Au pays de tes rêves

Tu sais que depuis mon premier voyage en Asie, j’ai tellement apprécié les lieux que depuis j’ai décidé d’en visiter de nombreux pays. Cette année, j’avais choisi d’aller au Japon.

C’était comme ça, il le fallait. Le Japon c’était une évidence en 2022, même si ce n’était pas évident d’y aller. D’abord les conditions pour s’y rendre étaient draconiennes : Visa nécessaire et de multiples contraintes comme d’être accompagné en permanence d’un guide. Le gouvernement japonais n’était pas très accueillant depuis la COVID, mais c’était sans compter sur la manne financière du tourisme. Mais au final j’ai eu de la chance, ce 11 octobre les nippons ont réouvert leurs frontières.

Alors, après tout ce bazar pour venir, je n’étais pas spécialement enthousiaste. Ce n’était pas particulièrement non plus le pays de mes rêves. Même si je sais qu’y aller est un rêve inaccessible pour beaucoup et que cette contrée lointaine est très prisée ici pour de multiples raisons. Le voyage était aussi très long. Sans doute l’un des plus long que j’ai jamais fait. Sachant que je ne dors jamais dans les avions, j’ai du enchaîner les films pour passer le temps. L’arrivée à Tokyo a été du jamais vu. Un nombre de contrôles incroyables avec des employés d’aéroport te guidant dans tous les couloirs, l’installation d’une appli sur mon smartphone, mais le tout avec gentillesse tout de même. J’avais l’impression d’être une pestiférée, mais une fois toutes les formalités achevées, la suite fut plus tranquille.

J’ai fait ensuite un tour du Japon avec un petit groupe d’âges variés. Au final, le pays m’a bien plu. Bien plus que je ne l’imaginais. J’ai particulièrement apprécié le sentiment de sécurité, la propreté, l’organisation, la politesse des gens et les distributeurs à tous les coins de rue. Sans doute est-ce par contraste avec notre pays, même s’il ne faut pas noircir le tableau. Tout français devrait néanmoins faire un tour là-bas histoire de se rendre compte que c’est possible de vivre en respectant les autres. Je pense aussi que c’est le genre de pays qui va bien aux introvertis comme moi. Personne ne te demande rien, tu ne demandes rien à personne. Même si je ne passais pas inaperçue, je me suis fondue dans la masse pour contempler ses superbes paysages et ses étonnants habitants.

Même si j’aimais déjà le design japonais, ce voyage m’a inspirée pour mon art ainsi que pour aménager mon jardin. J’y ai pris de jolies photos dont quelques unes ci-dessous. Comme tu peux le voir, il est bien joli le pays de tes rêves.

Till Twitterland ends

Peu de temps après le rachat de mon village par un gros magnat de la tech, aujourd’hui on nous annonce qu’il peut être balayé d’un clic. Même si je ne crois pas qu’un investisseur dépense autant d’argent juste pour le plaisir de le raser, il me semble important de défendre un peu ce lieu, même si l’univers d’Internet est suffisamment vaste pour toujours y trouver refuge ailleurs.

Alors oui cela fait déjà plus de treize longue années que je suis citoyenne de Twitterland. Certes, j’ai eu des résidences secondaires dans d’autres villes (=d’autres réseaux sociaux), mais je n’y suis jamais restée longtemps, sauf pour aller y faire quelques courses.

Ce n’est pas que je craigne de déménager. J’ai déjà détruit ma résidence principale le jour de ses dix ans. En effet, je m’y ennuyais grave. Mon quartier, autrefois si animé, était devenu triste à mourir. Les habitants, si respectueux par le passé, passaient maintenant leur temps à s’invectiver. Alors, j’ai migré dans un autre coin plus calme (non ce n’est pas une sénioriale). Mais, même si j’ai commencé par une petite cabane au fond du jardin, bientôt je me suis retrouvée avec un château. Le pire c’est que je ne cherchais même pas à m’agrandir, mais le fait est que chaque personne qui passait par là y a rajouté une pierre. Si bien que seulement quelques années plus tard, je n’arrivais déjà plus à me retrouver dans un si grand espace. Mon cabanon est aujourd’hui devenu une tour gigantesque de laquelle j’ai perdu de vue le monde. Et qu’est-ce qu’être présent sur un réseau social sans socialisation ? Ce n’est plus vivre dans un village, mais juste observer les gens depuis un penthouse. Cela n’a plus beaucoup de sens, même si ça fait du bien à l’égo d’être proprio d’une si imposante demeure.

Du coup, j’ai pris en plus un petit studio dans un quartier asiatique plus jeune, plus féminin et – surtout – plus amusant. C’est vrai que j’ai parfois arboré le rainbow flag pour de mauvaises raisons, mais là je l’ai planté à ma fenêtre avec fierté. C’est bien la même personne qui avait défilé pour le mariage pour tous qui vit maintenant dans une sorte de Christopher street soft où toutes les histoires d’amour auraient un happy end. Tu me demandes si je n’ai pas filé direct dans Le meilleur des monde d’Aldous Huxley. Non, je sais très bien que nous vivons dans 1984, mais j’aime l’illusion d’un semblant de liberté et de diversité.

En fait, je ne cherche même pas à savoir si les voisins sont gays, lesbiennes, fujoshi, fétichistes ou de simples het/cis qui aiment seulement l’ambiance du quartier. Le fait est que peut-être pour la première fois de ma vie, je réside dans une communauté. Non que je sois devenue communautariste pour m’exclure du monde, mais plutôt membre d’une partie de la société qui cherche à être reconnue, voire à croître. Dans ce cadre, je n’hésite pas à faire du pro-élitisme pour cette communauté dès que j’en ai l’opportunité.

Le quartier est aussi très cosmopolite. Je parle français avec mes voisines, mais souvent je fais l’effort de m’exprimer en anglais pour communiquer avec plus de monde. Les xénophobes n’ont pas leur place ici, car tous les magasins qui nous nourrissent sont tenus par les thaïlandais, japonais, taïwanais, coréens ou des philippins. Les habitants viennent du monde entier. D’Asie bien entendu, mais aussi d’Europe, d’Amérique du nord ou du Sud. Certains jours, lors des grands évènements, ça ressemble à une tour de Babel qui hurle dans toutes les langues.

Il n’est pas rare par ailleurs de croiser des célébrités asiatiques parmi la foule. Ils sont nombreux à venir y faire leur pub pour leur dernier spectacle. Même si j’ai eu des interactions avec quelqu’uns, j’ai plus fréquemment tapé la discute avec les réalisateurs, producteurs et autres coaches qui n’hésitent pas à échanger avec le public. Ainsi, alors que j’étais quasi muette depuis plusieurs années, ici je n’hésite pas à donner mon avis via des reviews placardées devant ma porte. Je commence donc à connaître certains habitants et c’est fun. Tout le monde a le sourire lorsque je les croise dans l’escalier ou dans la rue. Notre mot d’ordre est la bonne humeur. Nul n’est là pour se prendre la tête.

Si demain doit être le dernier à Twitterland, je n’aurai aucun regret de quitter ma tour, mais j’en aurai de quitter mon petit studio rose fluo. Heureusement, je sais que, tels des nomades, ma communauté migrera sous des cieux virtuels plus cléments et je saurai toujours reconnaître les signes qui me mèneront sur leur chemin.

Win x Team | Shift | BetweenUsTheSeries [BL]

Win a craqué pour le jeune Team, un nouveau nageur dans son club de natation à l’université. Bientôt, l’attraction entre les deux garçons va devenir réciproque.

Avec des extraits des épisodes 1 et 2 de la série Thaï #betweenustheseries produite par Wabi Sabi (2022). #WinTeam #BounPrem

Musique : #Shift de l’album Heal de #therose – copyright : ℗ 2022 Windfall / Transparent Arts.

The Eclipse – Mon avis

Parmi les séries BL les plus attendues de 2022, il y avait The Eclipse, produite par la firme thaïlandaise GMMTV. On y retrouve en vedettes First Kanaphan et Khaotung Thanawat ainsi qu’en couple secondaire Neo et Louis, deux jeunes acteurs plus habitués aux rôles comiques.

Le BL fait partie d’une catégorie que je considère comme militant, au même titre qu’un Not Me par exemple. Ce genre particulier semble être une contribution de la production à l’avancée de la cause LGBT+ en Thaïlande, mais peut-être encore bien plus : à la cause pro-démocratie de la société thaï. Comme une sorte de soutien soft aux différentes revendications qui font l’objet régulièrement de manifestations dans le pays. La personnalité de Golf Tanwarin Sukkhapisit la réalisatrice et politicienne très engagée le confirme. Le sérieux du sujet est aussi illustré par l’absence de publicité embarquée. Comme si GMMTV n’attendait pas particulièrement un gros audimat pour ce BL.

Alors revenons un peu sur le sujet. Au début rien de vraiment nouveau : des scolaires dans une école privée masculine d’élite. Parmi les élèves aux uniformes impeccables se distinguent les préfets une sorte de milice interne qui fait respecter les règles strictes de l’établissement. Parmi ces derniers Akk (First), élève boursier sage et obéissant, dirige cette milice. Tout irait bien dans le meilleurs des mondes autoritaires si des grains de sable ne venaient gripper cette machine à formater les jeunes esprits. Un petit groupe de garçons proteste contre le port de l’uniforme et un mystérieux nouvel élève Ayan (Khaotung) fait de la provocation contre le système de l’école. Bientôt, toute cette institution immuable va être secouée, obligeant élèves et professeurs à se remettre en question et à évoluer.

On se doutait que First brillerait dans le rôle de Akk. On l’attendait en brave petit soldat torturé par ses sentiments et la remise en question de toutes ses croyances. Cependant, même s’il a effectivement fait le job, comme l’acteur talentueux qu’il est, les étincelles sont plutôt venues de Khaotung, souvent très émouvant dans le rôle difficile d’Ayan. Leur couple tient la route et leur alchimie fait mouche à bien des moments. Côté couple secondaire, l’interprétation de Neo m’a bluffée, moi qui le déteste fréquemment dans ses rôles comiques. J’avais d’ailleurs zappé son perso dans Fish upon the sky tellement ses grimaces me portaient sur les nerfs. Mais là, dans un registre plus dramatique, je l’ai beaucoup aimé. Un registre qui va aussi très bien à son complice Louis qui fait aussi une jolie performance dans ce BL.

Sur le plan de la mise en scène, peu de fioritures, même si on peut compter quelques jolies scènes notamment en bord de mer. La réalisatrice a surtout privilégié l’émotion et les gros plans sur ses acteurs. Par ailleurs, elle n’a pas éludé le propos militant comme on pouvait l’imaginer. A noter la scène dans un café pour tous, le fait que les protestataires étaient des LGBT+ ainsi que les nombreuses références à 1984 de George Orwell, livre lu par Ayan. L’oppression exercée par l’école fait écho à celle du gouvernement qui discrimine les minorités, mais aussi opprime l’ensemble de la société qui est privé de démocratie. Les changements viendront par une prise de conscience des citoyens. Tout comme les élèves de Suppalo, ces derniers doivent bousculer le confort des règles établies et permettre une évolution pour le bien de tous.

Même si je m’attendais à un BL plus sombre et peut-être un peu plus engagé, le résultat est tout de même satisfaisant. Et j’apprécie particulièrement les séries avec du fond, en plus d’une jolie histoire d’amour. Fan de First, je vais patienter (peu de temps) pour le voir dans son prochain rôle, même s’il restera toujours pour moi l’inoubliable Yok de Not Me.