La cérémonie

Suite de mon roman blog « L’heure des possibles ».

J’avais eu du mal de récupérer le tableau que j’avais acheté à l’artiste. Ce dernier traînait à me le faire parvenir. Après avoir obtenu les coordonnées de son atelier, je me présentai chez lui un week-end.

Lorsque la lourde porte métallique du loft s’ouvrit, il était là. Toujours aussi beau. Mais, son visage était grave. Comme si il venait de recevoir une mauvaise nouvelle. Visiblement, ma visite ne lui plaisait pas. Sans doute savait-il déjà qu’une soumission à ma personne était une affaire à temps plein. Quelque chose qui lui prendrait de l’énergie et beaucoup de son temps dédié à la création. Je le comprenais. Il y avait quelque chose de contradictoire entre l’art et la soumission. L’art était avant tout un acte de liberté  d’expression. La soumission le privait de ses mains, de ses yeux. Elle entravait cette liberté. Je sentais qu’il y avait en lui un combat entre la pulsion de soumission et le besoin, vital, de s’exprimer. Ce combat se traduisait par un comportement de fuite. Enfin, c’était comme ça que je l’analysais. Néanmoins, en ma présence, il tomba à genoux et baissa la tête.

Je souris devant son allégeance. Je n’en attendais pas moins de lui. Je lui relevai la tête avec deux doigts posés sous son menton. «  Tu as fait tout ce que tu as pu pour m’échapper, petite pute, mais maintenant, je suis là. Et tu sais ce que tu as à faire. » L’homme se releva et fila en direction d’un espace que je devinais être la salle de bain.

En l’absence du soumis, je laissai tomber mon sac de sport sur un des fauteuils club du coin salon et commençai à me déshabiller. Je ne gardai que mon corset de satin noir, ainsi que ma culotte et mes bas. Je sortis d’un écrin de feutrine rouge, mes Louboutin noir vernis et je les chaussai. Ainsi parée, je décidai d’aller retrouver l’artiste. Ce dernier fut surpris de me voir. Il semblait gêné, tenant une poire à lavement entre les mains. Je lui pris l’objet et lui fis signe d’entrer dans la douche. Là, après avoir rempli la poire et avoir fait glisser un peu de gel douche sur l’embout, je lui ordonnai d’écarter ses fesses. Il obtempéra dans broncher. Et je fis pénétrer lentement le tube en lui. Il sursauta à la sensation. C’était les prémisses de sa soumission totale.

"Based On A True Story" Red Carpet Arrivals - The 70th Annual Cannes Film Festival

Je le laissai ensuite terminer ses préparatifs intimes. Et je me dirigeai plutôt vers la cuisine pour voir si je ne pouvais pas trouver un truc à boire. J’ouvris le frigo, qui était plutôt vide, mais je souris en apercevant une bouteille de Ruinart rosé allongée dans le bas. Je me saisis de cette dernière et je cherchai un verre dans les placards. Je tombai enfin sur des flutes et j’en pris une avant d’ouvrir la bouteille.

Au moment où je venais de me servir un verre, j’aperçus le soumis revenir à quatre pattes de la salle de bain. A cet instant, un frisson me parcourut tout le corps. J’avais oublié les sensations extraordinaires ressenties devant la soumission de l’autre. L’homme s’arrêta sur le tapis du salon et se prosterna dans ma direction. Je sus alors que je devais passer à l’étape suivante. Je filai d’un pas lent et étudié vers mon sac et j’en sortis un magnifique collier en cuir noir clouté. J’ordonnai à l’artiste de se relever. Il obtempéra tout en maintenant sa tête baissée. Je lui passai alors le collier autour du cou et je sentis son profond émoi. « Merci maîtresse. » me lança-t-il d’une petite voix.

« Aide-moi à retirer ma culotte ! » lui ordonnai-je. Il me regarda avec ses yeux de chiot énamouré et fit glisser, tout tremblant, ma culotte de dentelle noire le long de mes jambes. Il embrassa mes pieds après y avoir fait passer le sous-vêtement.

Je sortis ensuite des foulards. L’un me servit à le priver de la vue, l’autre à lui attacher les mains dans le dos. Après, je commençai à marcher d’un pas lent en tournant autour de lui. Je pris en main ma cravache que je fis glisser sur son corps, alternant caresses et petites tapes. Ce manège lui avait provoqué une forte érection.  Je lui fourrai deux doigts dans la bouche d’une main et serrai sa verge tendue de l’autre. « Jolie queue ma salope. Mais, elle me sera inutile ce soir.» lui murmurai-je à l’oreille.

Je pris la laisse de métal et l’accrochai à son collier, puis je le fis avancer à genoux pendant quelques mètres. Il s’agissait de l’amener près du canapé où je m’affalai les cuisses grandes ouvertes. Avec le corset impossible de bouger lorsque j’étais assise, je tirai donc sur sa laisse pour le faire approcher de mon sexe déjà bien humide. Il ne se fit pas prier pour venir me dévorer avec avidité. L’homme était doué. Même, très doué dans cet exercice. Comme j’avais pu le constater lorsque j’avais mis mes doigts dans sa bouche, l’artiste avait un piercing sur la langue. Je comprenais maintenant à quoi cela pouvait bien lui servir. Excitée comme jamais, j’entourais maintenant son cou de mes jambes, faisant pénétrer son visage encore plus profondément en moi. Il ne me fallut que peu de temps pour jouir sous ses caresses buccales.

tumblr_p5lc49DhdT1vaguv0o1_500

Aux derniers sursauts de mon orgasme, je ne me reposai pas. Le clou de la cérémonie était à venir. Après lui avoir libéré les mains, je sortis trois autres objets de mon sac à dominer. Des pinces à seins, un gode ceinture et un bâillon. Je fixai les pinces sur les tétons du soumis. Il était maintenant à quatre pattes sur le tapis du salon, attendant avec fébrilité la suite des évènements comme un petit chiot affamé. J’enfilai rapidement mon gode ceinture et vint lui faire goûter la hampe de silicone. Il suça l’objet avec autant d’attention qu’il en avait eu pour mon clitoris. Mais, bientôt je lui ordonnai d’arrêter. Là, j’ajustai le bâillon autour de sa tête. Privé de vue et maintenant de parole, il était totalement en ma possession. Parfaitement soumis. Prêt à devenir la chienne qu’il était.

J’essayais de garder la tête froide, même si je sentais comme une sorte de vertige m’envahir. Je commençai par lui caresser l’anus tout en faisant glisser mon gode entre ses fesses rebondies. J’arrosai sa raie avec du lubrifiant et j’en fis pénétrer en lui à chaque mouvement de va-et-vient de mes doigts. «  Tu es à moi. » lui soufflai-je plusieurs fois avant de m’introduire en lui. Il commença à gémir de plus en plus fort avant de sombrer dans une sorte de transe, au fur et à mesure que mes coups de boutoir devenaient de plus en plus intenses. Je me demandais ce que cela aurait donné sans le bâillon. Sans doute quelque chose de très impressionnant à vivre. Je n’avais jamais connu un tel transport chez un homme, soumis ou non. Je me dis qu’il devait sans doute être aussi exceptionnel qu’il me l’avait dit. La transe s’acheva par un orgasme violent projetant sa semence sur les volutes du tapis.

tumblr_p5izte7MC81wp12cto1_500

Encore sous le coup des émotions qui me traversaient, je n’avais pas le goût de lui faire lécher le sol. Même si c’était prévu dans mon scénario. Je l’aidai juste à se relever et je lui retirai foulard, bâillon et pinces. Il me sourit. Je le pris dans mes bras, soulagée et fière de moi. Je caressai ses cheveux très doux. Et, après lui avoir ôté le collier, je l’embrassai sur la bouche. Ce soir là, je n’avais pas envie de prendre la fuite, comme les autres fois. J’avais juste envie de passer du temps allongée dans les bras d’un autre être humain.

Pour les autres, nous étions des déviants, des dépravés. Pour nous, c’était juste une pratique sexuelle, un acte d’amour et d’abandon absolu. Même si ce chemin n’était pas le plus simple, c’était celui que j’avais décidé d’emprunter. Et, au delà du plaisir que je n’avais plus avec les « vanille », le D/s m’apportait confiance en moi et satisfaction de désirs très anciens. Je n’avais maintenant plus aucun doute sur ma nature de dominante. Restait juste à savoir si cela n’agirait pas sur moi comme une drogue, me poussant à multiplier les soumis, ou si l’un d’eux/d’elles saurait assez me combler pour me permettre d’échapper à cette probable fuite en avant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fucking with the devil

Suite de mon roman blog « L’heure des possibles ».

Depuis mes dernières déconvenues sentimentales et mon changement d’employeur, je m’étais tenue éloignée des tentations. J’avais trouvé refuge dans une reposante abstinence. Mais, au bout de quelques mois, cette dernière finit par me peser et je repris mes mauvaises habitudes. Sans trop y croire, je réalimentai un vieux blog sur cette bouche d’égout de Tumblr. Un truc bien trash, histoire de remonter du poisson bien vicié et vicieux. Je voulais me vider la tête dans un tourbillon d’images empoisonnées.

Un soir, au milieu de la fange brassée, je tombai sur un diamant, noir. Le type m’attira de suite par ses photos noir et blanc, son côté musicien et surtout par son dirty mind.  Même si ce qu’il montrait n’était pas forcément ma tasse de thé habituelle, j’avais envie d’un miroir dans lequel me regarder. Et qui sais, peut-être y trouver des réponses à mon comportement passé. Nous avions beaucoup de points communs. Notamment les mêmes goûts musicaux, l’amour de la photo, le goût des belles choses et des plaisirs raffinés.

tumblr_oxib6tXU7g1ufm7yqo1_500

J’appliquai les recettes de celles qui chopaient sur le net : repérer, traquer, amuser, flatter, ferrer… Avec un brin de cynisme désespéré Louisa, la @VilaineGarce de Twitter nous avait tout expliqué. C’était facile effectivement. Loin des soumis insoumis et de la complexité des femmes, le mec hétéro de base était d’une délassante simplicité. Dans l’ensemble les types étaient plutôt respectueux, avec des fantasmes classiques issus de la production porno actuelle. Lui, ses penchants étaient plus sombres. Il s’affichait dominant. Il représentait tout ce que je détestais, mais de tout son être et de ses mots émanaient une puissante et obscure attraction à laquelle je ne pouvais étrangement pas résister. Je songeai vite à l’idée d’un nouveau challenge, juste histoire de repousser mes limites.

tumblr_oy6nbi3dgO1ugo54ao1_500

Rapidement, nous avions convenu d’une rencontre lors d’un de mes déplacements professionnels. Je le retrouvai dans un bar non loin de son lieu d’habitation. Il était grand, barbu et plus beau que je ne l’avais imaginé. Il était habillé de façon plutôt élégante, comme sur son avatar. Sur le coup, je n’étais pas déçue. Lui, non plus, si j’en crus son regard admiratif et déjà brillant du désir qu’il avait de moi.

Après quelques verres et de plaisanteries graveleuses de ma part, nous avions décidé de ne pas nous éterniser dans le bar. Lui, tentait de se tenir sage, même si ses joues en feu trahissaient son excitation. Il se contentait de renchérir par de petites touches d’humour de bon goût. Bien vite, nous avons convergé vers son logis qui se tenait à deux pas. Là, je m’attendais à un petit deux pièces vétuste, mais je tombais sur un superbe appartement. Je rêvais. Le type avait tout d’un fake sur l’écran, mais il semblait bien réel. Ses guitares de musicos étaient exposées dans un coin du salon. En même temps qu’il me faisait visiter les lieux, il lança une playlist de Metal. J’appréciai l’attention.

A ce moment, je savais que je devais débrancher mes pensées et même ne plus penser. Je fermai les yeux. Il se plaça derrière moi et souleva ma jupe. Je sentis son haleine dans mon cou. Il respirait mon parfum comme pour s’enivrer. Il attrapa mes cheveux mi-longs d’un coup sec, tout en commençant à me fouiller les orifices déjà bien humides. De ces simples gestes, je compris que j’étais devenue sa chose.

tumblr_lefun5oaY81qfmqqio1_540

Nous avions convenu à l’avance du scénario de cette explosive rencontre, mais le résultat dépassait mes fantasmes les plus fous. Il fit glisser son pantalon et son boxer. Les photos reçues en DM n’étaient pas fausses non plus et ses dimensions plutôt impressionnantes. Je souffrais déjà d’avoir à prendre en moi ce serpent monstrueux. Car, si de son côté il n’avait pas menti, pour ma part, j’avais pas mal gonflé mon CV.

Il me poussa contre un mur, écarta mes cuisses et engouffra sa tête entre mes fesses menues. Le type était doué. Je ne retenais pas mes gémissements. Je laissais parler mes instincts, mon animalité. Je savais à quoi m’attendre. Il ne m’avait pas caché ses obsessions. Il se releva et tout en maintenant ma tête contre le mur d’une main, il s’attaqua à ma petite porte. Cependant, il y pénétra avec plus de difficulté qu’il ne l’avait imaginé. Même si j’avais soigneusement préparé les lieux, ces derniers n’avaient pas été suffisamment fréquentés pour le passage d’un engin d’un tel volume. Il comprit de suite que je lui avais menti. Mais, il me voulait trop. Il fit alors entrer ses doigts en moi pour dilater l’endroit de tous ses désirs. Visiblement, cette déconvenue redoublait son excitation.

tumblr_oyu8eec7Ug1upwlsoo1_1280

Lorsque la largeur fut à son goût, il me jeta brusquement à terre la tête la première.  Il releva mes fesses vers lui et me força à cambrer mes reins. Alors, que « Given Up » de Linkin Park résonnait dans la pièce, il entama ensuite une longue et lente descente en moi. Je m’étais abandonnée en enfer. Mais, je tentai de me détendre et d’inspirer après chaque centimètre englouti. Il m’encourageait en me claquant les fesses. J’avais oublié jusqu’à mon nom. J’étais ce qu’il exigeait.  Il me soufflait qu’il voulait me posséder totalement, enfoncer toute sa hampe en moi et y déverser sa semence.  Bientôt, à force de me perforer, il réussit à obtenir l’espace suffisant pour s’y mouvoir. Au début avec lenteur, mais bien vite avec beaucoup plus de vigueur. L’expérience physique était plutôt éprouvante pour moi, mais je glissai une main entre mes cuisses pour tenter d’y prendre un peu de plaisir. Il m’ordonna plutôt de fourrer cette main dans mon vagin. Peu après, l’effet réuni de l’humiliation, de la souffrance et du plaisir m’emporta dans un violent et inédit orgasme. Je fus parcourue de spasmes durant quelques secondes.

Il se retira ensuite et me laissa reprendre un peu mes esprits. Il retira le préservatif XXL qu’il portait avec la dextérité d’un hardeur. Sans me relever, il me poussa le dos contre le mur et me fourra brutalement son sexe dans la bouche. Il me prit jusqu’au fond de la gorge. Je manquais d’étouffer, j’avais des haut-le-coeur et mes larmes coulaient sur mes joues. Mais, mon calvaire était proche et je devais jouer mon rôle jusqu’au bout. Après, plusieurs minutes de ce « traitement » de choc, il prit sa verge dans sa main et commença à se masturber avec frénésie. Je le regardai du sol en me pinçant la lèvre inférieure et le regard lubrique. Il était si beau dans sa jouissance. Il vint sur mes seins, comme nous l’avions convenu. Un long jet puissant qui me recouvrit toute la poitrine. Je me badigeonnai ensuite le corps de son élixir diabolique. Je lus dans ses yeux une satisfaction sadique. Il était sans nul doute Lucifer en personne, l’ange déchu.

 

203105

Peu après, sans un mot, je gagnai sa salle de bain. Dans le miroir au dessus du lavabo, je croisai ma mine défaite. Le mascara avait coulé, le rouge à lèvre avait débordé sur la joue et mes cheveux étaient en brousaille. J’étais un champ dévasté après une bataille. Je me dégoûtais un peu, mais curieusement je n’eus pas la nausée que je pressentais. Je m’étais volontairement infligée cette punition pour me rapprocher de mes anciens partenaires. Pour mieux les comprendre. Pour devenir eux le temps d’un instant. Même si je ressentais de la honte, je n’étais pas déçue, car j’avais réussi ce pari délirant. Dans l’encoignure de la porte, mon tortionnaire me souriait. Lui aussi avait eu ce qu’il voulait. Je voyais qu’il aurait bien remis le couvert, mais je n’étais plus d’humeur. Je le quittai peu après et regagnai mon hôtel.

Sur le chemin du retour, ayant reconnecté mon cerveau, je me demandai où j’arrêterai ma quête insensée. Elle ne menait à rien si ce n’était qu’à aggraver ma solitude. Elle me rendait aveugle, m’empêchait de voir le chemin vers le peu de bonheur auquel chaque être humain pouvait prétendre. Je soupirai, ne voyant aucune issue à court terme. A cet instant, mon mobile vibra dans ma poche, c’était mon diable qui se languissait déjà de moi. Je ne répondis pas. Puis, posant mes écouteurs dans les oreilles, je lançai un flow de musique du site Deezer. Résonna alors « Sympathy for the devil » des Rolling Stones.  Je souris.