L’artiste

Je profitais de mes déplacements professionnels pour reprendre mes activités favorites, à savoir écumer les expositions et les évènements artistiques.

Un soir, je me rendis au vernissage d’un jeune artiste dont on m’avait dit beaucoup de bien. Il faisait le buzz sur internet. Plusieurs VIP avaient tweeté de façon élogieuse sur lui. Les quelques tableaux que j’avais vu sur son site semblaient aussi à mon goût. L’évènement était blindé, comme souvent dans ce genre de lieux ouverts à tous. De la lumière, du chauffage, des petits fours et de l’alcool attirant toujours une foule de curieux dont on ne savait jamais vraiment ce qui la motivait.

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J’entrai dans les lieux et attaquai direct un tour des oeuvres exposées. J’étais à la fois fascinée et émerveillée par le style moderne et les sujets bouleversants. Je songeai que l’auteur devait sans doute être à fleur de peau. Dans le carnet transmis à l’entrée, il était indiqué que l’artiste était un hyper sensible autodidacte.

Un moment, je m’arrêtai longuement devant une toile très sombre d’où se détachaient des ronds et des traits jaunes. Comme des phares allumés dans une nuit sans lune. Bientôt quelqu’un s’approcha de moi et me demanda ce que ce tableau m’inspirait. Je regardai ce jeune et beau homme inquiet face à moi et j’en conclus qu’il devait s’agir du peintre. Par provocation, je démarrai alors une histoire qui venait de me passer par la tête.

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  • Et bien voilà, cela me rappelle une nuit sombre l’été dernier en Corse. J’avais rencontré un homme sur internet et il m’avait invité à le rejoindre dans sa maison. En pleine nuit donc, j’avais pris la route pierreuse qui mène de Bonifacio au golfe de Santa Manza. Après quelques minutes en plein maquis, j’avais atteint la fameuse villa. Immense, de plein pied, éclairée et moderne. Le portail était ouvert et donc je me garai dans l’entrée. La porte de la demeure était grande ouverte aussi. Après, de là, j’ai suivi un parcours fléché à l’intérieur de la maison. En passant, je notai la qualité des meubles et le soin des décors. Le jeu de piste s’arrêtait devant une porte fermée. Je la poussai avec un peu d’appréhension…

Mon interlocuteur ne perdait pas une miette de mon récit. Ses grands yeux fixant les miens avec intensité. Je repris donc mon histoire :

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  • En fait, derrière la porte, se trouvait un homme, à genoux, les yeux bandés, les mains attachées dans le dos et avec une cravache entre les dents. Cette vision de soumission me troubla tellement que tous mes sens furent enflammés à l’instant. Je me saisis de la cravache et je la fis battre l’air pendant que je tournoyais autour de l’homme. Puis, je commençai à l’utiliser pour caresser le dos et la croupe du soumis. Et je balançais de petites tapes sur son sexe en forte érection.

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Le jeune peintre semblait lui aussi fortement troublé par cette image. Il avait du mal de déglutir. Voyant que j’avais provoqué ce que j’attendais, je continuai mon récit :

  • N’y tenant plus, j’approchai ma vulve de ses lèvres et le laissai me dévorer de sa bouche experte. Il n’était qu’une chose pour moi, tout au plus un objet sexuel uniquement tourné vers la satisfaction de mon plaisir. Ce dernier ne tarda pas et j’eus du mal de rester debout lorsque les spasmes de mon orgasme m’envahirent. Peu après, je quittai immédiatement la maison et repartis aussi vite que j’étais venue.

Le trouble de l’artiste était à son comble. Je m’approchai de lui et lui murmurai à l’oreille :

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  • Je sais ce que tu es. Petite salope.

L’homme sourit, sembla intimidé et baissa la tête.

Je l’abandonnai là et me dirigeai vers la fille de l’entrée à qui je commandai le fameux tableau. Je laissai mes coordonnées pour me le faire livrer chez moi. De la où il était le peintre ne m’avait pas quittée des yeux. Je savais que j’avais mis le feu à son âme. Je n’avais aucun doute sur l’issue : il sera bientôt mien.

Triangle infernal

A la demande d’un lecteur accro à mon héroïne. 

Après mon intermède lesbien musclé, j’étais plus que jamais décidée à ne pas céder à l’insupportable chantage de Simon. Mais, Quentin, craignant pour sa réputation et sa carrière, ne me laissait aucun répit. Il voulait qu’on en finisse au plus tôt afin de récupérer les images compromettantes détenues par son rival.

Avec cette histoire, nos relations s’étaient quelque peu tendues et nous évitions de nous voir. Je me doutais que c’était bien ce qu’avait recherché Simon : détruire les sentiments que nous avions l’un pour l’autre. Un jour, prenant sur moi, je décidai de rencontrer mon ex soumis en territoire neutre, à savoir un bar de mon quartier. Je voulais le convaincre d’abandonner.

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J’arrivai la première dans l’établissement et me commandai un café. Installée sur une table en terrasse, j’allumai une cigarette, nerveuse. Bientôt, je l’aperçus descendant d’un taxi. Il était habillé plutôt décontracté chic : jean et t-shirt griffés portés près du corps. Il avait beaucoup minci depuis quelques temps et il semblait vouloir mettre sa nouvelle silhouette en valeur. Arrivé à ma hauteur, il retira ses Ray Ban et me salua de façon plutôt distante.

«  Tu voulais me voir Julia ? » Il ne perdit pas de temps. C’était dans sa nature. Il était toujours très direct.

«  Tu sais bien pourquoi, Simon ! Ce chantage est ridicule. Arrête de nous tourmenter comme ça. Quentin n’a rien à voir avec ce qui s’est passé entre nous. Je l’ai juste manipulé pour te punir. »

«  Mais, tu l’aimes ! »

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A cet instant, le serveur vint prendre la commande, essayant de comprendre ce qu’il pouvait bien se passer entre nous. Voyant notre gêne, il s’éloigna l’oeil goguenard, songeant sans doute à un couple illégitime. J’en profitais pour répondre à l’affirmation de Simon :

«  J’ai seulement beaucoup d’affection pour lui. Je t’en prie, si tu m’aimes encore un peu, abandonne ton stupide chantage. » Puis, après un temps de réflexion, tendant une main vers son entrejambe qui n’était plus en cage suite à mon retour de sa clé : «  Nous pourrions reprendre nos jeux… là où nous les avions laissés. »

Simon avait détourné la tête, de peur sans doute de céder à mon regard. Après un moment de silence, il repoussa ma main, se leva et me jeta sa sentence :

«  Tu l’aimes et cela te rend faible. Je n’ai que faire d’une Domina devenue une agnelle par la malédiction de l’amour. Vous viendrez à ce rendez-vous fixé ou je publierai sous 48h ! » Puis, il tourna les talons avant de héler un taxi et de disparaître dans la circulation.

Je m’en voulais de cet échec. Sa blessure d’amour-propre était trop profonde. Il ne me pardonnerait jamais de m’être moquée de ses sentiments à mon égard. J’avais gravement manqué de psychologie. A défaut de sortir grandie de cette histoire, l’expérience vécue ne cessait de me questionner sur moi même et mon rapport aux autres.

Dès le lendemain, via un SMS, j’acceptai la rencontre prévue avec Simon. Semblant vouloir profiter au maximum de son triomphe, il nous avait invité dans un restaurant huppé. Là, dans une ambiance plutôt tendue, il nous étala sa culture et sa légende professionnelle. Comme beaucoup de patrons de la nouvelle économie, il avait commencé dans le porno et les sites de caméra. Puis, peu à peu, il s’était diversifié en investissant dans des sites marchands.

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Je picorai à peine mon assiette, tellement son catalogue de chiffres et de noms me donnait la nausée. Quentin, quant à lui, buvait ses paroles, admiratif d’un tel parcours. Entre deux plats, je quittai la table pour aller fumer une cigarette à l’extérieur, laissant les deux hommes en tête à tête.

A mon retour, les deux convives souriaient jusqu’aux oreilles. Quentin me montra une clé USB qui était supposée contenir le film de sa nuit de débauche. «  Comment peut-on être certain qu’il n’y en a pas de copies ? »  fis-je sèchement en direction de Simon. «  Il n’y en a pas d’autre ! » Répondit-il tout aussi fermement. «  Qu’on en finisse donc ! » Soupirai-je alors.

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A ce moment, Quentin me fixa de ses beaux yeux : «  Simon, ne demande plus rien en échange. Au contraire, il vient de me proposer un job à responsabilité très bien rémunéré dans l’une de ses sociétés ! » Cette nouvelle, qui aurait du me rassurer, me fit l’effet contraire. Dévisageant mon ex-soumis, je notai l’étincelle de défi dans son regard. Je ne comprenais plus rien à sa stratégie.  Si ce n’était qu’il voulait garder la main, d’une manière ou d’une autre.

Je restai sur la réserve le reste du repas, observant la scène qui se jouait devant moi. Le patriarcat avait encore de beaux jours devant lui. Les générations se succédaient et n’étaient pas prêtes de céder le moindre bout de terrain. Je comprenais que j’étais juste le jouet de ces hommes puissants ou souhaitant le devenir. Juste un moyen pour asseoir leur pouvoir ou pour le conquérir.

Tout d’un coup, je compris que leur soumission n’était que de façade. C’était seulement une façon de prendre du plaisir tabou.  Un truc d’initiés, comme dans une société secrète. Chacun détenant des secrets intimes sur les autres. Une manière de plus de se démarquer du commun des mortels.

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La tête me tournait. Lorsqu’en jetant un coup d’œil sur mes messages, je reçus une confirmation que j’attendais, je souris. Je décidai de quitter la table sur le champ : «  Messieurs, je vous laisse à vos discussions sans intérêts. Ce ne fut pas un plaisir de vous avoir connu. Et j’en reste donc là pour ma part. Pas la peine de me menacer de quoique ce soit. J’ai démissionné de ma boîte pour passer à la concurrence. Adieu ! »

Je me dirigeai vers la sortie sans me retourner et filai vers la plus proche station de métro. Arrivée chez moi, je pris le sac qui m’attendait dans l’entrée et en ressortis illico. Je fourrai mon bagage dans ma voiture et roulai pour m’éloigner au plus vite de cette ville de dingues. J’avais l’intention de passer quelques jours au vert. Enfin libre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soumis, mais pas trop

Alors que je me levai assez tôt, après avoir difficilement trouvé le sommeil, rongée par la culpabilité et la honte, quelqu’un sonna à ma porte. C’était Quentin. Visiblement, il n’avait pas dormi de la nuit.

Sans un mot, je le fis entrer dans la cuisine où je m’apprêtais à prendre un bol de café noir. Je lui en proposai un et le priai de s’assoir. Il avait le visage de nos jours sombres,  loin du flamboyant jeune homme de la veille. Mais, après un moment de mutisme, comme s’il cherchait à rassembler ses pensées, il se lança dans le récit de sa nuit agitée.

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«  Après notre étreinte de retrouvailles plutôt inédite et ton départ précipité, j’ai eu de gros doutes sur tes motivations. De ce fait, peu après que tu sois partie, j’ai décidé d’aller vérifier par moi-même si tu disais vrai. Arrivé au pied de ton immeuble, comme j’ai vu qu’il y avait encore de la lumière, j’ai décidé de monter. Heureusement, le code de l’entrée était toujours valide. Ensuite, à ton étage, comme j’ai entendu du bruit derrière ta porte, je me suis caché dans un recoin du palier. Peu de temps plus tard, j’ai vu un homme inconnu quitter ton appartement et je l’ai suivi jusque dans la rue. »

Alors que je voulais tenter de lui donner quelques explications, il me fit signe de me taire et de continuer d’écouter son histoire. A son expression, je sentais bien que ce qu’il avait à dire était suffisamment grave pour que je l’écoute attentivement.

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« Lorsque le type a passé le porche, je l’ai interpellé. Je lui ai demandé s’il me connaissait, et ce dernier m’a répondu sèchement : Que trop bien, hélas ! Cependant, comme il a constaté que j’étais plutôt calme, il m’a proposé qu’on aille discuter de tout cela ailleurs. »

Comme je me doutais de la nature de la conversation que les deux hommes avait pu entretenir, je commençai à me sentir mal. Mais, Quentin me prit la main pour me rassurer et il poursuivit :

«  Nous nous sommes alors rendus dans un bar de nuit que tenait un ami de longue date de Simon. Entretemps, il m’avait dit son nom. Là, entre deux verres de whisky, l’homme s’est longuement étendu sur les détails de son aventure avec toi et des affres dont il souffrait à cause de toi. Cela m’a rappelé des situations que j’avais, hélas, trop bien connues. Mais, surtout il a évoqué sa malheureuse demande en mariage ainsi que, par le menu, la cruauté de ta dernière séance avec lui.  Dernière séance, où j’ai appris que j’avais eu un rôle de guest star ! »

Il avait plongé son regard clair et fatigué dans le mien. Je me sentais si honteuse que j’aurais voulu disparaître dans un trou de souris. Mais, curieusement, il ne semblait pas m’en vouloir. Il enchaîna sur la suite de cette rencontre.

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«  Après cet échange avec Simon, j’ai fini plutôt ivre. J’aurais voulu lui casser la figure, mais j’étais plus compatissant et abattu qu’autre chose. Devenus complices, nous nous sommes alors rendus chez le patron du bar. Le type est un maître BDSM qui dirige un autre établissement où travaillent, entre autres, des dominas professionnelles. Là, le patron nous a proposé un Sévice complet, ce que nous avons accepté avec plaisir. Des femmes hautes en couleur et en talons, nous ont attachés, fouettés et sodomisés dans un ballet de latex froid et minuté. »

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Alors que Quentin faisait une pause dans son récit, j’étais effondrée. J’imaginai déjà Alex venir me trucider parce que son protégé avait rechuté dans la débauche à cause de moi. Puis, il poursuivit et je m’attendis au pire.

« A l’aube, nous avons quitté l’établissement, mais Simon a insisté pour que je l’accompagne chez lui. Là, allumant le mur d’écrans qui trône dans son bureau, il a lancé un film qu’il avait sur son ordinateur. »

A ce moment, Quentin leva les yeux vers moi et prenant un air grave, il m’annonça tout de go que Simon possédait le film complet de sa petite visite dans le bordel BDSM de son ami. Et, qu’il souhaitait maintenant en balancer des extraits sur des sites spécialisés sur le net. Vu le physique avenant de mon amoureux, nul doute qu’il y ferait fureur.

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Je laissai tomber ma tasse sur la table, tellement cette nouvelle m’avait accablée. Mais, Quentin me rassura. Il avait pu le convaincre de renoncer à cette basse vengeance, ainsi qu’avoir obtenu l’assurance de sa part qu’il détruirait le film en question. Alors que je l’interrogeai sur la contre partie de ce renoncement, il me lança avec un sourire : «  Il veut qu’on le fasse tous les trois ensemble. J’ai trouvé que c’était un mince prix à payer. Et puis, cela peut être amusant ! »

J’étais atterrée. Quentin avait de nouveau perdu la tête et une fois de plus j’avais tout faux. Et ce diable de Simon, sous couvert de passer pour une pauvre victime humiliée, avait encore réussi à retourner la situation à son avantage. Il poussait le jeu encore plus loin et profitait maintenant de mes sentiments, bien réels, pour Quentin pour me maintenir sous son emprise.

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Hors de moi, j’appelai immédiatement ce monstre pervers. Il décrocha et ricana à l’autre bout du fil, jubilant de sa petite plaisanterie. Je lui indiquai vouloir porter plainte s’il mettait ses menaces à exécution, mais il n’en avait que faire. Il déposerait le film sur des plate formes à l’étranger et la justice française serait incompétente.

J’avais voulu jouer à la plus fine, mais il s’était joué de moi. En s’en prenant à Quentin, il avait mis au point, en un éclair de temps, une réplique de haut vol. Il me donnait là, la leçon qui me manquait, celle du respect de l’adversaire. J’apprenais, à mes dépens, qu’il ne fallait jamais sous-estimer un soumis. Surtout, un soumis qui ne l’était pas.

 

 

 

Julia’s rule

Après plusieurs jours de réflexion, j’avais décidé d’une punition à la hauteur de l’affront que m’avait fait Simon. Mais, pour arriver à mes fins, il me fallait quelqu’un d’assez fou pour me suivre dans mes délires et ne pas poser de questions. Cependant, je me doutais que j’aurais bien du mal, cette fois, de le convaincre d’aller jusqu’au bout de mon plan. Je devrais certainement user de subterfuges pour arriver à mes fins.

Un jour donc, je me rendis dans un lieu où j’étais certaine de trouver l’individu en question : une salle d’exposition d’art contemporain, bondée de toute la bonne société de la ville. Toujours aussi lumineux, toujours aussi bien entouré. Lorsqu’il se retourna, souriant, je croisais ses sublimes yeux bleus. Il avait l’air surpris de me voir, mais il poursuivit la conversation qu’il entretenait avec une très jolie blonde. Il avait toujours eu  beaucoup de succès auprès des femmes, mon si mignon Quentin.

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Alors que je me tenais près du bar, un verre de champagne à la main, un autre homme s’approcha de moi :

«  Julia. J’aurais du me douter que tu essaierais de le revoir.»

«  Axel ! Toujours là à veiller sur lui comme une nounou ! »

A ce moment, de là où il se tenait, mon ancien amoureux croisa de nouveau mon regard. J’y lisais encore quelque chose. Quelque chose que j’espérais être encore suffisamment présent en lui. Juste encore un peu de désir pour moi. J’aurais voulu le rejoindre, mais Axel me retint par le bras :

« N’y songe même pas. C’est fini le temps où tu nous imposais tes règles. »

« Je n’aime pas du tout ce ton ! Tu as suivi un stage de remasculinisation ou quoi ? »

Pendant ce temps, Quentin s’était rapproché de nous et il entra dans la conversation. Alors que je le félicitais pour sa bonne mine et la beauté de sa compagne, il éclata de rire :

«  C’est juste un sac à foutre pour la soirée. Je rentre, je la défonce et je passe à une autre. Une excellente thérapie anti-Julia. » Son regard était devenu sombre lorsqu’il m’avait balancé cela avec une évidente volonté de me blesser. Puis, il avait tourné les talons de façon très théâtrale. Axel semblait satisfait de la réaction de son protégé.

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«  Tu vois. Il n’a pas besoin de toi. Va-t’en et, surtout, ne reviens plus mettre le souk dans nos vies ! »

Les paroles de l’un et l’autre avaient fait mouche. Et, c’était vrai que je n’étais pas fière de moi. Comment avais-je eu la prétention de croire que mon ex me retomberait aussi facilement dans les bras après tout ce que je lui avais fait endurer ? Je quittais la salle sans même faire le tour de l’exposition. J’étais plutôt sonnée.

Cependant, alors même que j’allais reprendre mon véhicule, j’entendis quelqu’un courir derrière moi. C’était Quentin.

«  Julia, attends ! Je voulais juste te dire… Pardon. Oublie ce que je t’ai dit. La vie sans toi n’a aucun sens. » Puis, après un instant d’hésitation : « Je t’aime toujours ! ».

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A ces mots tant espérés pour la réalisation de mes noirs desseins, je lui décochai un magnifique sourire et tombai dans ses bras.

« Mon beau Quentin, tu m’as tellement manqué. »

De là où j’étais, alors que je serrais mon ex retrouvé, j’aperçus Axel qui sortait lui aussi dans la rue, accompagné de la jolie blonde. Il me fit signe avec ses mains qu’il me surveillait et que s’il arrivait quelque chose à Quentin, il ne me le pardonnerait pas. Je lui répondis d’un doigt d’honneur, tout en caressant par provocation, les fesses de son meilleur ami.

« Allons chez moi ! » Osa mon amoureux. J’opinai de la tête et le suivis en voiture jusqu’à son appartement.

Là, il ne nous fallut que très peu de temps avant de nous retrouver entièrement nus et sur son lit.

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Après l’avoir copieusement sucé tout en l’ayant adroitement doigté, je m’empalai sur sa hampe turgescente. A son grand étonnement, j’avais refusé le préservatif qu’il s’apprêtait à y mettre. Il n’avait pas un gros sexe, mais il y en avait assez pour avoir quelques sensations. Sur lui, je m’agitais d’avant en arrière avant qu’il ne m’entraîne sur le côté et ne mène le bal à son tour. Après m’avoir poussé les jambes en arrière, il était maintenant profondément en moi. Ses yeux magnifiques brillaient du bonheur qu’il ressentait d’être de nouveau avec moi et en moi.

Par la suite, pour souffler un peu, il entama un cunilingus plutôt bien réalisé. Mais, ce n’était pas ce que je voulais ce soir là. Pour nos retrouvailles, je souhaitais qu’il me possède comme je l’avais si souvent possédé. Bien que très surpris d’une telle demande de ma part, il s’exécuta avec entrain. Il était assez fier de pouvoir me prendre comme l’une de ces vulgaires pouliches de compétition qu’il consommait sans modération depuis notre rupture. Je ne pouvais pas dire que j’aimais vraiment ça, même si l’excitation d’être avec lui me poussait hors de mes limites. Je le laissai explorer toutes mes cavités et y jouir dans l’une et l’autre.

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Peu après, je prétextai de devoir travailler le lendemain, pour m’éclipser sans prendre une douche. Il aurait voulu que je passe le reste de la nuit chez lui, mais je l’abandonnai rapidement en lui promettant de revenir le week end suivant. Puis, je filai chez moi à toute vitesse.

Là, je gagnai le salon où, devant l’écran de télévision, était assis et bien ficelé Simon. Ce dernier me jeta un regard noir.

«  Alors, monsieur le professeur, ça t’a plu ma petite retransmission ? » lui lançai-je plutôt satisfaite de ma punition surprise. Visiblement la petite caméra connectée que j’avais installée discrètement chez Quentin avait bien fonctionné.

J’approchai de lui, lui tirai la tête en arrière, et lui crachait dans la bouche : « Tiens, un peu du goût de son sperme dans ma bouche.  Et, tu vas maintenant me faire une jolie toilette de tous mes trous, car il me les a bien inondés, et l’un, et l’autre ! »

Je le poussai sur le sol et lui recouvris la face en m’asseyant sur lui. Il obtempéra, même si je le sentis moins enthousiaste que d’habitude. Mais là, loin du vague plaisir que j’avais ressenti dans mes ébats vanille avec Quentin, j’étais maintenant parcourue des soubresauts d’un orgasme de folie.

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En fin de séance, alors que je le détachai avant d’aller me doucher, il m’interpela : «  Tu l’aimes toujours ? ». A sa mine torturée, je me félicitai intérieurement d’avoir choisi la bonne personne. Avec un inconnu, l’humiliation n’aurait pas été aussi grande et j’aurais manqué ma cible. J’enfonçai le clou :

« Non. J’avais juste besoin d’une queue pour ta punition. Et, sache qu’il a, lui-même, reçu en retour la charmante vidéo de ton nettoyage en règle de son foutre ! » Ce n’était pas vrai, mais je voulais en rajouter dans l’ignoble et le vulgaire pour le dégoûter.  Juste histoire qu’il oublie toute nouvelle velléité de demande en mariage.

« Bravo ! Tu as fait coup double. En tant que soumis, je félicite l’impitoyable Domina à qui je n’ai plus rien à apprendre, sauf le respect. Mais, en tant qu’amoureux, je plains la garce que tu es devenue ! » Je ne l’avais jamais vu aussi énervé. Lui, toujours si maître de lui, toujours si cérébral, là, tout son corps transpirait la colère.

« Merci ! De ta part, j’apprécie le compliment ! Et cette fois, n’oublie pas ta bague. Trouve-toi une Cendrillon à qui cela fera plaisir. » Je glissai le petit boîtier dans sa poche et le poussai en dehors de chez moi.

Je le sentis désespéré. Je voyais bien qu’il n’avait rien cru de mes dénégations relatives à mes sentiments envers Quentin. Et il avait du mal de cacher sa jalousie et son envie d’en découdre. Même s’il me faisait de la peine, je devais rester inflexible sous peine de perdre toute autorité et crédibilité dans la voie que je m’étais choisie. Même si elle était injuste et disproportionnée, c’était ma loi.

 

 

 

 

Sans retour

A mon retour de vacances, je m’attendais à une réponse violente de Simon suite à mon départ brutal. Mais, il ne se passa rien. Rien. Je pensais, au moins, être déchargée de mon projet. Eh bien, non. Tout continua comme si de rien n’était.

Cependant, même avec ce calme apparent, je restais sur mes gardes. J’avais encore en mémoire les yeux brûlants de colère de mon ex-soumis lorsque je lui avais dit que je ne reviendrai pas. Peut-être pensait-il que ce n’était qu’une phase et qu’un peu de distance nous ferait du bien à tous les deux ? Peut-être voulait-il faire mine de m’ignorer, histoire que cela m’agace d’être oubliée si rapidement ? Je ne doutais pas que Simon avait plus d’un tour dans son sac et de la patience.

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Le fait est que je n’entendis plus parler de lui, jusqu’au jour où je reçus un long et étroit colis de sa part. J’ouvris le paquet et j’y découvris un coffret en marqueterie orné d’arabesques d’ébène. L’objet semblait ancien et de grande qualité. Avec un peu d’appréhension, je soulevai le couvercle. A l’intérieur, au milieu du capiton de velours rouge, il y avait une badine de cuir noir ornée d’un pommeau sculpté en or blanc. La lettre «  J » était gravée à l’extrémité. C’était un travail précis et précieux. Au fond du boitier, il y avait une carte avec une simple phrase :

« Mais qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance. »  Charles Baudelaire.

Il n’y avait pas de signature, mais je me doutais que cela venait de Simon. Un bien étrange et ironique cadeau d’adieu. Je me remémorai à cet instant ma violence incontrôlée et ses fesses violettes. Je souhaitais chasser cette image de mon esprit. Je ne voulais pas être CETTE femme là. Je n’étais pas CETTE femme là. Mais, machinalement,  pendant que j’essayais de penser à autre chose, je fouettais l’air avec la badine. Le souvenir des sensations ressenties furent plus fortes que la raison. Je me sentis curieusement comme excitée. Comme si l’objet dans ma main était enchanté.

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En proie à je ne sais quel sortilège, je m’allongeai alors sur le canapé, relevai ma jupe légère et retirai ma culotte. Puis, je fis glisser lentement la badine entre mes petites lèvres, caressant le clitoris. Et, bientôt, comme possédée au contact de l’objet, je fis pénétrer le pommeau en moi. Peu après, je jouis dans un long râle de plaisir avant de m’assoupir.

Une heure plus tard, réveillée, j’essayai de comprendre ce qui avait bien pu se passer. Je dus me rendre à l’évidence. En dépit de mes dénégations, j’étais bien CETTE femme. Et rien n’était plus fort que le plaisir que je ressentais à être CETTE femme. Non, je n’avais même pas besoin de l’excuse de l’amour pour être celle que j’étais devenue. Après quelques hésitations, j’appelai Simon sous prétexte de le remercier. J’entendis de la jubilation dans sa voix. Comme s’il avait toujours été persuadé que le côté obscur était une voix sans retour pour moi. C’était seulement la fin du chemin. Le lieu où convergeait tous mes propres désirs. Je lui ordonnai de venir chez moi sans tarder.

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Quelques dizaines de minutes plus tard, il était là. Il se précipita à mes pieds comme le bon soumis qu’il était. Nos jeux m’avaient manqués plus que je ne l’aurais cru. Sa soumission était pour moi un puissant aphrodisiaque. Après l’avoir positionné nu la tête en bas sur le canapé, je lui attachai les quatre membres aux accoudoirs et aux pieds du meuble. Puis, je lui glissai un coussin sous la tête avant de venir m’assoir sur son torse et d’enserrer sa tête avec mes cuisses. Je me relevai par instant pour le faire respirer entre les coups de langue qu’il me prodiguait, avec délectation, jusqu’à ma rapide jouissance.

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A la fin de la séance, repu, il se mit de nouveau à genoux et sortit un objet de sa poche de veste griffée : « Je ne suis pas l’homme, ni encore moins la femme, de tes rêves, mais veux-tu quand même m’épouser ? » La bague était splendide. Toute fille normale aurait poussé des cris d’étonnement ou de joie. Toute fille normale aurait accepté ou aurait demandé à réfléchir, avant de tomber dans les bras de son amoureux. Mais, je n’étais pas une fille normale. Au contraire, j’étais en colère. Simon avait brisé le pacte qui nous liait. Pas de sentiments. Pas d’histoires. Juste du plaisir échangé et rien d’autre. Je ne comprenais pas ce brusque revirement. Ou alors je ne le comprenais que trop. Il voulait me lier à lui d’un lien plus solide que mes cordes de Shibari. Il était bien comme tous ces hommes cherchant à brider la liberté des femmes, à se les approprier, même sous couvert d’une apparente soumission.

« Dois-je me justifier d’être tombé amoureux de toi. Tu es juste parfaite pour moi. Tu es celle dont j’ai toujours rêvé. Nous sommes faits l’un pour l’autre. » Je me croyais dans un mauvais roman à l’eau de rose. De telles fadaises sortant de sa bouche étaient insupportables. Je n’avais qu’une envie, c’était qu’il se taise. Je levai la badine pour le frapper au visage, mais il l’arrêta net avant qu’elle n’atteigne sa joue. Puis, tirant sur la tige, il m’attira à lui. Il passa ses bras autour de ma taille et tenta de m’embrasser sur la bouche. Je le repoussai violemment sur le canapé.

Puis, je le rejoignis et le pris à la gorge avec une de mes mains. Je plongeai mon regard dans ses yeux sombre et j’enfonçai ma langue profondément dans sa bouche. C’était comme si, je voulais non seulement lui prendre ses lèvres, mais aussi son âme. A cet instant, je le sentis s’abandonner totalement. Tous ses muscles étaient comme relâchés. « Tu m’appartiens, c’est tout ce qui compte » lui murmurai-je. Lorsque que je retirai ma main de son cou, il ne put répondre qu’un petit : « Oui, maîtresse. »

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Plutôt dépité, il quitta les lieux. Il n’avait pas l’habitude au quotidien que les gens lui résistent, qu’ils ne se vendent pas pour son argent ou sa renommée. Et alors que je le voyais, par la fenêtre, s’éloigner en taxi, j’admirais les reflets de la bague en diamant qu’il avait oublié de reprendre. Il avait voulu m’acheter avec des babioles dont je n’avais que faire. Voulait-il avoir sa petite domina à demeure, histoire d’assouvir ses sombres désirs dans un cadre plus conventionnel ? Ce faux soumis verrait bien sous peu comment moi j’envisageais la suite de notre relation.

 

Sur un fil

Ce texte fait suite à « Inattendue » publié sur ce même blog.

Après plusieurs rencontres inattendues, j’avais laissé passer pas mal de temps avant de revoir le professeur de l’ombre. Même si ce n’était probablement qu’une fausse impression, il me semblait que Simon s’attachait de plus en plus à moi. Et comme à chaque fois, ce sentiment me faisait peur. Pour moi, il n’était juste qu’un passe temps coquin. Un plaisir caché. Inavouable.

Ainsi, personne autour de moi, n’avait eu vent de ma « relation » avec Simon. A peine quelques amies avaient remarqué les quelques bijoux précieux que j’avais oublié de retirer. Je les qualifiai de fantaisie, alors qu’il y en avait sans doute pour plusieurs milliers d’euros. J’éludai les questions sur mes amours du moment. Rétorquant juste : « Rien de sérieux ! » lorsqu’on m’interrogeait sur ce sujet. Les gens n’insistaient pas. Ils me connaissaient. Mais, je voyais bien dans leur regard qu’ils me reprochaient de mener cette vie d’adolescente, alors que j’avais passé la trentaine. D’autres m’enviaient cette liberté que j’avais su garder. Ces derniers m’envoyaient des clins d’oeil complices, comme des encouragements à poursuivre ma vie de patachon.

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Mais, la pression sociale devenait de plus en plus lourde. Les gens libres font toujours peur. J’étais de moins en moins invitées par mes amies. Les unes ou les autres craignant, à tort, pour les fragiles édifices amoureux qu’elles avaient finis par construire. Alors, je sortais seule. Errant d’expositions en salles de spectacles, de night clubs en bars de nuit. Souvent, j’y croisais les silhouettes de rencontres passées. Certains me saluaient de loin, d’autres tournaient la tête. Parfois, j’en repartais avec une plus ou moins jolie fille à mon bras. Fille que j’abandonnai au matin, après l’avoir consommée tout mon soûl.

Mes fugaces aventures amusaient Simon. Il riait à gorge déployée des descriptions cocasses que je lui en faisais. Pour lui, cela faisait totalement partie du personnage que je m’étais forgé et qu’il admirait. Moi, je trouvais cela juste pathétique.  Pourquoi étais-je vide à ce point ? Incapable de ressentir le moindre sentiment. Incapable de mener une petite vie tranquille qui aurait soulagé et satisfait tout le monde autour de moi.

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Ce soir là, après avoir dîné rapidement, à l’heure du jeu, je lui proposai une nouveauté. J’avais ces derniers jours étudié sur internet des techniques de Shibari. Lorsque je lui en expliquai les principes, tout en sortant une corde rouge de mon sac, ses yeux brillèrent d’intérêt. Il se prêta à cette nouvelle expérience avec beaucoup de motivation. Pour cette première, je ne me lançai pas dans des liens trop sophistiqués, mais me contentai juste de lui attacher joliment les bras en arrière ainsi que chaque cuisse avec sa jambe.

A chaque fois que mes mains le touchaient pour le ficeler de plus en plus serré, je le sentais vibrer sous mes doigts. Visiblement, il appréciait particulièrement de se retrouver prisonnier, à ma merci. Alors qu’il se trouvait ainsi solidement attaché, je le poussai contre le lit. Ses fesses étaient libres et nues pour être possédées. Après avoir pris quelques photos avec mon portable, j’entamai de lents préliminaires avec mes doigts. Il ne cachait pas le plaisir qu’il ressentait à chaque mouvement de pénétration.

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Mais, ce n’était pas un soir où j’avais envie de lui prodiguer mes petites douceurs. C’était un soir où j’avais besoin qu’il paie pour tous les trucs sombres de ma vie. Pour tous ceux qui étaient partis, qui m’avaient rejetée, méprisée, honnie. Tous ceux qui faisaient qu’aujourd’hui ma vie était vide et sans intérêt. Je comblai ce néant avec une violence inédite et non maîtrisée. Ce ne fut que lorsqu’il me hurla d’arrêter que je repris conscience. Le voile noir avait fait place à la réalité :  les fesses de Simon étaient violettes et il commençait à saigner.

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Paniquée, je courus chercher un couteau dans la cuisine. Lorsque je revins, mon soumis vit mon reflet armé dans le grand miroir de la chambre et il me supplia de ne pas lui faire de mal. Ce n’était pas mon intention. Il sursauta à la sensation du froid de la lame dans son dos. J’avais juste coupé un de ses liens, avant de laisser tomber l’objet au sol. Puis, je m’étais enfuie de la pièce. J’avais juste besoin d’air.

Je parcourus l’appartement en quête de l’escalier qui montait à la mezzanine. Là, j’ouvris la fenêtre qui donnait sur le toit. Je l’enjambai et vint m’accroupir près du rebord. De là, j’admirai le ballet incessant des lumières des véhicules qui allaient et venaient dans l’avenue. Une petite brise fraîche caressait mon visage. Je me sentais comme attirée par le vide. Mais, il me semblait qu’il était encore trop tôt pour que je m’inflige une telle punition.

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Je songeai à Chester Bennington, le chanteur du groupe Linkin Park retrouvé mort pendu quelques jours plus tôt. Il avait été son propre juge et son propre bourreau. Quel crime avait-il bien pu commettre pour ne pas se pardonner ? «  Je danse avec mes démons, je suis suspendu au bord, (…) personne ne peut me sauver maintenant » avait-il chanté encore peu de temps avant de mourir. Sa voix m’avait souvent accompagnée dans ma vie. Ses cris déchirants dans « Given Up » avaient résonné bien des fois dans mon véhicule dans la froideur des matins difficiles.  Je me consolai en songeant qu’au moins une fois j’avais pu le voir et l’apprécier quelques semaines plus tôt lors d’un concert. J’en conclus que c’était pour ces moments là que je devais vivre. La beauté d’un tableau, l’émotion d’un grand livre, le goût d’un bon plat. Le jour où rien ne me fera plus vibrer, alors je partirai. Mais, pas tout de suite.

« Julia, Julia » La voix de Simon me sortit de ma torpeur. «  Reviens. Fais attention. » Il avait basculé dans un côté paternaliste que je ne lui connaissais pas. De nouveau à l’intérieur, je tombai dans ses bras en lui soufflant un petit « Pardon » étranglé. Puis, je filai au salon pour récupérer mes affaires. Toujours inquiet, il me suivit et me rattrapa avant que je ne passe la porte de son appartement. «  Tu ne reviendras pas, c’est ça ? ». Soudain redevenue parfaitement lucide, je rétorquai : «  Non. Tu voulais que je me trouve. Mais, moi, je n’ai pas du tout envie de connaître la personne que j’étais en train de devenir grâce à toi. Adieu !»

Je quittai les lieux, épuisée, mais comme plus légère. Mais, je me doutais qu’on ne pouvait rompre avec quelqu’un comme Simon aussi facilement.

 

Inattendue

Ce texte fait suite à « Le professeur de l’ombre » déjà publié sur ce blog. 

Alors que je me réveillai dans le lit d’une petite blonde draguée en boîte, je songeais à mon professeur de l’ombre. Je me levai sans faire de bruit bien décidée à imposer dorénavant mes propres règles. Retrouvant mes vêtements de la veille, éparpillés dans le couloir de l’appartement de mon hôtesse d’une nuit, je m’habillai discrètement avant de quitter les lieux sans dire au revoir. Descendant l’escalier, je croisai la mine patibulaire de l’homme de ménage que je saluai d’un sourire. Passé le porche, je fixai mes écouteurs sur mes oreilles et je filai à pied jusque chez moi. Pendant que les premières notes de Thunder issu du dernier album d’Imagine Dragon me donnaient de l’entrain pour marcher, je pensai que mon nouveau soumis de luxe méritait une petite visite avant la date fixée.

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Après avoir pris une douche et changé de tenue, je me présentai au siège de l’entreprise de Simon. Bien entendu, ce dernier était déjà en pleine réunion. Après avoir vainement tenter de baratiner la Cerbère qui lui servait de secrétaire, je lui laissai un message sur son mobile lui ordonnant de me retrouver devant son bureau. Il me répondit immédiatement qu’il ne pouvait pas, car étant très occupé. J’insistai en menaçant de ne plus jamais revenir, s’il ne m’était pas aussi soumis qu’il l’avait promis.

Je ne sais ce qu’il prétexta, mais deux minutes plus tard il était là, curieusement heureux de me voir. Après m’avoir fait entrer, il ferma la porte à clé, puis occulta les verrières. Ensuite, il tomba immédiatement à mes pieds. Puis, comme dans un rituel bien rodé, il commença à me lécher les orteils qui dépassaient de mes souliers d’été. Sa langue agile me chatouillai et j’avais peine à supporter cette pénible entrée en matière. Au bout de quelques minutes, n’y tenant plus, je demandais à le voir nu. Il se déshabilla rapidement ôtant son t-shirt et son jean griffés. Je constatai avec satisfaction qu’il n’avait pas retiré sa cage de chasteté.

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Je fouillai dans mon gros sac à main et en sortis un collier de chien marqué à son nom que je lui passai autour du cou. Je le sentis particulièrement ému lorsque mes mains glissèrent sur sa peau. Voyant son regard plein de reconnaissance, je déposai un baiser amical sur son front. Il avait tout du bon gros chien. Puis, je lui ordonnai de se tourner et de me tendre ses fesses. Lorsqu’il obtempéra, je lui enfonçai une petite queue noire en silicone qui s’agitait lorsqu’il remuait son séant. Dans la foulée, je lui accrochai une laisse et je le promenai ainsi paré autour de son bureau comme un bon gros Saint Bernard. Il semblait frétiller de plaisir comme un vrai animal de compagnie.

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Lorsque j’en eus assez de tourner en rond, je m’arrêtai net au milieu de la pièce.  Puis, je relevai ma jupe légère et je lui offris ma vulve dénudée. Comprenant immédiatement ce que j’attendais de lui, il se précipita pour enfouir profondément sa langue dans mon intimité. L’homme était particulièrement doué dans cet exercice. Il maîtrisait mieux son organe que bien des lesbiennes que j’avais rencontrées et il ne me fallut que peu de temps avant de jouir. Aux derniers soubresauts de mon orgasme, je le repoussai sans ménagement avant de quitter la pièce sans un mot.

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Quelques secondes plus tard, alors que j’étais dans l’ascenseur me dirigeant vers la sortie, je reçus un message de sa part me remerciant pour cette visite inattendue et sublime. Visiblement, il avait adoré. Il conservait mes cadeaux pour ma prochaine visite surprise.

Le professeur de l’ombre

Ce texte fait suite à « Cauchemar » précédemment publié sur ce site.

J’avais fini par revenir chez moi. Pour conclure, Axel avait pris les choses en main et il avait réussi à convaincre son ami d’abandonner et de se faire aider. Je m’en sortais bien cette fois, mais je ne me doutais pas que cette fâcheuse histoire avec Quentin présenteraient des répliques inattendues.

Ainsi, un jour, alors que je me rendais seule à un rendez-vous d’affaires, je n’imaginais pas que j’allais rencontrer un homme qui allait bouleverser ma vie. L’homme en question, un quadra au physique plutôt ingrat, attaqua le vif du sujet dès les premières minutes alors que je lui demandais ce qu’il attendait de moi. «  Eh bien voilà. L’autre jour alors que j’étais invité chez l’un de mes amis, patron d’une start up en vue, la conversation dévia vers des propos coquins. Il me raconta alors, l’incroyable histoire d’un de ses brillants jeunes collaborateurs qui avait craqué pour une dominatrice jusqu’à la folie. Menacé d’être viré, le jeune homme lui avait conté son aventure par le menu. Et j’ai su que cette dominatrice, c’était vous. »

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Je me sentis mal à l’évocation de ma vie privée. Visiblement, Quentin avait trouvé comment se venger de moi. Ma – mauvaise – réputation était faite. Prise de vertiges, j’avais la tête qui tournait. Mais, l’homme me rassura : « Ce que j’ai entendu de cette histoire, me laisse à penser que la jeune dominatrice aurait dû rencontrer un soumis expérimenté qui l’aurait amenée à s’exprimer sans tomber dans le sentimental. » A son regard d’acier, je compris qu’il parlait en fait de lui. Il enchaîna : « J’ai découvert le plaisir obscur alors que je créais mon premier site marchand voilà bien des années. Et, depuis, je ne peux plus m’en passer. Régulièrement, je rencontrais une domina tarifée qui me suffisait jusque là. Mais, depuis quelque temps, je recherche quelque chose d’autre. De l’inattendu. »

J’ouvris de grands yeux interrogateurs : «  Si je comprends bien, vous me proposez de devenir mon soumis ? » Il continua sur le ton de ceux qui ont l’habitude qu’on ne leur résiste pas : «  Exactement !  Et lorsque je vous ai vu, j’ai su que c’était une évidence. Je peux vous aider à devenir celle que vous devez être. Je peux vous apprendre. » «  Comme un professeur ? » Bafouillai-je. A ces paroles, son regard s’illumina de joie : «  Les bons soumis font les bonnes dominatrices. Laissez moi vous apprendre ce que vous ne savez pas. »

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«  Je suis flattée de votre proposition mais, je ne pense pas que la domination soit le but de mon existence. Je suis venue à ces expériences par hasard. Et, finalement, j’ai trouvé ça plutôt ennuyeux et terriblement perturbant pour moi. Par ailleurs, pour être franche, vous ne m’attirez pas du tout physiquement. Donc, désolée, mais je dois décliner. » J’avais balancé mes quatre vérités de façon plutôt brutale. L’homme m’avait écouté sans broncher comme buvant chacune de mes paroles.

«  J’adore votre voix grave et autoritaire. Vous me faite terriblement frissonner. Je n’ai qu’une envie, c’est de me coucher à vos pieds et de lécher vos magnifiques escarpins. Je veux être à vous de tout mon être et de toute mon âme. »

« Vous avez entendu ce que je vous ai dit ? C’est non et plutôt trois fois non ! » j’étais exaspérée. Je me levai d’un bond mais, il me rattrapa par le poignet avant que je ne parte. Puis, il me murmura : «  N’ayez pas peur de devenir qui vous êtes. J’ai très peu de limites. Vous connaissez mon numéro. J’espère que vous changerez d’avis. » Puis, il lâcha mon bras. Très perturbée, je quittai le restaurant d’un pas décidé.

Dehors, je hurlai ma rage. Etais-je condamnée à devenir la proie de types de plus en plus pervers ? Sous couvert de vouloir que j’exprime mes penchants dominateurs, ils souhaitaient tous prendre du plaisir obscur grâce à moi. Et, je me demandais de plus en plus, si je maîtrisais vraiment la situation, ou si ce n’était pas plutôt eux qui en dominant mes pulsions, obtenaient ce qu’ils recherchaient.

Au matin suivant, mon boss me convoqua dans son bureau. L’agence avait obtenu un énorme budget pour un projet d’envergure. Quand il cita le nom de la société, je compris que « le professeur »  était loin d’avoir abandonné. Mon patron me félicita pour avoir convaincu le dirigeant de l’entreprise en question qui avait explicitement demandé que ce soit moi qui supervise le projet. Alors que j’aurais du sauter de joie à l’idée d’obtenir ce contrat juteux pour ma boîte, je me sentis accablée. J’étais juste prise au piège, sans pouvoir me justifier de renoncer à une telle opportunité. Je quittais le bureau en réfléchissant à la suite des évènements.

J’appelai immédiatement notre nouveau client. Le type m’indiqua qu’il attendait mon appel. Je haussai le ton et l’exhortai de revenir sur sa décision. Dans le même temps, je reçus un mail de sa part. Il y avait une photo jointe où on le voyait nu à quatre pattes et la langue pendante. La pic semblait récente et prise à l’intérieur même de son bureau. «  Faites-moi payer l’embarras que je vous cause maîtresse ! » Dans le corps du mail, il y avait les coordonnées de chez lui ainsi qu’une heure de rendez-vous.

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Le soir même, je ne sais pas pourquoi, je me présentai chez lui. L’homme avait acquis une jolie demeure bourgeoise dans un des quartiers les plus chics et chers de la capitale. L’intérieur était entièrement décoré en meubles et tableaux signés des plus grands artistes de notre époque. Il me fit prendre place sur un canapé en cuir immaculé. Le quadragénaire portait une tenue plutôt inhabituelle : t-shirt Ramones, kilt écossais et bottines. Je songeais que ces nouveaux maîtres du monde voulaient casser tous les codes. Peu après, il disparut et revint rapidement avec une bouteille de Pétrus, dont il me servit un verre. «  J’ai lu sur votre Facebook que vous n’aimiez que le vin rouge Maîtresse » Puis, avant que je ne réponde, il se mit à genoux face à moi en baissant la tête en signe de soumission. «  Tu peux rester normal un instant ? » criai-je en lui jetant le verre de vin au visage. Il se leva et revint avec une badine : « Maîtresse, punissez-moi ! Je le mérite. Je vois que vous êtes en colère à cause de moi. » Alors que je voulais le frapper avec l’objet, il me lança : «  Pas le visage ! »

J’étais exaspérée. Je l’attrapai par les cheveux et le poussai violemment contre un fauteuil. Là, je relevai sa jupe écossaise découvrant – comme par hasard – ses fesses nues. Après une seconde d’hésitation devant les cicatrices apparentes sur ses fesses, je le fouettai sans ménagement tout en l’insultant copieusement. J’avais laissé cours à la violence et à l’exaspération qui bouillaient en moi. J’arrêtai au premier sang que je vis perler sur son séant. Il se releva et me remercia, visiblement satisfait de mon traitement. Je regagnai le canapé et il me resservit un verre de Pétrus avant de s’agenouiller dans un coin de la pièce. Je bus le verre, ne cessant de le fixer. «  Peut-on arrêter le jeu là ? Je veux parler à Simon. »

Par la suite, comme retrouvant visage humain, il releva la tête et s’approcha : «  Tu es parfaite Julia ! Tu es la domina dont j’ai toujours rêvé ! » Je bredouillai soudain intimidée : «  J’espère que tu n’as pas trop mal ? Je n’ai pas réussi à doser pour tes fesses. »                «  Le premier sang est une limite effectivement, sinon c’était parfait. La voix était magnifiquement autoritaire comme j’aime aussi. Tu peux en rajouter encore plus dans  l’injure. J’adore. Je t’autorise à me brutaliser comme tu le souhaites. Mais, pas touche au visage, ni aux mains. Pour le sexe, c’est no limits ! » Puis, il me guida vers la salle à manger où m’attendait un repas ainsi qu’un cadeau dans mon assiette. J’ouvris le paquet. Il y avait à l’intérieur une cage en métal et gravé dessus : «  Propriété de maîtresse Julia ». Mon hôte retira sa jupe et découvrit son sexe. Il s’approcha de moi et me fit signe d’enfermer ce dernier. Je m’exécutai un peu gauchement, mais le membre fut rapidement emprisonné. Peu après, il accrocha la petite clé au milieu d’un sublime collier moderne fait d’or blanc et de diamants qu’il passa autour de mon cou. Avant de me murmurer à l’oreille : « Je t’appartiens. »

J’avais l’impression d’être tombée dans un Mommy porn.  Mais, très vite, la conversation redevint tout à fait légère et Simon s’avéra être un homme tout à fait passionnant et passionné. Je le quittai tard dans la soirée un peu ivre de paroles et de vin. Le « professeur » avait su retourner la situation à son avantage. Nous avions pris rendez-vous pour le week end suivant et établi ensemble la trame du scénario associé.  C’était de la folie totale et c’était ma vie.

 

 

Cauchemar

Fait suite au texte « La passion au carré » publié sur ce blog.

Depuis quelques semaines, j’avais un travail monstre. Un nouveau projet très ambitieux et de nombreux déplacements occupaient toutes mes journées. Cela m’avait permis de m’éloigner de l’irrésistible Quentin et de ses désirs toujours plus délirants.

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Cependant, lui ne souhaitait pas se faire oublier. Il m’inondait de messages et de mails qui défilaient toute la journée sous forme de notifications sur mon mobile. Même, si j’avais renoncé peu à peu à les ouvrir, les titres de ses missives étaient suffisamment évocateurs pour que je me doute de leur contenu. Lui et encore lui. Dans des positions soumises dans la majorité des cas. Lui nu dans des lieux improbables. Lui toujours plus prêt à tout pour que je lui donne un peu de mon attention.

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Quentin savait que sa soumission me rendait folle. «  Je t’appartiens » me criait-il à longueur de SMS ou de messages vocaux. J’envisageais de bloquer son numéro, mais je me ravisai. Cela le rendrait encore plus dément qu’il ne l’était déjà. Après mes semaines de boulot épuisantes, j’essayais de récupérer le week end, mais Quentin revenait toujours à la charge et me suppliait de le revoir.

A bout de nerf, je le convoquai un dimanche dans un lieu public. Il arriva tout joyeux et toujours admirablement beau, même si je notai quelques cernes sous ses jolis yeux. Il attaqua tout de go, à peine assis : «  Julia, tu ne peux pas me repousser comme ça ! Je sais que tu m’aimes. Je suis à toi. Je ferai tout ce que tu voudras. Laisse moi juste passer un moment près de toi. » A l’instant, il se jeta à mes pieds, perdant toute notion de l’endroit où il était. Perdant toute dignité. «  Lève toi ! N’as-tu pas la moindre fierté ? » lui soufflai-je d’une voix étouffée.

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Il se releva et je plongeai mon regard sombre dans ses sublimes yeux de chien battu. J’enchainai avec fermeté : «  Tu ne peux pas me harceler comme tu le fais ! ». Je le voyais nerveux, tentant de se justifier  : «  Je ne dors plus depuis des jours. Je ne pense qu’à toi. Je n’arrive plus à travailler. Mon boss m’a menacé de me virer si je ne me reprends pas. Axel ne répond plus à mes messages non plus. Je me sens sombrer de plus en plus chaque jour sans toi. Je t’en supplie. Fais de moi ce que tu veux!  Frappe moi, humilie moi, je t’appartiens corps et âme. »

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«  Quentin, tu dois te faire aider. Ce jeu de domination tourne à la folie pour toi. Nous sommes toxiques l’un pour l’autre. Il faut arrêter ça à tout prix ! » Lui murmurai-je d’un ton plus doux. « Non! » me rétorqua-t-il à haute voix. Ce qui fit se retourner les clients du bar. Puis, il continua à voix basse : «  Je sais ce que tu veux. Viens chez moi et tu l’auras !». Je me levai et réglai l’addition : «  Je ne veux plus rien de toi. Si ce n’est que tu me laisses tranquille ! ». Je tournai alors les talons et sortis du bar, bientôt rejointe par mon pot de colle de soumis : «  Ok, ok. Alors, juste une dernière fois. Pour nos adieux. » Tout d’un coup, il avait comme l’air d’avoir repris ses esprits. Je hochai la tête en signe d’accord, même si je le regrettai la seconde d’après. Mais, il fallait que je solde cette relation. Et, comme à mon habitude, j’étais plus que mauvaise dans les ruptures.

Je le suivis jusqu’à son appartement qui se trouvait à deux pas. Là, j’hésitai avant d’entrer, mais je ne pouvais plus reculer. Il me fit m’installer dans le salon avant de me servir un verre de vin et de s’exclipser. Les lieux étaient agréables et climatisés, ce qui tranchait avec la chaleur insoutenable de l’extérieur. Bientôt, il revint totalement nu accompagné d’un homme inconnu tout aussi dénudé. «  Voici Lucas, un ami rencontré sur internet. Il est d’accord pour me baiser comme une grosse chienne ! » Je me pris la tête songeant qu’il avait totalement perdu la sienne. Mais, J’espérais que cette épreuve serait la dernière. Je lui fis signe de s’exécuter.

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Il tomba aux pieds de l’inconnu et commença à le prendre dans la bouche. Le type, un trentenaire au crâne rasé, n’était pas franchement beau, mais il avait un joli corps plutôt bien musclé. Ce dernier soupirait de plaisir tout en me jetant des coups d’oeil de coin. Je voyais bien que la situation l’excitait. Et, il était bien le seul dans la pièce. Peu après, alors que son membre était suffisamment ferme, il poussa brutalement Quentin contre le dossier d’un fauteuil, le bâillonna et lui attacha les mains dans le dos. Puis, tout en lui tirant les cheveux en arrière, il le pénétra sans ménagement. J’étais partagée entre l’admiration de la beauté de ces deux corps en mouvement et la culpabilité de penser que c’était à cause de moi qu’il faisait tout ça. L’homme haletait entre deux injures et frappes sur les fesses de la chose qu’il avait à sa merci. Quentin, quant à lui, se tordait de douleur et je voyais des larmes couler sur ses joues pendant qu’il me lançait des regards désespérés.

Tandis que l’inconnu labourait toujours plus violemment mon soumis, je me levai et m’approchai de ce dernier. Je pris sa tête en sueur entre mes mains et y déposai un baiser sur son front humide : «  Merci pour ce spectacle sublime, mais je dois y aller. Adieu. » Je m’éloignai laissant l’homme terminer son ouvrage sous les cris étouffés de Quentin. Ce dernier avait définitivement sombré du côté obscur, mais je n’avais pas l’intention de l’y accompagner.

Alors que j’étais en bas de l’immeuble, une fenêtre s’ouvrit soudain et j’entendis la voix de Quentin hurler : «  Julia ! Je t’appartiens, je t’appartiens ! ». Dans la torpeur dominicale, ses cris résonnèrent dans tout le quartier engourdi. Ce cri, comme primal dans son intensité, me donna des frissons. Mais, je poursuivis mon chemin sans me retourner. Tremblante sur mes jambes, je tournai dans la première rue croisée avant de m’adosser contre un mur. Le jeu de l’ombre avait tourné au cauchemar et je ne savais plus comment en sortir.

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Arrivée chez moi, je bloquai immédiatement le numéro de Quentin et fourrai quelques vêtements dans un grand sac. Je décidai de disparaître quelque temps, espérant que Quentin abandonne. Je constatais qu’il n’était pas aussi facile de se débarrasser de quelqu’un dans la réalité que dans le virtuel. Puis, je contactai Axel pour lui demander d’aider son ami à décrocher de son addiction pour moi. Le jeune homme commença par m’injurier copieusement avant de me promettre de s’occuper en urgence de son meilleur ami.

Il était vrai que j’avais fichu un bazar incroyable dans la vie de ces deux garçons. Seulement, je n’étais pas douée pour les relations humaines, ni pour les relations tout court. J’étais nuisible. Voilà tout. Une période de solitude uniquement concentrée sur mon travail m’éloignerait de toute tentation néfaste pour autrui. Il fallait que je chasse le monstre en moi en l’affamant au lieu de l’alimenter en permanence. Cependant, comme dans tout régime, je savais que l’abandon de l’abstinence risquait un jour de produire l’effet contraire. Mais, je devais tenter l’expérience. Je n’avais plus le choix.

 

 

La passion au carré

Peu à peu, mon obscure attirance pour Quentin se transformait en quelque chose d’autre. Quelque chose de très fort et de très violent aussi. Quelque chose qui me faisait peur et qui me rendait addict en même temps. Quelque chose que je n’avais jamais connu. Quelque chose qui ressemblait à la passion, mais que je qualifiais plutôt, me concernant, de folie. Une chose totalement démente et incroyablement puissante lorsqu’elle était partagée. Une passion démultipliée. Comme au carré.

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Nous avions pris l’habitude avec le beau Quentin de nous retrouver chez l’un ou l’autre chaque jour. Et, chaque jour était prétexte à un nouveau scénario totalement fou. Et, aussi, à de nouveaux cadeaux de plus en plus sexy pour l’un et pour l’autre. Ainsi, après avoir copieusement alimenté ma collection de Louboutin, mon amant m’offrait chaque jour de nouveaux objets pour garnir ma panoplie de la parfaite Domina. De mon côté, après le collier à clous, différents bijoux pour décorer son joli corps, des sous-vêtements ultra-coquins, je lui fis présent d’un tube de lubrifiant XXL. Et comme si nous nous étions passés le mot, il m’offrit en retour un nouveau gode ceinture de bien meilleure qualité que celui que je possédais déjà.

Jusqu’à ce jour, même s’il en mourrait d’envie, il avait toujours repoussé le moment de m’abandonner les profondeurs de son intimité. Il jouait juste les soumis de base, léchant mes talons haut, nettoyant le carlage à quatre pattes, grignotant des croquettes pour chat ou lapant un bol de lait à même le sol de la cuisine. Moi, je passais mon temps à le vêtir de tenues sexy que je me faisais ensuite un malin plaisir de découper, avant de lui frapper délicatement ses jolies fesses rebondies. J’aurais voulu aller plus loin, mais peu avant de passer aux choses sérieuses, il préférait enfouir sa tête entre mes cuisses brûlantes pour me calmer avec sa langue agile.

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Cependant, en bon soumis voulant satisfaire son adorée, il savait qu’il ne pourrait plus longtemps remettre l’inéluctable. Et, en son for intérieur, il se doutait qu’il aimerait cela. Pour son dépucelage, il avait suggéré un lieu insolite. Je lui proposai un joli jardin public orné de sympathiques bosquets qui nous permettraient de passer à l’acte sans être dérangés. Il approuva d’un sourire ce choix digne d’un prince. Et nous nous dirigeâmes sans tarder vers le lieu en question

Là, alors que l’après-midi battait son plein de touristes en visite, de familles en promenade, de personnes âgées admirant les parterres de fleurs ou de jolies filles lisant à l’ombre,  nous nous isolâmes derrière un épais bouquet d’arbustes. J’embrassais mon soumis tout en lui tirant son épaisse tignasse en arrière. Il baissa ensuite son jean. Il ne portait dessous qu’un de ces sous-vêtements sexy découvrant largement ses jolies fesses nues.  J’ajustai de mon côté le gode ceinture spécial débutant que j’avais apporté dans mon sac. Je l’enduisis de lubrifiant avant de glisser un, puis deux doigts avides à l’intérieur de Quentin.

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Après quelques minutes de ce traitement, il n’y tenait déjà plus. «  Prends-moi » m’avait-il soufflé, dévoré par son désir décuplé par la situation. J’attaquai avec douceur, l’encourageant à se détendre. Peu à peu, à mesure que j’atteignais l’organe de l’extase, sa douleur fit place à des soupirs de plaisir. Rapidement, il s’abandonna totalement, arrosant les feuilles alentours de son essence divine. De mon côté, le nouvel objet était suffisamment efficace pour que je m’en oublie, en perde l’équilibre et tombe au milieu des fourrés. Alors que j’étais allongée au sol, il s’empressa de me venir me chevaucher et s’empala tout de go sur ma hampe de plastic.  Et, à son rythme, il s’agita avec frénésie dans un va et vient de plus en plus rapide. Bientôt, il jouit de nouveau. Je le soupçonnais de ne pas en être réellement à son premier rendez-vous avec un tel godemiché.

Peu après, confus, il m’aida à retirer l’objet de nos plaisirs. Puis, il déposa sa tête sur mon épaule : «  Pardon maîtresse, j’ai jouis sans attendre votre permission. » Je me relevais ensuite, le regardant de haut : «  Effectivement, et cela mérite une sévère punition qui te sera assénée demain comme il se doit. » Il me sourit, déjà excité à l’idée. Je l’aidai ensuite à se relever, puis nous sortîmes discrètement de notre cachette de verdure. Après, Quentin me prit la main et me murmura à l’oreille : «  J’ai juste A.D.O.R.E ça ! ». J’éclatai de rire. Je n’en doutais pas une seconde.

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Alors que je le raccompagnais jusqu’à sa voiture, il s’arrêta net et me lança : «  Je t’aime ! ».  J’ouvris de grands yeux incrédules. «  Je t’aime à la folie » renchérit-il. «  Et même si je ne suis qu’un sex friend pour toi, cela ne fait rien. » fit-il en baissant la tête. J’avais juste entrevu une ombre de tristesse passer dans son sublime regard. Je lui relevai le menton d’un doigt et me noyai dans ses yeux turquoise : «  Tu es plus qu’un sex friend pour moi Quentin. Je ne peux dire ce que c’est, mais je sais seulement que tu occupes toutes mes pensées, jour et nuit. » Puis, après qu’il soit monté dans son véhicule, et alors que je refermais sa portière, il ouvrit la vitre et enchaîna : «  Je sais que tu m’aimes. Toi, tu ne le sais peut-être pas encore. Mais, moi je le sais. A demain mon amour. » Il cligna de l’oeil et démarra en trombe. Il était attendu à dîner chez ses parents.

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Peu après, je regagnai à pied mon logis. Là, seule devant ma salade, je souriais en lisant sur mon mobile les commentaires humoristiques de Quentin au sujet de son repas de famille. Ce mec méritait d’être connu. Je n’osais imaginer que ce que je ressentais pour lui était de l’amour. Au delà des hommes et des femmes toujours plus ennuyeux que j’avais connu, il avait l’intelligence de se renouveler à chaque rencontre. Comme si, jour après jour, je découvrais chacune de ses mille facettes. Sans doute m’avait-il comprise, d’instinct, mieux que personne. Mais, cela serait-il suffisant pour que je renonce à l’humanité toute entière pour ses – très – beaux yeux ?