Mon bilan de l’année 2021 dans le fandom BL

Voilà déjà un an que j’ai ouvert un compte dédié sur Twitter afin de partager mes avis sur les dramas BL avec les membres internationaux du fandom associé. Comme je l’ai déjà dit à mes abonnés, c’était un an de bonheur, même si tout ce que j’ai vu n’était pas de qualité. Outre le temps que j’ai consacré à regarder les nouveaux BL, j’ai aussi effectué un important travail de rattrapage des meilleurs dramas afin de disposer de références dans le domaine.

L’année 2021 a démarré en trombe avec une série taïwanaise qui a créé la surprise. On attendait Taïwan avec un nouvel opus des HIStory, mais c’est avec un autre drama que le succès est venu. Je veux parler de « We Best Love » , une série en deux saisons très rapprochées qui a mis le fandom en émoi tout le premier trimestre. Avec un jeune couple au top : Sam Lin (un membre du boys band SpeXial) et YU (un jeune musicien débutant dans l’acting) ainsi qu’une bonne mise en scène, ce drama a mis un moment à faire parler de lui avant de susciter peu à peu un bel engouement grâce à un très bon bouche à oreille et surtout un travail énorme de la société de production. Depuis, les fans restent au taquet et les deux acteurs principaux sont devenus des icônes, même si on n’entend plus parler d’une saison 3.

Peu d’autres productions ont vraiment émergées à Taïwan, si ce n’est le mignon « Beloved in the House» ou la partie BL du drama « Love is science ». On peut aussi saluer le charmant « Papa and Daddy » qui se déroule dans le milieu LGBT taïwanais. Une des plus grosses déconvenues de l’année revenant à HIStory 4. La franchise qui nous a pourtant offert tant de pépites dont « Trapped » ou « Make Our Days Count », a sombré en 2021 avec une histoire truffée de scènes problématiques, comme si la production était totalement hermétique aux critiques récurrentes sur les séries BL.

La Thaïlande, qui nous avait déjà surpris fin 2020 avec « Manner of Death » , un BL sur fond d’enquête policière, a aussi frappé fort dans le début d’année 2021 avec « A Tale Of Thousand Stars » (ATOTS), un drama se déroulant en extérieur dans un village perdu du nord du pays. Là aussi, un beau couple inédit formé de l’expérimenté Earth et du débutant Mix. Avec une histoire plutôt émouvante tirée d’un roman, la série a fait mouche et a enchanté les fans du monde entier. Un autre couple thaï inédit a fait parler de lui en la personne du très beau Kao Noppakao qu’on avait remarqué en 2020 dans « Until we meet again » (UWMA) accompagné cette fois du joli Up Poompat. Les deux garçons ont formé un tandem efficace dans « Lovely Writer » un drama se déroulant dans le milieu du BL. Les mauvais côtés de cette industrie ont aussi inspiré de façon plus incisive Aam Anusorn avec son pamphlet pour un autre BL intitulé « Call it what you want ». Ces deux séries semblant signer comme une sorte de mea culpa de l’industrie thaï en matière de BL. En effet, même la très décriée Mame a commis un sans faute en fin d’année avec sa série « Don’t say no », en dépit de quelques scènes de mauvais goût.

En 2021, on attendait aussi avec impatience la suite de « I told sunset about you » (ITSAY) et on a eu « I promised you the moon ». Même avec une réalisation et une interprétation impeccables, la série a eu peine à convaincre les adorateurs d’ITSAY (dont moi) à cause d’un scénario qui n’était pas à la hauteur de la première partie. Les nostalgiques se seront donc contentés du très beau « Last Twilight in Phuket » réalisé par Boss Kuno, un joli court métrage revenant sur les lieux iconiques de la série, comme une sorte d’adieu à ce beau drama.

Le milieu de l’année a été plus calme et décevant avec « Fish Upon The Sky » où même avec un joli couple formé de PP Naravit et Phuwin Tang, GMMTV a déçu avec un scénario plutôt mauvais (notamment la partie grotesque du frère). On espère une meilleure série pour ces deux beaux garçons qui présentent une belle alchimie. « YDestiny » a été pour sa part très inégale, où n’ont juste qu’émergé le talentueux Chap (déjà remarqué dans Lovely Writer) et le duo torride Toru & First. Néanmoins, en fin d’année 2021, GMMTV a vraiment repris la main en lançant quasi simultanément « Bad Buddy » et « Not Me », deux grosses séries très attendues avec notamment de très bons acteurs thaï, sans doute les meilleurs de l’industrie. J’en reparlerai très prochainement. Cependant, alors qu’on avait été alléché avec leur tonitruant trailer de janvier 2021, la série « Kinn Porsche » a pris énormément de retard et a au final changé de société de production. Heureusement la majorité du casting a été conservée, mais les teasers qu’on a vus jusqu’ici laissent augurer un résultat très différent de l’initial. On découvrira ça en 2022, s’il n’y a pas une nouvelle déconvenue d’ici là.

En 2021, la Corée a poursuivi sa montée en puissance entamée en 2020 avec de jolies séries. Si parmi elles, il y a eu quelques succès d’estime, car faute de moyens bon nombre de séries ne sont pas à la hauteur, plusieurs pépites ont tout de même vu le jour. Je citerai ma préférée : « To My Star », un beau drama très bien écrit et interprété dont nous auront le plaisir de voir la suite en 2022. Sortant des sentiers battus du milieu scolaire ou universitaire, la série nous conte l’histoire d’amour entre une star sur le déclin et un jeune cuisinier. Les coréens nous ont tout de même offert leur premier vrai kdrama BL avec « Light on Me » joué avec talent par les adorables Kang Yoo Seok et Lee Sae On. Pour le reste beaucoup d’histoires un peu trop bâclées, où mettre des beaux gosses ensemble ne suffit pas à faire un bon BL. Connaissant les capacités des coréens en matière de dramas, j’espère beaucoup plus d’eux en 2022.

Le sans faute est venu du Japon avec de très belles séries, souvent tirées de mangas. Outre « Given » et « My beautiful man », j’ai beaucoup aimé l’humour de « The man who defies the world of BL » . Ils n’ont néanmoins vraiment percé qu’avec Kieta Hatsukoi. Même avec une mauvaise gestion de la diffusion internationale, ce BL japonais a fait mouche grâce à une jolie histoire et surtout un beau couple d’acteurs très talentueux : Michieda Shunsuke et Meguro Ren. Ces deux jeunes idols membres de groupes de Jpop nous ont enchanté dans les rôles de deux lycéens qui tombent amoureux à cause d’un malentendu autour d’une histoire de gomme. Le cute à son sommet.

Alors cette année a été riche et à la hauteur de mes attentes, même si la pandémie a bloqué la production d’une grande quantité de séries très attendues. Et j’ai bien contribué à la promotion des meilleurs dramas, via mes tweets, mes reviews ou mes montages vidéos. Je me sens maintenant pleinement membre de ce fandom un peu particulier et j’espère que ça durera encore très longtemps.

PS : Si tu veux me suivre et venir échanger avec moi autour des dernières séries BL diffusées, tu me trouveras sur Twitter là : @witch_drama

Sur les traces d’ITSAY à Phuket

Si certains partent en Thaïlande pour ses plages paradisiaques ou d’autres pour ses nuits animées, rares sont ceux qui comme moi y vont en pèlerinage. Oh rien de religieux à cela, si ce n’est la religion du drama.

Ce n’est pas la première fois que je visite un pays d’Asie à cause des dramas, mais là j’ai voyagé jusqu’à Phuket à cause d’UN DRAMA thaï nommé I Told Sunset about you. Cela ne dira peut-être rien aux non pratiquants, mais c’est une mini série de 2020 qui a été très appréciée par la communauté internationale des fans de BL et qui a reçu de nombreux prix. Un drama remarquablement réalisé par Naruebet Kuno (dit Boss) et joué avec talent par deux jeunes acteurs/chanteurs : Billkin et PPKrit.

Alors, bien avant de partir, j’avais bien entendu repéré les lieux du tournage sur internet et, jour après jour, j’ai effectué les visites associées. Sachant que beaucoup de lieux se trouvent à un même endroit, mais que certains autres se situent tout autour de l’île de Phuket. Je ne dis pas que j’ai tout fait, mais je n’ai pas raté les incontournables.

Ainsi débute le pèlerinage par une chaude journée de décembre via une excursion autour des sites remarquables de l’île où j’ai croisé mon premier lieu de tournage, mon préféré : la rue principale de la vieille ville de Phuket. Elle est inoubliable par son architecture sino-portugaise et ses bâtisses colorées. Après un premier arrêt photo au restaurant Kopitiam By Wilai où des garçons asiatiques posaient lascivement devant l’entrée, je me suis installée un peu plus loin pour essayer de photographier la rue. C’était presque comme si je pouvais y croiser Teh et Oh-Aew avec leurs chemises colorées déambulant sur un side car. Tout était là, même les guirlandes lumineuses au dessus de ma tête. J’avais peu de temps ce jour là, je me jurai d’y revenir un peu plus tard.

Dès le lendemain, je repère sur une carte qu’au sud je peux faire une halte sur deux lieux de tournage de la série : la très jolie petite plage de Yanui (ma préférée à Phuket) et le fameux Promthep cape où je me souviens que Boss Kuno, le réalisateur, avait jeté une larme en tournant la dernière scène du drama. Je m’y rends en taxi-meter et je fais une pose de quelques heures à Yanui. Après m’être restaurée au petit restau sympa tout proche, j’entreprends de gravir la cote qui mène au cap. Evidemment, en pleine chaleur ce n’est pas simple, mais pas aussi difficile qu’il n’y parait. Arrivée en haut, je me précipite pour aller immortaliser le lieu désiré reconnaissable à ses palmiers.

Puis, j’attends là patiemment, le plus à l’ombre possible, l’heure du coucher du soleil. J’ai failli abandonner vingt fois, mais je suis restée jusqu’au bout (un record pour l’impatiente que je suis). Hélas, de gros nuages sont apparus au mauvais moment et la photo tant attendue n’était pas aussi géniale que j’aurais pu l’espérer. Sinon, les guides n’avaient pas menti sur la foule qui se presse tous les soirs en ce lieu. Quittes de s’émouvoir devant le coucher du soleil, ce sont surtout les selfies qui les attirent. Certaines y vont avec leur plus belle robe et leur chéri les mitraille dans toutes les poses. C’est un spectacle amusant de les voir se mettre en scène.

Promthep cape

Un autre jour, n’y tenant plus, je décide de parachever ce pélerinage en me rendant de nouveau en taxi à Phuket old town. Là, j’enchaîne le petit temple chinois, l’hôtel On On et je m’installe à l’intérieur du restaurant Kopitiam By Wilai pour y déjeuner (et y prendre des photos). Beaucoup d’émotions et d’excitation m’envahissent tout à coup. J’ai l’impression d’être dans la série, les décors ont si peu bougé. J’imagine Teh assis à la table du fond et j’attends de voir Oh-Aew débarqué d’un instant à l’autre. Je pense que les amateurs ressentiront ces frissons aussi. Même si vous ne faites pas le voyage si loin pour ça, et c’est compliqué en ce moment, vous le faites grâce à ça. Et quand vous avez une passion comme moi, c’est juste génial.

Même si j’ai vite retrouvé mes réflexes de voyageuse solo, je me suis sentie par moment un peu seule. La Thaïlande c’est le genre d’endroit où les gens que tu aimes te manquent. Comme si tu étais alone au paradis et que tout le monde était resté en enfer. Boss Kuno m’a faite rêver, me renvoyant les images d’un Eden disparu. La réalité est moins romantique, même si en ces temps de COVID nombre de lieux sont déserts et qu’il est agréable d’y lézarder quelques heures. Le reste est bétonné à outrance, avec une ville de Phuket, hormis le quartier ancien, qui n’a aucun charme particulier.

Certaines plages sont pourtant belles et me donnent la nostalgie de mon île en Méditerranée, la plus belle du monde. Alors, je m’en suis retournée, satisfaite, mais pas triste de revenir pour autant. En 2021, j’ai repris le chemin des voyages, et ni le COVID, ni rien d’autre, ne pourront de nouveau m’arrêter.