Simon, amoureux, revient.

Suite de mon roman « L’heure des possibles »

Depuis la cérémonie, l’artiste me fuyait. Mais, je n’avais pas de temps à perdre. J’abandonnai. Ce n’était pas les soumis qui manquaient. Il s’agissait juste de les trouver. Quand ce n’était pas eux qui te trouvaient au détour d’un site internet. Mais autant les filles soumises s’affichaient carrément, voire se vantaient de l’être sur leur blog, autant pour les mecs c’était parfois plus compliqué.

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Personnellement, tout le côté formel du D/s me fatiguait. Le scénario parfaitement écrit à l’avance et exécuté ensuite. L’idée de garder le contrôle en permanence me bloquait dans l’abandon nécessaire à l’atteinte du plaisir. Le seul truc que je trouvais enivrant, c’était le pouvoir que j’avais sur l’autre et surtout l’excitation de le posséder jusqu’aux tréfonds. J’exprimais là, je pense, mon côté masculin. Un désir que je savais très ancien en moi.  Les voies de la domination étaient pénétrables. Et j’aimais pénétrer. Et s’il fallait sacrifier à tout le folklore BDSM pour en arriver à cette finalité, j’y étais prête.

L’autre soir, alors que je me pressais pour sortir d’une salle de spectacle parisienne, je tombai sur Simon. Il arborait une barbe fournie et me sourit : «  Julia, j’avais presque oublié comme tu étais belle. » J’entamai ensuite une aimable conversation juste devant le théâtre. Comme il était seul, je lui proposai d’aller boire un verre dans un bar des environs.

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Dans la salle principale d’un établissement bondé, nous nous installâmes à une table qui venait juste de se libérer. Je commandai deux coupes de champagne et plongeai mon regard dans les yeux de mon ancien amant. Les souvenirs de nos folies passées étaient toujours aussi présents en moi. Surtout la douceur de son intimité sous mes doigts experts. J’étais déjà comme saoule de ces pensées même avant d’avoir bu. Et, j’en avais très envie. Là, de suite.

Je lui proposai de quitter les lieux et de me rendre chez lui. Dans son très bel appartement, il est certain qu’il aurait tout à disposition pour le jeu. Outre cravache, collier et pinces à sein, je pris une corde et de quoi lui masquer les yeux. Il sourit lorsqu’il vit le matériel que j’avais choisi. Mais, je gardais une surprise. Après lui avoir ordonné de se rafraîchir et de revenir nu avec des pinces à seins, je lui commandai de se mettre à genoux. Je lui passai le collier ainsi que la laisse de métal associée. J’admirai un instant le spectacle de cette nouvelle soumission. Peu m’importait le passé. Je voulais le posséder de nouveau.

Photo Julia Vernier 2018

Il était bien docile. Un parfait soumis. Il l’avait toujours été. Je retirai les pinces à sein et assise sur le rebord du lit, je commençai à jouer avec ses tétons. J’aimais le plaisir que je lisais dans ses yeux à chaque fois que je les tordais dans tous les sens. Ensuite, je lui ordonnai de me lécher les chaussures. Il obtempéra avec enthousiasme et application.

Lorsque j’eus assez de ce spectacle, j’enchainais avec une phase de féminisation. Je lui passai mon collant résille et j’admirai son petit sexe qui suintait de désir sous l’étoffe transparente. « Ma petite salope, ça t’excite, hein ? » lui murmurai-je d’une voix ferme avant de lui attacher les bras en arrière et de le priver de la vue.

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Il était maintenant totalement en mon pouvoir. Le parfait sex toy. Je retirai ma culotte et la lui fourrai dans la bouche avant de la jeter. Puis, je menai ses lèvres jusqu’entre mes cuisses pour qu’il me dévore avec avidité. Ce qu’il fit, mes jambes enveloppant son cou. Mais, mes pensées s’évadaient dans l’anticipation de la suite des évènements et n’avaient pas la volonté de jouir sous sa langue.

J’arrêtai donc et lui ordonnai de se lever. Je le poussai ensuite face contre le lit. Puis, je lui assénai quelques petits coups de cravache. Je voyais sa peau qui commençait à rosir sous le voile noir du collant. Je voulais ses fesses. Il s’agissait d’un désir violent de le pénétrer. Je déchirai l’étoffe au niveau du lieu de nos plaisirs, livrant à mon regard sa peau nue. Après l’avoir relevé debout en tirant sur les cordes, je lui détachai les bras et retirai le bandeau de ses yeux. Je voulais qu’il me voit ajuster sur mes reins le vecteur de sa soumission.

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Photo Julia Vernier 2018

Après l’avoir abondamment lubrifié, je le pénétrai pour commencer de mes doigts. Il était sur le dos, les cuisses ouvertes. Il s’offrait à moi. Au plaisir d’être possédé par moi. Je glissais maintenant mon gode ceinture en lui. Debout, entre les va-et-vient, je m’acharnais sur ses seins maintenant en feu. Bien vite, je me retrouvai à le labourer en levrette, debout sur le lit. Il enchaina les orgasmes de son côté, mordant son oreillée,  pendant que je m’acharnais sur son séant en criant : «  Je te possède. Tu es à moi ! ». A l’issue de la séance, je me retrouvais totalement en sueur. J’adorais cet exercice. Tout comme lui. Et il n’y avait rien de plus excitant pour moi qu’un mec qui affichait fièrement des préférences sexuelles de ce genre.

Peu après, il remit sa langue et ses doigts entre mes cuisses. Je m’abandonnai un instant au plaisir, rien qu’en repensant au souvenir de sa possession. Il jouit ensuite sur son ventre, en se masturbant, pendant que je lui caressais l’anus.

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Après, nous restâmes un bon moment enlacés. Je songeais à ce moment, qu’il aurait pu me suffire. Si j’avais au moins su ce que je voulais. Mais je quittai les lieux, comme à mon habitude, peu avant l’aube. Avant de partir, je retirai mon médaillon en argent avec un « J » gravé dessus et je lui passai autour du cou. « Un petit souvenir. Je ne fais pas encore dans la marque au fer rouge. » Je lui souris et disparus dans la nuit pluvieuse.

L’adieu à la rousse

Suite de mon roman blog « L’heure des possibles ».

Je profitais de mes fréquents voyages parisiens pour renouer avec mes amies. Je savais ces dernières friandes de mes aventures. Faute d’histoires d’amour qui finissent mal (en général). Mais, au fil du temps, certaines avaient pris leurs distances. Mes préférences D/s les déroutaient, voire leur faisaient peur. Pour beaucoup, j’étais devenue folle et dangereuse. Seule Mina s’amusait encore de mes histoires.

Je retrouvai mon amie dans un bar du 11ème arrondissement et, entre deux banalités, je lui demandais des nouvelles de la sulfureuse Coco. Elle en avait peu, même si elle me confia qu’elle avait craqué un soir et avait recouché avec elle après une soirée plutôt arrosée. Elle était parfaitement au courant de la bagarre dans la boîte lesbienne à laquelle j’avais pris part. D’ailleurs, tout le milieu était au courant. Et j’étais devenue, semble-t-il, une héroïne pour certaines.

A l’issue du repas, je quittai Mina, la tête remplie d’espoir de renouer avec la rousse.   Ce soir là, j’osai, même s’il était tard, la contacter. Elle me répondit, semblant joyeuse de m’avoir au téléphone. Elle disait penser à moi, souvent. J’en fus fort aise. Elle me donna rendez-vous un soir. Elle ne serait pas seule, car en soirée avec des amies lesbiennes. Mais, j’espérais bien passer un moment seule avec elle.

Photo : Julia Vernier – La Bastille.

Quelques jours plus tard, j’arrivai en avance sur les lieux. Un peu nerveuse, j’allumai une cigarette. J’avais arrêté, mais toutes les émotions de ces derniers temps m’avaient menée à reprendre. Je savais, néanmoins, que je pouvais éviter l’addiction. De ce côté, j’avais ce qu’il me fallait par ailleurs. Bientôt, Coco arriva accompagnée, hilare, de jeunes filles blondes. Ses amies semblaient en majorité des butch aux cheveux rasés et chemise à carreaux. Elle eut du mal de me reconnaître et sembla de suite assez froide. Je commençai à m’inquiéter de l’issue de la soirée.

Je montai dans les étages lorsque l’organisatrice de l’évènement nous fit signe de la suivre. Là, immédiatement, la rousse s’éloigna pour rejoindre ses copines et s’installa avec elles. Je  pris place un peu plus loin et tripotai mon téléphone pour m’occuper. Entre deux tweets, je l’observais de loin qui m’ignorait totalement. Après que la majorité des filles aient tenu un verre en main, je décidai à mon tour d’aller vers le bar pour commander quelque chose. Là, je choisis une coupe de champagne, comme à mon habitude, avant de regagner ma place dans le fond de la salle.

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La rousse avait maintenant disparu. Je commençai sérieusement à en avoir marre. A vrai dire, j’avais de moins en moins de patience avec qui que ce soit. Sans doute un effet secondaire de mon tournant dominatrice. J’avais développé un côté Diva qui exaspérait souvent les autres. Mais, c’était plus fort que moi. Je bouillais intérieurement. Et, juste d’avant d’avoir fini ma coupe, une femme de mon âge, assez chic, me demanda si elle pouvait s’asseoir à côté de moi. J’entamai bientôt la conversation, lui faisant part de ma déconvenue de la soirée. Elle compatit. Franchement, cette rouquine n’avait pas la moindre politesse. Ni le moindre respect pour moi. C’était insupportable.

Ni une, ni deux, je proposai à la femme, une journaliste d’un canard de province, de m’accompagner dans un autre bar, histoire de faire plus ample connaissance. Elle accepta et me suivit en dehors de l’établissement. Là, sur le trottoir je croisai la rousse en train de fumer, mais je ne lui adressai pas la parole.  Je m’éloignai juste lentement avec ma conquête de la soirée. Et, je lui proposai d’aller en face, dans un bar donnant sur la place de la Bastille.

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Comme le temps était assez clément, nous nous installâmes sur la terrasse d’un café assez huppé. Je commandai une nouvelle coupe de champagne et ma voisine un verre de Chablis. De là où nous étions, nous observions des passants et les véhicules qui circulaient autour de la colonne de la Bastille. Il y avait pas mal de supporters de rugby français qui exultaient après la victoire de la France contre son ennemi héréditaire, l’Angleterre. Je regardais tous ces mouvements avec amusement. Je songeai que la soirée finirait mieux qu’elle n’avait commencée. La fille était agréable, cultivée et discrète. Elle avait surtout une très belle qualité d’écoute qui me convenait dans cette période.

Alors qu’il était déjà assez tard dans la soirée, je tentai une main sur la cuisse de la jeune femme. Comme elle ne la repoussa pas, je lui proposai alors de quitter les lieux et d’aller chez elle. Cette dernière résidait dans un appartement loué sur une plate forme internet. Là, je la plaquai contre le mur, histoire de voir si ses petits seins pointaient autant qu’ils en avaient l’air sous son pull. Je lui fourrai aussi ma langue dans la bouche, ce quelle apprécia. Glissant une main ensuite entre sa peau et son jean, je pus constater qu’elle était bien humide du désir qu’elle avait de moi.

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Après une brève douche prise en commun avec force caresses, elle m’attira vers le lit. Après un petit moment sur ses seins, je glissai entre ses cuisses où ma langue s’éternisa pendant qu’elle en faisait tout autant de son côté. J’aimais le goût de son essence divine et la douceur de sa langue sur mon clitoris. Je perdis le contrôle un instant, juste le temps d’un orgasme tiède. C’était déjà plus que ce que j’avais pu ressentir avec mes derniers coups d’un soir masculins. La femme, quant à elle, avait besoin d’un coup de main plus profond pour partir dans les étoiles. J’entamai alors une lente ascension à l’intérieur de son vagin dégoulinant. Alors que ma main vrillait et la pilonnait, je sentis bientôt les spasmes de sa fantastique jouissance. Son corps mince et musculeux ondulait à chaque vague de plaisir qui l’envahissait. Lorsqu’elle rouvrit enfin les yeux, je lui souris, plutôt satisfaite de mes exploits.

Cependant, même si cette femme était intéressante, j’avais d’autres soucis en tête. Un autre scénario à bâtir pour achever de convertir à ma loi, l’artiste rebelle à mon autorité.  Je la quittai donc rapidement après le dénouement de notre corps à corps, avant de m’enfuir une fois encore dans la froideur de la nuit. Je marchais un bon moment, car il n’y avait plus de métro. Je profitais de ces instants de solitude dans l’obscurité parisienne pour songer au chemin que j’avais parcouru. Mes doutes et mes interrogations avaient disparu, laissant place à une froide confiance en moi. Je n’avais plus en tête que la quête d’un orgasme fabuleux. Comme s’il s’agissait d’une mythique chasse au trésor en milieu hostile. J’avais tout de la guerrière affûtée, armée et prête à combattre. Imaginant des plans machiavéliques pour dominer le monde, juste pour son plaisir.

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La cérémonie

Suite de mon roman blog « L’heure des possibles ».

J’avais eu du mal de récupérer le tableau que j’avais acheté à l’artiste. Ce dernier traînait à me le faire parvenir. Après avoir obtenu les coordonnées de son atelier, je me présentai chez lui un week-end.

Lorsque la lourde porte métallique du loft s’ouvrit, il était là. Toujours aussi beau. Mais, son visage était grave. Comme si il venait de recevoir une mauvaise nouvelle. Visiblement, ma visite ne lui plaisait pas. Sans doute savait-il déjà qu’une soumission à ma personne était une affaire à temps plein. Quelque chose qui lui prendrait de l’énergie et beaucoup de son temps dédié à la création. Je le comprenais. Il y avait quelque chose de contradictoire entre l’art et la soumission. L’art était avant tout un acte de liberté  d’expression. La soumission le privait de ses mains, de ses yeux. Elle entravait cette liberté. Je sentais qu’il y avait en lui un combat entre la pulsion de soumission et le besoin, vital, de s’exprimer. Ce combat se traduisait par un comportement de fuite. Enfin, c’était comme ça que je l’analysais. Néanmoins, en ma présence, il tomba à genoux et baissa la tête.

Je souris devant son allégeance. Je n’en attendais pas moins de lui. Je lui relevai la tête avec deux doigts posés sous son menton. «  Tu as fait tout ce que tu as pu pour m’échapper, petite pute, mais maintenant, je suis là. Et tu sais ce que tu as à faire. » L’homme se releva et fila en direction d’un espace que je devinais être la salle de bain.

En l’absence du soumis, je laissai tomber mon sac de sport sur un des fauteuils club du coin salon et commençai à me déshabiller. Je ne gardai que mon corset de satin noir, ainsi que ma culotte et mes bas. Je sortis d’un écrin de feutrine rouge, mes Louboutin noir vernis et je les chaussai. Ainsi parée, je décidai d’aller retrouver l’artiste. Ce dernier fut surpris de me voir. Il semblait gêné, tenant une poire à lavement entre les mains. Je lui pris l’objet et lui fis signe d’entrer dans la douche. Là, après avoir rempli la poire et avoir fait glisser un peu de gel douche sur l’embout, je lui ordonnai d’écarter ses fesses. Il obtempéra dans broncher. Et je fis pénétrer lentement le tube en lui. Il sursauta à la sensation. C’était les prémisses de sa soumission totale.

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Je le laissai ensuite terminer ses préparatifs intimes. Et je me dirigeai plutôt vers la cuisine pour voir si je ne pouvais pas trouver un truc à boire. J’ouvris le frigo, qui était plutôt vide, mais je souris en apercevant une bouteille de Ruinart rosé allongée dans le bas. Je me saisis de cette dernière et je cherchai un verre dans les placards. Je tombai enfin sur des flutes et j’en pris une avant d’ouvrir la bouteille.

Au moment où je venais de me servir un verre, j’aperçus le soumis revenir à quatre pattes de la salle de bain. A cet instant, un frisson me parcourut tout le corps. J’avais oublié les sensations extraordinaires ressenties devant la soumission de l’autre. L’homme s’arrêta sur le tapis du salon et se prosterna dans ma direction. Je sus alors que je devais passer à l’étape suivante. Je filai d’un pas lent et étudié vers mon sac et j’en sortis un magnifique collier en cuir noir clouté. J’ordonnai à l’artiste de se relever. Il obtempéra tout en maintenant sa tête baissée. Je lui passai alors le collier autour du cou et je sentis son profond émoi. « Merci maîtresse. » me lança-t-il d’une petite voix.

« Aide-moi à retirer ma culotte ! » lui ordonnai-je. Il me regarda avec ses yeux de chiot énamouré et fit glisser, tout tremblant, ma culotte de dentelle noire le long de mes jambes. Il embrassa mes pieds après y avoir fait passer le sous-vêtement.

Je sortis ensuite des foulards. L’un me servit à le priver de la vue, l’autre à lui attacher les mains dans le dos. Après, je commençai à marcher d’un pas lent en tournant autour de lui. Je pris en main ma cravache que je fis glisser sur son corps, alternant caresses et petites tapes. Ce manège lui avait provoqué une forte érection.  Je lui fourrai deux doigts dans la bouche d’une main et serrai sa verge tendue de l’autre. « Jolie queue ma salope. Mais, elle me sera inutile ce soir.» lui murmurai-je à l’oreille.

Je pris la laisse de métal et l’accrochai à son collier, puis je le fis avancer à genoux pendant quelques mètres. Il s’agissait de l’amener près du canapé où je m’affalai les cuisses grandes ouvertes. Avec le corset impossible de bouger lorsque j’étais assise, je tirai donc sur sa laisse pour le faire approcher de mon sexe déjà bien humide. Il ne se fit pas prier pour venir me dévorer avec avidité. L’homme était doué. Même, très doué dans cet exercice. Comme j’avais pu le constater lorsque j’avais mis mes doigts dans sa bouche, l’artiste avait un piercing sur la langue. Je comprenais maintenant à quoi cela pouvait bien lui servir. Excitée comme jamais, j’entourais maintenant son cou de mes jambes, faisant pénétrer son visage encore plus profondément en moi. Il ne me fallut que peu de temps pour jouir sous ses caresses buccales.

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Aux derniers sursauts de mon orgasme, je ne me reposai pas. Le clou de la cérémonie était à venir. Après lui avoir libéré les mains, je sortis trois autres objets de mon sac à dominer. Des pinces à seins, un gode ceinture et un bâillon. Je fixai les pinces sur les tétons du soumis. Il était maintenant à quatre pattes sur le tapis du salon, attendant avec fébrilité la suite des évènements comme un petit chiot affamé. J’enfilai rapidement mon gode ceinture et vint lui faire goûter la hampe de silicone. Il suça l’objet avec autant d’attention qu’il en avait eu pour mon clitoris. Mais, bientôt je lui ordonnai d’arrêter. Là, j’ajustai le bâillon autour de sa tête. Privé de vue et maintenant de parole, il était totalement en ma possession. Parfaitement soumis. Prêt à devenir la chienne qu’il était.

J’essayais de garder la tête froide, même si je sentais comme une sorte de vertige m’envahir. Je commençai par lui caresser l’anus tout en faisant glisser mon gode entre ses fesses rebondies. J’arrosai sa raie avec du lubrifiant et j’en fis pénétrer en lui à chaque mouvement de va-et-vient de mes doigts. «  Tu es à moi. » lui soufflai-je plusieurs fois avant de m’introduire en lui. Il commença à gémir de plus en plus fort avant de sombrer dans une sorte de transe, au fur et à mesure que mes coups de boutoir devenaient de plus en plus intenses. Je me demandais ce que cela aurait donné sans le bâillon. Sans doute quelque chose de très impressionnant à vivre. Je n’avais jamais connu un tel transport chez un homme, soumis ou non. Je me dis qu’il devait sans doute être aussi exceptionnel qu’il me l’avait dit. La transe s’acheva par un orgasme violent projetant sa semence sur les volutes du tapis.

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Encore sous le coup des émotions qui me traversaient, je n’avais pas le goût de lui faire lécher le sol. Même si c’était prévu dans mon scénario. Je l’aidai juste à se relever et je lui retirai foulard, bâillon et pinces. Il me sourit. Je le pris dans mes bras, soulagée et fière de moi. Je caressai ses cheveux très doux. Et, après lui avoir ôté le collier, je l’embrassai sur la bouche. Ce soir là, je n’avais pas envie de prendre la fuite, comme les autres fois. J’avais juste envie de passer du temps allongée dans les bras d’un autre être humain.

Pour les autres, nous étions des déviants, des dépravés. Pour nous, c’était juste une pratique sexuelle, un acte d’amour et d’abandon absolu. Même si ce chemin n’était pas le plus simple, c’était celui que j’avais décidé d’emprunter. Et, au delà du plaisir que je n’avais plus avec les « vanille », le D/s m’apportait confiance en moi et satisfaction de désirs très anciens. Je n’avais maintenant plus aucun doute sur ma nature de dominante. Restait juste à savoir si cela n’agirait pas sur moi comme une drogue, me poussant à multiplier les soumis, ou si l’un d’eux/d’elles saurait assez me combler pour me permettre d’échapper à cette probable fuite en avant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Histoire d’O.

«  Les fous, les marginaux, les rebelles, les anticonformistes, les dissidents…tous ceux qui voient les choses différemment, qui ne respectent pas les règles. Vous pouvez les admirez ou les désapprouvez, les glorifiez ou les dénigrer. Mais vous ne pouvez pas les ignorer. Car ils changent les choses. Ils inventent, ils imaginent, ils explorent. Ils créent, ils inspirent. Ils font avancer l’humanité. Là où certains ne voient que folie, nous voyons du génie. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent. »

Sur la route – Jack Kerouac.

J’avais revu l’eurasien. Lui aussi brûlait d’un feu que rien ne peut éteindre.

Cependant, contrairement à notre précédente rencontre fort chaude, cette fois nous étions restés sagement assis à parler dans ce bar. Moi comme d’habitude, je sirotais un verre de Champagne d’assez bonne qualité, lui un whisky sec.  On attaquait bille en tête sur tous les mouvements sociaux qui se préparaient suite à la loi travail de Macron et aux projets du gouvernement concernant les retraites. Il jubilait déjà des difficultés actuelles et futures rencontrées par le jeune président, un homme qu’il détestait cordialement. Mister O. était très engagé à la gauche de la gauche. Moi, même si j’avais toujours été progressiste, je haïssais les extrêmes. Par ailleurs, je trouvais que ces mouvements très à gauche manquaient de transparence et s’approchaient des pratiques sectaires. Je me doutais que ses convictions avaient une influence sur sa façon de voir le couple et la liberté dans celui-ci.

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Mais l’eurasien était surtout un homme blessé. Son ancienne compagne l’avait abandonné pour un mec sans doute moins bien que lui. Pour un salopard de capitaliste.  Alors, même s’il était open, il n’en était pas moins un homme. Et un homme assez fier. Il avait pris un coup à l’ego. Et il avait une soif plus ou moins consciente de revanche sur les femmes et les CSP+. Il draguait de la très jeune femme sur les réseaux, appréciait leur corps ferme et leur candeur. Cependant, il n’appréciait pas leurs rêves. Ces petites Lolita tombaient facilement amoureuses.  C’était le moment qu’il choisissait pour prendre la tangente. «  Ne tombe pas amoureuse de moi. » m’avait-il ordonné. Comme si les sentiments se commandaient sur étagère. J’avais un léger coup de coeur pour lui. Rien de bien méchant. Juste un petit pincement.

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A cause de son comportement, par ennui, par solitude, par nostalgie, j’avais renoué le contact avec mon musicos. Visiblement, mon évolution lui plaisait. Je me doutais qu’il devait m’observer discrètement depuis son écran. Nos discussions étaient maintenant plutôt cordiales et dépassionnées sur les réseaux. Je rêvais de nouveau de l’étreindre.

Dans mes longues nuits d’insomnie, je croisais des tas d’individus que mon mystère et mon aura attiraient. Il me fallait toujours être adorée et admirée. Cela devenait comme une sorte de drogue. Un mec n’attendait pas l’autre. Une fille succédait à une autre. Un déferlement de fantasmes noyaient mes messages privés, mes SMS,… J’avais abusé d’une nouvelle drogue, d’une nouvelle addiction. Ma quête était sans fin. Mais en voulais-je vraiment une ? Si ce n’était celle de la vie.

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Mister O. m’avoua un jour qu’il avait été marié. Il avait succombé à cette pratique bourgeoise pour faire plaisir à son ex. Il avait galvaudé sa liberté pour une femme qui l’avait brutalement jeté. Alors, après son départ, il s’était brusquement repris en main. Avait fait du sport et avait maigri. Toutes les mauvaises habitudes prises s’étaient envolées. Il voulait de nouveau se prouver qu’il était séduisant. Et, il l’était, sans aucun doute. J’aimais ses yeux, sa passion et son engagement. Je l’aurais bien volontiers écouté des heures. J’aurais refait le monde avec lui. Si seulement il m’avait laissé un espoir. Mais, ce n’était pas le cas. Qu’avais-je à espérer de lui hormis de l’amitié et des câlins ?

Il représentait pour moi une écoute. Une épaule sur laquelle me reposer. Sur laquelle déverser mon trop plein d’émotions vis à vis des choses incroyables que je vivais tous les jours. Il était là, sans jugement. Avec juste des conseils et une pointe d’admiration. C’était sans doute suffisant pour moi. Je n’avais pas la prétention d’exiger plus. Il était plus précieux qu’un amant.  Je n’avais jamais eu une telle complicité avec un homme depuis celui que j’avais quitté pour mener ma quête.

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Moi aussi j’avais été mariée. A un homme. Un homme plus vieux. Un homme que j’avais fait souffrir. Un homme qui avait pleuré lorsque je l’avais quitté avec une violence inouïe. Alors que ce dernier avait tout tenté pour me garder, je lui avais dit des horreurs pour qu’il me haïsse. J’étais devenu un monstre d’égoïsme. L’Armageddon, le destructeur des mondes, du monde qu’il avait créé pour nous. Un monde que j’avais rejeté parce qu’il n’était pas le mien. Qui ne l’avait jamais été. J’avais juste voulu tenté d’y vivre pour lui faire plaisir. Mais, avec le temps, les contraintes étaient juste devenues insupportables. J’avais repris ma liberté avec pertes et fracas. Le laissant brisé. En mille morceaux. Sans doute pour toujours. J’étais la plus forte dans cette histoire. Je l’avais toujours été.

J’étais partie sans me retourner. Sans hésitation. Ma quête était ma vie. Je n’avais d’autre choix. C’était un appel. Une évidence.

 

 

 

L’artiste

Je profitais de mes déplacements professionnels pour reprendre mes activités favorites, à savoir écumer les expositions et les évènements artistiques.

Un soir, je me rendis au vernissage d’un jeune artiste dont on m’avait dit beaucoup de bien. Il faisait le buzz sur internet. Plusieurs VIP avaient tweeté de façon élogieuse sur lui. Les quelques tableaux que j’avais vu sur son site semblaient aussi à mon goût. L’évènement était blindé, comme souvent dans ce genre de lieux ouverts à tous. De la lumière, du chauffage, des petits fours et de l’alcool attirant toujours une foule de curieux dont on ne savait jamais vraiment ce qui la motivait.

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J’entrai dans les lieux et attaquai direct un tour des oeuvres exposées. J’étais à la fois fascinée et émerveillée par le style moderne et les sujets bouleversants. Je songeai que l’auteur devait sans doute être à fleur de peau. Dans le carnet transmis à l’entrée, il était indiqué que l’artiste était un hyper sensible autodidacte.

Un moment, je m’arrêtai longuement devant une toile très sombre d’où se détachaient des ronds et des traits jaunes. Comme des phares allumés dans une nuit sans lune. Bientôt quelqu’un s’approcha de moi et me demanda ce que ce tableau m’inspirait. Je regardai ce jeune et beau homme inquiet face à moi et j’en conclus qu’il devait s’agir du peintre. Par provocation, je démarrai alors une histoire qui venait de me passer par la tête.

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  • Et bien voilà, cela me rappelle une nuit sombre l’été dernier en Corse. J’avais rencontré un homme sur internet et il m’avait invité à le rejoindre dans sa maison. En pleine nuit donc, j’avais pris la route pierreuse qui mène de Bonifacio au golfe de Santa Manza. Après quelques minutes en plein maquis, j’avais atteint la fameuse villa. Immense, de plein pied, éclairée et moderne. Le portail était ouvert et donc je me garai dans l’entrée. La porte de la demeure était grande ouverte aussi. Après, de là, j’ai suivi un parcours fléché à l’intérieur de la maison. En passant, je notai la qualité des meubles et le soin des décors. Le jeu de piste s’arrêtait devant une porte fermée. Je la poussai avec un peu d’appréhension…

Mon interlocuteur ne perdait pas une miette de mon récit. Ses grands yeux fixant les miens avec intensité. Je repris donc mon histoire :

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  • En fait, derrière la porte, se trouvait un homme, à genoux, les yeux bandés, les mains attachées dans le dos et avec une cravache entre les dents. Cette vision de soumission me troubla tellement que tous mes sens furent enflammés à l’instant. Je me saisis de la cravache et je la fis battre l’air pendant que je tournoyais autour de l’homme. Puis, je commençai à l’utiliser pour caresser le dos et la croupe du soumis. Et je balançais de petites tapes sur son sexe en forte érection.

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Le jeune peintre semblait lui aussi fortement troublé par cette image. Il avait du mal de déglutir. Voyant que j’avais provoqué ce que j’attendais, je continuai mon récit :

  • N’y tenant plus, j’approchai ma vulve de ses lèvres et le laissai me dévorer de sa bouche experte. Il n’était qu’une chose pour moi, tout au plus un objet sexuel uniquement tourné vers la satisfaction de mon plaisir. Ce dernier ne tarda pas et j’eus du mal de rester debout lorsque les spasmes de mon orgasme m’envahirent. Peu après, je quittai immédiatement la maison et repartis aussi vite que j’étais venue.

Le trouble de l’artiste était à son comble. Je m’approchai de lui et lui murmurai à l’oreille :

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  • Je sais ce que tu es. Petite salope.

L’homme sourit, sembla intimidé et baissa la tête.

Je l’abandonnai là et me dirigeai vers la fille de l’entrée à qui je commandai le fameux tableau. Je laissai mes coordonnées pour me le faire livrer chez moi. De la où il était le peintre ne m’avait pas quittée des yeux. Je savais que j’avais mis le feu à son âme. Je n’avais aucun doute sur l’issue : il sera bientôt mien.

Requiem

Moi et le musicos, c’était la fin. Une fin bien glauque et triste. Une rupture violente.

J’avais toujours raté mes ruptures, celle ci ne dépareillerait pas la série. Les ruptures étaient des échecs et ce dernier mot n’entrait pas dans mon vocabulaire. J’avais pourtant tenu plus que de raison. Mais, ses indisponibilités répétées étaient juste insupportables pour moi. D’autant qu’il ne faisait rien pour me rassurer. Incapable de me donner des rendez-vous clairs dans le temps. Ne pouvant non plus les tenir lorsqu’il en avait promis. Confrontée à mon défaut d’impatience et à mes exigences d’attention whore, la situation devint rapidement  bouillante.

Le musicos , au delà de ses qualités, de sa sensibilité et de son intelligence , était avant tout un homme marié, avec un travail prenant et une passion dévorante pour la musique. Sa vie était déjà bien remplie. Je n’étais qu’une goutte d’eau dans ses journées. Juste le temps qu’il lui restait pour faire vagabonder ses fantasmes sur les réseaux.

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A la longue, je pris cette indisponibilité pour de la froideur et un manque de respect. Je me faisais l’effet d’être une sorte de sex toy qu’il prenait et rangeait dans un coin lorsqu’il n’en avait plus besoin. Il ne pouvait m’offrir ce que j’attendais. J’avais besoin d’échanges et d’attention. J’avais besoin d’une présence forte à mes côtés. Pas d’un passager. Pas d’un passant.

Ce jour là, la journée numérique avait déjà mal commencé. Il avait publié à mon attention une photo de « Passive Agressive » un titre de Placebo. Au delà du groupe que nous adorions tous les deux, le titre m’interpela. Je savais qu’il l’avait choisi à dessein. Pour me piquer après mes derniers messages pas toujours flatteurs pour lui. Il cherchait à en sortir d’une manière ou d’une autre. A sortir de cette histoire devenue pesante et sans intérêt pour lui.

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De mon côté, lasse et piquée au vif, j’attaquai les hostilités via un message de rupture assez brutal. Une telle missive ne pouvait que lui faire perdre tout sens de la mesure et l’obliger à l’escalade. Un combat de domination, de pouvoir s’engagea alors. Ego contre Ego. Dominant contre dominante. Nos incompatibilités, que j’avais voulu occulter, revenaient au galop. Ma complexité n’avait plus sa place dans ses simples besoins de sexe.

Si nous avions pu la vivre In Real Life, cette rupture aurait été encore plus violente. Il aurait débarqué chez moi en furie, son ego blessé par les messages de mes amis évoquant son mauvais comportement avec moi. Me balançant mes erreurs passées, mes petits mensonges de coquetterie. Oubliant dans l’affaire qu’il ne m’avait pas dit tout de suite qu’il était marié.

Nos mots auraient alors grimpés dans les aigus.

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Lui : «  Tu as déjà osé dire que je te manquais de respect, c’est bien que tu ne me connais pas, le respect j’en ai tellement que ça me gêne dans ma vie. Tu es celle qui me manque de respect, en me faisant passer pour un mec froid, profiteur. »
Moi : «  C’est ce que je ressens. Et commence déjà par moins respecter ta femme et encule la bien profond, si c’est tout ce qui te manque dans la vie ! »
Alors que je vomirais déjà mes propres mots qui ne me ressemblaient pas, une gifle magistrale m’aurait alors fait chuter au pied du canapé.
Lui regretterait déjà son geste : «  Je te suis toxique bien malgré moi Julia »
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Moi bondissant en mode Kill Bill sur le canapé pour être à la hauteur de ses 1m 87  et lui enserrant brutalement le cou avec une prise digne d’un soldat des forces spéciales. Lui incapable de retirer cette main qui l’étouffe et le paralyse. Moi plongeant mon regard noir de sorcière dans ses yeux verts de démon. Lui glissant peu à peu jusqu’à tomber à genoux au sol. Moi me satisfaisant de cette image, puis le relâchant.  Lui filant ensuite sans demander son reste.
Oui, cela aurait eu de la gueule cette rupture de dominants.
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Quand je t’avais dit que j’avais un T-Shirt Ramones noir. Photo : Julia Vernier 2018.
Dans ma réalité, il a juste pris la fuite. Et moi, en grande lady, je l’ai remercié. Parce que mon histoire avec lui m’aura faite avancer dans ma quête. M’aura permis de faire un pas de plus dans la rencontre avec ma nature profonde. Je sais que j’aurais longtemps encore la nostalgie de nos discussions sur la vie et la musique. La nostalgie de cette incroyable connexion de nos âmes. Même si j’ai toujours su qu’il n’y aurait jamais de happy end. A l’heure des possibles, même si rien n’est impossible, la raison doit toujours l’emporter.

 

 

 

 

L’eurasien

En dépit de tous mes efforts pour entretenir la flamme avec mon musicien, ce dernier était de plus en plus distant et froid. Je ne savais plus quoi penser. Si ce n’était qu’il semblait partagé. Comme il me l’avait fait remarquer, nous n’étions pas à égalité dans cette histoire. J’étais libre comme l’air, lui était attaché socialement et, sans doute, encore sentimentalement. Je passai en mode veille avec lui et retournai vaquer à mes occupations nocturnes sur internet.

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Bientôt, je tombai sur un drôle d’animal aux yeux rieurs. Rapidement, après un échange aussi drôle que politiquement animé, je lui proposai un rendez vous dans le réel. L’homme, O. ,un trentenaire récemment divorcé, enchaînait les rencontres avec de jolies jeunes filles qu’il s’empressait de larguer dès qu’elles tombaient amoureuses de lui. Il était pour l’amour libre, voire très libre.  Il était pour le partage, la mise en commun des corps et des choses. C’était le genre : «  N’appartiens à personne, comme cela tu peux appartenir à tout le monde ». Et évidemment, mon côté dévergondée l’attirait, terriblement.

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Je le rencontrai, en premier lieu, dans un bar des environs de l’hôtel qu’il avait réservé en vue de nos ébats futurs. Au téléphone, le courant était si bien passé, que je n’avais aucun doute sur l’issue de la rencontre physique. Il était pour moi un vent d’air frais, de la légèreté après les affres de l’amour déçu.

J’arrivai sur les lieux avec, tout de même, un peu d’appréhension. Mais, je le reconnus immédiatement dans le fond de l’établissement. Il arborait ces yeux rieurs qui m’avaient fait tant craquée. Il était un mélange de la sensualité de Tony Leung de « In the mood for love » et de la vigueur méditerranéenne de Rocco Siffredi dans l’ensemble de son oeuvre. Un eurasien qui aurait pris le meilleur de ses ascendants asiatiques et italiens. Il était une invitation au voyage. Un trip sur la route de la soie ou une promenade en barque dans la baie d’Halong. Il était un rêve de destination exotique et de promesse de volupté.

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Quant à moi, je portais la tenue qu’il avait souhaité : robe, bas, hauts talons et absence de culotte. J’étais un peu gênée, mais excitée d’avoir voyagé comme ça dans le métro. Je m’installai bien vite près de lui sur une banquette arrondie.

  • Alors, pas trop déçu ?
  • Pas du tout, tu es bien plus belle qu’en photo.
  • Merci.

Je rougissais comme une ado à son premier rendez-vous. Mais, lui et moi, c’était une évidence. Nos yeux se découvraient en réel.  Nous nous imprégnons l’un de l’autre. Nos regards brillaient du désir que nous avions l’un de l’autre. Je le voulus de suite. Il me glissa une main entre les cuisses qui finit par caresser ma douce petite vulve tondue, humide et offerte. Au contact de cette moiteur torride, je notai bien vite son intérêt pour moi qui se dressait sous la table.

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Je lui proposai alors de ne pas s’éterniser. Nous sortîmes dehors et il me souleva la robe pour me caresser les fesses et y glisser un doigt dans la raie. Je le repoussai en chahutant. Il riait à gorge déployée, comme un adolescent farceur. Je le suivis ensuite vers l’hôtel discret qu’il avait choisi. Le lieu était simple, mais chaleureux.

Passée la porte de la chambre, je n’en menais pas large. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre car nous avions, finalement, peu échangé de sexe virtuel sur le réseau social.  Mais lui, visiblement, avait décidé de prendre les choses en main. Il me poussa contre le mûr d’entrée et commença à m’embrasser avec passion tout en me caressant les seins. Puis, il retourna bien vite poser ses doigts entre mes petites lèvres maintenant plus dégoulinantes que jamais.

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Je le voulais tellement en moi. Il me poussa le dos sur le lit et remonta rapidement ma robe. Alors que j’écartais largement les cuisses, il y fourra sa langue et me dévora tant et plus. Il profita de l’abondante humidité qui noyait mon anus, pour y fourrer un doigt. N’y tenant plus, je le suppliai de me pénétrer. Il s’exécuta avec plaisir tenant sa belle verge à pleine main.

Après un bon moment passé dans mon vagin, il ne traina pas à filer dans mon autre orifice. Il me caressait les seins et le clitoris pendant qu’il me besognait le derrière. A ce régime, je jouis bien vite. Il ressentit les spasmes de mon orgasme sur sa hampe. Il était à deux doigts de l’extase lui aussi lorsqu’il se retira finalement. Il voulait profiter de mes compétences de « petite pute » habile en fellation.

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Je lui prodiguai la chose en y mettant le meilleur de moi-même avec ma langue, mes mains et ma gorge jusqu’à ce qu’il finisse par m’arroser le visage de son fluide vital. J’en avais jusque dans les cheveux. Après avoir filé vers la salle de bains, je revins et m’affalai dans un fauteuil de la chambre. J’attendis son verdict d’expert es « salope ». Visiblement il semblait satisfait de ma prestation qu’il qualifia de « vraie petite pute ». Je pris la chose pour un compliment.

Nous convînmes d’un prochain rendez-vous entre sex friends avant que je ne regagne mon hôtel, seule. Mais, je ne le restai que peu de temps.  Bientôt un SMS me rappela que j’avais un autre rendez-vous. Et j’étais bien heureuse qu’il ne fut pas le premier de la soirée.

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Sainte Julia des âmes infidèles

Les folies sont les seules choses qu’on ne regrettera jamais.

Oscar Wilde.

J’étais restée en contact étroit avec mon musicos. Nous échangions souvent sur internet jusque tard dans la nuit. Généralement, cela finissait en un échange virtuel plutôt hot. Peu à peu, je l’appréciai de plus en plus. C’était comme jamais avec un homme. Ou peut-être comme jamais depuis un autre homme. Le seul qui ait vraiment compté pour moi. Bien avant tout cela. Bien avant ma quête. Celui qui en était à l’origine.

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Ces derniers jours je songeais souvent à cet homme de mon passé. Mon premier véritable amour. Le seul. Pouvait-il d’ailleurs y en avoir un autre ? Cet homme était lui aussi très dominant, très protecteur. J’étais sa petite chose. Il était mon pygmalion et mon amant. Il était mon maître et mon tyran. Avec les années, je m’étais rebellée, extraite de son emprise et j’avais eu le courage de le quitter.

Oui, je me souvenais de cet homme. De la femme que j’étais à cette époque. Timide et gauche. Ordinaire et prude. J’avais été du pain béni pour lui. Il m’avait façonnée pour son plaisir. Je devais retrouver les sensations de cette femme originelle si je voulais pouvoir partager de nouveau une relation de ce genre avec mon musicien. Le très sexy et très occupé Lucas.

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Dans l’intimité de nos échanges, il m’avait enfin avoué qu’il était marié à une belle cadre ambitieuse et voyageuse. Cependant, sur le plan sexuel, il se sentait frustré. Sa femme n’avait pas de gros besoins, n’aimait pas non plus ses préférences. J’imaginais bien sa situation pour si souvent en avoir entendu parler par mes contacts sur internet. Cette main qui se tend pour caresser un corps froid à côté de toi, qui ne dort pas, ne réagit pas, ne vibre pas. Cette main qui revient bredouille et se serre contre ton corps brûlant, le soulage un peu et le laisse, à la fin, encore plus vide, encore plus seul.

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Enfin, ça c’était une version imaginée par moi. Car en majorité ces messieurs infidèles ne semblaient pas si malheureux dans leur couple. Et, qui sait si mes mots crus n’amélioraient pas pour finir leur libido, et que leur régulière en profitait. Non, ils aimaient leur femme, la respectaient et la faisaient jouir avait une bonne régularité. Ils en était même fier. Combien de photos reçues de ces mecs en action avec leur femme. De très belles femmes en plus. Bien plus belles que moi. Mais, comme on me le disait souvent, j’avais ce supplément de vice et de perversion en tête qui les attiraient comme des mouches. De quoi satisfaire leurs plus sombres fantasmes.

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Je ne savais pas si je serais capable de vivre une histoire de longue durée avec un homme marié. J’avais trop d’impatience pour supporter les interminables jours et heures d’attentes. Trop de jalousie en moi aussi. Non pas de sa femme, mais de toutes les femmes qu’il pouvait attirer. Je l’imaginais toujours entouré de groupies en délire et délurées. Trop de fierté – encore – pour n’être que le sac à foutre qu’il attendait.

Néanmoins, lorsqu’il me demandait de me tenir prête pour satisfaire tous ses fantasmes, j’étais aux ordres. N’attendant, ne rêvant que d’un mot de lui, l’espérant même à toute heure de la nuit et du jour. Nous avions une nouvelle rencontre en physique de prévue. L’effet qu’il produisait sur moi en virtuel, était juste décuplé en réel. Nous avions l’un pour l’autre une attirance animale, nos esprits saturés du désir que nous ressentions l’un pour l’autre. Cette fois, il devait me rejoindre à mon hôtel pour une nouvelle nuit folle.

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Mais,  pour cette nuit, j’avais décidé de ne pas le laisser me traiter comme un jouet. Depuis la gamine séduite par un homme expérimenté,  j’avais fait du chemin, connu bien des corps et des envies. J’avais passé l’âge des soumissions. Je désirais ce soir là une relation plus équilibrée. Un échange à égalité, même s’il resterait intense. Son petit numéro à la Christian Grey genre  «  I don’t make love, i fuck hard. » était obsolète ce soir. J’avais espoir qu’il me voit différemment et qu’il apprécie.

Cependant, les heures passaient et il n’arrivait toujours pas. Tous mes messages étaient sans réponse. Je commençais à me demander s’il ne m’avait pas posé un lapin. Je lui trouvais plein d’excuses alors qu’il n’en avait aucune. On a toujours quelques secondes pour envoyer un message lorsqu’on a un empêchement. J’avais une furieuse envie de dormir après ma journée de formation, mais stupidement j’avais encore un espoir qu’il débarque. Je me sentais pathétique. Comme une adolescente amoureuse du bad boy du lycée.

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Je publiais mes états d’âme sur le réseau et mes followers semblaient se passionner pour cette histoire. Même si certains étaient un peu inquiets pour moi. L’une de mes amies choquée me demanda brutalement si je n’allais cette fois finir violée la tête dans la cuvette des WC. C’était certain que l’animal n’était pas un tendre. Il m’avait prévenue que rien ne serait soft. Je savais à quoi m’attendre. Un truc qui serait à la baise ce que le Metal était au Rock. Un truc bien énervé, sauvage et libérateur.

Sur le coup de deux heures du matin j’abandonnai. Je lui balançai un message froidement en colère qui parlait de respect, un truc que visiblement il n’avait pas pour moi. Puis, je sombrai dans les bras de Morphée pour une très courte nuit. Lorsqu’il n’était pas là, je n’avais plus envie de me satisfaire seule. Comme si mon plaisir était sien lui aussi.

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Au réveil, je reçus un message d’excuses de sa part. Evidemment, il avait eu des tas de problèmes qui l’avaient empêché de me rejoindre. Et comme s’il s’avait que je lui pardonnerais toujours, il commençait déjà à m’embraser l’esprit avec ses mots. A cet instant, je sus que j’avais rendu toutes mes armes. Une reddition en beauté. Totale. Je lui appartenais corps et âme. Et qu’il aurait beau me torturer de sa froideur, de son manque de considération, je serais toujours prête à écarter grand les cuisses pour lui. Je le voulais plus que tout. Et j’étais prête à toutes les folies pour l’avoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

Voyeuse

Alors que j’avais fait une pause dans ma relation orageuse et épuisante avec mon musicien,  je continuais mes errances sur le net.  J’étais en quête de personnalités hors normes et de réponses. Je voyais tout de suite à la qualité du blog, à l’orthographe, à quelle personne j’avais affaire.  Les discussions pèle-mèles qui s’en suivaient dans la messagerie confirmaient majoritairement cette première impression.

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Ainsi, un soir, je tombai sur un designer indépendant, parisien et quadragénaire. Le type, appelons le Théo, traînait sur le net, comme beaucoup, à l’insu de son épouse. Il venait nous faire part des détails de sa relation extra-conjugale avec une bouillante brune tout juste séparée. La belle et piquante jeune femme se prêtait à tous les caprices de cet homme très dominant. Ils  avaient inaugurés de leurs étreintes animales tous les escaliers des immeubles des environs. Ils avaient une sexualité sauvage et intense, réalisée dans une sorte d’urgence de vie.

Théo m’indiquait avoir toujours de l’amour et du respect pour sa femme, mais ils avaient de gros besoins à assouvir. Sa gentille moitié travaillait comme une folle et était trop fatiguée le soir pour faire l’amour. Alors il se rattrapait dans son bureau l’après-midi, lorsque sa vorace maîtresse venait le rejoindre pour un moment torride. Il la surnommait affectueusement sa « petite pute » . Il disait avoir des sentiments pour elle, mais surtout beaucoup de désir.

Un jour, toujours avide de nouvelles expériences sexuelles,  il me proposa de les rejoindre. La belle était bisexuelle et avait semble-t-il flashé sur moi. Elle rêvait, par ailleurs, d’un plan à trois. Ce n’était dans mon mood du moment, mais j’acceptai néanmoins leur proposition d’assister en tant que voyeuse à leurs ébats.

Comme d’habitude c’ était risqué d’aller vers l’inconnu avec des gens à peine croisés dans un recoin sombre du net. Mais, je n’avais pas peur. Curieusement. Je n’avais – plus – peur. J’allais tête baissée vers de nouvelles aventures, plus excitantes les unes que les autres. Moi même habitée par une soif de découvertes et de sensations inédites. Le lieu était modeste, mais la garçonnière agréable. Ils étaient là, tous les deux prêts à passer à l’action. Comme Théo m’y avait invitée, je retirai mon manteau et vint m’installer au bord de leur lit. J’étais aux premières loges pour assister en direct live à leurs ébats passionnés.

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J’avais l’impression d’avoir branché mon écran sur un site de cam’ avec des pros qui baisaient pour de l’argent. La belle brune semblait surexcitée et me regardait d’un air gourmand pendant que son amant attaquait les hostilités avec sa langue dans son joli sexe imberbe. Elle pinçait sa bouche rouge et gourmande tout en fermant les yeux par moment. Lorsqu’elle les réouvrait, elle me croisait la fixant, de moins en moins froide face à elle. Le feu m’était monté aux joues et ailleurs, mais je me contenais dans mon rôle de voyeuse.

Lorsqu’elle se mit à quatre pattes face à moi pendant qu’il l’embrochait sans ménagement, je me sentais peu à peu glisser. Je tentai une caresse sur sa joue luisante de sueur et lui plaçai deux doigts sur la langue. Visiblement ce geste lui avait fait de l’effet ainsi qu’à son amant qui redoublait d’efforts. Je ne quittai pas la belle sauvageonne des yeux. Elle semblait sombrer dans une sorte de transe, une urgence de s’abandonner au plaisir. Je les trouvais tous deux très beaux dans l’acte. Comme deux danseurs exécutant un ballet moderne parfaitement réglé. Il tirait sur sa longue chevelure, la faisant se cambrer davantage. J’admirai ses formes généreuses et ses seins ballotés d’avant en arrière. Quittant sa bouche, j’avançai une de mes mains sur l’un de ses mamelons que je pinçai sans la perdre du regard. Elle poussa un petit cri d’encouragement. J’attrapai ensuite l’un de ses seins que je malaxai doucement, avant de passer à l’autre.

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Alors que son amant avait attaqué son autre orifice pour y jouir, je me rapprochai pour remplacer de ma main la place laissée vacante. Son antre était trempé. J’y glissai facilement une partie de la main avant de sentir rapidement venir la réalité de sa jouissance entre mes doigts. Après avoir été libérée, au dernier soubresaut de son orgasme, je me retirai d’elle et fourrai mes doigts dans ma bouche pour goûter à son élixir divin, sans la perdre de vue. Alors que son amant achevait de la défoncer sur le dos, pour atteindre l’extase à son tour, je caressai délicatement ses cheveux défaits, toujours en la fixant de mes yeux brillants.

Théo jouit longuement sur le corps de sa partenaire ravie. Visiblement la scène l’avait lui aussi mené au Nivarna. Alors que peu après il avait filé vers la salle de bain, je fis signe à la brune de s’approcher de moi. Puis, je lui murmurai à l’oreille ce que j’avais en tête. Elle sourit et opina du chef en signe d’accord. Je voyais à ses yeux que l’issue de la journée avait son assentiment profond. Je lui balançai alors ses vêtements qui étaient négligemment posés sur un fauteuil défraichi. Elle s’habilla en moins de temps qu’il en faut et, alors que j’avais renfilé mon manteau, je lui pris la main. J’ouvris la porte et l’attirai à l’extérieur. La porte refermée, je l’embrassai goulument.

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Mais, Théo avait noté notre départ et, au bruit de ses pas s’approchant de l’entrée, j’attirai la brune dans les escaliers pour une course échevelée jusque dans la rue. Entretemps, son amant avait passé la tête par la fenêtre. Elle lui envoya des baisers de sa main. De là où il se tenait, il éclata de rire. Je l’avais bien prévenu de ce qui risquait d’arriver. Il hocha la tête comme pour me donner le droit de la lui emprunter un moment. Il savait qu’elle reviendrait toujours. C’était fusionnel entre eux. Je lui fis un petit signe de la main avant de m’enfuir avec sa maîtresse jusqu’au métro le plus proche.

Là, dans une rame quasi vide, elle s’était assise face à moi. Ecartant ses cuisses exquises, elle découvrit son pubis nu et lisse qui n’attendait que mes caresses. Je tendis une main qui fila direct entre ses lèvres humides. Puis, je vins m’asseoir à ses côtés pour caresser ses seins.  A la station suivante, des touristes montèrent dans la rame et je redevins sage pendant qu’elle continuait de m’attiser. Une minute plus tard, je la tirai par la main vers la sortie. Et là, au milieu d’un couloir désert aux lumières blafardes, je la collai contre un mûr et lui caressai le clitoris. Elle mit peu de temps à vibrer sous mes gestes adroits et j’éclatai de rire de la voir ainsi transportée.

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Je l’amenai jusque chez moi dans une joyeuse et franche rigolade. Nous étions comme deux adolescentes en folie. Je la dégustai ensuite tout mon saoul dans mes draps de satin. Au matin, je m’éveillai devant sa mine hilare : «  Je raconte à Théo notre empoignade. Il veut tous les détails. » Elle gagna ensuite la salle de bain pour une rapide toilette avant de retrouver son logis. Elle avait rendez-vous avec son amant dans l’après-midi.

Dans le vide de son absence, mon corps repu sombrait lentement vers la mélancolie. Je songeai que l’amour véritable n’était pas mièvre, il était sacrificiel. Dans ce jeu de pouvoir, il fallait laisser son ego derrière la porte et se pas hésiter à se mettre à genoux. Ceux qui se couchaient n’avaient pas forcément perdu la partie. Comme les roseaux, ils ployaient sans rompre, juste le temps d’un vent de folie, mais continuaient toujours leur course vers la lumière. Après ces réflexions, je savais maintenant ce que j’avais à faire pour obtenir ce que je voulais vraiment.

 

 

Triangle infernal

A la demande d’un lecteur accro à mon héroïne. 

Après mon intermède lesbien musclé, j’étais plus que jamais décidée à ne pas céder à l’insupportable chantage de Simon. Mais, Quentin, craignant pour sa réputation et sa carrière, ne me laissait aucun répit. Il voulait qu’on en finisse au plus tôt afin de récupérer les images compromettantes détenues par son rival.

Avec cette histoire, nos relations s’étaient quelque peu tendues et nous évitions de nous voir. Je me doutais que c’était bien ce qu’avait recherché Simon : détruire les sentiments que nous avions l’un pour l’autre. Un jour, prenant sur moi, je décidai de rencontrer mon ex soumis en territoire neutre, à savoir un bar de mon quartier. Je voulais le convaincre d’abandonner.

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J’arrivai la première dans l’établissement et me commandai un café. Installée sur une table en terrasse, j’allumai une cigarette, nerveuse. Bientôt, je l’aperçus descendant d’un taxi. Il était habillé plutôt décontracté chic : jean et t-shirt griffés portés près du corps. Il avait beaucoup minci depuis quelques temps et il semblait vouloir mettre sa nouvelle silhouette en valeur. Arrivé à ma hauteur, il retira ses Ray Ban et me salua de façon plutôt distante.

«  Tu voulais me voir Julia ? » Il ne perdit pas de temps. C’était dans sa nature. Il était toujours très direct.

«  Tu sais bien pourquoi, Simon ! Ce chantage est ridicule. Arrête de nous tourmenter comme ça. Quentin n’a rien à voir avec ce qui s’est passé entre nous. Je l’ai juste manipulé pour te punir. »

«  Mais, tu l’aimes ! »

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A cet instant, le serveur vint prendre la commande, essayant de comprendre ce qu’il pouvait bien se passer entre nous. Voyant notre gêne, il s’éloigna l’oeil goguenard, songeant sans doute à un couple illégitime. J’en profitais pour répondre à l’affirmation de Simon :

«  J’ai seulement beaucoup d’affection pour lui. Je t’en prie, si tu m’aimes encore un peu, abandonne ton stupide chantage. » Puis, après un temps de réflexion, tendant une main vers son entrejambe qui n’était plus en cage suite à mon retour de sa clé : «  Nous pourrions reprendre nos jeux… là où nous les avions laissés. »

Simon avait détourné la tête, de peur sans doute de céder à mon regard. Après un moment de silence, il repoussa ma main, se leva et me jeta sa sentence :

«  Tu l’aimes et cela te rend faible. Je n’ai que faire d’une Domina devenue une agnelle par la malédiction de l’amour. Vous viendrez à ce rendez-vous fixé ou je publierai sous 48h ! » Puis, il tourna les talons avant de héler un taxi et de disparaître dans la circulation.

Je m’en voulais de cet échec. Sa blessure d’amour-propre était trop profonde. Il ne me pardonnerait jamais de m’être moquée de ses sentiments à mon égard. J’avais gravement manqué de psychologie. A défaut de sortir grandie de cette histoire, l’expérience vécue ne cessait de me questionner sur moi même et mon rapport aux autres.

Dès le lendemain, via un SMS, j’acceptai la rencontre prévue avec Simon. Semblant vouloir profiter au maximum de son triomphe, il nous avait invité dans un restaurant huppé. Là, dans une ambiance plutôt tendue, il nous étala sa culture et sa légende professionnelle. Comme beaucoup de patrons de la nouvelle économie, il avait commencé dans le porno et les sites de caméra. Puis, peu à peu, il s’était diversifié en investissant dans des sites marchands.

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Je picorai à peine mon assiette, tellement son catalogue de chiffres et de noms me donnait la nausée. Quentin, quant à lui, buvait ses paroles, admiratif d’un tel parcours. Entre deux plats, je quittai la table pour aller fumer une cigarette à l’extérieur, laissant les deux hommes en tête à tête.

A mon retour, les deux convives souriaient jusqu’aux oreilles. Quentin me montra une clé USB qui était supposée contenir le film de sa nuit de débauche. «  Comment peut-on être certain qu’il n’y en a pas de copies ? »  fis-je sèchement en direction de Simon. «  Il n’y en a pas d’autre ! » Répondit-il tout aussi fermement. «  Qu’on en finisse donc ! » Soupirai-je alors.

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A ce moment, Quentin me fixa de ses beaux yeux : «  Simon, ne demande plus rien en échange. Au contraire, il vient de me proposer un job à responsabilité très bien rémunéré dans l’une de ses sociétés ! » Cette nouvelle, qui aurait du me rassurer, me fit l’effet contraire. Dévisageant mon ex-soumis, je notai l’étincelle de défi dans son regard. Je ne comprenais plus rien à sa stratégie.  Si ce n’était qu’il voulait garder la main, d’une manière ou d’une autre.

Je restai sur la réserve le reste du repas, observant la scène qui se jouait devant moi. Le patriarcat avait encore de beaux jours devant lui. Les générations se succédaient et n’étaient pas prêtes de céder le moindre bout de terrain. Je comprenais que j’étais juste le jouet de ces hommes puissants ou souhaitant le devenir. Juste un moyen pour asseoir leur pouvoir ou pour le conquérir.

Tout d’un coup, je compris que leur soumission n’était que de façade. C’était seulement une façon de prendre du plaisir tabou.  Un truc d’initiés, comme dans une société secrète. Chacun détenant des secrets intimes sur les autres. Une manière de plus de se démarquer du commun des mortels.

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La tête me tournait. Lorsqu’en jetant un coup d’œil sur mes messages, je reçus une confirmation que j’attendais, je souris. Je décidai de quitter la table sur le champ : «  Messieurs, je vous laisse à vos discussions sans intérêts. Ce ne fut pas un plaisir de vous avoir connu. Et j’en reste donc là pour ma part. Pas la peine de me menacer de quoique ce soit. J’ai démissionné de ma boîte pour passer à la concurrence. Adieu ! »

Je me dirigeai vers la sortie sans me retourner et filai vers la plus proche station de métro. Arrivée chez moi, je pris le sac qui m’attendait dans l’entrée et en ressortis illico. Je fourrai mon bagage dans ma voiture et roulai pour m’éloigner au plus vite de cette ville de dingues. J’avais l’intention de passer quelques jours au vert. Enfin libre.