Simon, amoureux, revient.

Suite de mon roman « L’heure des possibles »

Depuis la cérémonie, l’artiste me fuyait. Mais, je n’avais pas de temps à perdre. J’abandonnai. Ce n’était pas les soumis qui manquaient. Il s’agissait juste de les trouver. Quand ce n’était pas eux qui te trouvaient au détour d’un site internet. Mais autant les filles soumises s’affichaient carrément, voire se vantaient de l’être sur leur blog, autant pour les mecs c’était parfois plus compliqué.

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Personnellement, tout le côté formel du D/s me fatiguait. Le scénario parfaitement écrit à l’avance et exécuté ensuite. L’idée de garder le contrôle en permanence me bloquait dans l’abandon nécessaire à l’atteinte du plaisir. Le seul truc que je trouvais enivrant, c’était le pouvoir que j’avais sur l’autre et surtout l’excitation de le posséder jusqu’aux tréfonds. J’exprimais là, je pense, mon côté masculin. Un désir que je savais très ancien en moi.  Les voies de la domination étaient pénétrables. Et j’aimais pénétrer. Et s’il fallait sacrifier à tout le folklore BDSM pour en arriver à cette finalité, j’y étais prête.

L’autre soir, alors que je me pressais pour sortir d’une salle de spectacle parisienne, je tombai sur Simon. Il arborait une barbe fournie et me sourit : «  Julia, j’avais presque oublié comme tu étais belle. » J’entamai ensuite une aimable conversation juste devant le théâtre. Comme il était seul, je lui proposai d’aller boire un verre dans un bar des environs.

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Dans la salle principale d’un établissement bondé, nous nous installâmes à une table qui venait juste de se libérer. Je commandai deux coupes de champagne et plongeai mon regard dans les yeux de mon ancien amant. Les souvenirs de nos folies passées étaient toujours aussi présents en moi. Surtout la douceur de son intimité sous mes doigts experts. J’étais déjà comme saoule de ces pensées même avant d’avoir bu. Et, j’en avais très envie. Là, de suite.

Je lui proposai de quitter les lieux et de me rendre chez lui. Dans son très bel appartement, il est certain qu’il aurait tout à disposition pour le jeu. Outre cravache, collier et pinces à sein, je pris une corde et de quoi lui masquer les yeux. Il sourit lorsqu’il vit le matériel que j’avais choisi. Mais, je gardais une surprise. Après lui avoir ordonné de se rafraîchir et de revenir nu avec des pinces à seins, je lui commandai de se mettre à genoux. Je lui passai le collier ainsi que la laisse de métal associée. J’admirai un instant le spectacle de cette nouvelle soumission. Peu m’importait le passé. Je voulais le posséder de nouveau.

Photo Julia Vernier 2018

Il était bien docile. Un parfait soumis. Il l’avait toujours été. Je retirai les pinces à sein et assise sur le rebord du lit, je commençai à jouer avec ses tétons. J’aimais le plaisir que je lisais dans ses yeux à chaque fois que je les tordais dans tous les sens. Ensuite, je lui ordonnai de me lécher les chaussures. Il obtempéra avec enthousiasme et application.

Lorsque j’eus assez de ce spectacle, j’enchainais avec une phase de féminisation. Je lui passai mon collant résille et j’admirai son petit sexe qui suintait de désir sous l’étoffe transparente. « Ma petite salope, ça t’excite, hein ? » lui murmurai-je d’une voix ferme avant de lui attacher les bras en arrière et de le priver de la vue.

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Il était maintenant totalement en mon pouvoir. Le parfait sex toy. Je retirai ma culotte et la lui fourrai dans la bouche avant de la jeter. Puis, je menai ses lèvres jusqu’entre mes cuisses pour qu’il me dévore avec avidité. Ce qu’il fit, mes jambes enveloppant son cou. Mais, mes pensées s’évadaient dans l’anticipation de la suite des évènements et n’avaient pas la volonté de jouir sous sa langue.

J’arrêtai donc et lui ordonnai de se lever. Je le poussai ensuite face contre le lit. Puis, je lui assénai quelques petits coups de cravache. Je voyais sa peau qui commençait à rosir sous le voile noir du collant. Je voulais ses fesses. Il s’agissait d’un désir violent de le pénétrer. Je déchirai l’étoffe au niveau du lieu de nos plaisirs, livrant à mon regard sa peau nue. Après l’avoir relevé debout en tirant sur les cordes, je lui détachai les bras et retirai le bandeau de ses yeux. Je voulais qu’il me voit ajuster sur mes reins le vecteur de sa soumission.

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Photo Julia Vernier 2018

Après l’avoir abondamment lubrifié, je le pénétrai pour commencer de mes doigts. Il était sur le dos, les cuisses ouvertes. Il s’offrait à moi. Au plaisir d’être possédé par moi. Je glissais maintenant mon gode ceinture en lui. Debout, entre les va-et-vient, je m’acharnais sur ses seins maintenant en feu. Bien vite, je me retrouvai à le labourer en levrette, debout sur le lit. Il enchaina les orgasmes de son côté, mordant son oreillée,  pendant que je m’acharnais sur son séant en criant : «  Je te possède. Tu es à moi ! ». A l’issue de la séance, je me retrouvais totalement en sueur. J’adorais cet exercice. Tout comme lui. Et il n’y avait rien de plus excitant pour moi qu’un mec qui affichait fièrement des préférences sexuelles de ce genre.

Peu après, il remit sa langue et ses doigts entre mes cuisses. Je m’abandonnai un instant au plaisir, rien qu’en repensant au souvenir de sa possession. Il jouit ensuite sur son ventre, en se masturbant, pendant que je lui caressais l’anus.

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Après, nous restâmes un bon moment enlacés. Je songeais à ce moment, qu’il aurait pu me suffire. Si j’avais au moins su ce que je voulais. Mais je quittai les lieux, comme à mon habitude, peu avant l’aube. Avant de partir, je retirai mon médaillon en argent avec un « J » gravé dessus et je lui passai autour du cou. « Un petit souvenir. Je ne fais pas encore dans la marque au fer rouge. » Je lui souris et disparus dans la nuit pluvieuse.

La cérémonie

Suite de mon roman blog « L’heure des possibles ».

J’avais eu du mal de récupérer le tableau que j’avais acheté à l’artiste. Ce dernier traînait à me le faire parvenir. Après avoir obtenu les coordonnées de son atelier, je me présentai chez lui un week-end.

Lorsque la lourde porte métallique du loft s’ouvrit, il était là. Toujours aussi beau. Mais, son visage était grave. Comme si il venait de recevoir une mauvaise nouvelle. Visiblement, ma visite ne lui plaisait pas. Sans doute savait-il déjà qu’une soumission à ma personne était une affaire à temps plein. Quelque chose qui lui prendrait de l’énergie et beaucoup de son temps dédié à la création. Je le comprenais. Il y avait quelque chose de contradictoire entre l’art et la soumission. L’art était avant tout un acte de liberté  d’expression. La soumission le privait de ses mains, de ses yeux. Elle entravait cette liberté. Je sentais qu’il y avait en lui un combat entre la pulsion de soumission et le besoin, vital, de s’exprimer. Ce combat se traduisait par un comportement de fuite. Enfin, c’était comme ça que je l’analysais. Néanmoins, en ma présence, il tomba à genoux et baissa la tête.

Je souris devant son allégeance. Je n’en attendais pas moins de lui. Je lui relevai la tête avec deux doigts posés sous son menton. «  Tu as fait tout ce que tu as pu pour m’échapper, petite pute, mais maintenant, je suis là. Et tu sais ce que tu as à faire. » L’homme se releva et fila en direction d’un espace que je devinais être la salle de bain.

En l’absence du soumis, je laissai tomber mon sac de sport sur un des fauteuils club du coin salon et commençai à me déshabiller. Je ne gardai que mon corset de satin noir, ainsi que ma culotte et mes bas. Je sortis d’un écrin de feutrine rouge, mes Louboutin noir vernis et je les chaussai. Ainsi parée, je décidai d’aller retrouver l’artiste. Ce dernier fut surpris de me voir. Il semblait gêné, tenant une poire à lavement entre les mains. Je lui pris l’objet et lui fis signe d’entrer dans la douche. Là, après avoir rempli la poire et avoir fait glisser un peu de gel douche sur l’embout, je lui ordonnai d’écarter ses fesses. Il obtempéra dans broncher. Et je fis pénétrer lentement le tube en lui. Il sursauta à la sensation. C’était les prémisses de sa soumission totale.

"Based On A True Story" Red Carpet Arrivals - The 70th Annual Cannes Film Festival

Je le laissai ensuite terminer ses préparatifs intimes. Et je me dirigeai plutôt vers la cuisine pour voir si je ne pouvais pas trouver un truc à boire. J’ouvris le frigo, qui était plutôt vide, mais je souris en apercevant une bouteille de Ruinart rosé allongée dans le bas. Je me saisis de cette dernière et je cherchai un verre dans les placards. Je tombai enfin sur des flutes et j’en pris une avant d’ouvrir la bouteille.

Au moment où je venais de me servir un verre, j’aperçus le soumis revenir à quatre pattes de la salle de bain. A cet instant, un frisson me parcourut tout le corps. J’avais oublié les sensations extraordinaires ressenties devant la soumission de l’autre. L’homme s’arrêta sur le tapis du salon et se prosterna dans ma direction. Je sus alors que je devais passer à l’étape suivante. Je filai d’un pas lent et étudié vers mon sac et j’en sortis un magnifique collier en cuir noir clouté. J’ordonnai à l’artiste de se relever. Il obtempéra tout en maintenant sa tête baissée. Je lui passai alors le collier autour du cou et je sentis son profond émoi. « Merci maîtresse. » me lança-t-il d’une petite voix.

« Aide-moi à retirer ma culotte ! » lui ordonnai-je. Il me regarda avec ses yeux de chiot énamouré et fit glisser, tout tremblant, ma culotte de dentelle noire le long de mes jambes. Il embrassa mes pieds après y avoir fait passer le sous-vêtement.

Je sortis ensuite des foulards. L’un me servit à le priver de la vue, l’autre à lui attacher les mains dans le dos. Après, je commençai à marcher d’un pas lent en tournant autour de lui. Je pris en main ma cravache que je fis glisser sur son corps, alternant caresses et petites tapes. Ce manège lui avait provoqué une forte érection.  Je lui fourrai deux doigts dans la bouche d’une main et serrai sa verge tendue de l’autre. « Jolie queue ma salope. Mais, elle me sera inutile ce soir.» lui murmurai-je à l’oreille.

Je pris la laisse de métal et l’accrochai à son collier, puis je le fis avancer à genoux pendant quelques mètres. Il s’agissait de l’amener près du canapé où je m’affalai les cuisses grandes ouvertes. Avec le corset impossible de bouger lorsque j’étais assise, je tirai donc sur sa laisse pour le faire approcher de mon sexe déjà bien humide. Il ne se fit pas prier pour venir me dévorer avec avidité. L’homme était doué. Même, très doué dans cet exercice. Comme j’avais pu le constater lorsque j’avais mis mes doigts dans sa bouche, l’artiste avait un piercing sur la langue. Je comprenais maintenant à quoi cela pouvait bien lui servir. Excitée comme jamais, j’entourais maintenant son cou de mes jambes, faisant pénétrer son visage encore plus profondément en moi. Il ne me fallut que peu de temps pour jouir sous ses caresses buccales.

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Aux derniers sursauts de mon orgasme, je ne me reposai pas. Le clou de la cérémonie était à venir. Après lui avoir libéré les mains, je sortis trois autres objets de mon sac à dominer. Des pinces à seins, un gode ceinture et un bâillon. Je fixai les pinces sur les tétons du soumis. Il était maintenant à quatre pattes sur le tapis du salon, attendant avec fébrilité la suite des évènements comme un petit chiot affamé. J’enfilai rapidement mon gode ceinture et vint lui faire goûter la hampe de silicone. Il suça l’objet avec autant d’attention qu’il en avait eu pour mon clitoris. Mais, bientôt je lui ordonnai d’arrêter. Là, j’ajustai le bâillon autour de sa tête. Privé de vue et maintenant de parole, il était totalement en ma possession. Parfaitement soumis. Prêt à devenir la chienne qu’il était.

J’essayais de garder la tête froide, même si je sentais comme une sorte de vertige m’envahir. Je commençai par lui caresser l’anus tout en faisant glisser mon gode entre ses fesses rebondies. J’arrosai sa raie avec du lubrifiant et j’en fis pénétrer en lui à chaque mouvement de va-et-vient de mes doigts. «  Tu es à moi. » lui soufflai-je plusieurs fois avant de m’introduire en lui. Il commença à gémir de plus en plus fort avant de sombrer dans une sorte de transe, au fur et à mesure que mes coups de boutoir devenaient de plus en plus intenses. Je me demandais ce que cela aurait donné sans le bâillon. Sans doute quelque chose de très impressionnant à vivre. Je n’avais jamais connu un tel transport chez un homme, soumis ou non. Je me dis qu’il devait sans doute être aussi exceptionnel qu’il me l’avait dit. La transe s’acheva par un orgasme violent projetant sa semence sur les volutes du tapis.

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Encore sous le coup des émotions qui me traversaient, je n’avais pas le goût de lui faire lécher le sol. Même si c’était prévu dans mon scénario. Je l’aidai juste à se relever et je lui retirai foulard, bâillon et pinces. Il me sourit. Je le pris dans mes bras, soulagée et fière de moi. Je caressai ses cheveux très doux. Et, après lui avoir ôté le collier, je l’embrassai sur la bouche. Ce soir là, je n’avais pas envie de prendre la fuite, comme les autres fois. J’avais juste envie de passer du temps allongée dans les bras d’un autre être humain.

Pour les autres, nous étions des déviants, des dépravés. Pour nous, c’était juste une pratique sexuelle, un acte d’amour et d’abandon absolu. Même si ce chemin n’était pas le plus simple, c’était celui que j’avais décidé d’emprunter. Et, au delà du plaisir que je n’avais plus avec les « vanille », le D/s m’apportait confiance en moi et satisfaction de désirs très anciens. Je n’avais maintenant plus aucun doute sur ma nature de dominante. Restait juste à savoir si cela n’agirait pas sur moi comme une drogue, me poussant à multiplier les soumis, ou si l’un d’eux/d’elles saurait assez me combler pour me permettre d’échapper à cette probable fuite en avant.