Qui soumet, point n’étreint.

Après avoir pris mon petit-déjeuner en terrasse place della Signoria, je me dirigeais vers le Ponte Vecchio et je pensais à lui. La nuit avait été cauchemardesque, comme s’il m’avait rejointe dans mes songes les plus sombres. Traversant cet édifice si singulier qui enjambait l’Arno, je n’avais en tête que le regard désespéré, mais décidé de Max de la veille. Voulait-il vraiment se soumettre à moi ou n’était-ce qu’une nouvelle ruse pour mieux me posséder ?

Filant tout droit après le pont et ses bijouteries, je suivis le flot des touristes qui marchait vers l’ancienne demeure des Médicis. Le palazzo Pitti s’élevait sur une sorte de monticule tout bétonné. Je le gravis, découvrant un imposant château assez peu gracieux. Lui était déjà là à m’attendre, près de l’entrée dédiée aux possesseurs de la Firenze card. Ce fameux laisser passer pour découvrir tous les trésors de cette ville sublime.

Après l’avoir assez froidement salué, je le suivis à destination de la galerie Palatine, le clou de la visite, même si le ticket d’entrée permettait d’y voir bien d’autres choses tel le jardin de Boboli. Il était silencieux, cette fois, alors que nous déambulions au milieu d’une débauche de dorures et de tableaux précieux. J’avais l’impression d’un déluge de toiles de maître empilées comme dans la demeure d’une sorte de Dorian Gray italien. Tout y était dans l’excès. L’ensemble était épuisant pour les yeux.

Ce ne fut que lorsque nous nous posâmes un instant sur un banc de l’une des salles qu’il s’adressa à moi à voix basse :

  • Julia. Je veux toujours être à toi. J’ai un appartement à proximité. Tu y trouveras tout ce qu’il te faudra pour me soumettre.
  • Une soumission est un acte important. Pas juste un truc sexuel comme dans tes pornos. Tu devras te soumettre mentalement à moi. Cela peut être très perturbant.

Sur ces paroles très froides, je me levai pour poursuivre la visite, m’arrêtant ça et là devant les plus belles pièces de la galerie. Je pris en photo une oeuvre de Filippo Lippi, un de mes peintres préférés. J’arrivais presque à ignorer la présence sulfureuse de Max qui me suivait comme une ombre maléfique. Néanmoins, il se dégageait de lui un magnétisme puissant, un érotisme torride. A ses yeux brillants, je savais qu’il en était de même pour lui avec moi.

A la fin de la galerie, j’écourtai le reste de la visite pour le suivre vers le petit logement qu’il avait loué dans le quartier. Là, il m’offrit une boisson fraîche et, alors que je me délassais dans un canapé défraichi, il revint avec toute sorte d’objets du quotidien entre les mains. Il les déposa sur la table basse du salon. Puis, il commença à se déshabiller.

  • T’ai-je ordonné de te foutre à poils, ma salope ?

Je lus dans ses yeux son étonnement à cause du ton de ma voix et de la vulgarité de mes propos. Mais, j’y lisais aussi un peu de crainte. Comme s’il avait enfin prit la mesure de ce à quoi il s’était engagé. Puis, je me levai, me dirigeant lentement vers lui avec une démarche très étudiée. Arrivée à sa hauteur, je fis le tour de sa personne, laissant traîner une main le long de sa taille. M’attardant sur sa nuque, caressant ses cheveux ras et sombres, faisant demi-tour avec un pouce glissant le long de sa colonne.

  • Sais-tu seulement ce que c’est d’appartenir totalement à quelqu’un ?
  • Montre moi. Je le veux. S’il-te-plait maîtresse.
  • Appelle-moi plutôt Madame. Et à chaque ordre que je prononcerai, tu devras dire « Oui Madame ». Maintenant retire-moi toutes tes fripes et lorsque tu auras fini, tu te mettras à genoux.

Pendant qu’il achevait de se mettre nu, je détaillais les objets qu’il avait déposés devant moi : une ceinture en cuir, des pinces à linge, une tige en bambou, un tube de lubrifiant, de la corde et un foulard. De quoi largement contribuer à une bonne vieille soumission de mère de famille. Il n’y avait pas besoin de donjon et de chaînes pour soumettre, juste de deux personnes adultes et consentantes. Le reste, c’était juste du folklore.

Alors, qu’il était totalement nu et à genoux au milieu du salon. Je m’approchai de nouveau de lui avec la badine en bambou entre les mains. Je recommençai mon tour de la propriété, mais cette fois utilisant la badine, plutôt que mes mains. Le voyant largement en érection, je frappai quelques petits coups sur sa longue verge dorée en lui murmurant que son membre serait dorénavant sans utilité dans nos rapports.

  • Veux-tu, en pleine conscience, te soumettre à moi et à ma volonté ? Que mon plaisir soit tien et ta seule finalité.
  • Oui je le veux. Maît… Euh Madame.

Je lui envoyai une petit tape pour cette erreur. Et, d’un geste théâtral, je lui passai autour du cou la ceinture de cuir noir, en signe de sa nouvelle soumission. Il baissa la tête, plutôt ému par la solennité du moment.

  • Maintenant, tu es mien.

Je vis sa mine se réjouir à ces mots. Mais, ce serait pour peu de temps, car je devais démarrer son dressage sans perdre de temps. Je tirai sur la ceinture, pour l’emmener vers la salle de bain. Là, je lui demandai de s’allonger dans la douche. Puis, je m’accroupis au dessus de sa tête. Il reçut un formidable jet chaud et jaune dans la figure. A mon ordre d’avaler, il s’acquitta de sa peine sans trop d’effort apparent. Mes mots d’insulte ne semblaient avoir aucune prise sur lui. Pour le féliciter, j’ouvris le robinet et une pluie d’eau glacée inonda son visage. Il broncha à peine.

Peu après, j’arrêtai et tirai à nouveau sur sa laisse. Je le ramenai tout trempé à quatre pattes dans le salon. Je le laissai sur ses genoux, puis je glissai ma culotte de dentelle noire jusqu’au sol et vint la lui faire renifler. L’odeur semblait avoir régénérer ses ardeurs. Je retournai m’assoir sur le canapé et lui ordonnai de venir me lécher les pieds. Il s’acquitta de sa tâche avec application, semblant particulièrement adorer ce moment. Surtout lorsque je lui fourrai mon pied dans la bouche et l’agitai comme pour une pénétration orale. J’arrêtai rapidement. J’appréciai peu pour ma part cette pratique. Mais, sa soumission semblait tellement crédible à cet instant que j’en étais transportée.

Je lui commandai de s’approcher, puis de venir me lécher l’entrejambe. Il s’appliqua à cet exercice. Il me semblait bien plus doué que ce qu’il m’avait montré la veille. Visiblement, il était heureux de me faire plaisir et, l’attirant plus profondément en moi, son obéissance totale m’emporta bien vite vers l’orgasme. Il sentit les spasmes de mon abandon sous sa langue et continua de plus belle.

J’aurais dû en rester là pour une première séance. Mais, je voulais sa soumission totale. Alors, je lui attachai les bras dans le dos et lui masquai les yeux. Je sentais bien son stress qui montait, mais j’étais décidée à poursuivre. Je répétai les paroles solennelles :

  • Veux-tu te soumettre totalement à moi Max ?
  • Je le veux Madame. Avait-il répété d’une voix tout de même moins résolue que la fois précédente.

Je repris de plus belle le petit tour du soumis, armée de ma badine en bambou alternant caresses et petites tapes. Après lui avoir accroché des pinces à linge sur les seins, je lui ordonnai de s’allonger à même le sol et d’écarter les cuisses. Je pris un petit peu de lubrifiant dans la main et fis glisser deux doigts en lui. Il sursauta à la sensation. J’hésitai à poursuivre le voyant commencer à trembler. Mais, je poursuivis plus en douceur, tout en serrant maintenant fermement sa verge dans l’autre main. Il commença à gémir et à haleter. Sa hampe longue et dorée luisait sous mes gestes experts. Mes doigts fouillaient maintenant ses entrailles sans ménagement.

  • Tu es à moi.

Mais, tout à coup, alors que son orgasme semblait tout proche, il sembla changer d’attitude, comme s’il faisait un bad trip, là sous mes mains fermes et possédées. Dans ma folie, j’avais occulté ses cris qui me suppliaient d’arrêter. Je l’amenai jusqu’à la jouissance forcée dans un cri et des pleurs que je devinais sous son bandeau. Redevenue soudainement lucide, je le détachai, lui retirai le foulard et l’aidai à se relever. Il me cracha au visage toute sa haine :

  • Salope !

Il était tremblant et en larmes. Totalement méconnaissable. Il fila se rhabiller sans un mot et quitta l’appartement, me laissant seule et accablée. Qu’avais-je encore fait ? Je me sentais à cet instant comme une grenade dégoupillée. Comme une gamine qui avait joué avec une arme de guerre. J’avais pourtant pressenti cette déroute, mais je m’y étais fourvoyée quand même, juste par un inconscient sadisme. Etais-je devenue plus dark que dark ? Un danger public, certainement. Je me trouvais mal à mon tour. Les larmes inondèrent mes yeux. Je pleurais sur moi même, sur ce que j’étais devenue. Je me dégoutais comme jamais. Ou comme cette fois chez Simon où j’avais ressenti l’appel du vide. J’étais au bord d’un gouffre béant qui m’attirait. Et, rien, ni personne, ne semblait plus pouvoir me retenir d’y sombrer.

Une réflexion au sujet de « Qui soumet, point n’étreint. »

  1. J’aurais aimé vous rencontrer à Florence….
    Mais vous semblez aussi insaisissable qu’un rêve.
    Ce joli fantasme m’est apparu un peu hard par moment, plus désarmant à la fin, ce qui m’a beaucoup plu.
    J’ai l’âme sensible, il faut croire 😉
    Mes petits mélodrames, pour tordus qu’ils soient parfois, sont restés étrangement romantiques et contaminés par le plaisir tout simple de l’abandon (parfois un peu revêche, il faut bien entretenir la flamme, hein !)
    Merci, de toute façon.
    J-P

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