II.2 – The moon embracing the sun

Comme la réalité dépasse la fiction, la fiction elle aussi rejoint la réalité. Mon héroïne, Julia, se retrouve elle aussi la proie des évènements en cette période troublée de mars 2020.

Comme tout le monde, je m’étais retrouvée confinée à la mi-mars 2020 à cause du fléau. Mais, comme je n’avais pas voulu rester en ville, j’avais filé en voiture rejoindre mes parents dans le sud. Je savais bien que cela ressemblait à un exode, mais je préférais rester proche de ma famille. Dans ces périodes compliquées, il valait mieux être entouré de gens sûrs. Simon m’avait bien proposé de me confiner avec lui, mais il y avait bien trop de risques que cela ne finisse en un bain de sang au bout d’une semaine de vie commune.

Même si j’avais tous les moyens matériels pour télétravailler, mon esprit n’était pas au travail. Me retrouver dans la maison familiale, c’était pour moi l’été et les vacances. Tout concourait à me distraire de mon labeur : le soleil, le parc boisé, le chant des oiseaux ou tout mon bric-à-brac d’enfance dans les placards ou sur les murs. Peu avant l’épidémie, j’avais hérité d’un gros projet professionnel. Un grand mogul de l’entertainment coréen avait décidé de pousser un peu plus loin l’hallyu, la diffusion de la culture coréenne, jusque dans nos contrées occidentales. Il avait dans l’idée d’installer une chaîne de restaurants et souhaitait adapter la communication et la publicité pour se lancer à une modeste échelle dans notre pays. Evidemment, avec le confinement, le projet tournait au ralenti. Mais, j’essayais de me plonger du mieux que je pouvais dans la culture et les couleurs coréennes. Je brassais force Kdramas ou videos de Kpop jusqu’à tenter de trouver un concept que je pourrais proposer à mes nouveaux clients.

En parallèle, j’allais aux news auprès de mes amis ou collègues. Même si quelques uns avaient été touchés, ce n’était que de la forme bénigne. J’évitais l’actualité et les décomptes morbides. Mes parents eux avaient la TV branchée en permanence sur les chaînes info et je sentais leur angoisse monter. Pour m’en défaire, je m’isolais dans ma chambre. Là, je filais pour me détendre sur mes sites habituels. Quelques vieilles connaissances s’étaient rappelées à mon bon souvenir. Visiblement ces temps troublés forçaient leur nostalgie. Mais, je les voyais plutôt comme des sortes de vautours, prêts à me dévorer, seulement attirés par l’odeur de mon excès d’empathie. Je les éconduisais en douceur. Moi, un seul profil m’intéressait réellement. Bien que nous ayons échangés plusieurs fois par le passé, nous ne nous étions vraiment rapprochés que depuis quelques temps. Il s’agissait d’un homme qui se disait médecin et qui participait à des missions humanitaires. Même si je n’en croyais rien, sa personnalité et sa culture le rendait néanmoins attractif à mes yeux.

Je ne me faisais pas d’illusion, pour lui je n’étais sans doute qu’une distraction dans ce contexte effrayant. Une sorte de gisaeng virtuelle, dont la compagnie et la conversation sont plaisantes. Mon aura sulfureuse et mes publications l’avaient amené jusque dans mes filets de sorcière depuis un moment. Il était curieux de vivre quelque chose de différent. Il espérait me faire changer de bord, j’avais dans l’idée de l’amener vers mon côté sombre. C’était comme une sorte de challenge pour moi. Le seul qui pouvait me pousser à sortir de mon hibernation et à oublier mes erreurs du passé. Mais, comme je voulais me protéger, je n’étais pas forcément totalement claire avec lui, usant de stratagèmes d’ensorceleuse pour cacher mon identité. Fort heureusement, il était, semble-t-il, plus attiré par ma personnalité que par les quelques photos volées que je lui avais envoyées.

Nous avions de nombreux points communs : l’attrait pour la quête de soi, la fuite dans les voyages ou l’errance dans l’obscurité. Il me faisait rire lorsqu’il ne comprenait pas tous les mots de mon jargon de connectée. Je devais lui expliquer ce qu’il n’avait pas le temps d’aller chercher sur Google avec la même dextérité que la mienne. Peu à peu, il m’avoua ressentir quelque chose pour moi. Il voulait me réapprendre à aimer et à prendre un vrai plaisir. Sous ses dehors de dominant, je le sentais hyper attentif à l’autre. Prêt à tomber à genoux pour une femme dont il serait épris. De mon côté, je devais atteindre son esprit et je déployais tout mon art en la matière.

Mais, ce jeu était risqué. Comprenant mon propre trouble, un matin je pris peur. Il fut obligé de me convaincre avec des preuves qu’il était bien ce héros que j’avais qualifié de James Bond. En se moquant de ma sottise, il voulait faire de moi sa Vesper. Cette rencontre virtuelle était si incroyable qu’on l’aurait cru tout droit sorti d’un roman à l’eau de rose. Enfin, à l’eau de rose épicée. Pour lui marquer ma confiance, je lui adressai mon numéro de téléphone et je l’eus peu après en ligne. Sa voix était celle d’un homme sûr de lui, dans la force l’âge, bon vivant et aux accents du sud. Je me doutais qu’il devait avoir une femme, et sans doute une dans chaque port. De mon côté, j’étais un peu intimidée, mais je gardais mes distances et éclatais de rire à ses propositions malhonnêtes plutôt farfelues, comme d’épeler les fesses à l’air des noms savants de molécules.

Je sentais bien que nos coeurs battaient, même si je ne savais pas si c’était plus lié aux évènements ou à une sincère attraction mutuelle. Je le mis néanmoins en garde contre mon côté destructeur. Lui me disait qu’il n’avait plus le recul nécessaire pour comprendre ou analyser. Nous parlions de l’avenir et de lendemains en couleurs. Nous boirions le champagne ensemble et plus si affinité. Moi, tout ce que je savais, c’est qu’il était complètement off pendant certaines périodes et qu’il me manquait beaucoup à ces moments là.  

J’entrevoyais donc une éclaircie pour moi dans cette sombre réalité. Mais je ne voulais pas rêver. Même si nous finissions par échapper au fléau, l’appel de la vie se heurterait toujours au réel. Les mêmes causes produiraient toujours les mêmes effets. Il était le vent, j’étais l’eau. Il était un rayon de soleil, mais j’étais un rayon de lune. Nous étions le yin et le yang cherchant à fusionner. Pour s’aimer, peut-être, ou se détruire encore un peu plus. Pour le moment, nous vivions l’instant, bien protégés derrière nos écrans. Carpe Diem.  

Josh Hartnett as Ethan and Eva Green as Vanessa Ives in Penny Dreadful (season 3, episode 9). – Photo: Patrick Redmond/SHOWTIME – Photo ID: PennyDreadful_309_1596

Confinée – semaine 1

Journal d’une blogueuse confinée pendant l’épidémie du Coronavirus.

On s’en doutait un peu vue l’évolution de la situation sanitaire depuis une semaine, mais voilà que nous nous sommes tous retrouvés confinés chez nous à partir du lundi 16 mars 2020, et officiellement en France depuis le 17 mars à midi, à cause du nouveau fléau, l’ennemi de l’humanité : le Coronavirus.

Me voilà donc depuis en 24/7 avec ma famille. On les appellera T. et M. dans la suite du récit. Je dois préciser que nous sommes confinés dans des conditions très privilégiées de part notre choix de vivre en province. Notre habitation principale est une grande maison à la campagne avec jardin. Nous avons un bureau indépendant chacun, tout équipé pour le télétravail. En effet, le travail à distance est déjà largement développé dans notre secteur d’activité. Alors, ce jour là, nous avons fait comme d’habitude : nous avons allumé la box et connecté le VPN. Nous avions juste allumé un cierge pour qu’il tienne (et il a tenu).

T. fait (un peu) grise mine, car en deuxième année de classe prépa, le voilà confiné à quelques semaines des concours. Pour le reste, s’agissant d’un gamer, le confinement ne lui fait pas peur. Je dirai même que c’est plutôt son état normal. Assez vite dès lundi, ses professeurs ont pu assurer les cours par internet. Cela s’est relativement bien passé pour lui. Un peu moins pour d’autres moins bien équipés en matériel informatique. En parallèle des cours, il échange avec les autres élèves via Discord. Néanmoins, il n’est plus qu’à 50% de cours, bien loin du rythme effréné de la normale. A date, il ne sait pas vraiment si les concours seront maintenus ou pas. Il a surtout peur de devoir faire une année de plus.

M., lui bosse dans les ressources humaines. Il angoisse sur cette maladie depuis qu’elle est apparue en Chine. En effet, il souffre déjà de diverses pathologies (les fameuses co-morbidités) et ce virus est certainement très dangereux pour lui. Déjà, il m’avait regardée d’un sale oeil lorsque j’avais assisté le mardi précédent à un spectacle de danse. Tout juste si je n’étais pas une criminelle.

Lundi : début du confinement

Dès le lundi, nous avons reçu un mail de nos employeurs nous enjoignant de rester chez nous. De ce fait, pour nous le confinement a commencé avec un jour d’avance. Après ce premier mail, nous avons tenté de travailler normalement, mais les messages « spécial Coronavirus » se sont succédés toutes la journée ainsi que les call pour préciser les modalités pratiques pour assurer la continuité d’activité.

Au bout du fil, les collègues étaient entre angoisse et résignation, certains clairement dépassés avec les enfants à la maison ou avec des problèmes de logistique. De mon côté, je fais semblant de rester concentrée, mais en fait une foule de questions se pressent dans ma tête. Je pense que je serais plus utile ailleurs, mais je dois assurer le back-up de ma boss au cas où.

M. devant gérer plein de problèmes RH associés au confinement, passe sa vie en réunion de crise. Je fais des pauses café avec lui pour discuter des dernières nouvelles du front. C’est un peu le chaos, car certains salariés n’avaient pas d’ordinateur portable. Partout, plein de trucs qui n’étaient pas autorisés jusque là, l’ont été au final, ce qui a permis de débloquer beaucoup de situations. L’objectif pour les entreprises est et sera tout le long de la crise de maintenir l’appareil de production en état de fonctionner, même si on suppose que la productivité sera largement entamée pour diverses raisons.

T. nous indique de son côté qu’il mourrait plus facilement d’une crise d’asthme que du Corona virus, le voilà à court de Ventoline. Heureusement, le médecin de famille contacté par téléphone nous a envoyé dès le lendemain une ordonnance par mail. Il faut une telle crise pour que le déploiement de pratiques numériques se réalise. S’il peut en rester quelque chose après tout ça, on ne pourra que s’en féliciter.

Mardi : Le confinement officiel «  Nous sommes en guerre »

Nous gardons nos rituels matinaux. Le seul truc qui change, c’est que le chemin du travail est nettement moins encombré. Pas mal de collègues parisiens étant sur le chemin de l’exode, le nombre de mails reçus se tarit. J’imprime la fameuse attestation du ministère de l’intérieur pour mes co-confinés. Je tente de travailler normalement tout en suivant l’actualité sur mon smartphone. Depuis le début de l’épidémie, j’avais promis d’être plus présente sur mon compte Twitter afin que la beauté illumine notre sombre réalité. Je m’y emploie depuis du mieux que je peux pendant mes pauses et le soir. En parallèle, j’échange avec un ami médecin en mode marraine de guerre. J’ai lâché temporairement mon hibernation sur NETFLIX pour les réseaux sociaux.

Mercredi : tout est (presque) normal

Nous faisons comme si tout était normal, mais le coeur n’y est pas. Je pense aux collègues imprudents qui sont partis en voyage depuis le début mars. Vont-ils pouvoir revenir ? Moi j’ai fait une croix sur mes périples de l’année. Ces moments de respiration et d’inspiration indispensables pour moi. Je devais aller à Rome et en Chine. La bonne blague. C’était sans compter sur notre ennemi à tous.

Curieusement, maintenant, je me sens beaucoup plus proches des gens du monde entier qui me suivent sur Twitter. J’essaie de tweeter mon quotidien de confinée ainsi que les pensées contradictoires qui m’assaillent. Je suis plutôt d’un naturel mélancolique, mais là depuis le début de l’épidémie, je me lâche un peu. Dans la foulée de mon addiction aux sageuks, j’ai poursuivi promotion de l’Hallyu, la vague coréenne. Un peu taquine, je publie des pics de très beaux acteurs ou chanteurs de K-Pop. Je découvre l’Army de BTS et toute sa puissance. Je continue mon immersion dans le phénomène avant d’écrire un truc drôle dessus. Cette légèreté acidulée compense la lourdeur du contexte que nous vivons tous. Cela me donne de la force de me tourner vers les autres et de soutenir le moral de pas mal de gens.

Jeudi : la sortie courses.

Ce matin là, j’avais été désignée pour aller au ravitaillement. En effet, le frigo était vide, et il fallait que quelqu’un se dévoue. J’ai donc filé, juste armée de mes gants en cuir et de mon attestation dûment remplie, vers le supermarché le plus proche. C’était le matin à l’ouverture. Les entrées étaient filtrées par un vigile. Se tenant bien à l’écart, il nous laissait passer au compte-gouttes. Dans la file d’attente, nous gardions nos distance chacun derrière nos caddies. Beaucoup portaient des masques ainsi que des gants en plastique. Les mines étaient graves et silencieuses. Nous n’oubliions pas que nous étions dans ce qu’on appelait un cluster avant le confinement. Une voiture de la gendarmerie nous longea au ralenti. Ces derniers ne jouèrent pas les cowboys et s’éloignèrent en nous détaillant comme des pestiférés. J’entrai bientôt, il avait peu de monde à l’intérieur et ceux que je croisais, je m’en tenais bien éloignée. Je ne traînais pas non plus, ne trouvant pas tout de la liste. En effet, tout ce qui étaient surgelés, boîtes ou pâtes avaient été largement dévalisés sans doute les jours précédents. Je me limitais au nécessaire, loin des achats compulsifs de certains. Les caissières assuraient leur activité derrière une barrière de plexiglass. Tous les clients les encourageaient. Au retour, je déposais mes vêtements et gants dans le garage après avoir monté les courses. Ensuite, je procédai à un lavage soigneux des mains et à une désinfection à l’alcool des poignées de porte.

Vendredi : ne pas faire d’erreurs

Au final, dans le confinement, tout revient à définir des stratégies pour éviter d’être contaminé par quelque chose ou quelqu’un venant de l’extérieur. Le virus pouvant rester actif assez longtemps sur certaines surfaces. On s’habitue vite aux gestes barrière dès qu’on a en mains un truc qui a pu être potentiellement être touché par quelqu’un (poubelles, journaux, courses…). On essaie de ne pas faire d’erreurs.

J’appelle ma mère et son compagnon pour voir si tout va bien de leur côté. Ils ne sortent plus et se font livrer le ravitaillement par des membres de la famille. Eux, généralement entourés de monde doivent trouver le temps bien long. Rassurée de ce côté, je poursuis mon activité un peu surréaliste. Nul n’est dupe de la complexité de la situation. Nous faisons plus de psy que de pilotage, mais c’est normal. La hiérarchie n’est pas dogmatique, nous sommes clairement en best effort hormis pour les salariés assurant la continuité d’activité.

Fatigue de la semaine aidant, face au nouveau décompte morbide du DGS et aux rumeurs sur le tri des malades, M. nous fait une crise d’angoisse. Il se voit mort avant la fin de l’épidémie. Nos mots n’arrivent pas à le rassurer. Je m’éloigne après le repas pour faire retomber le bad mood qui s’en suit. Je mets en boucle l’album «  The eye of the storm » du groupe de rock japonais One Ok Rock (mon album du confinement).

Samedi : on se bouge un peu

L’arrivée du WE n’est pas de trop. Le télétravail était devenu envahissant, nous y passions jusqu’à 12h par jour. J’attaque la rédaction de cet article, tout en éliminant un minimum de poussière en guise d’activité sportive. En effet, j’avais demandé à la dame qui m’aide pour le ménage de ne pas venir, tout en lui garantissant un salaire normal durant la période de confinement. Je sais qu’elle s’occupe de personnes âgées par ailleurs, pas la peine de rajouter des contacts inutiles. T. retourne à ses jeux de stratégie en ligne et M. prend le soleil en tondant l’herbe dans le jardin. L’atmosphère est redevenue beaucoup plus sereine que la veille.

Dimanche : ça va durer

Voilà déjà une première semaine de passée. Quelques contacts dans le secteur de la santé nous annoncent un pic épidémique vers le 12 avril. Je n’imagine pas de ce fait que nous sortions du confinement avant la fin avril, hormis si nous sommes massivement testés. Personnellement, je n’ai pas peur. J’ai juste l’angoisse de refiler la maladie à mes proches plus fragiles. Donc, je ne sortirai que si c’est vraiment indispensable.

Par ailleurs, je ne veux pas entrer dans la polémique autour de la mauvaise gestion de la crise. J’en vois faire le procès de Nuremberg avant d’avoir gagné la guerre. Je pense qu’à ce stade nous devrions tous être soudés et solidaires. Le temps des comptes viendra plus tard. Là, nous n’oublierons pas, en pleurant nos morts, que nous avions manqué de masques, de tests ou de respirateurs. Alors oui, si nous sommes encore là, nous irons chercher les responsables et ils seront sanctionnés dans les urnes. Car, j’espère que d’ici là nous vivrons toujours dans une démocratie. Oui, ce sera plus tard. Quand nous aurons terrassé, tous ensemble, l’ennemi de l’humanité. Prenez-soin de vous.

Quand je suis devenue accro aux sageuk

Cela fait déjà bien longtemps que j’apprécie l’originalité du cinéma coréen, mais il n’y a que depuis quelques années que je m’intéresse aux séries historiques du pays du matin calme. On peut remercier Netflix qui en propose une grande quantité dans son catalogue. Je pense que la plateforme de streaming, au delà des aspects mercantiles, est un formidable vecteur pour découvrir d’autres cultures. Bien évidemment ce n’est qu’un point de départ qui doit s’approfondir par la lecture et les voyages.

Rookie historian

Dans l’univers des kdramas, les séries historiques qu’on nomme aussi sageuk forment une catégorie particulière. L’intrigue se déroule en majorité pendant la période Joseon (de 1392 à 1910), mais peut aussi se référer à des périodes plus anciennes de l’histoire de la Corée. On peut trouver plusieurs types de sageuk. Celles qui racontent de façon romancée un moment de l’histoire du pays, les séries qui utilisent juste un fond historique pour raconter une histoire (d’amour ou autre) et les dramas fantastiques se déroulant dans le passé. Sur cette dernière catégorie, qui m’attire moins, je ne citerai que la remarquable « Kingdom » une histoire de zombies qui sort de l’ordinaire avec une photographie somptueuse. J’attends avec impatience la saison 2 qui sortira en mars sur Netflix.

Se lancer dans une telle addiction demande un peu d’effort au préalable. A savoir passer outre les sous-titres et les saisons à rallonge. Si une majorité de ces séries tournent autour d’une vingtaine d’épisodes, les meilleures vont jusqu’à la cinquantaine. Autant dire que tu auras du mal de les finir en un week end. Il te faudra donc de la volonté si tu veux aller jusqu’au bout. Cependant, pas d’inquiétude, passé les premiers épisodes où te sens parfois perdu, tu seras très souvent emporté dans des histoires aux rebondissements multiples et remplies de personnages attachants. Après si tu finis par te lasser, ce n’est pas grave, passe à une autre qui t’accrocheras plus. Moi-même j’en ai abandonné certaines, même parmi les plus prestigieuses, car je n’étais pas attrapée par l’histoire ou le jeu des acteurs.

Par ailleurs, même si l’intrigue de base est une romance, il ne faut pas t’attendre à y voir de grandes effusions. Il faut parfois patienter plus de la moitié de la série, pour y voir ne serait-ce qu’un sage baiser. Le corps des femmes est peu érotisé ou alors d’une façon très subtile. Cependant, il n’est pas rare de voir des poitrines masculines exhibées. Et plus largement, la beauté des hommes est très souvent mise en avant. Est-ce à dire que le sageuk s’adresse plus aux femmes ? Je pense plutôt qu’il s’agit d’un genre de séduction qui est simplement plus largement toléré pour les hommes. Dans le genre retape, il n’est pas rare, de même, d’apercevoir des stars de la Kpop le plus souvent dans des seconds rôles. Les producteurs ne perdent pas le nord, trouvant là un filon pour attirer les spectateurs, notamment les plus jeunes.

Par ailleurs, difficile d’y trouver des personnages qui sortent des normes sexuelles admises en Corée. Même si « SungkyunKwan scandal » contourne le sujet avec une histoire d’amour entre deux étudiants dont l’un est en fait une femme déguisée en homme. Dans « Hwarang » l’un des jeunes membres du corps d’élite joué par Cho Yoon-Woo semble ouvertement gay et dans « Six flying dragons » l’épéiste Gil Tae Mi (Park Huyk-Kwon) est maquillé comme un camion. Après, les fujoshi pourront toujours se satisfaire de quelques bromances pour rêver sur de parfaits OTP (exemple : le couple Song Joong-Ki / Yoo Ah In dans « Sungkyunkwan scandal » ).

My country : the new age – Yi Bang-Won (Jang Huyk)

Si tu débutes dans le sageuk, je te propose quelques séries incontournables et passionnantes. La meilleure pour moi, car la mieux écrite, c’est « Six Flying Dragons ». Cette histoire raconte les évènements ayant mené à la création de la dynastie Joseon au travers de la vie plutôt agitée de différents protagonistes connus ou inconnus. Ce fond historique très intéressant (et sanglant) a d’ailleurs été repris plus récemment dans l’excellente « My country : the new age » avec un Yi Bang-Won plus mûr et plus sombre (joué par Jang Huyk).

Deuxième série incontournable : Empress Ki , une grande saga haute en couleurs et en rebondissements sur l’histoire d’une femme de Goryeo qui deviendra impératrice consort chez les Yuan. A noter, un trio d’acteurs talentueux dont le craquant Ji Chang Wook qui s’est fait connaître grâce à son rôle complexe dans cette série.

Empress Ki – Ha Ji-won dans le rôle titre

Après, dans un registre plus léger et rafraîchissant, j’ai beaucoup aimé « Rookie historian Goo Hae Ryung» avec un joli couple d’acteurs. L’intrigue rénove un peu le concept avec une héroïne qui brave le patriarcat sans pour cela devoir se déguiser en homme (ce qui est fréquent dans ce genre de séries exemple Sungkuynkwan scandal). Le prince écrivain de romances (campé par l’adorable Cha Eun Woo) sort lui aussi des clichés loin des personnages masculins très virils habituels. Motion spéciale pour ses costumes aux couleurs pastels super cutes.

Bref, je ne les citerai pas toutes, mais l’offre ne manque pas sur les plateformes pour rassasier les accros. De quoi se dépayser et rêver un peu, avant de faire le voyage sur les lieux. Ce que j’ai fait l’année passée. Là, au milieu du jardin secret des rois de Corée, j’avais l’impression d’avoir traversé l’écran. Comme si j’avais déjà vécu en ces lieux dans une vie antérieure grâce aux sageuk.

Autres séries à voir outre les séries déjà citées : « Moon embracing the sun » , « Haechi » , « The royal gambler » ou « Rebel : thief who stole the people » .