Till Twitterland ends

Peu de temps après le rachat de mon village par un gros magnat de la tech, aujourd’hui on nous annonce qu’il peut être balayé d’un clic. Même si je ne crois pas qu’un investisseur dépense autant d’argent juste pour le plaisir de le raser, il me semble important de défendre un peu ce lieu, même si l’univers d’Internet est suffisamment vaste pour toujours y trouver refuge ailleurs.

Alors oui cela fait déjà plus de treize longue années que je suis citoyenne de Twitterland. Certes, j’ai eu des résidences secondaires dans d’autres villes (=d’autres réseaux sociaux), mais je n’y suis jamais restée longtemps, sauf pour aller y faire quelques courses.

Ce n’est pas que je craigne de déménager. J’ai déjà détruit ma résidence principale le jour de ses dix ans. En effet, je m’y ennuyais grave. Mon quartier, autrefois si animé, était devenu triste à mourir. Les habitants, si respectueux par le passé, passaient maintenant leur temps à s’invectiver. Alors, j’ai migré dans un autre coin plus calme (non ce n’est pas une sénioriale). Mais, même si j’ai commencé par une petite cabane au fond du jardin, bientôt je me suis retrouvée avec un château. Le pire c’est que je ne cherchais même pas à m’agrandir, mais le fait est que chaque personne qui passait par là y a rajouté une pierre. Si bien que seulement quelques années plus tard, je n’arrivais déjà plus à me retrouver dans un si grand espace. Mon cabanon est aujourd’hui devenu une tour gigantesque de laquelle j’ai perdu de vue le monde. Et qu’est-ce qu’être présent sur un réseau social sans socialisation ? Ce n’est plus vivre dans un village, mais juste observer les gens depuis un penthouse. Cela n’a plus beaucoup de sens, même si ça fait du bien à l’égo d’être proprio d’une si imposante demeure.

Du coup, j’ai pris en plus un petit studio dans un quartier asiatique plus jeune, plus féminin et – surtout – plus amusant. C’est vrai que j’ai parfois arboré le rainbow flag pour de mauvaises raisons, mais là je l’ai planté à ma fenêtre avec fierté. C’est bien la même personne qui avait défilé pour le mariage pour tous qui vit maintenant dans une sorte de Christopher street soft où toutes les histoires d’amour auraient un happy end. Tu me demandes si je n’ai pas filé direct dans Le meilleur des monde d’Aldous Huxley. Non, je sais très bien que nous vivons dans 1984, mais j’aime l’illusion d’un semblant de liberté et de diversité.

En fait, je ne cherche même pas à savoir si les voisins sont gays, lesbiennes, fujoshi, fétichistes ou de simples het/cis qui aiment seulement l’ambiance du quartier. Le fait est que peut-être pour la première fois de ma vie, je réside dans une communauté. Non que je sois devenue communautariste pour m’exclure du monde, mais plutôt membre d’une partie de la société qui cherche à être reconnue, voire à croître. Dans ce cadre, je n’hésite pas à faire du pro-élitisme pour cette communauté dès que j’en ai l’opportunité.

Le quartier est aussi très cosmopolite. Je parle français avec mes voisines, mais souvent je fais l’effort de m’exprimer en anglais pour communiquer avec plus de monde. Les xénophobes n’ont pas leur place ici, car tous les magasins qui nous nourrissent sont tenus par les thaïlandais, japonais, taïwanais, coréens ou des philippins. Les habitants viennent du monde entier. D’Asie bien entendu, mais aussi d’Europe, d’Amérique du nord ou du Sud. Certains jours, lors des grands évènements, ça ressemble à une tour de Babel qui hurle dans toutes les langues.

Il n’est pas rare par ailleurs de croiser des célébrités asiatiques parmi la foule. Ils sont nombreux à venir y faire leur pub pour leur dernier spectacle. Même si j’ai eu des interactions avec quelqu’uns, j’ai plus fréquemment tapé la discute avec les réalisateurs, producteurs et autres coaches qui n’hésitent pas à échanger avec le public. Ainsi, alors que j’étais quasi muette depuis plusieurs années, ici je n’hésite pas à donner mon avis via des reviews placardées devant ma porte. Je commence donc à connaître certains habitants et c’est fun. Tout le monde a le sourire lorsque je les croise dans l’escalier ou dans la rue. Notre mot d’ordre est la bonne humeur. Nul n’est là pour se prendre la tête.

Si demain doit être le dernier à Twitterland, je n’aurai aucun regret de quitter ma tour, mais j’en aurai de quitter mon petit studio rose fluo. Heureusement, je sais que, tels des nomades, ma communauté migrera sous des cieux virtuels plus cléments et je saurai toujours reconnaître les signes qui me mèneront sur leur chemin.

The Eclipse – Mon avis

Parmi les séries BL les plus attendues de 2022, il y avait The Eclipse, produite par la firme thaïlandaise GMMTV. On y retrouve en vedettes First Kanaphan et Khaotung Thanawat ainsi qu’en couple secondaire Neo et Louis, deux jeunes acteurs plus habitués aux rôles comiques.

Le BL fait partie d’une catégorie que je considère comme militant, au même titre qu’un Not Me par exemple. Ce genre particulier semble être une contribution de la production à l’avancée de la cause LGBT+ en Thaïlande, mais peut-être encore bien plus : à la cause pro-démocratie de la société thaï. Comme une sorte de soutien soft aux différentes revendications qui font l’objet régulièrement de manifestations dans le pays. La personnalité de Golf Tanwarin Sukkhapisit la réalisatrice et politicienne très engagée le confirme. Le sérieux du sujet est aussi illustré par l’absence de publicité embarquée. Comme si GMMTV n’attendait pas particulièrement un gros audimat pour ce BL.

Alors revenons un peu sur le sujet. Au début rien de vraiment nouveau : des scolaires dans une école privée masculine d’élite. Parmi les élèves aux uniformes impeccables se distinguent les préfets une sorte de milice interne qui fait respecter les règles strictes de l’établissement. Parmi ces derniers Akk (First), élève boursier sage et obéissant, dirige cette milice. Tout irait bien dans le meilleurs des mondes autoritaires si des grains de sable ne venaient gripper cette machine à formater les jeunes esprits. Un petit groupe de garçons proteste contre le port de l’uniforme et un mystérieux nouvel élève Ayan (Khaotung) fait de la provocation contre le système de l’école. Bientôt, toute cette institution immuable va être secouée, obligeant élèves et professeurs à se remettre en question et à évoluer.

On se doutait que First brillerait dans le rôle de Akk. On l’attendait en brave petit soldat torturé par ses sentiments et la remise en question de toutes ses croyances. Cependant, même s’il a effectivement fait le job, comme l’acteur talentueux qu’il est, les étincelles sont plutôt venues de Khaotung, souvent très émouvant dans le rôle difficile d’Ayan. Leur couple tient la route et leur alchimie fait mouche à bien des moments. Côté couple secondaire, l’interprétation de Neo m’a bluffée, moi qui le déteste fréquemment dans ses rôles comiques. J’avais d’ailleurs zappé son perso dans Fish upon the sky tellement ses grimaces me portaient sur les nerfs. Mais là, dans un registre plus dramatique, je l’ai beaucoup aimé. Un registre qui va aussi très bien à son complice Louis qui fait aussi une jolie performance dans ce BL.

Sur le plan de la mise en scène, peu de fioritures, même si on peut compter quelques jolies scènes notamment en bord de mer. La réalisatrice a surtout privilégié l’émotion et les gros plans sur ses acteurs. Par ailleurs, elle n’a pas éludé le propos militant comme on pouvait l’imaginer. A noter la scène dans un café pour tous, le fait que les protestataires étaient des LGBT+ ainsi que les nombreuses références à 1984 de George Orwell, livre lu par Ayan. L’oppression exercée par l’école fait écho à celle du gouvernement qui discrimine les minorités, mais aussi opprime l’ensemble de la société qui est privé de démocratie. Les changements viendront par une prise de conscience des citoyens. Tout comme les élèves de Suppalo, ces derniers doivent bousculer le confort des règles établies et permettre une évolution pour le bien de tous.

Même si je m’attendais à un BL plus sombre et peut-être un peu plus engagé, le résultat est tout de même satisfaisant. Et j’apprécie particulièrement les séries avec du fond, en plus d’une jolie histoire d’amour. Fan de First, je vais patienter (peu de temps) pour le voir dans son prochain rôle, même s’il restera toujours pour moi l’inoubliable Yok de Not Me.

Regarder du Boys’ Love ? A mon âge ?

Il est de notoriété publique que les spectateurs des séries BL sont relativement jeunes. Même si l’audience est certainement plus diversifiée en Asie, j’ai parfois l’impression de détoner sérieusement dans cette communauté. Cependant, je ne me pose pas la même question lorsque je regarde des séries occidentales comme Young Royals ou Heartstopper. Alors, si je m’interroge, je me doute que c’est encore plus le cas de ceux qui hésitent à se lancer.

Le principal argument pour renoncer tient essentiellement au fait que beaucoup de BL se déroulent au lycée ou à la fac avec des acteurs à peine sortis du berceau (j’exagère car certains ont largement passés l’âge de l’université). Je les appelle les BL traditionnels : avec appareils dentaires, culottes courtes et franges. Les meilleurs tournent autour d’un plot enemies to lovers et finissent en premiers émois adolescents plus ou moins sages. Je ne doute pas que, mis à part quelques vagues souvenirs de jeunesse, ce genre de séries n’emballe pas plus que ça un public plus mature.

Mais l’industrie a heureusement pensé à vous (et moi). Ouf ! Oui, elle produit de plus en plus de BL avec des scénarios qui nous font quitter les bancs de l’école pour le monde du travail. Ainsi je t’ai préparé ci-dessous une liste de BL récents avec des plots plus matures qui te feront peut-être tenter l’aventure. Attention, l’addiction peut être sévère à la longue.

Le BL qui critique le monde du BL

Débutée en 2021 avec plusieurs séries tançant l’industrie du BL (Lovely writer, Call It what you want), le mouvement se poursuit en 2022 avec War of Y qui dépeint les côtés sombres du business avec ses jeunes acteurs assoiffés de notoriété, ses managers accros à l’argent, ses fans toxiques et tout un système malsain qui exploite les gamins et gangrène ce milieu. Actuellement en cours de diffusion sur GagaOOLala et sur la chaîne Youtube d’AISPLAY, la série thaï de 20 épisodes semble vouloir promouvoir un BL plus safe à l’image de la démarche engagée par le réalisateur thaï Aam Anusorn Soisa-ngim (Call it what you want).

War of Y

Le BL dans la mafia

2022 lance véritablement le BL avec une intrigue se déroulant dans un milieu mafieux. Je vous ai déjà parlé de KinnPorscheTheSeries qui est LA grande série thaï de l’année, du moins celle qui a fait le plus parler d’elle. Tu peux retrouver mon avis . Non seulement le plot est plus mûr avec des acteurs approchant la trentaine, mais aussi avec des scènes NC qui n’ont jamais été vues auparavant dans un BL. Donc, on peut dire que KP vise explicitement un public plus mature. Il a d’ailleurs attiré bon nombre de spectateurs non aficionados du BL. Tu peux trouver cette série sur le site iQIYI. D’autres s’y sont lancés depuis avec beaucoup moins de réussite et de talent (ex : Unforgotten night). En effet, le genre nécessite de gros moyens que peu de sociétés de production peuvent se permettre.

KinnPorscheTheSeries

Le BL dans le monde du travail

Que choisir de mieux pour illustrer le BL dans le monde du travail que la série japonaise Old Fashion Cup Cake diffusée sur VIKI. Avec un manager qui fait une crise de la quarantaine et trouve l’amour avec son collaborateur plus jeune autour de la dégustation de pâtisseries. Très bien interprétée par un couple d’acteurs talentueux, le BL fait mouche, même au sein de la jeune génération. Il faut dire que les nippons, qui nous avaient déjà enchantés avec Cherry Magic, savent toujours bien doser l’humour et les sentiments dans leurs productions. Ils sont même un brun plus audacieux dans cette série.

Taïwan, moins inspiré qu’il ne le fut par le passé, nous a proposé le BL Plus&Minus autour d’un couple d’avocats colocataires et amis de longue date qui finissent ensemble. Avec un couple secondaire composé d’un barman et d’un blanchisseur père de famille. Le plot n’est pas extraordinaire, mais ça nous a (un peu) sorti des bluettes adolescentes. A voir sur GagaOOLala.

Old fashion cup cake.

Le BL militant

J’ai déjà évoqué Not Me en ces lieux ici. Au delà de la série de divertissement, le BL n’hésite pas à promouvoir notamment les revendications des LGBT thaï dont l’égalité devant le mariage. L’une des scènes emblématiques de la série se situe d’ailleurs autour d’une manifestation où est brandi un immense drapeau arc en ciel. On peut féliciter les auteurs qui ont totalement transformé le roman initial en ce chef d’oeuvre diffusé sur la chaîne Youtube de GMMTV.

Papa&Daddy2 est la suite d’une production taïwanaise diffusée sur GagaOOLala qui nous raconte la vie de famille d’un couple de LGBT et de leurs deux enfants. Y sont relatés les difficultés liés à l’homoparentalité dans une société, même si la plus avancée d’Asie, restant tout de même encore dominée par les traditions et le poids de la famille.

Not Me

Le BL sur les difficultés de la vie de couple

Un peu dans le style de la suite d’I Told Sunset About You : I Promise You The Moon, To My Star 2 nous narre les aléas de la vie de couple. Lorsque son compagnon disparaît brusquement, une star de TV coréen fait tout pour le retrouver et renouer avec lui. Avec un duo d’acteurs toujours aussi émouvant, TMS2 nous laisse imaginer ce que pourraient-être des BLs coréens s’ils étaient produits avec les mêmes moyens que les kdramas dont nous abreuvent le pays du matin calme. La série est disponible sur GagaOOLala et Viki.

To my star 2

Le BL, ce lakorn comme un autre

Amorcée avec Manner of Death fin 2020, il y a bien une tendance qui se confirme en Thaïlande autour de productions qui ressemblent plus à des drames traditionnels thaï (lakorns) qu’à des BL. C’est le cas cette année avec The Miracle of Teddy Bear, un conte fantastique avec un gros nounours qui prend forme humaine et permet au principal protagoniste de régler de vieux conflits familiaux et de s’accepter tel qu’il est.

On continue dans le fantastique avec Triage, sorte d’ Un jour sans fin à la sauce thaï où un jeune médecin doit sauver un automobiliste pour pouvoir sortir d’une boucle temporelle.

On peut seulement regretter que ces deux dramas ne soient pas mieux diffusés à l’international.

J’ajoute à cette catégorie 180 degree longitude passes through us, même si c’est une sorte d’ovni très cinématographique filmant un huis clos entre un jeune homme (photo ci-dessous), sa mère étouffante et l’ami intime de son père décédé. L’acting de qualité du trio est un atout majeur de cette série thaï actuellement en cours de diffusion à l’international sur GagaOOLala.

180 degree longitude passes through us

L’année n’étant pas finie, je pense qu’il y aura d’autres productions qui pourront entrer dans l’une ou l’autre de ces catégories et ravir nos yeux toujours plus avides d’originalité. Alors, j’espère que tu seras un peu plus rassuré à la lecture de cet article et que tu souhaiteras toi aussi tenter l’aventure du BL.

Du second couple syndrome

Je ne sais pas trop quand j’ai été atteinte par cette drôle de maladie, mais j’avoue que lorsqu’on m’en a parlé, j’ai fait des recherches internet (comme tout bon malade moderne) et j’ai coché toutes les cases. Oui j’avais chopé une affection bien récidivante. Un truc qu’on attrape en fréquentant trop assidument les dramas asiatiques du genre Boys’ Love.

En réalité, je crois bien que j’ai eu les premiers symptômes dès mon premier drama BL. C’était avec TinCan (MeanPlan) dans Love by chance (LBC). J’aimais le côté sombre de Tin et la fraîcheur maladroite de Can. Cependant, ils m’ont soignée avec une saison 2 horrible. Le pire des remèdes. Oui (je ne le dis pas trop fort), mais c’était bien les prémices du SECOND COUPLE SYNDROME.

TinCan (MeanPlan) dans Love by Chance.

Mais, maintenant que j’étais contaminée, la maladie semblait incurable. En effet, dès que toute bonne série était diffusée, je replongeais immédiatement. Ce fut de nouveau le cas avec WinTeam le couple secondaire de Until we meet again (UWMA). Ces deux nageurs m’avaient de nouveau causé la fièvre. L’un Win (Boun) avec son look incroyable : cheveux blonds décolorés, boucles d’oreilles et large tatouage d’ailes dans le dos. Et l’autre Team (Prem) avec son humour. Je me demande, en passant, si je vais rechuter une fois qu’ils seront en lead dans Between Us ?

WinTeam (BounPrem) dans Until We Meet Again.

J’étais à peine remise de cette deuxième affection, que bam ! Je rechutais illico pour RamKing dans My ingineer. Et à vrai dire je n’ai même plus aucun souvenir de qui était le couple principal, tellement ces deux beaux gosses m’ont brûlé le cerveau. Encore une fois un couple singulier : un – petit- tatouage dans le cou pour le très introverti Ram (Perth) et un King (Talay) trop cute en amoureux des plantes et des fleurs.

RamKing (PerthTalay) dans My Engineer

Même si la maladie frappait fort à chaque fois, je n’arrivais toujours pas vraiment à mettre un nom dessus. Ce n’était qu’au détour de tweets des différents fandoms que je comprenais peu à peu de quoi j’étais atteinte. Cependant, je devais aussi me rendre à l’évidence : il n’y avait aucun remède. Si ce n’était renoncer à mon addiction aux BLs ou regarder des trucs SANS second couple (ex. Bad Buddy) ou bien avec un couple principal suprêmement charismatique (ex : TangYi/ShaoFei dans HIStory 3 : Trapped).

Je décidais qu’il fallait que je me fasse une raison, j’étais sujette à ce trouble et celui-ci pouvait frapper de nouveau à tout moment. J’y échappai de justesse avec We Best Love, même si j’eus quelques suées que je soignai rapidement par quelques édits de Shouyi et ZhenXuan, mais c’était surtout parce que DeYi (SamYU) était un couple vedette exceptionnel. Et je pleure en 2022 en songeant à ce que fut la belle époque des BL taïwanais.

Shouyi et ZhenXuan (RayTian) dans We Best Love

Pendant de longs mois, je n’eus plus aucun symptômes. Je me croyais guérie, jusqu’à ce que ne déboulent mes très chers DanYok (GawinFirst) avec la série Not Me. GMMTV avait fait fort en me recontaminant avec deux beaux garçons artistes peintres accompagnés d’une histoire forte et romantique à souhait. Ils l’auraient fait EXPRES qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement. La fièvre des théories accompagnée du stress de ne pas savoir comment finirait leur histoire, aucun doute, c’était le retour du syndrome. J’avais TRES GRAVEMENT rechuté, jusqu’à produire un edit par semaine. Franchement, je pense que je n’ai jamais été autant atteinte. J’en garde d’ailleurs des séquelles qui me poussent, des mois après la fin de la série, à peindre leur portrait en souvenir (ci-dessous) après avoir payé une somme folle pour les revoir en DVD en provenance de Thaïlande.

DanYok (GawinFist) by me.

A peine convalescente, voilà que déboule une autre épidémie avec VegasPete (BibleBuild) dans KinnPorsche. Heureusement, ils y ont été lentement avec eux, ce qui m’a permis de récupérer de mes précédents émois avant de souffrir de nouveau. Cependant, comme ça faisait plus d’un an qu’on nous annonçait cette contagion, j’étais préparée. Là encore, un couple atypique : un beau mafieux sanguinaire et un cute bodyguard d’une famille rivale, les deux appréciants des pratiques hors normes. Les talentueux acteurs BibleBuild nous rendant ce couple encore plus vrai que nature. Même si cette fois aussi l’affection fut sérieuse, j’en sortis en plutôt bon état.

VegasPete (BibleBuild) dans KinnPorsche

L’année 2022 n’étant pas encore finie et les virus BL se propageant de façon exponentielle dans les contrées asiatiques, nul doute qu’il est plus que probable que je ne succombe de nouveau avant son achèvement. Cependant, avec le temps, je peux maintenant mieux en reconnaître les signes et donc me préparer (cad faire du ménage sur mon disque dur et changer en avance ma PP sur Twitter). Ainsi dès que je vois :

  • un couple vedette à l’avenir trop évident ou fade,
  • un second couple très charismatique avec une histoire passionnante et incertaine (l’incertitude rendant accro jusqu’au bout).
  • le second couple interprété par des acteurs talentueux

Je sais déjà que ça va taper dur.

Si à la lecture de cet exposé médical (mais peu sérieux), tu penses toi aussi être atteint de ce syndrome, tu peux me le dire dans les commentaires.

#KinnPorscheTheSeries (2022) – mon avis

On l’attendait depuis si longtemps. Lancée en grande fanfare en janvier 2021 avec un trailer de folie de 9 mn dont je vous avait déjà parlé dans mon billet , la série thaï KinnPorsche a connu des péripéties de production et de scénario qui ont décalé sa diffusion jusqu’en avril 2022. Plus d’un an plus tard, un nouveau teaser, très énigmatique, promettait quelque chose de plus sombre, mais aussi de plus artistique.

KinnPorscheTheSeries – Trailer de la nouvelle version

Portée par une nouvelle société de production Be On Cloud (avec probablement l’acteur Mile Phakphum comme investisseur), le BL, tiré d’un roman thaï du même nom, nous conte l’histoire d’amour entre un chef mafieux Kinn (Mile Phakphum) et son bodyguard Porsche (Apo Nattawin). Le genre de scénario alléchant pour ceux qui, comme moi, gardaient un bon souvenir de HIStory3 : Trapped. En effet, j’ai toujours trouvé que le mélange Mafia+BL était plutôt sexy et attrayant. Avec notamment la promesse de pas mal d’action et des bad boys plutôt hot. Le fade « Golden Blood » sorti en 2021 n’avait pas compensé mon impatience dans le domaine.

Dès sa sortie le 2 avril 2022, l’engouement des fans a été tel que dès le 2ème épisode KinnPorsche se trouvait déjà n°1 dans les Trending Topics de Twitter au niveau mondial au moment de sa diffusion. En effet, les spectateurs étaient bien plus nombreux que le cercle international des membres du fandom BL. Cet effet planétaire avait de quoi faire tourner la tête des acteurs qui ont vu bondir leur nombre d’abonnés au delà du million sur Instagram (le mètre étalon en matière de notoriété des acteurs). En effet, les fandoms BL sont aussi efficaces que ceux de la KPOP. Ils en ont les qualités, mais aussi les défauts. De ce fait, tourner dans un BL est quelque chose qui peut faire votre fortune en Asie, tout comme peut vous faire tomber aussi vite lorsque quelqu’un découvre de vieux tweets plutôt honteux (n’est-ce pas Build Jakapan alias Pete dans la série ?). Quoiqu’il en soit, les séries BL font parties du soft power Thaï et sont donc encouragées par le gouvernement thaïlandais, même si pour l’égalité des droits les homosexuels thaï devront hélas encore patienter.

Sur le plan de la qualité, outre le plot plutôt riche qui nous sortait des habituelles bluettes universitaires, la cinématographie était particulièrement soignée. Avec, notamment, pas moins de trois réalisateurs derrière la caméra pour tourner les 14 épisodes : Kome Kongkiat, Pond Krisda et Pepz Banchorn. Je ne sais si c’était lié, mais j’avais parfois l’impression de ne pas regarder la même série d’un épisode à l’autre. Ainsi nous passions de la pure comédie dans les premiers ep, à de la jolie romance dans les eps 6 et 9 et à du vrai film de gangsters dans les Eps 7, 10 et 14. En fait, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre chaque samedi soir. Ce qui fait, que personnellement, je ne me suis jamais ennuyée.

Mais ce qui a surtout fait sensation ce sont les scènes d’intimité plutôt hot entre les acteurs principaux. Outre de la nudité, certaines scènes étaient véritablement explicites et la caractérisation +18 pour la version UNCUT diffusée sur iQIYI n’était pas abusive. Pour moi, KP par son réalisme met juste en lumière la sensualité du peuple thaï. Même si cela ne m’a pas choquée (il m’en faut beaucoup), d’un prime abord, ces étreintes très réalistes m’ont paru prendre le pas sur les sentiments entre Kinn et Porsche. Mais, lorsque j’ai compris (il me faut du temps vu mon grand âge) que c’était leur façon à eux, très physique, d’exprimer leurs sentiments, j’ai plus apprécié les moments sympas du couple (le date, les taquineries quotidiennes…). Mile et Apo étaient si à l’aise dans ces scènes là que nombre d’entre nous se sentaient comme des voyeurs en train d’assister à leurs ébats. Ainsi, lorsque le moment tant attendu de l’étreinte dans la piscine est enfin arrivée au 13ème épisode, nous en avons à peine entendu parler. C’était comme si à cet instant là, un peu honteux, nous avions maté un vrai couple en train de faire l’amour et nous étions comme gênés d’être là (si si), même si le spectacle était très joli à voir (quand même).

KinnPorscheTheSeries Ep13 – scène de la piscine – Mile Phakphum et Apo Nattawin

Cependant, j’appréhendais les scènes problématiques. D’après ceux qui avaient lu le roman, il était censé y en avoir de nombreuses. Dans tout autre BL, ce genre de scènes (sexe sans consentement du partenaire par exemple) ferait un scandale terrible. Mais, là comme il s’agissait de mafieux sans foi ni loi, j’avoue que ces scènes ont plutôt bien été traitées. Il faut remercier les scénaristes qui ont fait un travail énorme pour améliorer le script et nous ont épargné des trucs vraiment horribles. Ce qui m’a juste énervée par moment, c’est Kinn, jaloux comme un tigre, qui traite plusieurs fois Porsche de p… En effet, si Vegas est le total red flag, Kinn semble tout aussi toxique. Ces gars là sont loin d’être des modèles de vertu et on ne leur donnerait pas le prix du meilleur BF. Cependant, ils fascinent par leur totale absence d’empathie et un certain détachement par rapport à la violence. Kinn tue de façon froide, Vegas parce qu’il aime ça.

Du côté de l’interprétation, le couple principal était vraiment très charismatique. Mile semblait très à l’aise dans le rôle de Kinn, le boss dominant. Il apportait toute sa virilité et son charme naturel au personnage. On avait l’impression qu’il avait fait ça toute sa vie. Apo, fantasque, sympathique et sublime, était particulièrement efficace dans les scènes d’action. Même s’il n’a pas toujours été égal dans la comédie. Mais son côté cute a largement compensé ses baisses de régime. Et ses scènes d’intimité sont incroyables de justesse.

De plus, pour l’antagoniste, nous avons été très bien servis avec Bible Sumettikul qui pour son premier rôle a littéralement crevé l’écran. En interview Bible a dit que le temps était l’avantage qu’ils avaient eu pour que cette série soit réussie. Et il a vraiment bien utilisé ce temps. Ce jeune acteur a porté à lui seul plusieurs épisodes sur ses – larges – épaules (Ep7, Ep10 et une bonne partie de l’EP14). Tantôt charmeur, tantôt psychopathe, il a joué sur de nombreux registres. Sa voix douce offrait un contraste réussi avec son physique de bad boy. Avec le cute Build Jakapan, il a aussi formé un couple sulfureux et atypique qui a enflammé tout le fandom BL. L’hystérie des fans de VegasPete était à son comble, car le temps consacré à l’histoire de ce couple secondaire – comme d’hab’ – était toujours trop court. Il a fallu attendre les 4 derniers épisodes pour les voir véritablement interagir ensemble. Et, en ce qui me concerne, je n’ai pas été déçue. Ils étaient fabuleux jusqu’à la toute fin de la série.

KinnPorscheTheSerie Ep13 – #VegasPete – Build Jakapan et Bible Sumettikul

Comme si cela ne suffisait pas à son culte, la prestation de danse de Bible lors de l’évènement #KPWorldPress , où il termine torse nu, a fini d’achever ses fans (dont moi). Pour l’avoir suivi sur IG dès le début 2021 alors qu’il n’avait que quelques milliers de followers, il m’a éblouie par sa prestation dans la série et par son sérieux dans son travail d’acteur. Sa transformation de petit ingé bricoleur timide en sex symbol international est tout simplement magique. Aujourd’hui lorsque je le vois intervenir dans les events, je remarque comme il a gagné en confiance en lui et cela me fait vraiment plaisir (j’avoue je ne suis pas sa groupie, juste sa maman voilà).

Bible Sumettikul qui joue Vegas dans KinnPorscheTheSeries

En plus des deux couples principaux, le casting était tout aussi riche et talentueux. Avec notamment l’excentrique et très drôle Tankhun admirablement interprété par Tong. Le jeune couple KimChay formé par l’expérimenté Jeff Satur et le débutant Barcode apportait une touche de fraîcheur et un supplément d’émotion à la série. Il y avait aussi une ribambelle de bodyguards tous plus sexy les uns que les autres. Je ne retiendrai pour ma part que mon nerd préféré Arm joué par Bas. Ce personnage aux multiples facettes qui de sérieux bodyguard expert en technologie le jour peut se transformer en gogo boy ultra sexy la nuit (Moi obsédée par ses abdos ? Non non, je l’ai juste remarqué pour son talent d’acteur).

J’ai déjà écrit que l’année 2022 était l’année de la mafia dans les BL thaï (et du sexy en général). Cependant, KP va plus loin. C’est une série hors normes. Même si le plot plus intello d’un NOTME m’aura plus passionnée et inspirée (Cf. le nombre d’edits que j’ai produit), je dois reconnaître que la cinématographie de KP m’a souvent scotchée. Lors de mes prints screen pour mes reviews sur Twitter, j’essayais toujours de capter les pépites que je notais dans la mise en scène. J’ai adoré notamment le travail sur les éclairages en lien avec la psychologie des différents personnages.

Alors, quel est mon épisode préféré ? Outre les épisodes portés par mon petit chouchou Bible, c’est sans hésiter l’épisode 6. J’ai eu un coup de coeur pour Kinn et Porsche livrés à eux-mêmes dans la nature. Cet opus était génial. A lui tout seul, il vaut le coup de regarder la série.

KinnPorscheTheSeries – Episode 6 – Kinn et Porsche (Mile Phakphum et Apo Nattawin)

Pour moi, ce BL va rester parmi les références. Non seulement pour son audace, son casting et ses décors grand luxe, mais aussi pour la qualité de sa réalisation. KP fait passer le BL de série de seconde zone au premier plan. Elle a d’ailleurs été première devant toutes les séries traditionnelles pendant toute la durée de diffusion sur la plateforme iQIYI. KP fait vraiment passer le genre BL au top et cela ne peut que me réjouir.

Dans le BL, les séries se suivent, des plus softs au plus audacieuses, mais la qualité est aussi souvent très variable faute de moyens. KP prouve qu’on peut mettre de l’argent dans ce genre de série et qu’elle peut rencontrer un vrai succès international. Je pense qu’on ne l’oubliera pas de si tôt. On n’oubliera pas non plus les débats enflammés dans toutes les langues dans nos TL (jusqu’à l’overdose). C’est le signe des grandes séries, du moins de celles qui ont marqué les esprits. Certains membres du fandom KP la feront vivre pendant des mois voire plus, attendant une potentielle saison 2. Ils rediffuseront par ci ou par là des extraits bien choisis. On se souviendra alors, et on se dira : oui j’y étais et c’est un sacrément bon souvenir.

Vegas x Pete – Dark Side

Vegas et Pete sont des personnages secondaires issus d’une série thaï en cours de diffusion qui a beaucoup de succès.

Les deux garçons vivent dans le milieu mafieux, mais quoique charmants d’un prime abord, ils partagent une étrange fascination pour le côté obscur.

Première vidéo avec ce couple, mais certainement pas la dernière.

Zee x NuNew – Just Being friendly | Cutie Pie [BL]

De retour avec un edit autour d’une autre série thaï, Cutie Pie avec le couple Zee NuNew. Ces deux jeunes acteurs sont tellement crédibles tant à l’écran que dans le cadre du fan service que la tentation de réaliser cet edit était trop forte. Je pars du principe que NuNew n’arrive plus à faire la différence entre son rôle dans la série et le fan service. Zee prend tellement bien soin de lui qu’il ose rêver de vouloir plus que d’être ami avec son partenaire…

Dan x Yok – In the mood for love | NotMeSeries [BL]

La série thaï Not Me et le second lead #DanYok m’inspirent. Il faut dire que cette histoire entre un jeune étudiant en art activiste et un graffeur engagé (mais aussi policier) n’est pas banale. Dans ce nouveau montage, Yok propose à Dan de poser pour lui dans le cadre d’un projet universitaire. Cependant, quelque chose d’extraordinaire se produit…

Pour la petite histoire, je me permets via ce nouvel opus de rendre hommage à mon réalisateur asiatique préféré. Bon visionnage (et n’hésitez pas à me laisser un commentaire).

Mon bilan de l’année 2021 dans le fandom BL

Voilà déjà un an que j’ai ouvert un compte dédié sur Twitter afin de partager mes avis sur les dramas BL avec les membres internationaux du fandom associé. Comme je l’ai déjà dit à mes abonnés, c’était un an de bonheur, même si tout ce que j’ai vu n’était pas de qualité. Outre le temps que j’ai consacré à regarder les nouveaux BL, j’ai aussi effectué un important travail de rattrapage des meilleurs dramas afin de disposer de références dans le domaine.

L’année 2021 a démarré en trombe avec une série taïwanaise qui a créé la surprise. On attendait Taïwan avec un nouvel opus des HIStory, mais c’est avec un autre drama que le succès est venu. Je veux parler de « We Best Love » , une série en deux saisons très rapprochées qui a mis le fandom en émoi tout le premier trimestre. Avec un jeune couple au top : Sam Lin (un membre du boys band SpeXial) et YU (un jeune musicien débutant dans l’acting) ainsi qu’une bonne mise en scène, ce drama a mis un moment à faire parler de lui avant de susciter peu à peu un bel engouement grâce à un très bon bouche à oreille et surtout un travail énorme de la société de production. Depuis, les fans restent au taquet et les deux acteurs principaux sont devenus des icônes, même si on n’entend plus parler d’une saison 3.

Peu d’autres productions ont vraiment émergées à Taïwan, si ce n’est le mignon « Beloved in the House» ou la partie BL du drama « Love is science ». On peut aussi saluer le charmant « Papa and Daddy » qui se déroule dans le milieu LGBT taïwanais. Une des plus grosses déconvenues de l’année revenant à HIStory 4. La franchise qui nous a pourtant offert tant de pépites dont « Trapped » ou « Make Our Days Count », a sombré en 2021 avec une histoire truffée de scènes problématiques, comme si la production était totalement hermétique aux critiques récurrentes sur les séries BL.

La Thaïlande, qui nous avait déjà surpris fin 2020 avec « Manner of Death » , un BL sur fond d’enquête policière, a aussi frappé fort dans le début d’année 2021 avec « A Tale Of Thousand Stars » (ATOTS), un drama se déroulant en extérieur dans un village perdu du nord du pays. Là aussi, un beau couple inédit formé de l’expérimenté Earth et du débutant Mix. Avec une histoire plutôt émouvante tirée d’un roman, la série a fait mouche et a enchanté les fans du monde entier. Un autre couple thaï inédit a fait parler de lui en la personne du très beau Kao Noppakao qu’on avait remarqué en 2020 dans « Until we meet again » (UWMA) accompagné cette fois du joli Up Poompat. Les deux garçons ont formé un tandem efficace dans « Lovely Writer » un drama se déroulant dans le milieu du BL. Les mauvais côtés de cette industrie ont aussi inspiré de façon plus incisive Aam Anusorn avec son pamphlet pour un autre BL intitulé « Call it what you want ». Ces deux séries semblant signer comme une sorte de mea culpa de l’industrie thaï en matière de BL. En effet, même la très décriée Mame a commis un sans faute en fin d’année avec sa série « Don’t say no », en dépit de quelques scènes de mauvais goût.

En 2021, on attendait aussi avec impatience la suite de « I told sunset about you » (ITSAY) et on a eu « I promised you the moon ». Même avec une réalisation et une interprétation impeccables, la série a eu peine à convaincre les adorateurs d’ITSAY (dont moi) à cause d’un scénario qui n’était pas à la hauteur de la première partie. Les nostalgiques se seront donc contentés du très beau « Last Twilight in Phuket » réalisé par Boss Kuno, un joli court métrage revenant sur les lieux iconiques de la série, comme une sorte d’adieu à ce beau drama.

Le milieu de l’année a été plus calme et décevant avec « Fish Upon The Sky » où même avec un joli couple formé de PP Naravit et Phuwin Tang, GMMTV a déçu avec un scénario plutôt mauvais (notamment la partie grotesque du frère). On espère une meilleure série pour ces deux beaux garçons qui présentent une belle alchimie. « YDestiny » a été pour sa part très inégale, où n’ont juste qu’émergé le talentueux Chap (déjà remarqué dans Lovely Writer) et le duo torride Toru & First. Néanmoins, en fin d’année 2021, GMMTV a vraiment repris la main en lançant quasi simultanément « Bad Buddy » et « Not Me », deux grosses séries très attendues avec notamment de très bons acteurs thaï, sans doute les meilleurs de l’industrie. J’en reparlerai très prochainement. Cependant, alors qu’on avait été alléché avec leur tonitruant trailer de janvier 2021, la série « Kinn Porsche » a pris énormément de retard et a au final changé de société de production. Heureusement la majorité du casting a été conservée, mais les teasers qu’on a vus jusqu’ici laissent augurer un résultat très différent de l’initial. On découvrira ça en 2022, s’il n’y a pas une nouvelle déconvenue d’ici là.

En 2021, la Corée a poursuivi sa montée en puissance entamée en 2020 avec de jolies séries. Si parmi elles, il y a eu quelques succès d’estime, car faute de moyens bon nombre de séries ne sont pas à la hauteur, plusieurs pépites ont tout de même vu le jour. Je citerai ma préférée : « To My Star », un beau drama très bien écrit et interprété dont nous auront le plaisir de voir la suite en 2022. Sortant des sentiers battus du milieu scolaire ou universitaire, la série nous conte l’histoire d’amour entre une star sur le déclin et un jeune cuisinier. Les coréens nous ont tout de même offert leur premier vrai kdrama BL avec « Light on Me » joué avec talent par les adorables Kang Yoo Seok et Lee Sae On. Pour le reste beaucoup d’histoires un peu trop bâclées, où mettre des beaux gosses ensemble ne suffit pas à faire un bon BL. Connaissant les capacités des coréens en matière de dramas, j’espère beaucoup plus d’eux en 2022.

Le sans faute est venu du Japon avec de très belles séries, souvent tirées de mangas. Outre « Given » et « My beautiful man », j’ai beaucoup aimé l’humour de « The man who defies the world of BL » . Ils n’ont néanmoins vraiment percé qu’avec Kieta Hatsukoi. Même avec une mauvaise gestion de la diffusion internationale, ce BL japonais a fait mouche grâce à une jolie histoire et surtout un beau couple d’acteurs très talentueux : Michieda Shunsuke et Meguro Ren. Ces deux jeunes idols membres de groupes de Jpop nous ont enchanté dans les rôles de deux lycéens qui tombent amoureux à cause d’un malentendu autour d’une histoire de gomme. Le cute à son sommet.

Alors cette année a été riche et à la hauteur de mes attentes, même si la pandémie a bloqué la production d’une grande quantité de séries très attendues. Et j’ai bien contribué à la promotion des meilleurs dramas, via mes tweets, mes reviews ou mes montages vidéos. Je me sens maintenant pleinement membre de ce fandom un peu particulier et j’espère que ça durera encore très longtemps.

PS : Si tu veux me suivre et venir échanger avec moi autour des dernières séries BL diffusées, tu me trouveras sur Twitter là : @witch_drama

Sur les traces d’ITSAY à Phuket

Si certains partent en Thaïlande pour ses plages paradisiaques ou d’autres pour ses nuits animées, rares sont ceux qui comme moi y vont en pèlerinage. Oh rien de religieux à cela, si ce n’est la religion du drama.

Ce n’est pas la première fois que je visite un pays d’Asie à cause des dramas, mais là j’ai voyagé jusqu’à Phuket à cause d’UN DRAMA thaï nommé I Told Sunset about you. Cela ne dira peut-être rien aux non pratiquants, mais c’est une mini série de 2020 qui a été très appréciée par la communauté internationale des fans de BL et qui a reçu de nombreux prix. Un drama remarquablement réalisé par Naruebet Kuno (dit Boss) et joué avec talent par deux jeunes acteurs/chanteurs : Billkin et PPKrit.

Alors, bien avant de partir, j’avais bien entendu repéré les lieux du tournage sur internet et, jour après jour, j’ai effectué les visites associées. Sachant que beaucoup de lieux se trouvent à un même endroit, mais que certains autres se situent tout autour de l’île de Phuket. Je ne dis pas que j’ai tout fait, mais je n’ai pas raté les incontournables.

Ainsi débute le pèlerinage par une chaude journée de décembre via une excursion autour des sites remarquables de l’île où j’ai croisé mon premier lieu de tournage, mon préféré : la rue principale de la vieille ville de Phuket. Elle est inoubliable par son architecture sino-portugaise et ses bâtisses colorées. Après un premier arrêt photo au restaurant Kopitiam By Wilai où des garçons asiatiques posaient lascivement devant l’entrée, je me suis installée un peu plus loin pour essayer de photographier la rue. C’était presque comme si je pouvais y croiser Teh et Oh-Aew avec leurs chemises colorées déambulant sur un side car. Tout était là, même les guirlandes lumineuses au dessus de ma tête. J’avais peu de temps ce jour là, je me jurai d’y revenir un peu plus tard.

Dès le lendemain, je repère sur une carte qu’au sud je peux faire une halte sur deux lieux de tournage de la série : la très jolie petite plage de Yanui (ma préférée à Phuket) et le fameux Promthep cape où je me souviens que Boss Kuno, le réalisateur, avait jeté une larme en tournant la dernière scène du drama. Je m’y rends en taxi-meter et je fais une pose de quelques heures à Yanui. Après m’être restaurée au petit restau sympa tout proche, j’entreprends de gravir la cote qui mène au cap. Evidemment, en pleine chaleur ce n’est pas simple, mais pas aussi difficile qu’il n’y parait. Arrivée en haut, je me précipite pour aller immortaliser le lieu désiré reconnaissable à ses palmiers.

Puis, j’attends là patiemment, le plus à l’ombre possible, l’heure du coucher du soleil. J’ai failli abandonner vingt fois, mais je suis restée jusqu’au bout (un record pour l’impatiente que je suis). Hélas, de gros nuages sont apparus au mauvais moment et la photo tant attendue n’était pas aussi géniale que j’aurais pu l’espérer. Sinon, les guides n’avaient pas menti sur la foule qui se presse tous les soirs en ce lieu. Quittes de s’émouvoir devant le coucher du soleil, ce sont surtout les selfies qui les attirent. Certaines y vont avec leur plus belle robe et leur chéri les mitraille dans toutes les poses. C’est un spectacle amusant de les voir se mettre en scène.

Promthep cape

Un autre jour, n’y tenant plus, je décide de parachever ce pélerinage en me rendant de nouveau en taxi à Phuket old town. Là, j’enchaîne le petit temple chinois, l’hôtel On On et je m’installe à l’intérieur du restaurant Kopitiam By Wilai pour y déjeuner (et y prendre des photos). Beaucoup d’émotions et d’excitation m’envahissent tout à coup. J’ai l’impression d’être dans la série, les décors ont si peu bougé. J’imagine Teh assis à la table du fond et j’attends de voir Oh-Aew débarqué d’un instant à l’autre. Je pense que les amateurs ressentiront ces frissons aussi. Même si vous ne faites pas le voyage si loin pour ça, et c’est compliqué en ce moment, vous le faites grâce à ça. Et quand vous avez une passion comme moi, c’est juste génial.

Même si j’ai vite retrouvé mes réflexes de voyageuse solo, je me suis sentie par moment un peu seule. La Thaïlande c’est le genre d’endroit où les gens que tu aimes te manquent. Comme si tu étais alone au paradis et que tout le monde était resté en enfer. Boss Kuno m’a faite rêver, me renvoyant les images d’un Eden disparu. La réalité est moins romantique, même si en ces temps de COVID nombre de lieux sont déserts et qu’il est agréable d’y lézarder quelques heures. Le reste est bétonné à outrance, avec une ville de Phuket, hormis le quartier ancien, qui n’a aucun charme particulier.

Certaines plages sont pourtant belles et me donnent la nostalgie de mon île en Méditerranée, la plus belle du monde. Alors, je m’en suis retournée, satisfaite, mais pas triste de revenir pour autant. En 2021, j’ai repris le chemin des voyages, et ni le COVID, ni rien d’autre, ne pourront de nouveau m’arrêter.