Mes réalisateurs préférés de séries Boys’ Love thaï

Dans le monde du BL thaï, les réalisateurs sont quasi aussi connus que les acteurs et beaucoup d’entre eux n’hésitent pas à échanger avec le fandom sur les réseaux sociaux lors de la diffusion de leur série. Ils se mettent aussi en scène via les behind the scenes, voire réalisent de véritables documentaires sur le tournage de leur série. Ils sont des piliers de cette industrie si particulière. Vous trouverez ci-dessous mes préférés, ceux dont j’attends toujours les prochains projets et pourquoi.

Aof avec JimmySea sur le plateau de Last Twilight

Aof Noppharnach Chaiwimol né le 27 octobre 1980, Aof est un célèbre réalisateur, scénariste et producteur thaïlandais travaillant pour GMMTV. Ce réalisateur ouvertement gay est connu pour ses séries BL emblématiques comme A Tale of Thousand Stars (2021), Bad Buddy (2021), Moonlight Chicken (2023) ou Last Twilight (2023) qui explorent les émotions et les relations avec finesse. Il a débuté chez GMMTV en 2017 comme scénariste (My Dear Loser) avant de devenir un metteur en scène reconnu. Aof excelle à diriger des acteurs novices, comme Mix dans A Tale of Thousand Stars ou Fourth dans Moonlight Chicken révélant leur potentiel. Ses œuvres, souvent dramatiques, captivent par leur profondeur et leur authenticité.

Ce que j’aime chez lui :

Aof est un maître reconnu de la série BL et j’apprécie toujours ses oeuvres qui sont très souvent hyper qualitatives. Outre le fait que c’est un très bon directeur d’acteurs dont il arrive à tirer le meilleur, il est aussi remarquable sur le plan de la cinématographie. Je garde toujours un très bon souvenir de son travail sur Moonlight Chicken et la façon sensible dont il a filmé ses acteurs et la ville de Pattaya post COVID.

Jojo dirigeant JoongDunk sur le plateau de The Heart Killers.

Jojo Tichakorn Phukhaotong, né le 26 décembre 1984 à Surat Thani, est un réalisateur et scénariste thaïlandais connu pour ses séries novatrices. Diplômé en anglais de l’université Silpakorn, il débute en 2016 avec Gay OK Bangkok, une série qu’il écrit et réalise, inspirée de sa vie en tant que gay assumé. Ses œuvres, comme Only Friends (2023) ou The Heart Killers (2024), explorent les relations complexes et les identités queer avec audace. Jojo rejette les stéréotypes des personnages gays dans les médias thaïlandais, visant une représentation authentique. Il n’a aucune formation formelle en cinéma, mais son style brut et personnel séduit. Aujourd’hui, il est une figure clé du renouveau des séries thaïlandaises.

Ce que j’aime chez lui :

J’apprécie l’audace de Jojo qui n’hésite pas à secouer la sage GMMTV. Il nous offre souvent des oeuvres très réalistes et qui traitent de sujets graves sans se prendre au sérieux comme par exemple dans The Warp effect. J’aime aussi le soin qu’il apporte à ses bandes son et aux décors colorés de ses oeuvres. Passionné de cinéma, il n’hésite pas à faire des références cinématographiques que j’adore retrouver dans ses séries.

Nuchy et les membres du gang de la série Not Me

Anucha Boonyawatana, surnommée Nuchy, est une réalisatrice thaïlandaise indépendante née le 4 décembre 1981 à Nakhon Phanom. Transgenre, elle est une figure majeure du cinéma queer asiatique. Cofondatrice de G Motif, elle préside depuis 2020 l’Association des réalisateurs thaïlandais. Ses films, comme Down the River (2004), récompensé du Young Thai Artist Award, explorent genre et sexualité. The Blue Hour (2015), son premier long-métrage, a été présenté à la Berlinale. Malila: The Farewell Flower (2017) a remporté le prix Kim Jiseok à Busan et fut candidat thaïlandais aux Oscars. Elle réalise aussi des séries, comme Not Me (2021), abordant justice sociale et identité. Son style poétique et philosophique est unique.

Ce que j’aime chez elle :

C’est vrai que Not me fait partie de mes séries BL préférées et qu’il le doit beaucoup à la qualité de réalisatrice de Nuchy. J’aime la façon dont elle sublime l’art et les artistes, mais aussi son côté activiste engagée pour les droits des LGBT et plus largement pour la justice sociale. La scène du gigantesque drapeau arc en ciel avec OffGun reste emblématique de la lutte des LGBT en thaïlande.

Pepsi avec l’acteur Poom Phuripan sur le plateau de My stand-in.

Pepsi, de son vrai nom Banchorn Vorasataree, est une réalisatrice et productrice thaïlandaise reconnue dans l’industrie télévisuelle. Surnommée « Pepsi », elle a travaillé notamment avec Be On Cloud et est spécialisée dans les séries dramatiques et romantiques. Elle a co-réalisé la populaire série KinnPorsche (2022), un succès international mêlant action et romance queer. Parmi ses autres travaux notables, on trouve My Stand-In (2024), une série dramatique acclamée. En plus de son rôle de réalisatrice, elle est chargée de cours à l’Université de Bangkok, partageant son expertise avec les étudiants. Son style se distingue par une narration visuelle forte et des thématiques audacieuses. Pepsi contribue ainsi à l’essor des séries thaïlandaises modernes.

Ce que j’aime chez elle :

Pepsi est virtuose dans la cinématographie. J’ai beaucoup aimé comment elle a utilisé les miroirs et les reflets dans My Stand-In, sans compter sa direction d’acteurs particulièrement efficace. Elle est aussi très à l’aise avec le coté dynamique des scènes d’action.

Boss Kuno entre ses acteurs d’ITSAY PPKrit et Billkin devenus des stars internationales

Naruebet Kuno, surnommé Boss, est un réalisateur et scénariste thaïlandais né le 19 mars 1991 à Hat Yai. Diplômé en communication de l’université Chulalongkorn, il s’est fait connaître avec une vidéo virale en 2013 avant d’intégrer GDH 559 et Nadao Bangkok. Il a co-écrit et co-réalisé Hormones 3 (2015), puis dirigé Project S: Side by Side (2017), une série émouvante sur un adolescent autiste. Ses œuvres majeures incluent My Ambulance (2019) et I Told Sunset About You (2020), saluées pour leur profondeur émotionnelle. En 2024, son film The Paradise of Thorns lui a permis d’effectuer une entrée remarquée au cinéma. Boss est reconnu pour ses récits sensibles, souvent centrés sur des personnages complexes et des thèmes sociaux.

Ce que j’aime chez lui :

Boss est sans doute mon réalisateur thaï préféré, non seulement pour ses réalisations virtuoses pour ITSAY ou GELBOYS, mais aussi pour l’acuité avec laquelle il filme les adolescents. Il est sans doute de tous les réalisateurs thaï, celui qui arrive le mieux à les comprendre et à retranscrire avec émotion leur vie et leurs tourments amoureux. Je le vois comme une sorte d’héritier spirituel de Greg Araki et de Gus Van Sant dont il a sans doute digéré les oeuvres, le tout mêlé à sa propre culture thaï plus joyeuse et colorée.

Mui et ses acteurs de ThamePo qui fêtent la fin du tournage de la série

Aticha Tanthanawigrai, surnommée Mui, est une scénariste et réalisatrice thaïlandaise née à Bangkok. Diplômée en arts du spectacle de l’université Chulalongkorn, elle débute en 2014 comme scénariste avec le film Until Now. Elle co-écrit Girl from Nowhere (2018-2021), une série sombre à succès, avant de réaliser The Shipper (2020), sa première série, explorant genre et identité. En 2021, elle co-réalise F4 Thailand: Boys Over Flowers, adaptation locale d’un classique japonais. Son dernier projet notable est Thame – Po Heart That Skips a Beat (2024). Mui excelle dans les récits audacieux et les thématiques sociales, marquant la télévision thaïlandaise contemporaine.

Ce que j’aime chez elle :

J’ai beaucoup aimé le soin qu’elle a apporté à la réalisation de Thame-Po. Sans éluder les méfaits de l’industrie musicale avec le business des idols, elle a réussi à nous offrir une très belle histoire d’amour, sublimement filmée tout en flou onirique et couleurs pastel. Avec elle, même les moments tragiques finissent toujours avec un petit moment de consolation ou d’encouragement à continuer.

Golf avec ses tresses et ses acteurs de Wandee Goodday sur le plateau du fameux Café for all

Tanwarin Sukkhapisit, surnommée Golf, est une personnalité thaïlandaise née le 23 octobre 1973 à Nakhon Ratchasima. Non binaire, elle s’est d’abord fait connaître comme actrice et réalisatrice, avec des films engagés sur les thématiques LGBT, comme Insects in the Backyard (2010), censuré en Thaïlande, et It Gets Better (2012), primé. Lassée des rôles stéréotypés de femmes trans, elle est passée derrière la caméra pour promouvoir la diversité des genres. En 2019, elle est devenue la première députée ouvertement transgenre de Thaïlande, élue avec le Parti du nouvel avenir. Elle milite pour l’égalité des sexes et le mariage homosexuel. Son parti fut dissous en 2020 et elle perdit son siège. Golf reste une figure influente du cinéma et de la politique progressiste thaïlandaise.

Ce que j’aime chez elle :

Fervente défenseur des droits des LGBT, on retrouve sa touche activiste surtout dans The Eclipse (avec l’école métaphore de la société qui les oppresse) et dans une moindre mesure dans Wandee Goodday. J’aime aussi ses décors et éclairages colorés qui rappellent toujours l’esthétique queer.

Tee dirigeant ses acteurs sur le plateau de I feel you linger in the air

Tee Bundit Sintanaparadee, souvent appelé Tee ou P’Tee, est un réalisateur et scénariste thaïlandais reconnu comme un pionnier des séries Boys’ Love (BL). Né à Bangkok, diplômé en Arts de la communication (spécialisation cinéma et télévision) de l’université de Burapha, il s’est fait connaître dans l’industrie du BL avec TharnType (2019), une série audacieuse adaptée d’un roman de Mame, qui a autant captivé que déchaîné les passions. Avec Lovely Writer (2021) il a exploré les coulisses du BL avec humour et profondeur. Son style direct et émotionnel a contribué à populariser le genre à l’international, notamment avec une oeuvre majeure comme I feel you linger in the air (2023) ou plus récemment avec le BL populaire Jack&Joker (2024). Aujourd’hui, il reste une figure influente du BL thaï, notamment via sa société de production Dee Hup House.

Ce que j’aime chez lui :

Même s’il est un peu moins médiatique que certains de ses confrères, ce gros bosseur n’en reste pas moins un réalisateur prolifique et tous terrains du BL thaï. J’ai beaucoup apprécié son travail sur I feel you linger in the air. Il est capable d’y mêler une esthétique raffinée, des émotions brutes et une narration qui enrichit les tropes classiques du BL, créant une histoire qui résonne autant par sa beauté que par sa complexité.

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