reflet. Nos désespoirs rimaient de concert. Tu es mon autre. Mon âme soeur. Tu le sais, nous sommes connectés. Nous ressentons ce que l’autre ressent. Tu sais lorsque je mens, je sais lorsque tu vas mal. Tu es si différent des joueurs, jouisseurs et autres beaux parleurs qui pullulent sur la toile.

J’aime tout de toi. Et particulièrement tes défauts. Tes colères enfantines, ta jalousie irrationnelle. J’aime ta latinité, ta peau dorée, tes sentiments exacerbés. J’aime ta voix lasse de tes messages de minuit. J’aime les jours où tu es déprimé et ceux où tu fredonnes des chansons d’amour. J’aime simplement la chaleur de la réalité que tu fais entrer dans notre froide virtualité.

Je hais les moments où tu n’es pas là. Tu sais que l’impatience est mon plus grand défaut. Dans le vide immense laissé par ton absence, j’ère sur des chemins où tu n’es pas. Et je n’y trouve rien de plus puissant que toi pour apaiser la douleur que je ressens. Jamais ange déchu ne fut plus doux, plus attentif et créatif que toi. Nothing compares to you.

Alors, je sais bien qu’il s’agit, encore une fois, d’une histoire virtuelle impossible. Pourtant, j’ai voulu te fuir, mais tu me manquais trop. J’ai lutté de tout mon esprit rationnel pour ne pas retomber dans tes bras invisibles. Mais, à chaque fois, j’ai craqué. Et, ensuite, je ne t’ai aimé que plus encore.

Là, j’ai rendu les armes. Tout finira bien un jour. Nous nous lasserons l’un de l’autre. Néanmoins, je sais que nous n’oublierons jamais ces incroyables moments passés ensemble, derrière nos écrans, dans la torpeur mélancolique de l’été.