Quand je suis devenue accro aux sageuk

Cela fait déjà bien longtemps que j’apprécie l’originalité du cinéma coréen, mais il n’y a que depuis quelques années que je m’intéresse aux séries historiques du pays du matin calme. On peut remercier Netflix qui en propose une grande quantité dans son catalogue. Je pense que la plateforme de streaming, au delà des aspects mercantiles, est un formidable vecteur pour découvrir d’autres cultures. Bien évidemment ce n’est qu’un point de départ qui doit s’approfondir par la lecture et les voyages.

Rookie historian

Dans l’univers des kdramas, les séries historiques qu’on nomme aussi sageuk forment une catégorie particulière. L’intrigue se déroule en majorité pendant la période Joseon (de 1392 à 1910), mais peut aussi se référer à des périodes plus anciennes de l’histoire de la Corée. On peut trouver plusieurs types de sageuk. Celles qui racontent de façon romancée un moment de l’histoire du pays, les séries qui utilisent juste un fond historique pour raconter une histoire (d’amour ou autre) et les dramas fantastiques se déroulant dans le passé. Sur cette dernière catégorie, qui m’attire moins, je ne citerai que la remarquable « Kingdom » une histoire de zombies qui sort de l’ordinaire avec une photographie somptueuse. J’attends avec impatience la saison 2 qui sortira en mars sur Netflix.

Se lancer dans une telle addiction demande un peu d’effort au préalable. A savoir passer outre les sous-titres et les saisons à rallonge. Si une majorité de ces séries tournent autour d’une vingtaine d’épisodes, les meilleures vont jusqu’à la cinquantaine. Autant dire que tu auras du mal de les finir en un week end. Il te faudra donc de la volonté si tu veux aller jusqu’au bout. Cependant, pas d’inquiétude, passé les premiers épisodes où te sens parfois perdu, tu seras très souvent emporté dans des histoires aux rebondissements multiples et remplies de personnages attachants. Après si tu finis par te lasser, ce n’est pas grave, passe à une autre qui t’accrocheras plus. Moi-même j’en ai abandonné certaines, même parmi les plus prestigieuses, car je n’étais pas attrapée par l’histoire ou le jeu des acteurs.

Par ailleurs, même si l’intrigue de base est une romance, il ne faut pas t’attendre à y voir de grandes effusions. Il faut parfois patienter plus de la moitié de la série, pour y voir ne serait-ce qu’un sage baiser. Le corps des femmes est peu érotisé ou alors d’une façon très subtile. Cependant, il n’est pas rare de voir des poitrines masculines exhibées. Et plus largement, la beauté des hommes est très souvent mise en avant. Est-ce à dire que le sageuk s’adresse plus aux femmes ? Je pense plutôt qu’il s’agit d’un genre de séduction qui est simplement plus largement toléré pour les hommes. Dans le genre retape, il n’est pas rare, de même, d’apercevoir des stars de la Kpop le plus souvent dans des seconds rôles. Les producteurs ne perdent pas le nord, trouvant là un filon pour attirer les spectateurs, notamment les plus jeunes.

Par ailleurs, difficile d’y trouver des personnages qui sortent des normes sexuelles admises en Corée. Même si « SungkyunKwan scandal » contourne le sujet avec une histoire d’amour entre deux étudiants dont l’un est en fait une femme déguisée en homme. Dans « Hwarang » l’un des jeunes membres du corps d’élite joué par Cho Yoon-Woo semble ouvertement gay et dans « Six flying dragons » l’épéiste Gil Tae Mi (Park Huyk-Kwon) est maquillé comme un camion. Après, les fujoshi pourront toujours se satisfaire de quelques bromances pour rêver sur de parfaits OTP (exemple : le couple Song Joong-Ki / Yoo Ah In dans « Sungkyunkwan scandal » ).

My country : the new age – Yi Bang-Won (Jang Huyk)

Si tu débutes dans le sageuk, je te propose quelques séries incontournables et passionnantes. La meilleure pour moi, car la mieux écrite, c’est « Six Flying Dragons ». Cette histoire raconte les évènements ayant mené à la création de la dynastie Joseon au travers de la vie plutôt agitée de différents protagonistes connus ou inconnus. Ce fond historique très intéressant (et sanglant) a d’ailleurs été repris plus récemment dans l’excellente « My country : the new age » avec un Yi Bang-Won plus mûr et plus sombre (joué par Jang Huyk).

Deuxième série incontournable : Empress Ki , une grande saga haute en couleurs et en rebondissements sur l’histoire d’une femme de Goryeo qui deviendra impératrice consort chez les Yuan. A noter, un trio d’acteurs talentueux dont le craquant Ji Chang Wook qui s’est fait connaître grâce à son rôle complexe dans cette série.

Empress Ki – Ha Ji-won dans le rôle titre

Après, dans un registre plus léger et rafraîchissant, j’ai beaucoup aimé « Rookie historian Goo Hae Ryung» avec un joli couple d’acteurs. L’intrigue rénove un peu le concept avec une héroïne qui brave le patriarcat sans pour cela devoir se déguiser en homme (ce qui est fréquent dans ce genre de séries exemple Sungkuynkwan scandal). Le prince écrivain de romances (campé par l’adorable Cha Eun Woo) sort lui aussi des clichés loin des personnages masculins très virils habituels. Motion spéciale pour ses costumes aux couleurs pastels super cutes.

Bref, je ne les citerai pas toutes, mais l’offre ne manque pas sur les plateformes pour rassasier les accros. De quoi se dépayser et rêver un peu, avant de faire le voyage sur les lieux. Ce que j’ai fait l’année passée. Là, au milieu du jardin secret des rois de Corée, j’avais l’impression d’avoir traversé l’écran. Comme si j’avais déjà vécu en ces lieux dans une vie antérieure grâce aux sageuk.

Autres séries à voir outre les séries déjà citées : « Moon embracing the sun » , « Haechi » , « The royal gambler » ou « Rebel : thief who stole the people » .

De nos amours virtuelles

Ne suis-je plus qu’une créature virtuelle ? N’existant uniquement que dans ce monde ci ? Parfois, sous prétexte de chercher l’inspiration ou avec un alibi sérieux pour le faire, je me perds dans la virtualité. Ce lieu où j’ai depuis plus de dix ans pris un cabanon (notamment) sur Twitter. Dès ces premiers temps, j’ai tenté de comprendre mon comportement là, ainsi que celui des autres.

Néanmoins, plus j’avance, moins je comprends ce que j’y fais réellement. Cet été, j’ai connu quelqu’un ici et l’expérience s’est avérée la plus éprouvante jamais vécue. Là, maintenant, dans ma réalité, je suis épuisée. Mon corps, fatigué de tant de nuits écourtées, se venge et me fait souffrir d’une manière ou d’une autre.

Parfois, nous sommes prisonniers pour de bonnes raisons de notre réalité, et la virtualité est le seul endroit où nous pouvons rêver. Où nous pouvons vivre nos rêves seul ou avec quelqu’un d’autre. Où nos âmes se trouvent et, parfois, s’enlacent pour une nuit ou plusieurs. Au début de l’été, j’ai croisé L. une âme errante, comme la mienne. Nous nous sommes reconnus dans notre obscurité. Celle que créent l’ennui, les difficultés du réel et la mélancolie issue d’un passé compliqué.

Cependant, alors que cette âme était sincère dans son approche, je ne l’étais pas. En fait, je n’y croyais pas. Je n’ai jamais connu que le jeu et la mystification en ces lieux. Rien de sérieux. Juste une succession de parties avec des joueurs plus ou moins bons. Bien vite, et dans l’ennui mortel des longs intervalles entre nos échanges, j’ai continué mes jeux avec d’autres. J’étais bien évidemment libre de le faire. Mais, à la longue, l’un de ces joueurs à pris trop d’importance et mon âme soeur en a pris ombrage. C’était pour L. le plus dangereux rival, ce B. Pourtant, c’était celui qui était le moins présent. Juste un fantôme aux multiples comptes, fuyant comme un vampire aux mille facettes. Volant de l’art ici, pour le publier ailleurs et y briller devant des dizaines de groupies énamourées.

Mais, voilà, cet imposteur de B. était cependant pertinent dans ses commentaires et appréciait mon art. J’ai toujours eu un faible pour les rares individus, fussent-ils des fantômes, qui s’intéressent à mes écrits. Sans doute est-ce le cas, de toutes ces personnes créatives à qui il dérobe poèmes d’amour et romantiques pensées. Et, que c’est certainement, ce qu’il cherche au final, entrer de leur intimité et la perturber. Multipliant les provocations machiavéliques, ce B. a toujours été une source permanente de conflits avec mon jaloux et passionné L. A bout, après plusieurs bagarres violentes, j’ai brutalement quitté ce dernier pour reprendre ma liberté de jouer. Non, pas pour retrouver B. qui avait, entretemps, disparu de mon paysage virtuel en détruisant jusqu’aux commentaires spirituels et mystérieux que j’avais rédigés sous ses posts. Non, juste pour être libre de vivre ici comme je l’entendais. Sans contraintes. Juste pour le fun.

Depuis, je vis ici sans L. Mes nuits sont plus longues, mais il n’est plus là. Il me manque. Sa voix lasse dans ses posts audio d’après minuit me manque. Le papillon posé sur la terre tatoué sur son épaule me manque. Comme ce dernier, son battement d’ailes invisibles, a causé une tornade dans ma virtualité. Maintenant, rien n’est plus comme avant. Et, je m’interroge. Avais-je l’amour ? L’ai-je laissé partir pour ne pas y avoir assez cru ? Peut-on réellement aimer quelqu’un qu’on a jamais touché physiquement ? Au final, cette histoire n’a fait qu’alimenter ma naturelle mélancolie.

Néanmoins, quand je consulte discrètement le compte de L. , je constate une jolie évolution. Il est devenu plus créatif. Il exprime plus ce qu’il avait en lui. Ce que j’avais vu de lui. J’en suis heureuse. J’espère qu’il va continuer. Je ne lui ai toujours voulu que du bien. Tout comme lui, je le sais. Et, peu à peu, l’espoir en moi renaît. Devenue créature virtuelle, par nécessité, je n’y suis pas condamnée. Je garde foi dans l’avenir, où délivrée de mes entraves, je m’envolerai vers des cieux plus cléments. Ailleurs. Là-bas, dans la réalité.

MeWe, oui mais.

Alors oui depuis l’auto-censure de Tumblr de décembre 2018, j’ai testé d’autres réseaux sociaux et j’ai suivi certains vieux amis sur l’application MeWe.

D’un premier abord l’application m’est apparue riche et semble avoir fusionné plein de fonctionnalités présentes sur ses ainées. Voilà ce que j’en ai retenu après quelques mois d’utilisation.

Les points forts :

1°) Les groupes

Créés par des utilisateurs ces groupes portent sur un thème et tu peux t’y abonner ou demander à y être invité. Dans le volume de groupes déjà existants, tu pourras toujours en trouver un qui correspondra à tes goûts. Après un certain temps, tu en trouveras d’autres, plus confidentiels, en fonction de tes publications et tu recevras des invitations. A toi de faire le tri la dedans, sous peine d’être très vite submergé. En effet, il te faudra publier un minimum pour pouvoir y rester et c’est très chronophage.

Du coup, avec cette notion de groupes, si tu publies régulièrement (et de la qualité), tu obtiendras vite des abonnés et tu n’auras pas l’effet solitude comme tu pouvais le subir sur Twitter ou Tumblr en débutant.

Si tu as vraiment le temps pour en gérer un, tu pourras même créer ton propre groupe (ou plusieurs) selon tes goûts. Tu pourras nommer des amis « administrateurs » pour t’aider dans la surveillance des publications.

2° ) La possibilité de modifier les messages

Que ce soit dans ton journal ou dans les chats, il y a possibilités de corriger ses messages. C’est une avancée considérable comparée à un Twitter par exemple.

3°) L’engagement de MeWe

  • Pas de revente des données personnelles
  • Pas de manipulation dans l’ordre de publication des informations
  • http://www.mewe.com/#video

4°) La relative liberté d’expression (pour l’instant)

De nombreuses personnes sont des réfugiés de Tumblr. Ils ont pu trouver là un espace où pouvoir continuer de s’exprimer ou de publier du NSFW. Cette dernière possibilité n’est pas mise particulièrement en avant par le réseau qui te catalogue assez rapidement dans une telle catégorie dès que tu publies des photos un peu trop sexy. Ton avatar est flouté et tu es très difficile à retrouver via l’application mobile. Les groupes NSFW ne sont pas accessibles simplement via la recherche sur des mots clés, ni même via leur nom. Mais, assez vite, en parcourant les publications de tes contacts, tu tomberas sur des liens qui te permettront de trouver ce qui tu cherches.

Les points noirs :

  • La surcharge du réseau, sans doute victime de son succès. Par moment, c’est très difficile de publier. Parfois, tu ne reçois pas les notifications en temps réel, mais décalées dans le temps.
  • De nombreux groupes assez populaires ont été supprimés d’un coup. C’est très frustrant pour leur propriétaire et pour les membres. Même si les communautés se reconstituent peu à peu, c’est une épée de Damoclès qui nécessite de prendre ses précautions : stocker ses photos ailleurs, avoir des comptes de back-up…
  • L’addiction : avec les groupes, la multiplication des contacts (abonnés), le truc devient rapidement assez addictif. Pas forcément une bonne chose pour quelqu’un dans mon genre qui publie déjà sur différents réseaux.

Personnellement, j’ai bien aimé ce réseau social où j’ai pu faire quelques rencontres assez sympathiques et surtout trouver de l’inspiration pour écrire. Mais, les points noirs sont rédhibitoires pour moi et, donc, je n’ai pas pu y rester. J’espère pour mes amis accros à ce réseau que les problèmes techniques seront résolus rapidement.

L’invitation au voyage

Les voyages forment la jeunesse. Ils forment à tout âge en fait. On peut déjà voyager dans notre beau pays, mais on peut aussi vouloir découvrir le monde. Ainsi, c’est dans ma prime vingtaine que je suis partie « loin » pour la première fois. D’abord dans des contrées assez proches, mais suffisamment exotiques pour en avoir l’ivresse. Puis, à mesure que je gagnais de plus en plus d’argent, je me suis envolée vers les lieux de mes rêves.

Qui part en voyage apprend beaucoup sur lui. Je suis partie seule et j’ai su que j’étais forte. Je suis partie seule par obligation et, ensuite, je suis partie seule par choix. Au final, je pense que l’unique voyage qui vaille c’est celui que l’on fait seule. Si tu viens quelque part avec seulement toi pour tout bagage, alors tu iras plus facilement vers les autres.

J’ai croisé des lieux sauvages et des cités modernes. Le monde, que je n’avais connu jusque là qu’au travers des films et des livres, était là devant mes yeux éblouis. J’en savais maintenant les sons et les parfums. Il était là dans toutes ses dimensions, dans toute sa réalité. Loin des cartes postales le monde est complexe. Il est plein de contraires. Il peut s’y côtoyer la plus grande pauvreté et les plus ostentatoires richesses. L’homme n’est ni pire, ni meilleur qu’ici. Il est l’humanité. Il est un tout.

J’ai croisé bien des sourires et je n’en garde que certains en mémoire. Ceux qui m’ont semblé les plus sincères. Je n’ai pourtant pas jugé ceux qui s’intéressaient seulement à mon argent. J’étais là aussi pour ça. Pour enrichir les habitants de ces pays, comme nous sommes aussi enrichis par ceux (très nombreux) qui visitent la France. Partout où je vais, je recherche seulement à chaque fois l’authentique, le spécifique ou l’étonnant.

A l’automne dernier, je suis partie à la découverte de l’Asie pour la première fois. J’ai choisi un pays qui m’avait toujours fait rêvé grâce au cinéma ou aux livres de Marguerite Duras : le Vietnam. Il y aurait tellement à dire de ce magnifique et joyeux périple, mais j’ai juste décidé d’en partager quelques photos commentées sur quelques bons moments. C’est une terre de beauté et de contrastes où j’ai particulièrement apprécié de photographier la vie. Bon voyage.

Buffle business aux abords d’un temple du nord Vietnam.
Ph. Julia Vernier. 2018.
Tombes collectives du musée d’ethnographie du Vietnam à Hanoi. Ph. Julia Vernier. 2018.
Ballade en barque avec une batelière agile de ses pieds près de Ninh Binh (dite baie d’Halong terreste).
Ph. Julia Vernier. 2018.
Pécheur de rivière près de Ninh Binh. Vietnam. Ph. Julia Vernier. 2018
Au sortir d’une grotte sous laquelle la rivière circule près de Ninh Binh (par moment il fallait s’allonger tellement la voute était basse). Vietnam. Ph. Julia Vernier 2018.
Village flottant de pêcheurs au milieu de la baie d’Halong – Baie d’Halong – Vietnam. – Ph. Julia Vernier. 2018.
Marchande de légumes à vélo au milieu du tumulte de la ville. Hanoï. Vietnam. Ph. Julia Vernier 2018.

Mauvaise graine

Mes souvenirs reviennent en vrac, souvent en dépit de toute chronologie. Que gardons nous de notre enfance ? Des évènements traumatisants, des moments marquants et ces instants où nos coeurs ont battu plus vite qu’à l’accoutumée.

Au milieu des années 70, ma famille quitta le centre ville insalubre pour venir s’installer dans un nouveau quartier en périphérie. Là, nous avions tout le confort et mon frère et moi, chacun notre chambre. Débuta alors une autre époque de ma vie, celle des possibles. Une époque où nous n’avions de limites que celles que nous n’avions pas encore franchies.

En ce temps là, je n’étais pas une bonne élève. J’étais plutôt paresseuse et, le soir, ma mère était bien trop lasse en rentrant du boulot pour s’assurer que j’avais bien fait mes devoirs. Pour l’institutrice de primaire, avais-je à peine quelques qualités artistiques. Elle peut faire une bonne manuelle y avait-il indiqué sur le dossier scolaire que je récupérai après avoir passé mon bac bien des années plus tard. J’étais aussi plutôt sportive. Je jouais au ballon prisonnier et sautais à l’élastique dans la cour de l’école.

En fait, j’étais plutôt un véritable garçon manqué. Dès que je rentrai de l’école, je balançais mon cartable et filais dehors, souvent dans le terrain vague situé à l’arrière de mon immeuble. Là, je retrouvais les gamins du quartier et nous jouions à  «  t’es cap’ ou pas cap’ »  en sautant, par exemple, sur des cartons du premier étage d’une vieille baraque en ruines. Nous nous affrontions aussi dans des courses de patins à roulettes. Mes genoux s’en souviennent encore. Combien de fois suis-je revenue écorchée de ces compétitions endiablées.

J’allais parfois chez A. ma meilleure amie. Nous avions abandonné les poupées mannequins pour interpréter la vie d’un petit couple. Evidemment, j’étais le garçon. Nous chantions les tubes du moment, tout en inventant des histoires extraordinaires inspirées de contes de fées ou de films vus à la télévision. Du moins ceux qu’on avait le droit de voir. A cette époque un carré blanc (plutôt un rectangle en fait) signifiait l’interdiction aux mineurs. Mes parents respectaient la signalisation, mais ce n’était pas le cas de tous. Ainsi, souvent les lendemains de diffusion, certains camarades de classe n’étaient pas peu fiers de conter par le menu à une assemblée de gamins envieux, les passages les plus croustillants d’un épisode de la série hautement sulfureuse des Angélique.

J’aspirais aussi très profondément à plus de liberté. Ainsi, un mercredi avec mon frère, nous n’étions volontairement pas montés dans ce bus qui nous amenait au centre de loisirs. Nous avions préféré rejoindre une autre fratrie pour aller jouer dans les squares des environs. Le midi nous avions utilisé l’argent destiné au centre pour nous nourrir. Au soir, après avoir trainé toute la journée, nous avions regagné tranquillement l’arrêt de bus où nous avions retrouvé notre mère furieuse, mais soulagée. Par la suite, elle abandonna l’idée de nous envoyer là où nous n’avions plus envie d’aller. Elle préféra nous laisser seuls à la maison.

Nous avions alors toute latitude pour occuper nos mercredi. Cela allait la construction de cabanes dans la salle à manger à la cueillette de coucous avec vente en porte à porte. D’autres fois, nous testions nos limites dans le vol à l’étalage. Le bureau de tabac au coin de la rue était le lieu favori de nos petits larcins. Personnellement, je poussais le vice jusqu’à aller remettre un objet dérobé là où je l’avais pris lorsque le dit objet n’intéressait pas mes amis. Nous chipions des trucs sans intérêts. Juste histoire de se montrer que nous en étions capables.

Ma période mauvaise graine s’acheva à l’aube de l’adolescence, un jour où j’avais piqué une (très) grosse tablette de chocolat. C’était dans l’épicerie du petit centre commercial du quartier. J’avais glissé la tablette dans la doublure déchirée de mon manteau, mais, sans doute trop confiante, je n’avais pas vu que le gérant m’avait remarquée. Après m’avoir terrorisée, il avait fait venir quelqu’un pour me fouiller, puis il m’avait raccompagnée jusque chez moi. Heureusement, il n’y avait que ma mère à cette heure du soir. Elle fut très désagréablement surprise de me voir revenir accompagnée. Ma mère paya le produit que j’avais volé et se confondit en excuses. Elle me gronda, mais eut la bonne idée de ne pas en parler à mon père. J’avais eu assez peur et honte comme ça. Je ne remis plus jamais les pieds dans cette boutique, préférant aller beaucoup plus loin pour faire les courses.

J’arrêtai là mes bêtises. La mauvaise graine ne germa pas. D’autres n’eurent pas cette chance. Et aujourd’hui, comme ils ne sont plus là, je me fais le témoin de ces temps révolus. Juste pour en laisser une trace.

Jn fait faitlle  fera une bonne manuelle.» J’en ris encore aujourd’hui.

 

Féministe

Tu ne nais pas féministe, tu le deviens. Tu peux le devenir en lisant Simone de Beauvoir ou Benoîte Groult. Mais, tu peux aussi le devenir quand tu te rends compte qu’il y a des trucs qui clochent autour de toi. Comme ta mère qui prend des coups et peine à cacher ses bleus devant ses enfants. Mon père est mort il y a peu, et quelque temps avant son décès, il m’avait rappelé que je l’avais traité de phallocrate quand j’étais ado. Etre féministe c’est une révolte. Contre le père certainement, mais aussi contre toute une société patriarcale.

A treize ans j’ai décidé de me diriger vers un métier que certaines « conseillères » d’orientation déconseillent aujourd’hui aux filles. A l’époque, je n’avais jamais pensé – et je ne le penserai jamais – que c’était un métier de mec. C’était un métier qui n’avait pas de genre. Juste un métier d’avenir. Bien que beaucoup d’hommes autour de moi n’y croyait pas, ce boulot d’informaticienne s’est révélé une véritable opportunité de quitter ma condition et d’y réussir pleinement.

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Pourtant, rien n’était simple. Rien n’est jamais simple pour les femmes. Comme, par exemple, jeune codeuse d’outils d’exploitation, aller imposer un nouveau produit à des exploitants bourrus et conservateurs. Rien que marcher au milieu des salles machines pleine de femmes nues imprimées sur des listings était une épreuve. Supporter les ricanements lubriques de certains lorsque je m’exprimais devant une salle avec un micro. Arriver à dérouler mon CV et mes ambitions pendant qu’un groupe de managers plaisantait à distance en me regardant alors que je me présentais à l’un des leur. Garder le sourire lorsqu’on me narrait les propos graveleux prononcés par un grand patron lorsqu’il m’avait vue arriver au travail un matin.

Une femme bienveillante m’a permis de franchir la première marche qui m’a ensuite conduite vers plus de responsabilités. Après, il m’a fallu beaucoup de travail pour évoluer, mais j’avais de la volonté et du courage. J’ai progressé jusqu’à mes propres limites. Non celles qu’on aurait pu me fixer.

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Aujourd’hui j’essaie, à mon niveau, d’aider les femmes à prendre confiance. L’année dernière j’ai témoigné de mon parcours et participé à un groupe de réflexion pour que plus de femmes viennent travailler dans le numérique. Tous les jours, je propage sur internet les idées féministes ou une vision de la femme forte et libre. J’ai le projet de m’engager encore plus à l’avenir.

Etre féministe c’est cela pour moi, mais c’est sans doute beaucoup plus pour d’autres. Les féministes c’est comme les écolos, il y en a de toutes sortes. Et à l’instar de l’écologie, cette division en réduit souvent la portée des messages et l’urgence des changements à opérer. Personnellement, je ne veux pas choisir entre toutes les obédiences féministes. Je les lis toutes. J’essaie de comprendre les arguments de chacune et je me fais ma propre opinion. J’agis en féministe au quotidien, même si je sais que ce n’est pas dans l’orthodoxie de certaines. Qu’importe au final. Je le suis et c’est tout.

 

 

La Bohème

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître…

Parler de son enfance, c’est mesurer le chemin parcouru. C’est repenser à ceux qui ne sont plus là. C’est à la fois joyeux et douloureux. Comme la vie.

Quand j’avais sept ans environ, j’habitais le centre ville insalubre d’une ville moyenne de  France. Nous étions pauvres et vivions à quatre dans un deux pièces. Une cuisine et une chambre. Les toilettes se trouvaient dans la cour et nous nous lavions dans un baquet en métal. Moi et mon frère dormions dans des lits superposés. Moi en haut et lui en bas. De là, je me cachais pour apercevoir la télé louée que regardaient mes parents.

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Le dimanche je filais, seule, à l’église du quartier. C’était ma période mystique. La religion, ses mystères et ses dorures m’avaient attirés. Sans doute était-ce lié à l’école religieuse que j’avais fréquenté quelque temps. Je me souviendrai toujours de l’institutrice qui nous avait affirmé que nous avions un ange qui était toujours derrière nous. Nous avions alors tous tourné nos têtes pour voir s’il était bien là. Mais, non. Il était invisible. Pas comme le coup de règle que j’avais reçu sur le dos de la main pour cause de bavardage. Il était là bien visible. J’ai toujours eu la peau fine. Les coups ça marquent.

Notre logement se trouvait en face de celui de ma grand-mère. Les jeudis, elle pouvait nous surveiller depuis chez elle, juste en passant la tête par sa fenêtre. Les autres jours elle m’emmenait à l’école et portait mon sac. Le soir, elle revenait me chercher et m’achetait à la boulangerie un pouding brioché ou un pain au lait fourré au chocolat.  Puis, je montais chez elle. Un appartement tout aussi vétuste que le notre, seulement chauffé par un grand poêle à charbon où mijotait l’hiver une épaisse soupe de légumes. Souvent, je traînais dans une petite pièce où était suspendue une impressionnante collection de porte-clés publicitaires. Ces petits objets me fascinaient. Je pouvais jouer avec eux pendant des heures.

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Une fois, je suis tombée très malade et je suis restée chez ma grand-mère la journée. J’étais alitée dans sa chambre. De là, j’apercevais la vieille photo sépia du mariage de ses parents qui trônait au mûr juste au dessus de sa machine à coudre à pédale. Encore fiévreuse,  je fus néanmoins autorisée à regarder la télévision qui passait « Le magicien d’Oz ». Un film impressionnant pour moi. Avec la maison qui s’envole lors d’une tempête. J’en ai fait des cauchemars la nuit suivante.

Ma grand-mère était une petite bonne femme très dynamique. Un vrai personnage. Son amour me manque. De l’enfance, cette période insouciante où tout est magique, j’en garde l’exigence de liberté, l’attrait de la découverte et le goût pour la soupe de légumes.

 

 

Les ombres indomptées

Alors que sur les chemins de la mélancolie, j’écoute la voix envoûtante de Tamino, une foule d’ombres indomptées m’oppresse soudain. Plein d’images tristes me reviennent comme des flashs, tels des revenantes jamais rassasiées.

Moi, lâchant brusquement mon plateau à la cantine lorsqu’un collègue peu diplomate m’annonce la nouvelle.

Toujours moi, en salle d’attente d’un médecin, car j’avais fini par craquer après une journée passée en formalités de funérailles. Les jours suivants je les vivrai dans un état second,  sous calmants.

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Lui, étendu à la morgue, étrangement calme, comme simplement endormi.

Nous, sa famille, assommés, culpabilisés, en colère. Qu’avait-il bien pu lui passer par la tête quelques jours avant Noël ? La poupée qu’il avait achetée pour sa fille nous fixant d’une curieuse bienveillance, là dans un coin de sa chambre.

Nous, en larmes autour du cercueil dans un funèbre ballet d’embrassades et de souvenirs glissés.

Ma petite soeur renvoyant les intrus. Les amis nuisibles, si pressés de le suivre dans la tombe. Déjà des zombies. En sursis avant l’overdose qui les emportera à leur tour.

Nous encore, quand la terre le recouvre, nous serrant très fort les uns les autres. Tant de questions et de regrets. Aurions-nous pu le sauver ?

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Nous, au commissariat cherchant des coupables, alors qu’ils savaient, eux. Ils avaient la preuve de l’impensable. Il s’était suicidé. Ils avaient trouvé une lettre d’adieu près de son corps sans vie. Et même si quelqu’un était passé peu de temps avant son acte, rien ne prouvait qu’il l’avait délibérément laissé mourir.

Moi, très émue, tenant entre mes mains le petit cahier bleu d’écolier où il avait tracé ses derniers mots. Je ne me souviens plus des phrases, mais juste que l’écriture devenait au fil des lignes de plus en plus illisible, jusqu’à finir en un long trait qui filait jusqu’en bas de la page. Comme un dernier souffle avant de sombrer.

Ma petite soeur n’y croyant pas. Jurant qu’elle rouvrirait le dossier une fois devenue professionnelle de la justice. Elle le devint réellement bien plus tard. Mais, le temps avait fait son oeuvre.

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Lui s’en est allé, à l’heure où meurent les rock stars. Il en avait la révolte et la noirceur. C’était mon frère. Il me manque. Il me manquera toujours.

Du LOL aux larmes

Je ne pouvais pas ne pas écrire sur l’affaire de la ligue du LOL. Oui j’ai vécu ici (et ailleurs) à cette époque des débuts de Twitter. Et depuis les premiers témoignages, je suis effarée. Certains journalistes en vue, des cadors du réseau étaient en fait de violents harceleurs de féministes, de racisé(e)s, de LGBT… Plus les tweets tombaient, plus je me sentais de plus en plus mal. Il était question de types que je suivais depuis des années, dont j’avais sans doute partagé les écrits, dont j’avais de ce fait certainement été la complice, inconsciente, de leurs méfaits en ligne. Non, sincèrement, je n’avais rien vu. Et je me suis sentie aussi stupide que ces voisins interviewés lorsqu’on arrête un criminel : « Non monsieur, il avait l’air tout à fait normal et poli. On tombe des nues ! ».

C’est qu’en fait, chacun vivait dans son propre monde. J’avais beau suivre ces gens, je n’étais pas de leur monde. Ils suivaient très peu de personnes en fait, comme une sorte de snobisme numérique. Moi, j’étais dans le combat politique et il était loin d’être tendre. Mais, quand j’étais attaquée, je n’étais pas seule. Nous étions, nous aussi une sorte de meute et nous pouvions mordre aussi fort que ceux qui venaient nous chercher des noises. Tout n’a certainement pas été d’une finesse, ni d’une intelligence débordante, mais c’est vrai que nous avons beaucoup ri.

Florence Desruol, une adversaire politique aux propos souvent caricaturaux, était souvent moquée. Lorsque j’ai vu son nom parmi les harcelées, j’ai compris, sans aller éplucher mes vieux tweets, que je devais certainement avoir contribué à mon petit niveau à l’effet de meute qui a pourri sa vie en ligne. Même si nous sommes anonymes, nous sommes tous responsables de ce que nous produisons en ligne. Et ce qui peut ressembler à une plaisanterie potache a des conséquences sur la personne qui est visée. Car, ne l’oublions jamais, derrière les avatars il y a de vraies personnes avec leurs fragilités.

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Depuis, je lis tous ces règlements de compte en ligne et l’ambiance est lourde. Il y a ceux qui s’interrogent si tel ou tel faisait partie de la sombre ligue et ceux (même parmi les plus influents) qui affichent leur passé de harcelé. Parmi les loleurs certains ont tenté assez maladroitement de présenter leurs excuses en ligne, espérant échapper aux sanctions qui sont néanmoins tombées pour certains. Pour ma part, j’ai unfollow les trois ou quatre que je suivais. Et j’ai préféré suivre quelques femmes journalistes à la place.

Une fois de plus, et dans la foulée de #MeToo , le sujet s’est élargi au sexisme qui gangrène le journalisme. Puis, bien au delà, à tous ces boys clubs qui portent en leur sein une masculinité toxique, hétérosexuelle et blanche. Et ce sujet étant universel, il a quitté le net, pour être discuté dans la réalité et au sein d’autres professions. Moi même j’ai évoqué le problème avec des collègues masculins.  Mais, même si la prise de conscience est réelle, on est encore loin de mettre fin à des millénaires de domination masculine.

Dans le chaos de la création des réseaux sociaux, je n’ai pas toujours fait que des trucs dont je suis fière. Même si je n’ai jamais été aussi brutale que ces loleurs, j’ai sans doute été stupide bien des fois. Et ce qui me semblait normal, à savoir que chacun vient ici à ses risques et périls, ne l’est plus aujourd’hui. Dans ce contexte, je pense que chacun doit revoir profondément ses pratiques sur internet afin que le réseau retrouve, si ce n’est de la bienveillance, au moins de la civilité.

 

 

 

Pourquoi être anonyme ?

Alors je ne vais pas vous rédiger un article bien technique. D’autres que moi s’y sont attelés avec talent à moult reprises. Cette question récurrente me fatigue. Juste que comme cet anonymat est très relatif, je parlerai plutôt du pseudonymat. Oui, dix ans que je vis ici sous pseudo.

L’homme est moins lui-même quand il est sincère, donnez-lui un masque et il dira la vérité.

Oscar Wilde.

Très rapidement, dès que je suis arrivée sur le net, et sur Twitter, j’ai été militante. Militante politique, militante pour le mariage pour tous, militante pour l’écologie… Bref, je me suis engagée ici autant qu’en dehors. Cependant, même si cet engagement n’avait rien de particulier, je ne souhaitais pas que mes collègues, ni mon employeur, en soit informé. D’autant qu’il m’est arrivée plus d’une fois que mes articles soient publiés en une de feu le post.fr. J’ai même eu l’honneur d’avoir un article rapportant mes propos dans un canard mainstream en ligne.  Même si je suis fière ce cette dernière publication, je n’imagine pas les conséquences si elle était tombée entre de mauvaises mains. Heureusement, les journalistes qui ont traité mon témoignage était sérieux.

Bien vite, pour échapper aux affres de la censure automatisée des journaux en ligne, j’ai ouvert un blog politique où j’ai pu m’exprimer avec plus de facilité. Néanmoins, en tant que militante, j’ai dû batailler pour faire gagner mon camp. Les Twit clashs étaient rares heureusement. Je suis quelqu’un de très respectueuse des convictions de chacun, mêmes de celles très éloignées de moi. Mais, qui connaît la violence de certains peut facilement imaginer les risques que l’on prend IRL à exprimer une opinion différente. En ce qui me concerne, j’assume. Mais, je ne veux pas que ma famille soit ennuyée. D’autant qu’ils sont loin d’avoir les mêmes idées que moi.

Par la suite, même si je ne regrette rien de cette expérience, j’ai abandonné le combat politique. C’était plutôt vain. Je donne néanmoins toujours mon avis lorsque certains sujets me hérissent. Non, j’ai choisi de m’exprimer différemment. J’ai écris de la fiction.

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Mais, alors que j’aurais pu facilement faire dans le consensuel, j’ai préféré utiliser cette écriture pour une quête personnelle. J’ai d’abord publié de vieux romans BxB nés des questionnements de mon adolescence, puis des récits plus sombres et plus matures. En dernier lieu, très récemment, j’ai publié sous forme de blog un roman érotique. Un vrai challenge pour moi. Issu de mes rencontres en ligne et des confidences de mes interlocuteurs/trices, je l’ai construit comme une succession de rencontres amoureuses que j’ai rédigé à la première personne. Evidemment, nombre de lecteurs m’ont confondue avec mon personnage (un grand classique). Outre les dédi-bites en DM, j’ai eu droit à pas mal de commentaires plutôt salaces. Cependant, le personnage étant une dominatrice un peu inquiétante, je pense que j’ai évité le pire. Dans ce contexte, qui peut seulement penser qu’on puisse écrire sous son vrai nom ? Quel auteur, même de roman à l’eau de rose, le fait ?

Donc, messieurs les puissants, même si ça vous démange, laissez-nous notre liberté surveillée ! Au moins sous nos masques, nous pouvons vous dire la vérité. Et si vous ne souhaitez pas l’entendre ou la lire, c’est que vous ne gouvernez pas. Vous êtes juste là pour parader au milieu d’une cour acquise qui vous vénère et vous cache les choses. Certes, toutes ces vérités ne font pas forcément plaisir. Même si les certitudes reposent, le monde est fait de doutes. Si j’étais vous, je choisirais discrètement une sélection de twittos constructifs qui je lirais de temps à autre, histoire de garder les pieds sur terre. Mais, je ne suis qu’une simple citoyenne qui souhaite seulement garder intact l’outil de son émancipation.