Les noces du diable et de la sorcière

Extrait de mon roman « L’heure des possibles » en cours d’écriture et publié sur Scribay. fait suite à l’Italien

J’avais eu du mal de trouver le sommeil après cette première soirée avec l’italien. De ce fait, je n’étais pas très fraîche au matin, lorsque mon smartphone sonna. Je choisis une petite robe courte et légère, mais privilégiai des petites Converse colorées aux pieds pour enchaîner les visites. Je pris soin de me maquiller, ce qui m’arrivait rarement en vacances. Je n’oubliais pas ma Firenze card et quittait mon hôtel en direction de la piazzale de la Signoria. C’était le coeur de la ville, vide à cette heure. Je m’installai sur une terrasse à peine ouverte et je commandai un double expresso. De ma place, je pouvais admirer le palazzo Vecchio ainsi que la fontaine. La galerie des offices, les Ufizzi, était située à deux pas de l’autre côté de la place. J’engloutis mon café et filai après avoir payé.

J’arrivai au musée pour l’ouverture comme prévu. Il était déjà là, dans la courte file d’attente de touristes matinaux. Des asiatiques pour la majorité. Je le rejoignis et il me sourit détaillant ma tenue, même s’il fit la grimace en voyant mes chaussures. Il ne m’adressa réellement la parole qu’après avoir passé le portique de sécurité.

  • Laissez moi être votre guide pour cette visite d’un des plus beaux musées du monde.

J’acceptai, tout en restant sur mes gardes. Il avait quelque chose derrière la tête sans aucun doute. Après avoir monté des escaliers, nous entrâmes dans une longue galerie ornée de sculptures antiques. Sur la gauche, des ouvertures nous permettaient d’entrer dans différentes salles d’exposition. Il commença la visite guidée par quelques anecdotes croustillantes sur tel ou tel peintre. Visiblement il n’avait retenu que leur apparente frivolité, bien loin de la réalité propre à la création des oeuvres. Mais, l’homme m’intriguait. Je le sentais comme un petit coq, près à sauter sur une poule à sa merci.

Arrivés dans une salle vide, alors que j’étais concentrée sur un tableau de Boticelli, il osa une main le long d’une de mes cuisses nues. Je me retournai, feignant la surprise, et je lui souris d’un air amusé. Il poursuivit ses histoires de plus en plus torrides à mesure que nous avancions dans la visite. Tout cela m’avait l’air inventé de toute pièce. Mais, j’appréciais l’intention. Au détour d’une nouvelle salle, il me caressa les fesses en passant une main sous ma robe. Je sursautai. Mon premier réflexe aurait été de lui balancer une claque bien sèche, mais je me retins. Il se pencha alors vers moi et me murmura à l’oreille :

  • Je suis certain que tu es déjà trempée.

Ce n’était pas franchement le cas, mais, par jeu, je hochai la tête. A ce moment, il prit ma main et me guida en direction des toilettes toutes proches. Visiblement, il était parfaitement au fait de la topographie des lieux. Puis, il poussa la porte des hommes et m’attira dans l’un des WC. Là, il me guida à l’intérieur et commença à m’embrasser fiévreusement contre le mur. Je répondis à son baiser sans me faire prier. Peu après, il chuta à mes pieds avant de fourrer son visage dans mon entrejambe. Il fit ensuite glisser mon string et lécha avec avidité mon intimité. Mais, malheureusement, il ne s’y attarda pas, se releva très vite et me poussa assez fermement contre la porte. Rapidement, il sortit son sexe et me pénétra sans ménagement. C’était douloureux et humiliant, mais il poursuivit sans tenir compte de mes cris. Il ne mit que peu de temps à jouir.

J’étais hors de moi et je le repoussai vivement vers la cuvette des WC.

  • C’est tout ce que tu as trouvé ? Me baiser comme une pute en solde !

Je lui balançai une gifle magistrale, avant de m’enfuir. Le temps qu’il se rhabille, j’avais déjà filé vers les escaliers tout proches et je me dirigeais à toute vitesse vers la sortie. De là, au bout des arcades, passant en clignant de l’oeil vers la statue de Machiavel, je pris sur la gauche en longeant l’Arno. Je courus je ne sais combien de temps, mais j’avais dans l’idée de rejoindre une église. Et la basilique Santa Croce était sur ma route. J’y entrais en m’assurant qu’il me suivait toujours.

Là, je m’adossai contre un pilier, histoire de reprendre mon souffle. C’est là qu’il entra à son tour, mi furieux, mi désespéré. J’étais un peu effrayée, mais si mes suppositions étaient justes, il devrait se produire un miracle en ces lieux consacrés. Mon visage était éclairé d’une froide lumière blanche qui provenait d’une des ouvertures. Cela devait me donner un air de madone, car arrivé à ma hauteur, il tomba à genoux se fichant des visiteurs alentours.

  • Pardon ma déesse. Je ferai tout ce que tu voudras.

Même si je n’étais pas dupe de son calcul de diable, c’était le genre de phrase à laquelle je ne pouvais résister. Du genre de celles qui me donnaient le vertige. Je lui tendis alors une main qu’il baisa avec ferveur. Et, je l’aidai ensuite à se relever.

  • My lord.

Puis, souriant à mes mots, il me prit la main en direction de la sortie. Là, il m’attira dans la chapelle des Pazzi qui était déserte. Je l’embrassai, puis le poussai sur l’un des bancs de pierre qui filait le long des murs. Je le chevauchai bientôt tout en continuant de l’embrasser. Il bandait plus dur qu’un satyre un jour de saturnale et je m’empalai bien vite sur son membre après l’avoir déballé. Et, telle une sorcière un soir de sabbat, je lui repris le plaisir qu’il m’avait volé plus tôt. Puis, repue, je l’abandonnai illico pour rentrer à mon hôtel après lui avoir soufflé un petit « Good boy » dans l’oreille.

Plus tard, dans l’après-midi, la réception m’avertit de la présence d’un homme qui désirait me voir à l’accueil. C’était lui. J’hésitais à descendre, mais j’étais curieuse. En bas, je lui fis signe de me suivre dehors.

  • N’as-tu pas eu ton compte d’obscurité pour ce jour Max ?
  • Je sais Julia. Je suis un sale type, grossier et violent. Je suis un porn addict, j’ai les pires perversions. Mais, je veux me soumettre à toi. S’il-te-plait. Ma déesse.

J’aurais dû le renvoyer vers son enfer. Je savais que poursuivre l’aventure avec lui était dangereux. Il me rappelait les excès de Quentin et j’avais déjà donné. Si j’avais été raisonnable, je lui aurait asséné une bonne sentence et basta. Mais, la soumission de l’autre était un breuvage enivrant dont je ne me lassais pas. A cette idée, je perdais tout contrôle et jugement. Ainsi, en dépit de tout bon sens, j’acceptai donc de le revoir le lendemain au palazzo Pitti.

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