L’adieu à la rousse

Suite de mon roman blog « L’heure des possibles ».

Je profitais de mes fréquents voyages parisiens pour renouer avec mes amies. Je savais ces dernières friandes de mes aventures. Faute d’histoires d’amour qui finissent mal (en général). Mais, au fil du temps, certaines avaient pris leurs distances. Mes préférences D/s les déroutaient, voire leur faisaient peur. Pour beaucoup, j’étais devenue folle et dangereuse. Seule Mina s’amusait encore de mes histoires.

Je retrouvai mon amie dans un bar du 11ème arrondissement et, entre deux banalités, je lui demandais des nouvelles de la sulfureuse Coco. Elle en avait peu, même si elle me confia qu’elle avait craqué un soir et avait recouché avec elle après une soirée plutôt arrosée. Elle était parfaitement au courant de la bagarre dans la boîte lesbienne à laquelle j’avais pris part. D’ailleurs, tout le milieu était au courant. Et j’étais devenue, semble-t-il, une héroïne pour certaines.

A l’issue du repas, je quittai Mina, la tête remplie d’espoir de renouer avec la rousse.   Ce soir là, j’osai, même s’il était tard, la contacter. Elle me répondit, semblant joyeuse de m’avoir au téléphone. Elle disait penser à moi, souvent. J’en fus fort aise. Elle me donna rendez-vous un soir. Elle ne serait pas seule, car en soirée avec des amies lesbiennes. Mais, j’espérais bien passer un moment seule avec elle.

Photo : Julia Vernier – La Bastille.

Quelques jours plus tard, j’arrivai en avance sur les lieux. Un peu nerveuse, j’allumai une cigarette. J’avais arrêté, mais toutes les émotions de ces derniers temps m’avaient menée à reprendre. Je savais, néanmoins, que je pouvais éviter l’addiction. De ce côté, j’avais ce qu’il me fallait par ailleurs. Bientôt, Coco arriva accompagnée, hilare, de jeunes filles blondes. Ses amies semblaient en majorité des butch aux cheveux rasés et chemise à carreaux. Elle eut du mal de me reconnaître et sembla de suite assez froide. Je commençai à m’inquiéter de l’issue de la soirée.

Je montai dans les étages lorsque l’organisatrice de l’évènement nous fit signe de la suivre. Là, immédiatement, la rousse s’éloigna pour rejoindre ses copines et s’installa avec elles. Je  pris place un peu plus loin et tripotai mon téléphone pour m’occuper. Entre deux tweets, je l’observais de loin qui m’ignorait totalement. Après que la majorité des filles aient tenu un verre en main, je décidai à mon tour d’aller vers le bar pour commander quelque chose. Là, je choisis une coupe de champagne, comme à mon habitude, avant de regagner ma place dans le fond de la salle.

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La rousse avait maintenant disparu. Je commençai sérieusement à en avoir marre. A vrai dire, j’avais de moins en moins de patience avec qui que ce soit. Sans doute un effet secondaire de mon tournant dominatrice. J’avais développé un côté Diva qui exaspérait souvent les autres. Mais, c’était plus fort que moi. Je bouillais intérieurement. Et, juste d’avant d’avoir fini ma coupe, une femme de mon âge, assez chic, me demanda si elle pouvait s’asseoir à côté de moi. J’entamai bientôt la conversation, lui faisant part de ma déconvenue de la soirée. Elle compatit. Franchement, cette rouquine n’avait pas la moindre politesse. Ni le moindre respect pour moi. C’était insupportable.

Ni une, ni deux, je proposai à la femme, une journaliste d’un canard de province, de m’accompagner dans un autre bar, histoire de faire plus ample connaissance. Elle accepta et me suivit en dehors de l’établissement. Là, sur le trottoir je croisai la rousse en train de fumer, mais je ne lui adressai pas la parole.  Je m’éloignai juste lentement avec ma conquête de la soirée. Et, je lui proposai d’aller en face, dans un bar donnant sur la place de la Bastille.

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Comme le temps était assez clément, nous nous installâmes sur la terrasse d’un café assez huppé. Je commandai une nouvelle coupe de champagne et ma voisine un verre de Chablis. De là où nous étions, nous observions des passants et les véhicules qui circulaient autour de la colonne de la Bastille. Il y avait pas mal de supporters de rugby français qui exultaient après la victoire de la France contre son ennemi héréditaire, l’Angleterre. Je regardais tous ces mouvements avec amusement. Je songeai que la soirée finirait mieux qu’elle n’avait commencée. La fille était agréable, cultivée et discrète. Elle avait surtout une très belle qualité d’écoute qui me convenait dans cette période.

Alors qu’il était déjà assez tard dans la soirée, je tentai une main sur la cuisse de la jeune femme. Comme elle ne la repoussa pas, je lui proposai alors de quitter les lieux et d’aller chez elle. Cette dernière résidait dans un appartement loué sur une plate forme internet. Là, je la plaquai contre le mur, histoire de voir si ses petits seins pointaient autant qu’ils en avaient l’air sous son pull. Je lui fourrai aussi ma langue dans la bouche, ce quelle apprécia. Glissant une main ensuite entre sa peau et son jean, je pus constater qu’elle était bien humide du désir qu’elle avait de moi.

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Après une brève douche prise en commun avec force caresses, elle m’attira vers le lit. Après un petit moment sur ses seins, je glissai entre ses cuisses où ma langue s’éternisa pendant qu’elle en faisait tout autant de son côté. J’aimais le goût de son essence divine et la douceur de sa langue sur mon clitoris. Je perdis le contrôle un instant, juste le temps d’un orgasme tiède. C’était déjà plus que ce que j’avais pu ressentir avec mes derniers coups d’un soir masculins. La femme, quant à elle, avait besoin d’un coup de main plus profond pour partir dans les étoiles. J’entamai alors une lente ascension à l’intérieur de son vagin dégoulinant. Alors que ma main vrillait et la pilonnait, je sentis bientôt les spasmes de sa fantastique jouissance. Son corps mince et musculeux ondulait à chaque vague de plaisir qui l’envahissait. Lorsqu’elle rouvrit enfin les yeux, je lui souris, plutôt satisfaite de mes exploits.

Cependant, même si cette femme était intéressante, j’avais d’autres soucis en tête. Un autre scénario à bâtir pour achever de convertir à ma loi, l’artiste rebelle à mon autorité.  Je la quittai donc rapidement après le dénouement de notre corps à corps, avant de m’enfuir une fois encore dans la froideur de la nuit. Je marchais un bon moment, car il n’y avait plus de métro. Je profitais de ces instants de solitude dans l’obscurité parisienne pour songer au chemin que j’avais parcouru. Mes doutes et mes interrogations avaient disparu, laissant place à une froide confiance en moi. Je n’avais plus en tête que la quête d’un orgasme fabuleux. Comme s’il s’agissait d’une mythique chasse au trésor en milieu hostile. J’avais tout de la guerrière affûtée, armée et prête à combattre. Imaginant des plans machiavéliques pour dominer le monde, juste pour son plaisir.

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Rousse et rouste 

Après l’hystérie des derniers jours, j’avais besoin de me changer les idées. Je décidai un soir d’aller dans une boîte fréquentée par la communauté lesbienne. Je n’étais pourtant pas une habituée du milieu. Je ne m’y sentais pas légitime. Pas plus que dans l’univers hétéro d’ailleurs. Je n’étais d’aucun monde. Juste une passagère clandestine. Une apatride du gender.

Ce soir là, peu m’importait où j’allais, je voulais juste oublier l’impasse où je m’étais fourrée par mon arrogance et ma stupidité. Je désirais me soûler d’alcool et de musique. Et si cela ne suffisait pas, d’autres substances, illicites, feraient l’affaire.

J’entrai dans le club où certaines filles me dévisagèrent. D’autres me frôlèrent volontairement. Je sursautai, mal à l’aise, dans ce lieu propice à la promiscuité. Je filai direct au bar où je trouvai un tabouret vide sur le côté, dans l’ombre. De là, j’observai la clientèle d’habituées qui se déhanchait au son de Shape of you d’Ed Sheeran. Des filles de tous les âges riaient ou s’enlaçaient.


Après avoir commandé un mojito, mon regard se porta au fond de la salle où j’aperçus un attroupement. Je demandais alors à la barmaid tatouée et piercée des informations sur ce qui pouvait bien s’y passer. Elle sourit devant mon ignorance de newbie : «  Une fille qui s’offre » Je baissai les yeux, un peu honteuse de ma méconnaissance.

Je décidai néanmoins d’aller y voir de plus près. Arrivée près de la foule, j’essayai de mater la scène, mais sans succès. Je trouvai bientôt un petit promontoire pour m’élever. De là, je vis plusieurs femmes afférées auprès d’une autre allongée les cuisses écartées. On aurait dit un gang bang tout droit sorti d’un porno bas de gamme. Je me sentis plus gênée qu’autre chose et m’apprêtai à retourner au bar lorsque je reconnus l’offrande du jour. Ce n’était autre que la rousse incendiaire Coco. Celle qui avait sérieusement réchauffé mes dernières vacances de son incandescente et sauvage beauté.

Je fixai la foule fascinée, essayant de croiser le visage de sa compagne Mina, mais elle n’était visiblement pas de la fête. Alors, que Coco était maintenant saisie de violents tremblements liés au plaisir qu’elle avait reçu, je notai son regard perdu dans le vague. Était-elle droguée ou prise de folie pour perdre ainsi tout respect d’elle-même ?

À la fin de l’exhibition, je m’approchai d’elle. Elle me reconnut immédiatement et me sourit. Je compris alors qu’elle n’était ni sous l’emprise de stupéfiant, ni folle. Elle était juste à la recherche du plaisir absolu, brutal et sans limites. Alors que je l’aidais à se relever et à se rhabiller, elle m’embrassa dans le cou : « Merci, ma Domina en carton ».

Peu après, je lui offris un verre sous l’œil amusé de la barmaid. La rousse avait retrouvé sa splendeur habituelle. Elle demanda un cocktail maison avant de me narrer les derniers rebondissements de sa vie privée. Elle n’était plus avec Mina qui avait fini par se lasser de ses fréquentes incartades. Je buvais ses paroles tout en jetant des coups d’œil vers les filles qui rigolaient à l’autre bout du comptoir. Il s’agissait du groupe qui avait partagé l’affiche de la soirée avec Coco. Ces dernières semblaient fières de leurs exploits sexuels et illustraient leurs propos avec force gestes explicites.

L’une d’elles, une butch parmi les plus hardies, s’approcha de nous et vint relancer Coco : « Prête pour la saison 2 ma petite chaudasse ? »

La rousse lui répondit en lui montrant un doigt d’honneur. La butch revint à la charge, mais je m’interposai : « Elle t’a dit non. Ce n’était pas assez clair ? »

La fille toujours aussi arrogante me mit la main aux fesses et me lança : « Princesse, tu veux peut-être prendre sa place pour le second round ? »

« Ôte tes mains de mon cul, grosse conne ! »  Hurlai-je.

À ce moment, elle tenta de me toucher l’entrejambe, mais je lui administrai une clé de bras et lui poussai la tête sur le comptoir. Puis, tout en maintenant fermement la fille : « Quand on te dit non, c’est non! »

Cependant, l’une de ses amies qui n’avait rien perdu de la scène vint la défendre. Il s’en suivit une bagarre digne des meilleurs films de western qui s’acheva dans la rue suite à l’intervention des videurs. Entre-temps, j’avais pris un coup à l’arcade et un autre au coin de la bouche, sans compter ceux dans le ventre. Mais, en voyant les mines déconfites de mes adversaires, j’étais plutôt satisfaite de n’avoir rien perdu des gestes de self défense appris quelques années plus tôt.

Coco me proposa alors d’aller chez elle, car elle habitait tout près. Je la suivis avec peine. J’avais joué les caïds, mais j’étais plutôt mal en point. Cependant, mentalement, je me sentais libérée et plus puissante que jamais. Comme si la violence était un fruit défendu auquel j’aimais succomber pour me régénérer.


Peu après être arrivées dans son loft, Coco s’occupa de mes blessures et me sortit un sac de fruits congelés qui ferait l’affaire pour éviter les gonflements.

 » Jamais personne ne s’est battue pour moi. Je suis très impressionnée. De telles manières de voyou de la part d’une fille aussi BCBG, c’était inattendu. »

« Inattendue est mon second prénom. Il y a bien des choses que tu ne connais pas de moi. » Je glissai une main le long d’une de ses hanches qu’elle repoussa gentillement.

« Oui, bien des choses. Mais, pas maintenant, parce que là je suis claquée. » Souffla-t-elle avant de retirer ses vêtements et de me désigner le coin chambre.

Moi aussi j’étais fatiguée. Je m’effondrai à côté d’elle sur le lit défait placé contre le mur de briques blanchies. De là, j’avais la vue sur l’atelier de la jeune femme. Des mannequins portaient ses créations exubérantes destinées à l’opéra ou aux revues des grands cabarets. Dans l’obscurité, leurs silhouettes inquiétantes semblaient nous observer, comme prêtes à bondir dès que nous aurions les yeux fermés. Mais, j’étais trop à bout de force pour lutter ou m’enfuir. Coco me prit la main et, ainsi rassurée, je m’abandonnai au sommeil.

Au matin, je cherchai la belle qui était déjà au travail au milieu de tenues emplumées. « J’ai préparé du café. » Me lança-t-elle me désignant la cafetière qui trônait dans le coin cuisine. Je me levai avec peine et vins me servir une tasse. On aurait dit que j’étais passée sous un camion. Coco s’approcha et me tendit un tube d’anti-douleurs. J’en pris deux avant de filer vers la douche. Là je constatai dans le miroir les dégâts de ma sortie d’hier. Impossible que j’aille bosser dans cet état.


À ma sortie, elle vérifia mes blessures. Visiblement, tout se présentait bien, même si esthétiquement je n’étais pas au top. Elle me resservit un café et me tendit quelques tartines grillées. En admirant la belle rousse, je songeai que tout pourrait être si simple. Moi avec une fille attentionnée et douce. Mais, je n’étais pas du genre à aimer la simplicité, et Coco n’avait rien du repos de la guerrière. Je chassai cette pensée de mon esprit et me levai pour aller me rhabiller.

« Ne veux-tu pas rester un peu ? » Ses yeux étaient brillants d’un désir inassouvi. Mais, j’étais trop préoccupée pour ça. « Une autre fois peut-être. » Lui répondis-je d’une voix lasse. Puis, je l’abandonnai déçue, en déposant un sage baiser sur sa joue.

Je rentrai ensuite chez moi, tout en indiquant à ma société que je passerai la journée en télétravail.  Sur le chemin du retour, je cherchai des idées pour donner une explication logique à mon état. En effet, il faudrait bien que j’affronte le regard de mes clients et collègues ainsi que les questions de mon petit ami.

NDLR : j’arrête l’écriture de ce roman au travers de ce blog. Merci de l’avoir suivi ici.

Un petit goût d’Eden

Après ma rupture avec Simon et la folie des derniers mois de travail, j’étais à bout physiquement et mentalement. Je décidai donc de prendre, seule, quelques jours de repos bien mérités dans la demeure familiale située dans le sud de la France. Les parents étaient partis en voyage, ce qui me laissait à disposition leur mas perdu dans la campagne et sa piscine.

Néanmoins, la nouvelle que j’étais en vacances avait déjà fait le tour de mes amies et voilà que, comme à leur habitude, certaines s’invitèrent pour briser ma tranquillité. Je n’osais leur dire non. J’avais ces temps derniers eu si peu l’occasion de les voir. Mais, je savais pertinemment qu’avec ces filles j’aurais bien peu de temps pour me reposer.

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Ainsi, Mina, mon amie excentrique militante lesbienne, débarqua accompagnée d’une drôle de rouquine tatouée et provocante. La fille avait à peine déposé ses bagages, qu’elle fila piquer une tête dans la piscine dans le plus simple appareil. Coco, de son petit nom, avait un corps superbe. Je remarquai la fierté de Mina lorsqu’elle l’observait de loin glissant dans l’onde turquoise. « Sacré tempérament ! » osai-je. «  Oui. Crois-moi, on ne va pas s’ennuyer avec elle ! » m’avait lancée mon amie en clignant de l’oeil. Je restais pensive quant à ce « On ».

Quelques heures plus tard, alors que nous étions déjà à l’apéritif sous la tonnelle, Aurélie arriva elle aussi accompagnée d’une belle métis. Elle l’avait rencontrée à Pôle emploi alors qu’elle cherchait du boulot en début d’année. Zoé semblait avoir elle aussi beaucoup de personnalité et des fesses très appétissantes. Je logeais tout ce beau petit monde dans différentes chambres amoureusement décorées par les mains d’artiste de ma mère.

La soirée débuta par des grillades. Toutes les filles avaient aidé pour la cuisine. La bonne humeur régnait. Après des discussions politiques agitées, l’alcool aidant, les conversations se firent plus légères. J’émoustillai les filles avec l’évocation de mon plan à trois avec la Miss Blue et la comtesse. Je n’en gardai que les côtés les plus croustillants, évitant de raconter la triste de fin de cette histoire. Je voyais les yeux de la rousse incendiaire briller sous les lumières du soir. Elle avait tout d’une grenade prête à être dégoupillée.

Cependant, nos deux charmants petits couples, fatigués par le voyage, allèrent se coucher assez tôt. Et bientôt les râles de plaisir résonnèrent dans toute la maisonnée. Néanmoins, comme j’étais épuisée par cette première journée, je sombrai rapidement dans les bras de Morphée.

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Au matin, alors que je préparais tranquillement le petit-déjeuner, la chaude rouquine arriva totalement nue au milieu de la cuisine. Sans gêne, elle se servit directement à boire dans le frigo, se baissant suffisamment pour découvrir son sexe via une cambrure étudiée. J’avais du mal d’avaler ma salive. Peu après, elle s’approcha de moi d’une démarche lascive, puis se colla contre ma cuisse nue. Je sentis sa vulve humide se frotter contre ma peau. Je tentai de rester de marbre, même si ce n’était pas l’envie qui me taraudait de lui fourrer direct une main dans le vagin. Mais, je voulais la paix sous mon toit. Déçue et vaguement déconcertée, elle retourna dans sa chambre retrouver Mina.

J’essayai de reprendre mon souffle lorsqu’apparut tout aussi dénudée, la très belle Zoé. Cette dernière me sourit alors que j’admirais ses formes parfaites magnifiées par la lumière du matin. Dans cette tenue, elle fila plonger dans la piscine. Je la rejoignis bientôt. Après quelques brasses et jeux d’eau, je finis par la coller contre le bord de la piscine, osant un baiser. Elle se laissa faire, en pouffant de rire comme une collégienne. Puis, je la laissai s’échapper hors de l’eau, songeant à la scène que me ferait Aurélie.

 

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Lorsque toutes les filles furent de nouveaux réunies sur la terrasse pour le petit-déjeuner, j’observais les réactions des deux allumeuses qui avaient mis le feu en moi. Elles jouaient les parfaites petites amies attentionnées et souriantes. La journée, elles enlaçaient leur compagne et les couvraient de tendre baiser. Et, la nuit, elles semblaient être d’infatigables amoureuses. Visiblement Mina et Aurélie avaient décidé de se lancer dans une compétition de soupirs de plaisir, au grand dam du reste de la maisonnée, à savoir moi.

Même si la charmante Zoé semblait plus distante, j’eus droit à un scénario érotique à peu près identique plusieurs matins de suite de la part de la troublante Coco. Jusqu’au jour où Mina proposa d’aller faire des courses au village. Aurélie et Zoé l’accompagnèrent. Je restais seule avec la bouillante rouquine. Après m’avoir aidé à débarrasser sans dire un mot, elle fila bronzer nue au bord de la piscine.

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De ma chambre, derrière les persiennes, je l’observais tourner, se retourner, cambrer le dos ou écarter les cuisses. N’y tenant plus, je m’éloignai de la fenêtre et vint m’allonger sur mon lit, essayant de penser à autre chose. Mais, alors que j’avais à peine lu quelques pages d’un magasine, elle apparut dans l’encoignure de la porte. « Domina en carton ! » Me lança-t-elle avec provocation. A ces mots, je me levai d’un bond, l’attrapai par son épaisse tignasse rousse et la projetai sur mon lit. Elle se mit à rire en se positionnant à quatre pattes, me tendant sa vulve luisante. Je fourrai ma tête entre ses fesses fermes et la dévorai copieusement.

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Mais, elle voulait plus. Elle courut jusqu’à sa chambre rechercher le gode ceinture de Mina et je l’ajustai sur mes reins. Je la pénétrai bientôt sans ménagement. Visiblement, elle adorait être rudement labourée. Je lui tirai les cheveux en arrière tout en m’agitant en elle avec frénésie. Elle ne cachait pas son plaisir en hurlant des « baise-moi », auxquels je répondais avec vulgarité et des frappes sur ses fesses. Dans l’intensité de son excitation, elle me rappelait une soumise que j’avais bien connu. Tout aussi incandescente, tout aussi sublime dans ses violents désirs. Lorsque j’ajoutai deux doigts dans son anus au traitement de choc qu’elle semblait adorer, elle jouit violemment en criant à gorge déployée. Puis, elle se laissa tomber sur le côté. Après m’être débarrassée du gode ceinture, je ne lui laissai pas le temps de souffler. Je l’attrapai de nouveau par les cheveux et tirai sa tête entre mes cuisses. Il ne lui fallut que peu de temps pour me soulager de toute la tension sexuelle emmagasinée depuis des jours.

Coco avait à peine regagné sa chambre, que les trois autres filles revenaient du marché. Je descendis pour aller les aider à ranger. Puis, Mina annonça qu’elle allait préparer le repas. Je restais avec elle pour éplucher les légumes, pendant que les autres préféraient aller se prélasser au bord de la piscine. Face à mon amie, j’étais plutôt gênée. Mais, ce fut elle qui lança la conversation.  » Alors, tu y as goûté, non ? » Ne comprenant pas, je l’interrogeai du regard. « Coco ! Tu te l’es faite. Elle me l’a dit. »  Puis, voyant mes grands yeux écarquillés, elle éclata de rire. Je baissai la tête, rougissante. « J’adore ! On dirait une gamine qui a mis les doigts dans un pot de confiture ! Pas de problème pour moi, même si tu aurais pu demander la permission avant, coquine. »

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Je passai le reste de la journée dans ma chambre, prétextant vouloir me reposer. Et les jours qui suivirent, rassasiée, je me tins éloignée des tentations. J’aurais pourtant voulu que ces vacances durent plus longtemps, mais les parents rentraient sous peu et je devais libérer les lieux. Les filles firent leurs bagages. Nous nous promîmes de nous revoir bientôt. Mais, je savais qu’il n’en serait rien. C’était une simple parenthèse dans le tumulte de nos vies trépidantes. Un petit goût d’Eden au milieu de l’enfer du quotidien.

 

 

La comtesse

Ce texte fait suite à « Vouloir n’est pas pouvoir » publié sur ce même blog.

Après moult hésitations, j’avais appelé la Miss Blue. La fille était plus sympathique et ouverte que je ne l’aurais imaginé. Nous avions discuté pendant des heures de tout et de rien. J’appris à mieux la connaître. Comme je m’en doutais un peu, la fille travaillait dans le monde du spectacle et était fréquemment en tournée en France et parfois ailleurs.

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Nous avions notre rituel du SMS, parlions de nos – nombreuses – aventures respectives, partagions nos avis sur l’une ou l’autre des filles croisées ici ou là. Nous avions instauré une sorte de complicité coquine plutôt amusante. Je l’appréciais de plus en plus. Même pour son jeune âge, elle avait une certaine profondeur d’esprit même si elle n’avait pas fait beaucoup d’études. Elle avait appris de la vie et c’était ce qui comptait pour les choses vraiment importantes.

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J’avais toujours eu un intérêt particulier pour les personnes au parcours non linéaire et plutôt instables. Elles me rappelaient mon père qui avait passé plus de temps à vivre qu’à faire vivre sa famille. Vu de loin, cela semblait très Rock an Roll, mais vu de près, c’était juste Hard. Où était-il à l’heure actuelle ? Dans un bouge de Thaïlande où un salon de massages de Bangkok ? Peu m’importait. Il ne me manquait pas. Il ne m’avait jamais manquée. J’avais au contraire soufflé le jour où il avait quitté le foyer familial pour partir définitivement avec une call girl estonienne.  Ma mère n’avait pas pleuré non plus. Il était temps pour elle de commencer à profiter de l’existence.

Autrefois, j’avais approché ces gens du spectacle. Adolescente, je m’étais mise en tête de devenir comédienne. Sans doute étais-je assez douée. Je sortais bien vite avec un groupe d’amis et nous organisions des fêtes chez les uns et les autres. L’alcool et la drogue nous alimentaient ainsi que des flots de musique. Les couples se faisaient et se défaisaient. Nos joies et nos peines nourrissaient nos rôles. C’était pour moi une telle plénitude d’être sur scène. Une sensation inoubliable. Mais, il fallait bien vivre. J’abandonnai au bout de deux ans pour me consacrer à une carrière plus rémunératrice. La miss Blue me rappelait sans conteste cette vie de bohème que j’avais juste entrevue. Et à laquelle j’avais aussi tourné le dos depuis bien longtemps.

Un soir, Salomée m’invita à l’accompagner à une soirée. Trop heureuse d’enfin pouvoir l’approcher de plus près, j’acceptai sans réfléchir. La fête avait lieu chez l’une de ses amies, une comtesse d’origine anglaise qui recevait dans son hôtel particulier en centre ville. D’après la miss, la femme était plutôt « cool ». Je me doutais bien de quelle « coolitude » il s’agissait.

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Cependant, arrivée sur les lieux, après avoir passé le porche, je n’y constatai aucun véhicule garé. Après avoir pénétré à l’intérieur de la luxueuse demeure, je n’y croisai personne non plus. Il y avait juste là un majordome guindé qui m’accompagna vers un petit salon richement décoré d’objets anciens. Là, j’y retrouvai Salomée. Assise sur un petit canapé Louis XV, la miss Blue me donna enfin quelques explications : «  Je lui ai promis un threesome avec toi et moi. Je lui ai beaucoup parlé de toi et elle est vraiment très excitée de te rencontrer. » J’accusai le coup. Voilà ce qu’elle pensait de moi. Je n’étais pour elle qu’une compagne de débauche. J’étais comme piquée au vif, mais je n’en fis rien paraître, question de fierté. Et puis, si elle n’avait que ça à m’offrir pour l’instant, c’était déjà un début.

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Au bout de quelques minutes d’attente, plutôt inquiète pour moi, la comtesse fit enfin son apparition. Il s’agissait d’une femme d’une quarantaine d’années plutôt bien conservée pour son âge. Simplement vêtue d’un négligé transparent noir, nous pouvions admirer la beauté de son corps. Elle arborait une longue chevelure d’un roux flamboyant  et des yeux tristes. Un regard du genre de ces femmes que je croisais parfois. Du genre de celles que je fuyais toujours. Parce qu’elles me tiraient systématiquement vers les profondeurs des abîmes alors que je voulais juste voir le soleil. Comme si l’obscurité gagnait toujours face à la lumière.

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Alors, bien vite, après quelques verres de champagne et de conversations polies, la comtesse et ses belles fesses, ne furent plus que des jouets entre nos bouches et mains expertes. Appréciant sans doute la nouveauté, mes manières moins respectueuses et mes mots sales, la quadragénaire dédaigna un peu Salomée. Je notai l’ agacement de cette dernière, mais cela ne m’arrêta pas. La comtesse enchaîna ensuite les orgasmes.  Pour ma part, j’étais trop occupée à maîtriser les limites que je n’avais pas pour m’abandonner au plaisir. Je voyais bien que notre hôtesse voulait que j’aille plus loin dans sa soumission, mais je me retenais à cause du regard d’acier que miss Blue me lançait. Cette dernière ne put plus longtemps retenir sa jouissance. Je ne savais si c’était la situation ou les doigts et la langue de la comtesse qui l’avaient emmenée jusqu’au septième ciel.

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Au petit matin, l’ambiance avait viré au froid glacial. Salomée était en colère contre moi : «  Tu dois apprendre à respecter les femmes ! ». Pour elle, j’avais une attitude trop masculine, trop dominante. C’était sans doute ma nature profonde, celle que le genre de la comtesse réveillait en moi. Ces femmes le savaient bien. Je me sentais toujours mal après, mais l’obscurité était chaque fois triomphante. Je leur donnais l’ombre même si cela me détruisait à petit feu. J’étais comme une prêtresse du temple des plaisirs obscurs incapable de s’extraire de sa condition.

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Vexée, je rétorquai à Salomée que j’aurais préféré une rencontre plus intime pour notre premier rendez-vous. Mais, elle me jeta avec froideur qu’elle détestait l’intimité. Je ne compris pas de suite. Peut-être était-elle juste un peu jalouse que la comtesse se soit abandonnée un peu plus avec moi qu’avec elle ? Ou peut-être n’avait-elle pas suffisamment confiance en elle pour se retrouver seule avec quelqu’un ?  On n’était jamais pire juge qu’avec soi-même. Mais, je n’étais pas psy.

Elle m’assomma avec la suite : « De toute façon, tu n’es pas du tout mon type ! » Elle avait balancé cette phrase accompagnée d’une grimace de dégoût. J’étais totalement sonnée. Rien jusque là ne m’avait préparée à un tel coup de massue. Un tel coup de couteau à l’ego. A la lumière crue du jour, elle m’apparaissait maintenant bien ordinaire. Comment pouvait-elle se permettre de me trouver indigne d’elle ? Je préférai la quitter plutôt que de lui envoyer des injures à la figure. Mes larmes coulèrent tout le long du trajet qui menait jusque chez moi.

J’avais ouvert un pan de l’armure et la douleur s’y était engouffrée avec avidité. C’était pourtant la seule condition pour aller vers les autres. Il fallait que je me mette en danger avec le risque de souffrir à la clé. Je m’y attendais. Je savais que les relations humaines étaient compliquées. Puis, je repensai à celles et ceux, nombreux, que j’avais moi-même fait pleurer. Ce n’était après tout qu’un juste retour du destin. La vie et rien d’autre.

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Passé le temps – court – de la tristesse, je repartis bien vite, confiante envers l’avenir. Je n’étais pas de celles qui regardaient en arrière. Mais, de celles qui fixaient – toujours – l’horizon. C’était ce qui avait permis mon succès professionnel, même si ce n’était pas encore le cas pour le côté personnel. Néanmoins, je ne désespérais pas. J’avais l’exemple de ma mère. En dépit de tous les malheurs de sa vie, elle avait su trouver le bonheur au bout du chemin. Avec quelqu’un qui l’aimait et la respectait. Quelqu’un qui la rendait heureuse et lui donnait le goût de profiter de tous les plaisirs de l’existence.

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Alors, oui, sans doute que je croiserais d’autres miss Blue. Sans doute baisserais-je encore la garde pour qu’elles me touchent, me déstabilisent ou m’attirent vers l’obscur.  Mais, tout comme ma mère, j’avais une incroyable capacité de résilience. Et, je savais, par expérience, qu’il y avait des choses contre lesquelles je pouvais lutter et d’autres non. Mieux vallait se concentrer sur les premières pour aller de l’avant, sinon c’était le surplace assuré.

Alors, oui, j’avais perdu une bataille, mais j’étais loin d’avoir perdu la guerre. Je devais seulement lutter contre mon plus grand  défaut : l’impatience. Il me fallait juste garder les yeux et le coeur ouverts. Car la vie était belle, malgré tout.

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Quand vouloir n’est pas pouvoir

Ce texte fait suite à « Miss Blue » déjà publié sur ce blog.

Après avoir analysé sur Facebook la programmation du bar musical de la semaine passée, je décidai de m’y rendre un jour où je pensais que la miss Blue s’y trouverait. J’avais bien l’intention cette fois de ne pas la perdre des yeux. Arrivée là, j’observai la salle espérant l’y croiser de nouveau.

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Vue l’affluence pour l’évènement, le lieu s’était transformé en une sorte de guinguette avec des tables installées à l’extérieur sur une grande terrasse qui donnait sur un cours d’eau. Là, se mêlait une foule hétéroclite qui semblait composée d’habitués de longue date. Homos et hétéros s’y mélangeaient dans une bienveillante indifférence. Couples officiels et officieux s’y enlaçaient sans honte. Dans un autre espace du bar, discourant avec gaîté, des groupes d’amis, déjà bien imbibés, enchaînaient les verres ainsi que des tapas généreusement distribués aux clients par d’affriolantes serveuses. Le patron, un personnage haut en couleur, avait su créer une ambiance chaleureuse dans un lieu ouvert à tous les vents. Un havre de paix en terre intolérante. La France dansait ces jours derniers sur un volcan. Les ombres s’organisaient pour nous reprendre nos libertés chéries.

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Comme prévu, j’aperçus bien vite la miss Blue. Elle était venue accompagnée d’une petite cour joyeuse. En bonne habituée des lieux, elle embrassait à tour de bras un grand nombre de personnes et plaisantait avec certains. Croisant le patron, elle se pendit à son cou et éclata ensuite de rire. Rapidement, elle se fit servir un seau garni de champagne. Elle semblait avoir un petit côté flambeuse qui m’amusait. Je ne perdais pas une miette de ses faits et gestes.

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Une jolie petite serveuse passa près de moi et j’osai lui demander des renseignements sur la belle et ses amis.  Elle me confirma que la miss Blue était bien un des piliers du lieu, du genre à avoir un compte ouvert à son nom pour ses consommations. Les gens autour d’elle étaient des personnes de sa famille ou des amis de très longue date. Elle ajouta à mon oreille, comme une confidence, que la jeune femme était lesbienne et qu’elle se prénommait Salomée. Je souris et lui lançai un clin d’oeil de connivence. Mignonne tout plein cette serveuse. Un autre jour, j’en aurais bien fait ma cible de la soirée, mais là toute mon énergie et mon intelligence étaient concentrée sur une seule. Et elle était bleue.

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Alors que l’ambiance musicale avait été jusque là plutôt discrète, un groupe jazzy occupa bientôt l’estrade et il ne fallut que peu de temps avant que les planches situées devant elle ne soient occupées par des danseurs. Même si la miss Blue n’avait pas quitté sa table, quelques unes de ses amies s’agitaient déjà parmi la foule. Il y avait là une petite brune tatouée et piercée ainsi qu’une jolie fille aux longs cheveux châtain et au look plus sage. J’entamai alors les travaux d’approche, espérant retenir l’attention de ma cible, mais sans effet. La belle restait en grande conversation avec un homme et ne semblait pas prêter attention à ce qui se passait autour d’elle. J’approchai la fille aux cheveux longs et commençai à tournoyer autour d’elle. L’effet fut immédiat, Salomée se mêla à son tour aux danseurs et resta à proximité. Je lui jetai des coups d’oeil discrets pendant que je chaloupai avec son amie.

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Cependant, la miss Blue ne prêtait aucune attention à mon manège grossier. Dépitée, j’invitai alors sa jolie copine à boire un verre. Je commandai du champagne à mon tour et en offris à la jeune femme qui, entre temps, m’avait soufflé son prénom : Marion. Rapidement, elle m’indiqua qu’elle était venue avec sa soeur Salomée. A cet instant, je croisai le regard bleu acier de cette dernière qui s’était rapprochée de très près d’une petite blonde craquante. Bien vite, elle fourra sa langue dans la bouche de la blondinette peu farouche, puis d’éloigna avec elle dans l’obscurité. A cet instant, je ressentis un pincement au coeur ou, plutôt, comme un coup de couteau planté dans mon amour propre. Je n’écoutais plus la gentille et souriante Marion, mais seulement les reproches que je me faisais pour avoir été trop confiante et surtout trop stupide.

 

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Voyant mon indifférence polie, la jolie Marion retourna danser et me laissa seule face à mes pensées sombres. Je finis la bouteille comme pour m’étourdir et oublier cet instant pathétique. J’étais juste sonnée sur place. La miss Blue était une joueuse de haut vol. Bien loin du genre de filles que j’avais l’habitude de côtoyer. Le jeu n’en était que plus intéressant, mais plus dangereux aussi.

 

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J’étais à deux verres de renoncer à relever le défi, lorsque la mignonne petite serveuse repassa près de moi et me tendis un petit plateau rempli de tapas. Au milieu, je vis dépasser un papier que je tirai. Il y avait dessus griffonné à la hâte : Salomée ainsi qu’un numéro de mobile. Je n’en croyais pas mes yeux. Et d’un coup, je repris espoir. La belle jouait bien avec moi. Et, je n’étais pas femme à ne pas relever les challenges. Sans doute le savait elle trop bien. Même si je me doutais, par avance, que j’avais bien peu de chances de gagner cette fois. Et, d’ailleurs, le voulais-je vraiment ?

Miss Blue

Alors que je rentrais un peu tard d’une journée professionnelle compliquée, je m’arrêtai dans un bar musical dont on m’avait dit beaucoup de bien. Là, je pris place à une table et commandai un Mojito. Dans l’attente de mon verre, j’observai les lieux d’un rapide coup d’oeil à 180°. Il y avait là pas mal de groupes discutant avec animation ainsi que des petits couples d’amoureux plus discrets. Près du comptoir, mon regard s’arrêta net sur une drôle de fille aux cheveux bleus. Ce n’était pas un de ces bleus pisseux arboré par certaines, mais plutôt un très beau Lapis Lazuli.

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La fille n’était pas très grande, mais élancée. Elle portait très petit t-shirt près du corps et un pantalon taille basse plutôt large. Et elle avait les cheveux courts, et donc bleus. Je restai un instant fascinée par ce personnage sortant de l’ordinaire. Un moment, elle se retourna et croisa mon regard de braise. Comme gênée par les flammes qui jaillissaient de mes orbites, elle détourna le visage. Dépitée, je plongeai immédiatement mon nez dans le verre qui venait de m’être servi.

Mais, bientôt, un groupe de musiciens Gypsy vint s’installer sur l’estrade située au fond de l’établissement. Peu de temps plus tard, ils réchauffèrent largement l’ambiance avec leurs rythmes endiablés. Rapidement, quelques couples s’enlacèrent au milieu de la salle et d’autres commencèrent à s’agiter sur leur siège. La Miss Blue restait dans mon radar et je la vis s’avancer parmi les danseurs. Son corps souple ondulait et tournoyait en suivant la musique, la rendant encore plus attirante.

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Après un petit moment d’hésitation, je décidai de rejoindre à mon tour le parquet. En périphérie pour commencer, puis de plus en plus proche de ma cible bleutée. Je virevoltai pendant quelques minutes autour d’elle, puis, lorsque son sourire m’en donna la permission, je me collai carrément à elle. J’étais derrière elle, me frottant contre ses fesses fermes. Je sentais son parfum poudré mêlé à son odeur corporelle. Enivrée, je tendis une main qui se posa doucement sur son ventre nu. Elle sursauta et en eut des frissons que je constatai immédiatement avec satisfaction.

Puis, d’une pirouette, je me retrouvai bientôt face à elle. Je pouvais maintenant admirer sa belle poitrine dont les tétons pointaient vers moi. Cette image troublante me brûla d’un coup de la tête aux pieds. Mes mains s’agitaient langoureusement au rythme des ondulations de ses hanches. La danse se faisait de plus en plus sensuelle. Je n’en pouvais déjà plus et osai un baiser profond entre ses lèvres pulpeuses. Elle répondit totalement à cette invitation et nos langues valsèrent ensemble un long moment. Je m’abandonnai totalement au plaisir de cet instant magique. Peu après, je rouvris les yeux et elle était là, me souriant.

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Nous étions toutes deux plutôt en nage et je lui proposai un verre pour rafraîchir un peu nos ardeurs. Elle acquiesça et je l’accompagnai jusqu’à ma table. Là, je lui demandai sa boisson préférée et me dirigeai vers le bar pour commander. Le barman traîna un peu, mais je revins quelques minutes plus tard avec les breuvages. Cependant, la belle n’était plus là. J’attendis un petit moment pensant qu’elle était partie aux toilettes, mais elle n’en revint pas. Je me levai pour aller y regarder de plus prêt, pensant à un jeu. Mais, le lieu d’aisance était vide.

Je retournai donc dans la salle. Puis, je marchai peu après vers la sortie songeant qu’elle était peut-être sortie fumer une cigarette. Mais, elle n’y était pas non plus. Des hommes à la mine patibulaire me dévisagèrent. Je leur demandai timidement s’ils avaient vu passer une fille aux cheveux bleus. Ils me firent signe que non. Je n’en revenais pas : elle avait tout bonnement disparu. Un coup à la Cendrillon sans la chaussure. J’étais hyper déçue et, du coup, je décidai de partir.

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Sur le chemin du retour, les doutes m’assaillirent. Pourquoi était-elle partie alors que le courant était si bien passé entre nous ? De quoi avait-elle eu peur ? Et puis, étais-je vraiment à son goût ? J’avais bientôt mal à la tête de toutes ses questions sans réponses.

Rentrée chez moi, je m’allongeai sur mon lit et, fermant les yeux, je revis le corps ondulant de la Miss Blue. Avais-je rêvé ? Etait-elle bien réelle ? Ou tout droit sortie de mon imagination débordante d’écrivaine en herbe ? Avant de sombrer dans les bras de Morphée, pour calmer mes angoisses, je décidai que je retournerai un de ces soirs dans le bar en question histoire de voir si la belle y danserait encore.

 

 

 

Sublime rencontre

( NDLR : Ce texte fait suite à La mystique en plastic déjà publié sur ce blog )

J’étais restée en contact avec la blonde mystique. Je l’avais appelée quelques jours plus tard, histoire de ne pas avoir l’air trop empressée. Après un premier appel très sympa, nous avions pris l’habitude de nous téléphoner le soir. Elle me racontait sa vie (beaucoup) et je lui narrais la mienne (très peu).

J’appris ainsi que la belle vivait toujours chez ses parents. En fait, elle y était de retour après une déception sentimentale. Elle avait vite compris que ce sujet ne m’intéressait pas, ni les aléas de la campagne de son candidat favori et encore moins ses expériences mystiques. Mais, sur ce denier point, en bonne prosélyte, elle essayait de m’en parler quand même un peu. Elle commençait toujours par « Nous, les chrétiens… ». J’avais connu des chrétiens autrefois. Ma meilleure amie de lycée en faisait partie. Mais, elle me disait plutôt : « Nous, les croyants… ». C’était comme si les adeptes de Jésus s’étaient repliés sur eux mêmes.  De plus en plus radicalisés, communautarisés, comme en voie de sectarisation. Cela aurait pu être inquiétant, si elle ne me faisait pas part avec enthousiasme des témoignages de vie «  très forts » qu’elle entendait dans ses réunions avec coreligionnaires. Je songeais, en l’écoutant, à ces groupes de parole qu’on voyait toujours dans les séries américaines.

Moi, la seule prière que j’attendais d’elle, c’était celle qu’elle me ferait pour que je la rejoigne un soir. Et ce moment miraculeux arriva. Ses parents étaient partis dans leur maison de campagne quelques jours et elle avait leur demeure à disposition. Elle m’invita donc à dîner un soir. Elle vivait dans un très bel appartement bourgeois décoré avec soin.

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Ce jour là, elle avait abandonné ses sages habits bleu marine, pour une petite robe noire très chic. Mon imagination n’avait pas tardé à travailler en pensant à ce qu’elle pouvait porter dessous. J’avais clairement envie de la posséder, qu’elle s’abandonne sous mes caresses avides. Je touchais à peine à la nourriture tellement j’étais absorbée par les rondeurs sous sa robe. Mes yeux brillaient, mes joues étaient en feu, et ce n’était pas seulement à cause du vin que j’avais bu. J’admirais sa démarche à chaque fois qu’elle allait et venait en provenance de la cuisine.

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Près de la fin du repas, je tentai de lui prendre la main et elle ne la retira pas. Et donc, à cet instant, je l’attirai vers moi. Elle vint se placer en souriant sur mes genoux. Elle sentait bon le Dior J’adore. Je glissai un baiser dans son cou blanc et chaud. Je sentis ses frissons. Sa tête tomba à la renverse et je la retins de chuter. Lorsqu’elle se releva, elle remonta sa robe haut sur ses cuisses et revint s’assoir sur moi à califourchon. Puis, elle posa ses longs bras fins autour de mon cou. Les yeux mis clos, elle déposa le plus doux des baisers sur mes lèvres. J’enchaînai avec un french kiss beaucoup plus audacieux auquel elle répondit sans peine. Sa bouche avait le goût de la menthe poivrée. Je me sentais comme enivrée.

Nous passâmes ensuite au salon pour être plus à l’aise sur l’un des canapés design. Entre deux baisers profonds, j’attaquai les caresses. Après son visage, son cou, ses bras, le haut de son dos et son décolleté, j’avais égaré l’une de mes mains sous sa robe. Elle portait des bas qui tenaient tout seuls. Je me concentrai sur le petit morceau de peau entre sa culotte et le haut de ses bas.  Je sentais bien que ça lui faisait de l’effet, mais je ne voulais pas aller trop vite. Je souhaitais la déguster comme un plat savoureux. Lentement.

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Cependant, alors que je l’avais à moitié déshabillée avec mes caresses habiles, elle me proposa que nous prenions un bain dans son immense baignoire. J’acceptai avec entrain, l’aidant à retirer sa robe. Nous étions maintenant nues toutes les deux. Elle était magnifique. Et la chaleur avait maintenant gagné tout mon corps. Nous entrâmes ensemble dans le bain aux senteurs subtiles. Elle s’allongea de dos entre mes cuisses et posa sa tête sur mon épaule.

Je m’appliquai à cet instant à titiller ses seins menus, mais bien ronds et très sensibles. J’entendais ses soupirs de plaisir. Cela m’encourageait à lui pincer les tétons par intermittence, tout en lui léchant le cou. Je glissai par moment mes mains le long de son torse, histoire d’éviter tout sur-régime. Ni tenant plus tout de même, elle se leva et se pencha en m’offrant son admirable intimité. Souriant, je m’exécutai de bonne grâce; j’attendais ça depuis si longtemps.

Alors qu’elle me tendait son joli fessier, elle posa une jambe sur le rebord de la baignoire, me donnant un accès direct vers son paradis. J’engloutis, ni une, ni deux, ma langue en elle. Elle dégoulinait. Je la dévorai amplement et totalement. Elle poussait maintenant de petits cris de plaisir qui m’excitaient encore plus. Sentant qu’elle allait bientôt partir dans les limbes, elle se releva d’un coup et m’invita à sortir du bain. Après nous être séchées sommairement, elle m’entraina vers l’immense chambre attenante où elle me poussa sur le lit immaculé.

Là, après s’être mise à genoux au bord du lit, elle m’attira vers elle et écarta mes cuisses. Puis, elle commença à me sucer le clitoris comme si c’était une sucrerie. La donzelle, qui n’était pas pucelle, était même plutôt douée dans cet exercice. Elle voulait me satisfaire en premier. Je lui proposai à la place que nous nous abandonnions ensemble avec la position des ciseaux. Elle monta alors sur moi et me chevaucha. Nos vulves se caressaient avec frénésie faisant monter peu à peu le feu dans chacune de nous. Je remarquai les ondulations de son corps.  C’était un spectacle sublime et terriblement sensuel. Nous jouîmes presque ensemble après quelques minutes d’un échange voluptueux. C’était brutal et intense.

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A l’issue des derniers soubresauts de son plaisir, qui me sembla avoir duré une éternité, elle s’effondra à côté de moi sur le lit. De mon côté, je me sentais vidée, comme rarement après avoir fait l’amour. Lorsqu’elle reprit son souffle, elle vint se blottir dans mes bras. Elle avait l’air si fragile, si en demande d’amour. Je me prêtai de bonne grâce à son besoin de câlins. Nous restâmes ainsi enlacées, pendant près d’une heure, avant de sombrer toutes deux dans les bras de Morphée.

Au matin, le soleil était déjà haut lorsque j’ouvris les paupières. J’avais dormi plus que jamais. Mais, j’étais seule dans le lit. Je trouvai sur l’oreiller d’à côté un petit papier où, d’une belle écriture, elle avait inscrit  : «  Je n’ai pas osé te réveiller, tu dormais si bien. Ne bouge pas, je reviens avec les croissants. Bisous. »

Même si cette nuit avait été parfaite, je sautai dans mes vêtements en un rien de temps et quittai l’appartement sans demander mon reste.  Le côté petit couple d’amoureux me faisait fuir. Je ne pouvais lui donner ce qu’elle attendait. J’évitai de la croiser et courus jusqu’à mon véhicule qui stationnait non loin de là.

Au volant, je regrettai déjà ma lâcheté, mais je préférais les amours éphémères. Rien n’avait plus de saveur que le temps de la conquête. Passé l’acte, la suite de l’histoire ne m’intéressait plus. C’était ma vie et c’était ma malédiction. Comme si un sort funeste m’avait été jeté. La princesse charmante était bien là sous l’épaisse carapace, mais, nul à ce jour, n’avait pu percer cette dernière. Pour combien de temps encore ?

 

 

La mystique en plastic

L’autre matin, alors que j’allais prendre le métro, je tombai sur une fille qui tractait pour l’escroc de la Sarthe en haut des escaliers. Entre deux refus (au mieux) ou de quolibets (au pire) de la part des passants, elle grelottait sous la pluie froide dans son ciré bleu marine.

Je ne sais pourquoi, j’ai entamé une conversation avec elle. J’essayai de connaître ses motivations. Elle me récitait par coeur sa leçon et les éléments de langages de son parti. J’eus néanmoins pitié d’elle et lui proposai d’aller boire un café. Curieusement, elle accepta. En chemin, j’appris que son binôme était tombé brusquement malade et qu’elle s’était retrouvée là, seule, à militer dans la grisaille. Je la félicitai pour son courage tout en compatissant avec son collègue. Moi aussi cela m’aurait rendue malade de devoir faire la campagne d’un tel boulet.

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Tout en touillant son café, elle commença à délirer sur la théorie du complot contre son courageux héros. Un flot ininterrompu de balivernes et sornettes en tout genre. Je n’écoutais déjà plus.  J’étais juste fascinée par ses longs cheveux blonds méchés – que j’imaginais bien doux – et par sa bouche appétissante. D’autres l’auraient jugée illuminée, moi je la trouvais simplement lumineuse. Ses dents blanches éclatantes luisaient sous la lumière artificielle. La républicaine fleurait bon la fille de sainte famille élevée aux valeurs de la morale et du capital.

Je la provoquai (un peu) avec mes questions perfides. Non, elle m’assura qu’elle n’appartenait pas à Sens Commun, ni à la Manif pour tous. Elle avait juste du bon sens et peut-être aussi de bonnes raisons. A son regard brillant, je me doutais qu’elle avait des préférences que ne goûtaient pas forcément ses amis radicalisés.  Elle me conta ses déconvenues à l’église, où le prêtre de sa paroisse ne faisait pas dans la dentelle avec les homosexuels. Elle lui confiait tout de même ses mauvaises pensées, histoire d’être absoute de ses péchés véniels.  Elle enchaîna avec ses retraites spirituelles et ses réunions si riches avec ses amis du Renouveau charismatique. La religion (re)devenue secte.

Impossible pour moi de la comprendre, même si j’eus moi aussi ma période mystique. Quand j’avais sept ans, le mystère et les dorures de l’Eglise m’avaient envoutés. C’était un beau conte de fées qui m’avait passionnée un temps. Juste le temps de comprendre qu’il en était un.

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Pendant qu’elle me narrait, par le menu, les rites et les choses du culte, j’admirais maintenant ses seins qui pointaient sous son pull marine. J’aurais voulu la téter comme un enfant sacré. Et glisser, plus en dessous, entre ses cuisses, pour communier à son calice. Je l’imaginais ensuite à genoux, en prière appliquée contre mon livre saint. Elle se rendit compte que j’avais zappé son discours et s’excusa d’être si bavarde.

L’heure était déjà bien avancée et je devais la quitter pour aller travailler. Elle me remercia avec chaleur pour mon invitation et me tendit une serviette en papier où était indiqué son numéro. Elle voulait continuer cette intéressante conversation. Moi, je voulais en voir plus d’elle. J’acceptai en souriant, lui promettant de la rappeler rapidement. Les filles de droite sont-elles adroites ? La belle ne me semblait pas vraiment pucelle et, surtout, j’avais bien trop envie d’elle…

 

Doutes

Il devait s’écouler encore plus de deux semaines avant la fameuse rencontre. Durant cette période, nous échangions des dizaines de mails et de SMS tous les jours. Nous nous découvrions peu à peu avec cette lenteur qui m’agaçait.

Tout y passait, nos vies, nos familles, nos histoires d’amours, nos échecs, nos amantes… Elle devait aimer cette étape de flirt. Cette période où tous les espoirs sont permis.

De mon côté, c’était surtout le temps des doutes. Chaque remarque ou absence de remarque était interprétée comme une critique et générait de l’angoisse en moi.

Pour provoquer une réaction de sa part, je lui avais envoyé une photo de moi le matin au réveil. Je n’avais plus rien à voir avec les photos prises quelques années plus tôt. Le temps, ce chien, avait fait son oeuvre. Et, cette enflure ne m’avait pas ratée. Mais, les nuits trop courtes et l’absence d’amour l’avaient bien aidé. Je sentis, à cet instant, un doute dans sa prose. Elle voulait toujours clairement me voir, mais elle commençait à me prévenir qu’il n’y aurait peut-être pas de déclic.

Après avoir lu ses mots, je ressentis de la colère. Elle me rejouait un film que j’avais déjà vu. J’avais une belle âme, une beauté intérieure qui irradiait, mais elles étaient prisonnières d’un corps qui n’était clairement pas à la hauteur.  J’aurais voulu disparaître téléchargée sur le net pour l’éternité.

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Vexée, je pris un peu de distance. Mais, elle était accro à ma présence. Comme d’autres avant elle. Mes mots mettaient un peu de soleil dans une période sombre de leur vie. Et, je me demandais si ce n’était pas ma mission sur le net : donner un peu de bonheur aux gens derrière leur écran.  Si ce n’était que ça, ce serait déjà une belle justification de tout ce temps passé sur le réseau. Sainte Julia des pauvres internautes.

J’avais l’impression qu’elle faisait souffler le chaud et le froid. Comme une sorte de teasing. Parfois, elle m’appelait le soir. Je l’écoutais beaucoup, elle m’écoutait un peu. Si elle me lançait sur mon roman, j’étais intarissable et sans doute chiante. Elle faisait mine d’être fatiguée et m’abandonnait. Et, je restai là, seule, dans le silence et l’obscurité de mon bureau, avec l’estomac qui se serrait d’angoisse. Ne l’avais-je pas saoulée avec mes histoires de romans ? Elle avait dû me trouver complètement allumée. Et cette inquiétude persistait jusqu’au matin où j’avais l’espoir, mais sans trop y croire, de recevoir un autre de ses emails.

PS : si vous voulez connaître la suite, venez lire mon roman « Les âmes étreintes » sur Scribay  —> https://www.scribay.com/read/text/1445436477/les-ames-etreintes

La fille de la bibliothèque

L’autre jour, j’ai revu cette drôle de fille à la bibliothèque. Lorsque j’ai levé mon nez de mes bouquins, elle était là, me fixant avec insistance. A cet instant, surprise, elle en a perdu le stylo qu’elle mâchouillait. Ce dernier a roulé sur sa table puis, est tombé sur le sol. Elle s’est précipitée pour le ramasser mais, s’est cognée la tête en se relevant. Le bruit généré a fait se retourner sur elle une demi-douzaine de regards agacés. Paniquée, elle a remballé illico toutes ses affaires et a quitté la salle avec précipitation.

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En la voyant s’enfuir, j’ai juste souri en coin.

Je sais ce que j’aurais dû.

Mais, avec les filles gauches, je n’ai droit qu’à des ennuis.

Alors, je les fuis.

Je fuis la faiblesse que j’ai pour elles.