Pourquoi être anonyme ?

Alors je ne vais pas vous rédiger un article bien technique. D’autres que moi s’y sont attelés avec talent à moult reprises. Cette question récurrente me fatigue. Juste que comme cet anonymat est très relatif, je parlerai plutôt du pseudonymat. Oui, dix ans que je vis ici sous pseudo.

L’homme est moins lui-même quand il est sincère, donnez-lui un masque et il dira la vérité.

Oscar Wilde.

Très rapidement, dès que je suis arrivée sur le net, et sur Twitter, j’ai été militante. Militante politique, militante pour le mariage pour tous, militante pour l’écologie… Bref, je me suis engagée ici autant qu’en dehors. Cependant, même si cet engagement n’avait rien de particulier, je ne souhaitais pas que mes collègues, ni mon employeur, en soit informé. D’autant qu’il m’est arrivée plus d’une fois que mes articles soient publiés en une de feu le post.fr. J’ai même eu l’honneur d’avoir un article rapportant mes propos dans un canard mainstream en ligne.  Même si je suis fière ce cette dernière publication, je n’imagine pas les conséquences si elle était tombée entre de mauvaises mains. Heureusement, les journalistes qui ont traité mon témoignage était sérieux.

Bien vite, pour échapper aux affres de la censure automatisée des journaux en ligne, j’ai ouvert un blog politique où j’ai pu m’exprimer avec plus de facilité. Néanmoins, en tant que militante, j’ai dû batailler pour faire gagner mon camp. Les Twit clashs étaient rares heureusement. Je suis quelqu’un de très respectueuse des convictions de chacun, mêmes de celles très éloignées de moi. Mais, qui connaît la violence de certains peut facilement imaginer les risques que l’on prend IRL à exprimer une opinion différente. En ce qui me concerne, j’assume. Mais, je ne veux pas que ma famille soit ennuyée. D’autant qu’ils sont loin d’avoir les mêmes idées que moi.

Par la suite, même si je ne regrette rien de cette expérience, j’ai abandonné le combat politique. C’était plutôt vain. Je donne néanmoins toujours mon avis lorsque certains sujets me hérissent. Non, j’ai choisi de m’exprimer différemment. J’ai écris de la fiction.

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Mais, alors que j’aurais pu facilement faire dans le consensuel, j’ai préféré utiliser cette écriture pour une quête personnelle. J’ai d’abord publié de vieux romans BxB nés des questionnements de mon adolescence, puis des récits plus sombres et plus matures. En dernier lieu, très récemment, j’ai publié sous forme de blog un roman érotique. Un vrai challenge pour moi. Issu de mes rencontres en ligne et des confidences de mes interlocuteurs/trices, je l’ai construit comme une succession de rencontres amoureuses que j’ai rédigé à la première personne. Evidemment, nombre de lecteurs m’ont confondue avec mon personnage (un grand classique). Outre les dédi-bites en DM, j’ai eu droit à pas mal de commentaires plutôt salaces. Cependant, le personnage étant une dominatrice un peu inquiétante, je pense que j’ai évité le pire. Dans ce contexte, qui peut seulement penser qu’on puisse écrire sous son vrai nom ? Quel auteur, même de roman à l’eau de rose, le fait ?

Donc, messieurs les puissants, même si ça vous démange, laissez-nous notre liberté surveillée ! Au moins sous nos masques, nous pouvons vous dire la vérité. Et si vous ne souhaitez pas l’entendre ou la lire, c’est que vous ne gouvernez pas. Vous êtes juste là pour parader au milieu d’une cour acquise qui vous vénère et vous cache les choses. Certes, toutes ces vérités ne font pas forcément plaisir. Même si les certitudes reposent, le monde est fait de doutes. Si j’étais vous, je choisirais discrètement une sélection de twittos constructifs qui je lirais de temps à autre, histoire de garder les pieds sur terre. Mais, je ne suis qu’une simple citoyenne qui souhaite seulement garder intact l’outil de son émancipation.

 

 

Si beaux dans ce miroir

L’autre jour voilà que je tombe sur le compte Instagram d’une personne que je connais très bien. Mais, voilà, la personne en question était bien différente de la réelle. Certes, nul ne peut dire qu’il connait parfaitement l’autre, mais là, il y avait tellement d’écart avec la réalité que je me suis interrogée sur le besoin irrépressible des gens à se mettre en scène sur ce média.

Tous les codes de la pub étaient là : la maison cosy, les jolis enfants, le chien de race ou les vacances en bord de mer. Un vrai conte de fées. La famille parfaite où tout semble aller super bien. Quelqu’un qui verrait ça, genre un créancier, se demanderait, si les problèmes financiers sont réels ou inventés ?

Pareil, pour cet autre que j’avais connu sur internet. Lorsque j’avais aperçu son Instagram, sa vie avait l’air cool, pleine de sorties et de fringues de marque de luxe. Alors que je savais que dans la réalité il était seul, plutôt alcoolique et avec des fins de mois difficiles. Je le voyais aussi publier des photos de bouffe, mais jamais il n’indiquait être un cuisinier professionnel. On avait seulement l’impression qu’il cuisinait de magnifiques plats pour le plaisir ou pour recevoir des amis.

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Dans sa vidéo Les instagrameuses Cyprien raille les personnes qui postent leur vie pour avoir des likes sur Instagram. Loin de la spontanéité, la vie sur ce réseau nécessite un gros travail de mise en scène. Moyennant les bons angles de photos ou les bons outils de retouche, on arrive à avoir l’air beaucoup plus beau et riche que dans la réalité.

C’est qu’au delà du nombre de likes qui rassure les moins confiant(e)s, le truc peut devenir un vrai business pour certain(e)s. C’est certainement le cas pour la personne dont je vous parlais en début de billet. Une jolie façade pour alimenter son petit boulot d’appoint. Et aussi pour partager ses succès, histoire de faire comprendre aux autres qu’ils ne sont qu’une bande de losers qui n’arrivent à rien.

Pourquoi Facebook et Instagram nous rendent-ils (parfois) malheureux?

ça crée une espèce de frustration permanente car, comme pour la pub, on a beau acheter des crèmes, on n’aura jamais la peau parfaite de la nana. C’est pareil avec la vie parfaite, on ne l’aura jamais non plus.

Ça n’a pas toujours été comme ça, rappelle Titiou Lecoq, auteure, blogueuse, et journaliste spécialiste des réseaux sociaux dans un article du magazine ChEEk : “Au tout début, on ne maîtrisait pas du tout les règles, on pouvait mettre des photos qui n’étaient pas valorisantes. Aujourd’hui, il y a des codes esthétiques, on ne voit passer que de très jolies photos. Le côté brut, avec Instagram et ses filtres notamment, a disparu.” Pour elle, cette évolution a “le même effet pervers que la publicité: on a l’impression qu’il existe une vie parfaite, une bouffe parfaite, une maison parfaite, une déco parfaite, un mec parfait et des enfants parfaits”. Résultat, “ça crée une espèce de frustration permanente car, comme pour la pub, on a beau acheter des crèmes, on n’aura jamais la peau parfaite de la nana. C’est pareil avec la vie parfaite, on ne l’aura jamais non plus”.

Le court-métrage de Shaun Higton, intitulé What’s on your mind?, résume parfaitement le cruel décalage entre ce que l’on donne à voir sur les réseaux sociaux et ce que l’on vit vraiment. A la fin le type quitte les réseaux. Alors, pour vivre heureux vivons seulement dans la réalité ? Non. Cessons simplement de faire semblant. Restons juste un peu plus nous même tout en protégeant nos vies privées. Ne tombons pas non plus, comme je le vois trop souvent, dans l’excès inverse, en se dévalorisant. Soyons honnête avec l’image que nous renvoyons. Personnellement, j’aime publier de jolies photos de mon jardin ou de mes voyages. Cela ne me définit pas. C’est juste une petite part. Tout comme publier quelques unes de mes pensées ici en est une autre.

Néanmoins, à l’instar de nombre de blogueurs des origines, je prends de plus en plus mes distances avec l’outil numérique, même si je reste très connectée. J’y suis obligée comme beaucoup, car professionnellement tout nous y ramène. Mais, j’évite d’en être dépendante. Donc, il ne faut pas s’étonner si parfois je « ghoste » certaines personnes. C’est juste qu’il faut que je m’éloigne par moment pour pouvoir faire d’autres choses.

 

J’habite – encore – à Twitterland

Cela fera bientôt dix ans que j’ai pris un cabanon sur Twitter (Cf.  J’habite à Twitterland ) , mais entre-temps mon village a beaucoup changé. 

Je vis depuis tout ce temps dans un quartier (compte Twitter) plutôt calme avec plein de gens (Time Line) cultivés et de journalistes. Néanmoins, l’épicier (@guybirenbaum) a fermé suite à un burn out et, comme lui, pas mal d’anciens membres en vue de la communauté (influenceurs) ont pris leur retraite numérique. Par ailleurs, autrefois peuplé en grande majorité par des cyber-militants de gauche, mon lieu d’habitation principal est devenu très hétérogène sur le plan politique.

Ainsi, d’anciens fans de Ségolène Royale sont devenus des macronistes acharnés, tout comme certains partisans de l’ancien président Hollande. Même si, parmi les Hollandais, beaucoup boudent un peu et se réjouissent sous cape des malheurs du vilain traître Manu. Il faut dire que beaucoup sont sonnés depuis la déconfiture du parti socialiste devenu groupuscule. J’en vois néanmoins un grand nombre qui ont basculés chez Mélenchon, alors qu’une poignée seulement ont fini au RN. De ce fait, la bienveillance (#FF) est devenue has been et l’injure (le twittclash) la norme. A vrai dire, je ne reconnais plus mon quartier et il y a des jours où il me fatigue tellement que j’envisage de le quitter définitivement.

Ces dernières années, pour m’amuser un peu, j’ai ouvert une galerie dans un autre quartier habité par des artistes et des gens aux moeurs plutôt libres. J’y expose des photos plutôt soft de femmes en noir et blanc. Après avoir été pistonnée (Retweetée) par un baron local (gros compte Twitter), j’ai fini par avoir pas mal d’habitués (followers). Ces derniers viennent du monde entier et ça parle (tweete) dans toutes les langues dans les allées de ma galerie. De ce fait, le lieu reste animé même à des heures reculées de la nuit.

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Je vais chercher mon matériel photo dans un village voisin assez mal famé (Tumblr), mais comme il tente depuis peu de se refaire une virginité, j’ai de plus en plus de mal de m’approvisionner. On a vu débarquer des réfugiés Tumblr à Twitterland. Ils ont été bien accueillis. Il faut dire que le lieu reste encore tolérant. Mais pour combien de temps encore ? Les gamins à capuche proprios des villages ont grandi.  Et à mesure que leur richesse s’est accrue, ils sont devenus de vraies grenouilles de bénitiers. Alors que, comme nombre d’autres, ils se sont grassement enrichi sur les petites faiblesses de leurs habitants. Et voilà que, maintenant, ils poussent le vice jusqu’à déconseiller à leurs propres enfants de vivre ici. Ils les envoient là-bas dans la vraie vie (IRL). Autrefois, véritables espaces de (semi) liberté, ces lieux sont, hélas, devenus le creuset de notre propre aliénation. Où nos pensées même nous sont volées pour pouvoir encore plus nous manipuler.

Alors, je ne sais pas si je vais encore vivre ici très longtemps. Loin de l’enthousiasme des débuts, j’y réside plus par habitude que par réel plaisir. Comme lorsque tu gardes une vieille baraque familiale par nostalgie. C’est de l’entretien, mais tu hésites à t’en séparer. Un jour, c’est sûr, il le faudra. Mais, pas tout de suite.

 

#FFFF00

« On retiendra avant tout que le jaune est la couleur de l’ouverture et du contact social : on l’associe à l’amitié et la fraternité ainsi qu’au savoir. »

« Pourtant, derrière cet aspect joyeux, le jaune peut parfois se révéler négatif. Associé aux traîtres, à l’adultère et au mensonge, le jaune est une couleur qui mêle les contrastes. »

Signification des couleurs.

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Alors que commence l’acte IX d’une mobilisation en jaune débutée à la mi-novembre 2018, je m’apprête à vivre ce nouveau samedi en allumant la TV. En effet, comme beaucoup, je suis ces épisodes comme une télé-réalité violente, d’un oeil mi-horrifié, mi-fasciné.

Au début, j’y comprenais quelque chose. C’étaient des automobilistes en colère qui s’élevaient contre une nouvelle taxe sur les carburants. Qui n’avait jamais râlé en passant à la pompe. Ensuite, c’était un problème de pouvoir d’achats. Même si cela fait bien longtemps que je n’ai plus été pauvre, je peux largement adhérer au fait qu’on puisse avoir des difficultés à vivre avec un SMIC.

Dans la période des fêtes, alors que je n’en avais jamais vu IRL, j’ai croisé des gilets (ou du moins tenté d’en éviter certains) lors de différents voyage dans l’arrière-pays. Ils étaient là, campés au milieu de leurs rond points moches d’entrée ou de sortie de ville. Ils n’avaient rien de menaçant, si ce n’était pour mon horaire d’arrivée. On les aurait dit tout droit sortis d’un aimable club de pétanque ou d’une fête votive. Les pancartes «RIC»  et « Macron démission » en plus. Même si la météo était plutôt clémente, je me suis demandée pourquoi ils étaient encore là.

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A-t-on joué avec des allumettes en élisant Macron ? Je crois plutôt que son élection était déjà le symptôme de cette colère jaune qui couvait depuis bien longtemps. Une colère profonde contre des institutions qui ne prennent plus en compte l’humain. Le travail ne paie plus depuis des dizaines d’années. La finance est folle. Les ultra-riches de plus en plus nombreux. Et les inégalités se creusent toujours plus. Il n’y a pas de ruissellement. Il n’y a que de l’avidité de certains à posséder toujours plus. Et c’est là, bien visible à longueur de temps sur les réseaux sociaux. Les gilets se sentent les cocus de la mondialisation et du capitalisme incontrôlé. Macron ne l’a pas compris. Il a été élu par le peuple et pour le peuple. Il ne peut gouverner contre.

De mon côté, j’ai toujours été pour la redistribution, tant qu’elle n’est pas confiscatoire. Je suis de cette frange de la population qui paie tout plein pot et ne reçoit rien. Je ne demande rien non plus. Je vis bien, sans ostentation, mais sans me soucier de la fin de mois. En ce qui me concerne, en ce moment, c’est plus la fin du monde qui m’angoisse. Avec les mêmes qui pillent et détruisent la planète, que ceux qui paient les gens au lance-pierres.  Ces combats ne sont pas antinomiques, ils sont conjoints. Un autre monde est possible, où les travailleurs sont durables, tout comme les ressources.

Dans ce mouvement certains ont trouvé la solidarité et la fraternité qui leur manquaient. L’action collective a toujours payé. Peut-être que beaucoup l’avaient oublié dans un monde qui nous pousse à l’individualisme forcené. Les gilets rejettent la toute puissance des chefs. C’est bien dans l’air du temps de l’holacratie ou de l’agilité. Les gilets jaunes sont bien plus modernes qu’on ne le pense. Ils ne sont pas les représentants d’une ancienne France, ils sont connectés et maîtrisent pour beaucoup les codes de la communication.

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Alors oui, je vous vois déjà me dire que je leur file un blanc-seing. Que je valide les violences pour cause de revendications légitimes. NON. Si des casseurs et des pilleurs ont profité de ce mouvement pour se défouler ou faire leurs courses de Noël, non je ne les approuve pas. Les « vrais » gilets jaunes le savent bien. La violence est contre productive. Même si certains peuvent penser qu’ils faut montrer les dents pour que les puissants cèdent.

Le gouvernement organise un grand débat qui débutera dans les jours prochains. Même si nombreux sont ceux qui pensent que c’est de l’enfumage, j’encourage tout ceux qui ont quelque chose à dire ou à proposer à les remonter lors de cette consultation. Moi, dans tous les cas, je serai toujours ici ou ailleurs, pour donner mon avis et soutenir ceux qui veulent un monde meilleur. Pas celui des Bisounours. Juste un monde où chacun pourrait vivre bien de son labeur, respirer un air sain, être non discriminé, penser ce qu’il veut ou aimer qui il le souhaite.

 

Sans argent

De retour, pour vous conter une petite mésaventure qui aurait pu m’être évitée. Ainsi, au printemps dernier, alors que je devais partir en voyage à Florence le lendemain, je décidai de passer une journée dans un célèbre parc d’attraction de la région parisienne.

La journée avait pourtant bien commencée, même si la météo était épouvantable : pluie et vent fort. De bonne humeur, j’avais profité de mon attraction préférée avant de filer me mettre à l’abri dans une salle de restaurant.

Hélas, à peine étais-je assise que je me rendis compte que mon sac à main en bandoulière était à moitié ouvert et que mon porte-monnaie avait disparu. Mon sang ne fit qu’un tour. Un peu affolée, je regardai tout autour de moi. Mais, je devais me rendre en évidence. J’avais perdu ou on m’avait volé TOUT mon argent. J’avais tellement été occupée à tenter de tenir mon parapluie sous les intempéries que je n’avais pas été assez vigilante.

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Je me rendis immédiatement à l’accueil du parc pour déclarer cette disparition décrivant précisément mon bien. Les employés me proposèrent ensuite d’aller porter plainte à la police qui se situait dans la ville voisine en dehors du parc. Sous une pluie battante, j’effectuai donc cette formalité après une marche à pied de plusieurs kilomètres. L’agent de permanence semblait confiant sur la capacité du parc à retrouver mon porte-monnaie. Il me fournit les papiers à communiquer aux assurances le cas échéant.

Après, cette déclaration, suite à un bref coup d’oeil sur Google Maps, je décidai de tenter de récupérer quelque argent auprès de La banque postale. Mais, en l’absence de chéquier, resté au chaud chez moi, je fus dans l’impossibilité de retirer le moindre de sou. Même en présentant un document d’identité et en fournissant mon numéro de compte, c’était impossible. J’étais furieuse.

Bredouille, je fis donc demi-tour en direction de mon hôtel situé à plusieurs kilomètres de là. La pluie avait un peu cessé. Tout en marchant, je ruminais. Cette fois, j’étais bien dans la m… Sans le sou et à des centaines de lieux de chez moi. J’allais probablement être obligée de renoncer à mon voyage en Italie. Je songeai à tous les problèmes ne serait-ce que pour rentrer. Comment allais-je faire pour regagner la gare de Lyon ? Mon ticket retour était dans mon regretté morlingue. J’imaginai devoir prendre le train de banlieue sans payer ou, si difficulté, me rendre à Paris à pied. Il y avait quoi, environ trente kilomètres à vol d’oiseau.

Sur le chemin, alors que mon cerveau était en ébullition, dans un éclair, je décidai de fouiller mon portefeuille au cas où. Et, là, ô miracle, je tombai sur un billet de dix euros qui y avait été oublié. L’un de mes soucis s’effaça d’un coup. J’étais en mesure de regagner la capitale. Epuisée, j’arrivai peu après à mon hôtel (heureusement pré-payé). Là, j’achevai les formalités d’usage avec le blocage de la CB. Puis, j’attendis en vain le reste de la soirée des nouvelles de l’administration du parc. Tardivement, je m’endormis après avoir annulé vols et hôtel en Italie. La belle Florence me verrait une autre fois. J’étais triste, mais je n’avais plus le choix.

Après une très mauvaise nuit, je quittai les lieux le lendemain. Mais, arrivée à la gare de Lyon, je rencontrai un nouveau problème. En effet, lorsque je voulus changer mon billet de train, la borne me demanda un supplément. Evidemment, je n’avais pas les moyens de payer le surplus. Je me dirigeai donc vers les guichets, où après une attente digne de la sécu, je fus reçue par une dame plutôt compréhensive. Elle me fit grâce d’une partie de la somme demandée et je pus courir prendre mon train.

Ce ne fut qu’une fois le TGV parti que je reçus un coup de fil du service des objets trouvés du parc. Ils avaient retrouvé mon porte-monnaie dans un bar non loin du lieu de mon unique attraction. Le voleur, ou celui qui avait trouvé mon bien, l’avait consciencieusement vidé. Il avait pris non seulement mon argent et mon ticket retour de RER, mais aussi mon billet de spectacle et un carnet de timbres. Il n’avait laissé que ma carte bleue, mes différentes cartes de fidélité et mon ticket de parking. Le parc me demanda néanmoins dix euros pour me retourner ma bourse.

Mais, là n’était pas la fin de mes ennuis. En effet, sans argent, j’étais bien en mal de récupérer mon véhicule dans le parking de la gare. Je décidai donc d’appeler quelqu’un que je ne souhaitais pas appeler. Il fut trop heureux de venir me dépanner et payer afin de libérer ma voiture. Mon amour propre en avait pris un coup. Mais, là encore, je n’avais pas d’autres choix dans mon imprévoyance.

Cette mésaventure, quoique banale, entama un peu ma confiance en moi. Je décidai qu’à l’avenir je préparerai beaucoup plus mes voyages et éviterai de prendre des risques avant un départ. Et, effectivement, depuis je suis partie de nouveau seule et très loin, cette fois sans encombre. Pas la peine d’aller au bout du monde pour rencontrer des problèmes.

L’histoire me fit réfléchir (et frémir) au sort de tous ceux qui vivent cette situation au quotidien. Sans argent, tu dois avoir de bonnes jambes et/ou de bons amis. Dans ce monde où le fric est roi, tu peux juste espérer croiser quelques âmes charitables au milieu de la foule de ceux que cela indiffèrent.

 

 

 

 

Salauds de mots

Je n’ai plus les mots. Ce n’est pas que j’en avais beaucoup. J’en avais juste assez pour survivre grâce à eux. Cependant, ces derniers ont décidé de m’abandonner en pleine page blanche. Depuis, je les cherche au coin des articles de journaux ou des livres à peine entrouverts. Mais, ils se cachent, me fuient ou me haïssent peut-être. Moi qui les ai tant aimés. Mes petits et mes grands mots. Qu’ils soient sales ou non, propres.  Ils m’ont quittée. Voilà tout. Salauds de mots.

Au nom du père

Il était parti le jour du vendredi Saint. Le jour du Catenacciu. Ma tante m’avait dit qu’il avait fini de porter sa croix. Je me souviens de l’image du porte croix. Ce pénitent masqué et habillé de rouge dans les rues de Sartène l’avait toujours marqué. Il aimait se rendre chaque année à cette procession. Je l’imagine, lui le pêcheur, au milieu de la foule emprunte d’une intense ferveur religieuse. A quoi pouvait-il bien penser ?

Après six jours à gésir sur son lit de mort, pour cause de week-end pascal, les pompes-funèbres étaient passées le matin pour la mise en bière. Puis, le moment du départ est arrivé. Les hommes en noir sont revenus dans l’après-midi pour sceller le cercueil. Alors, j’ai appelé les tantes pour leur dernier adieu. Je savais, pour l’avoir déjà connu par le passé, que ce moment serait difficile pour elles. Nous avons alors déposé auprès de lui des souvenirs de nous, des photos et des bijoux. Les tantes ont pleuré un peu. Puis, un peu plus lorsque son visage marqué par la maladie et la vieillesse a disparu sous le couvercle de chêne.

Peu après, il a quitté une dernière fois sa maison. Là où il avait voulu mourir. Les mains et les paroles douces d’une de ses soeurs et d’une gentille infirmière l’avaient accompagné jusqu’à son dernier souffle. Au moins, il n’était pas mort seul et dans la froideur d’une chambre d’hôpital. Puis, nous avons suivi en voiture le corbillard, à petite vitesse, sur les routes sinueuses de la campagne corse. Les fleurs de printemps inondaient de couleurs les champs rocheux.

Au bout d’une dizaine de minutes, nous avons atteint la petite église de granit gris du village. Là, au grand soulagement de mes tantes, nous avons vu là, devant l’entrée, un porte-drapeau, un ancien combattant du village. Il avait sans doute fait la guerre d’Algérie comme lui. Puis, le vieil homme buriné a pris place derrière l’autel, pendant que je lançais sur mon Iphone 8 le chant corse « Corsica » par Petru Guelfucci. Et, je suis restée là, longtemps, la tête baissée et la main levée, pendant l’entrée du cercueil ceint du drapeau corse dans l’allée centrale. J’avais à peine vu les gens qui étaient venus. Ses amis sans doute. Ceux qui l’avaient connu pendant toutes ces années de vie ici. Des amitiés de bistrots et des voisins du quartier. Ensuite, une de mes tantes a pris la parole, racontant le parcours de son frère, et ses derniers instants douloureux qu’elle avait partagés.

Après une simple cérémonie, telle que nous l’avions demandée, le corps a regagné le corbillard, où il a été béni par le curé, avant de démarrer au pas. Comme autrefois, nous avons suivi à pied, moi serrant mes tantes en pleurs. J’essayais de faire bonne figure en dépit de la gravité du moment. Une petite route très pentue menait jusqu’au petit cimetière situé plus haut sur la colline. Depuis notre départ, j’avais enchaîné côté musique sur « Ricordu » chantée par Jenifer et Laurent Bruschini. Lorsque nous avons passé les grilles du village des morts, « Terra » d’I Muvrini a résonné dans les ruelles silencieuses.

Là, arrivée près de la concession, une femme d’un certain âge s’est approchée de moi. Elle m’a dit être venue chanter l’hymne corse « Diu vi salve Regina » pour mon père. Car, s’il n’était pas né corse, il l’était indiscutablement d’adoption. Je n’ai pas pu retenir mes larmes, car je savais que ça lui aurait fait très plaisir. Ensuite, j’ai demandé à prendre la parole :

«  J. n’était pas ce qu’on peut appeler un bon chrétien. Ce n’était pas non plus un bon père, ni un bon mari. Mais, c’était certainement un bon ami. Comme vous pouvez tous en témoigner. C’était, surtout, un grand ami de la Corse, dont il appréciait les paysages, les habitants et la culture. Et, il a su faire partager cet amour à nous, sa famille, durant toutes ces années. Il a souhaité être inhumé sur cette terre qu’il aimait tant. Il la nourrira de son corps et ne fera plus qu’un avec elle. Pour toujours et à jamais. »

Après, j’ai rejoint mes tantes, fières et émues, avant de voir le cercueil descendre dans le trou fraîchement creusé de la veille dans la terre rouge et caillouteuse. Une terre que nous avons tous jetée ensuite sur le cercueil. J’ai dit un dernier adieu au « pater » avant d’inviter ses plus proches amis à venir boire un verre à la maison. J’avais préparé des plats de charcuteries corses pour accompagner des vins de l’île de beauté.

La journée a fini plus joyeuse qu’elle avait commencé. Tout le monde était satisfait de la cérémonie réalisée dans la tradition. Quelqu’un a dit que ça lui aurait plu. J’ai souri. Il aura été dignement enterré. Le minimum qu’un enfant puisse faire pour son père. Et si son fantôme erre encore dans le maquis, il sera sans nul doute bienveillant. Pour toujours et à jamais.

 

 

À l’heure des possibles 

Il est une heure sur internet où tout devient possible et où tout peut arriver.…

Internet, à l’heure des possibles,

Les pirates sont philosophes et les mécanos poètes.

 

Internet, à l’heure des possibles,

Les braves gens sont couchés

et ne restent plus que ceux qui brûlent

d’un feu que rien ne peut éteindre.

 

Internet, à l’heure des possibles,

Ce sont nos enveloppes charnelles qui vibrent

à l’unisson sur nos mots sales.

 

Internet, à l’heure des possibles,

C’est ma tête posée sur ton invisible épaule

et tes baisers imaginaires

sur mes yeux qui se ferment.

 

Internet, à l’heure des possibles,

C’est mon âme qui t’écrit « je t’aime »,

Et mon coeur qui se fend

aux blancs de ton silence.

 

Internet, à l’heure des possibles,

C’est le moment où les masques tombent

pour la vérité crue.

 

Internet, à l’heure des possibles,

C’est un cri déchirant

qui se noie dans le néant

avec tous les autres.

 

Internet, à l’heure des possibles,

C’est ma vie que je perds

pour avoir encore rêvé

À l’impossible.

Harcelée et agressée. #MeToo

Depuis le début de l’affaire Weinstein, j’ai suivi avec intérêt les réactions des femmes à ce sujet, me félicitant de leur écho dans notre société. Avec le relais énorme au travers des réseaux sociaux, j’ai pu lire les témoignages de harcèlements qui ont déferlé dans ma TL. J’étais particulièrement sensible aux cris des plus jeunes femmes, car cela résonnait avec de vieux souvenirs enfouis, plus ou moins douloureux. Alors que je ne me sentais pas particulièrement légitime pour parler de ce sujet, j’ai décidé, à la lumière des dernières polémiques et aux propos indécents qui ont été tenus, de prendre la plume à mon tour et de balancer quelques vieux porcs bien rancis.

Je ne sais quand j’ai pris conscience que j’étais harcelée voire agressée, mais très vite j’ai senti qu’il se passait des trucs bizarres autour de moi qui me mettaient mal à l’aise : des gestes, des regards appuyés, des mots prononcés et des actes. Il faut remonter assez loin pour ça, du côté de la prime adolescence et de ce tonton un peu vicelard qui voulait toujours vérifier si « ça poussait » en me touchant les seins. J’étais terrorisée rien qu’à l’idée de me rendre chez lui. Il trouvait toujours un moment quand mes parents n’étaient pas dans la pièce pour furtivement venir me peloter. Dans la même veine, je me souviens aussi de ce collègue de mon paternel qui m’attrapa un jour fermement par la taille et tenta de m’embrasser sur la bouche parce que je l’avais soit disant émoustillé avec mon short au retour du centre de loisirs.

Ado, l’extérieur était inquiétant avec les sifflets, les coups de klaxon et les mots vulgaires prononcés dans la rue par des hommes inconnus. Ainsi, un matin en partant au lycée, j’ai croisé un quadra à l’oeil goguenard. Le type se jette sur moi et me place direct une main bien appuyée entre les cuisses. Et alors que je l’insultais après le choc, il a ri à gorge déployée. Comment pourrais-je me souvenir encore d’un tel évènement s’il ne m’avait pas terrifiée alors ? Je ressens encore mes tremblements après la violence subie.

Autre évènement traumatisant, une année en camping en vacances en Corse des types bourrés qui secouèrent violemment la caravane où une copine et moi-même étions endormies. Ces mêmes types essayèrent d’en ouvrir la porte tout en nous appelant par nos prénoms, en rajoutant un « J’arrive ! » qui laissait deviner leurs mauvaises intentions. Je me serais crue dans un film d’horreur. J’avais un couteau dans la main. S’ils étaient entrés j’en aurais planté un c’est certain. Pour finir, les types sont partis, mais au matin, excédée, j’ai retrouvé ces garçons au bar du camping et là j’ai fait un scandale terrible devant tout le monde. J’ai passé le reste des vacances tranquille.

 

Dans le monde du travail, je ne peux pas dire que j’ai eu à souffrir moi-même de gros problèmes de harcèlement. Evidemment, j’ai eu droit à quelques propos sexistes, blagues graveleuses,  pornos dans la boîte mail et poids des regards sur mes formes. Mais, je pense que c’est plus insidieux maintenant et que j’ai tellement intégré ces comportements que ne n’y fais plus attention. Mais, la réalité du problème m’est revenue dans la figure quand une collègue a été agressée dans les locaux d’une boîte où je travaillais.  J’ai été chargée de prendre son premier témoignage, car j’étais la seule femme cadre présente dans l’entité ce jour là. J’ai lu sa détresse et compris son traumatisme. Le type s’en est tiré seulement avec un blâme. Il avait perdu la tête car elle venait tous les jours lui prendre des bonbons dans sa boîte de Haribo. C’est certain qu’elle le cherchait cette garce !  Hallucinant. Comme il s’agissait d’une petite structure, la collègue a dû supporter de croiser le mec tous les jours par la suite. Moi, de mon côté, je me suis tenue à l’écart de ce pervers et j’ai stoppé les sucreries. Par la suite, dans ce monde d’hommes, j’ai arrêté de m’habiller en fille tout simplement. Peu à peu, j’ai troqué les jupes et les escarpins pour jean & Converses. Je suis plus à l’aise et je passe plus inaperçue, mais j’ai renoncé aussi à une part de ma féminité.

Dans ma vie privée d’adulte, je ne peux pas dire non plus que j’ai eu de véritables gros problèmes non plus. Certes, comme toutes les jeunes femmes qui sortent en boîte de nuit j’ai eu droit aux mêmes types un peu lourds qui ne veulent pas lâcher l’affaire lorsqu’on leur dit non. Mais, généralement, j’ai toujours eu suffisamment de répondant pour faire face ou pu trouver de l’aide lorsque j’étais en fâcheuse posture. Les frotteurs du métro, je ne connais pas non plus, même si j’ai vécu à Paris un moment. Mais, je n’ai pas envie de soulager leur misère sexuelle non plus, pas plus maintenant que lorsque j’aurais 70 ans comme Catherine Millet.

Non mesdames Deneuve & co, nous n’en voulons pas aux hommes. Nous exigeons seulement qu’ils nous laissent vivre en paix. Ne confondons pas domination patriarcale et domination sexuelle. Tu peux être avec un mec dominant sexuellement, mais qui peut partager les thèses des féministes et s’interposer, quitte à prendre un poing dans la figure, pour prendre la défense d’une fille harcelée. Ce n’est pas pour leur couper les couilles que nous demandons aux hommes le respect et l’arrêt de la violence. Et si, exceptionnellement, j’ai envie de me faire démonter par un beau brun musicos, ce n’est pas pour ça que je rêve de me faire violer par le premier venu.

Après, je dois balayer devant ma porte moi aussi, je n’ai pas toujours été correcte dans mes comportements avec certaines. J’ai intégré moi aussi ces mauvaises manières parce que je n’en avais pas d’autres en modèle. C’est pourquoi il faut veiller à enseigner à nos enfants filles et garçons ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Ce qui relève de la séduction et ce qui relève du harcèlement. Ce n’est qu’à ce prix que chacune  pourra, tout comme chacun, s’épanouir et jouir pleinement de la vie, sans crainte.

Fais le test ici pour connaître les bons comportements.

 

 

 

 

 

 

 

Quand le rock est toujours vivant

Ce week end, comme j’étais sur Paris pour mon travail, j’en ai profité pour me rendre au Download Festival qui avait lieu sur l’ancienne base aérienne de Brétigny en banlieue parisienne. Je n’avais jamais participé à ce genre d’évènement. Plus jeune, je n’osais pas. Maintenant, arrivée à mi-parcours, je souhaite réaliser ce que je n’ai jamais fait jusque là. Quelqu’un m’a dit récemment que je devais passer le reste de ma vie à me faire plaisir. Et c’est bien mon intention tant que j’en aurais l’envie et les capacités physiques.

Donc, voilà, après un voyage en RER C trop long, j’ai débarqué avec beaucoup d’autres à la gare de Brétigny. De là, comme il faisait beau, j’ai suivi le troupeau le long d’un itinéraire fléché et encadré pendant une grosse demi-heure.

J’ai mené cette longue marche à mon rythme, doublée par une majorité de jeunes dont pas mal d’étrangers. Beaucoup portaient des sacs à dos dans l’optique de camper et de rester les trois jours sur place. Evidemment, tous avaient revêtu les insignes de leurs goûts musicaux. Le noir était la couleur de base sur lequel se dessinaient les sigles de leurs groupes préférés. Les filles arboraient en masse le short de jean sur des collants résille et avaient souvent les cheveux colorés. J’avais moi-même mis un t-shirt aux couleurs de Linkin Park pour ne pas trop dépareiller.

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Dowload festival Paris 2017 – Photo Julia Vernier

Arrivée sur place, tout était bien indiqué et organisé. Nous étions fouillés au corps avant de passer à la vérification des billets. Peu après, je récupérai un bracelet munis d’une puce qui me permettrait ensuite de payer aux différents bars et autres crêperies du lieu. Après toutes ces formalités, je m’installai tranquillement dans l’herbe attendant le premier groupe au niveau du main stage 1. De là, j’entendais la musique qui provenait du main stage 2 tout proche.  Mais, le spectacle était aussi en dehors de la scène. De mon lieu de verdure, j’observais avec amusement les festivaliers déguisés en licorne ou en Dark Vador, les hommes en kilt et les filles sexy aux cheveux violets. Sous le soleil beaucoup de garçons avaient laissé tomber le haut. J’admirai leurs tatouages colorés. Pas mal de gens semblaient être venus en famille.  L’ambiance était sympa et bon enfant.

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Pierce the veil au Download Festival Paris 2017 – Photo Julia Vernier

Côté musique, rapidement j’assistai au passage des énergiques Pierce the veil , des rockeurs américains sautillants. Ils furent suivi par les norvégiens métalleux de Kvelertak. Leur leader barbu et aux cheveux longs semblait comme sorti tout droit des légendes vikings. Il avait le torse nu et arborait une frise de tatouages sur les pectoraux. Dans la fosse, certains festivaliers enchaînaient les rondes et les pogos comme dans une transe sauvage et très physique.  Le groupe fera la première partie de Metallica à Bercy en septembre.

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Kvelertak au Download Festival Paris 2017 – photo Julia Vernier

Alors que les américains de Blink-182 s’élançaient sur la scène, j’en profitais pour m’éclipser rapidement pour une pause technique avant d’aller me chercher de quoi me restaurer. Je revins pour assister à la fin de leur concert un peu  à l’écart. Je filai ensuite m’installer face au main stage 2 pour entendre en vedette Gojira , le groupe de métal français. Alors qu’il existe depuis plus de vingt ans, le groupe a connu la notoriété après avoir été (un peu) médiatisé suite à leurs nominations aux derniers Grammy awards.  Ils ont envoyé du lourd et du Magma entre deux messages positifs.

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Blink-182 au download festival Paris 2017 – photo Julia Vernier
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Gojira au Download festival Paris 2017 – Photo Oui FM Edit : Julia Vernier

Au soleil couchant, la journée musicale s’acheva avec Linkin Park qui enchaîna – heureusement pour moi – ses anciens titres avec ceux de son dernier opus One More Light. Entendre Numb en live est toujours un plaisir. J’étais aussi heureuse de reprendre en coeur de nombreux morceaux que j’avais si souvent écoutés. Même si les nouveaux titres n’avaient pas la puissance des anciens, le mélange était agréable à l’oreille. Après  1h45 de concert, les américains semblaient satisfaits de leur prestation et de l’accueil chaleureux du public du Download Festival. Pour moi, c’était juste trop court, mais c’était le jeu de ce genre d’évènement parfaitement organisé.

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Linkin Park au Download Festival Paris 2017 – Photo Julia Vernier

Alors qu’il était 23:30, j’accompagnai la foule vers la sortie et les navettes qui nous ramenaient dans le calme jusqu’à la gare. Comme beaucoup d’autres, j’étais fatiguée. J’avais pris des coups de soleil et des ampoules aux pieds, mais j’étais heureuse d’avoir partagé la ferveur avec d’autres passionnés de musique rock et métal. Car, oui, le rock est toujours aussi vivant !