Au nom du père

Il était parti le jour du vendredi Saint. Le jour du Catenacciu. Ma tante m’avait dit qu’il avait fini de porter sa croix. Je me souviens de l’image du porte croix. Ce pénitent masqué et habillé de rouge dans les rues de Sartène l’avait toujours marqué. Il aimait se rendre chaque année à cette procession. Je l’imagine, lui le pêcheur, au milieu de la foule emprunte d’une intense ferveur religieuse. A quoi pouvait-il bien penser ?

Après six jours à gésir sur son lit de mort, pour cause de week-end pascal, les pompes-funèbres étaient passées le matin pour la mise en bière. Puis, le moment du départ est arrivé. Les hommes en noir sont revenus dans l’après-midi pour sceller le cercueil. Alors, j’ai appelé les tantes pour leur dernier adieu. Je savais, pour l’avoir déjà connu par le passé, que ce moment serait difficile pour elles. Nous avons alors déposé auprès de lui des souvenirs de nous, des photos et des bijoux. Les tantes ont pleuré un peu. Puis, un peu plus lorsque son visage marqué par la maladie et la vieillesse a disparu sous le couvercle de chêne.

Peu après, il a quitté une dernière fois sa maison. Là où il avait voulu mourir. Les mains et les paroles douces d’une de ses soeurs et d’une gentille infirmière l’avaient accompagné jusqu’à son dernier souffle. Au moins, il n’était pas mort seul et dans la froideur d’une chambre d’hôpital. Puis, nous avons suivi en voiture le corbillard, à petite vitesse, sur les routes sinueuses de la campagne corse. Les fleurs de printemps inondaient de couleurs les champs rocheux.

Au bout d’une dizaine de minutes, nous avons atteint la petite église de granit gris du village. Là, au grand soulagement de mes tantes, nous avons vu là, devant l’entrée, un porte-drapeau, un ancien combattant du village. Il avait sans doute fait la guerre d’Algérie comme lui. Puis, le vieil homme buriné a pris place derrière l’autel, pendant que je lançais sur mon Iphone 8 le chant corse « Corsica » par Petru Guelfucci. Et, je suis restée là, longtemps, la tête baissée et la main levée, pendant l’entrée du cercueil ceint du drapeau corse dans l’allée centrale. J’avais à peine vu les gens qui étaient venus. Ses amis sans doute. Ceux qui l’avaient connu pendant toutes ces années de vie ici. Des amitiés de bistrots et des voisins du quartier. Ensuite, une de mes tantes a pris la parole, racontant le parcours de son frère, et ses derniers instants douloureux qu’elle avait partagés.

Après une simple cérémonie, telle que nous l’avions demandée, le corps a regagné le corbillard, où il a été béni par le curé, avant de démarrer au pas. Comme autrefois, nous avons suivi à pied, moi serrant mes tantes en pleurs. J’essayais de faire bonne figure en dépit de la gravité du moment. Une petite route très pentue menait jusqu’au petit cimetière situé plus haut sur la colline. Depuis notre départ, j’avais enchaîné côté musique sur « Ricordu » chantée par Jenifer et Laurent Bruschini. Lorsque nous avons passé les grilles du village des morts, « Terra » d’I Muvrini a résonné dans les ruelles silencieuses.

Là, arrivée près de la concession, une femme d’un certain âge s’est approchée de moi. Elle m’a dit être venue chanter l’hymne corse « Diu vi salve Regina » pour mon père. Car, s’il n’était pas né corse, il l’était indiscutablement d’adoption. Je n’ai pas pu retenir mes larmes, car je savais que ça lui aurait fait très plaisir. Ensuite, j’ai demandé à prendre la parole :

«  J. n’était pas ce qu’on peut appeler un bon chrétien. Ce n’était pas non plus un bon père, ni un bon mari. Mais, c’était certainement un bon ami. Comme vous pouvez tous en témoigner. C’était, surtout, un grand ami de la Corse, dont il appréciait les paysages, les habitants et la culture. Et, il a su faire partager cet amour à nous, sa famille, durant toutes ces années. Il a souhaité être inhumé sur cette terre qu’il aimait tant. Il la nourrira de son corps et ne fera plus qu’un avec elle. Pour toujours et à jamais. »

Après, j’ai rejoint mes tantes, fières et émues, avant de voir le cercueil descendre dans le trou fraîchement creusé de la veille dans la terre rouge et caillouteuse. Une terre que nous avons tous jetée ensuite sur le cercueil. J’ai dit un dernier adieu au « pater » avant d’inviter ses plus proches amis à venir boire un verre à la maison. J’avais préparé des plats de charcuteries corses pour accompagner des vins de l’île de beauté.

La journée a fini plus joyeuse qu’elle avait commencé. Tout le monde était satisfait de la cérémonie réalisée dans la tradition. Quelqu’un a dit que ça lui aurait plu. J’ai souri. Il aura été dignement enterré. Le minimum qu’un enfant puisse faire pour son père. Et si son fantôme erre encore dans le maquis, il sera sans nul doute bienveillant. Pour toujours et à jamais.

 

 

Le petit guide illustré de l’apprentie dominatrice

Alors voilà, dans la réalité, je suis une apprentie dominatrice, tombée une nuit sur un vrai soumis. Un soumis d’expérience ayant fréquenté le milieu depuis une vingtaine d’années. Il a reconnu en moi les stigmates d’une parfaite dominatrice. D’une pure. D’une non vénale.

Alors forte de cette révélation, je me suis donnée l’objectif de devenir, tant qu’à faire, une spectaculaire dominante. De ce fait, outre les objets dont je disposais déjà comme mes Louboutins, j’ai décidé d’acquérir un corset de bonne qualité. J’en trouvais un sur le site anglais Corset Story. J’ai aussi acheté de jolis bas en voile pour complété la panoplie.

Photo : Julia Vernier 2018 

Pour le matériel de soumission, le parcours de la combattante ne faisait que commencer. Pour le collier et la laisse, le soumis m’ a conseillé d’aller sur un site de produits pour animaux. Là, j’ai choisi un collier à clous très rock, en version gros chien ainsi qu’une laisse en métal. Après tout, il y a quelque chose du chien (ou plutôt de la chienne) chez ces chers soumis.

Photo : Julia Vernier 2018

J’ai eu plus de mal à trouver la cravache. J’ai été d’un magasin de sport à l’autre, sans trouver son bonheur. Alors, j’ai décidé, au final, de prendre le mord aux dents, et de me rendre directement dans un lieu spécialisé dans l’équitation. Là, un coup d’oeil rapide m’a fait tomber sur les cravaches qui se trouvaient dans de grandes corbeilles. J’en ai choisi rapidement une qui me plaisait. Ensuite, j’ai filé direct à la caisse et j’ai payé en liquide. La vendeuse hilare m’a demandé tout de même si je voulais une carte de fidélité. Je lui ai répondu non en souriant. Je ne devais pas être la première à ne pas faire du cheval et à entrer dans sa boutique.

Photo : Julia Vernier 2018

Néanmoins, voyant la longueur de la cravache, je me doutais que j’aurais du mal de la transporter discrètement. Je conclus qu’il fallait que j’achète un grand sac de sport. Ce que je fis. Néanmoins, arrivée chez moi, j’ai vu qu’une poche intérieure m’empêchait de ranger l’objet. Ni une , ni deux, un coup de ciseaux a fait l’affaire.

Une dominatrice ne peut prendre l’avion avec son bagage à main. Elle doit prendre le train, c’est plus long. Mais, elle peut aussi en profiter pour préparer son scénario. Comme une sportive qui voit le parcours avant de se lancer. Le scénario doit être vu dans les détails. Avant. Une dominatrice ne doit pas hésiter. Cependant, comme pour tout, j’ai tendance à procrastiner. A m’y prendre à la dernière minute.

Photo : Julia Vernier 2018

Il me manquait cependant un accessoire très spécialisé. Et il ne me restait plus de temps pour le trouver sur internet. Alors, je décidai de me rendre dans une boutique de Paris spécialisée dans le BDSM Démonia . Tous m’en avaient parlé. C’était un lieu incontournable pour les gens du milieu. Et donc, un endroit indispensable à visiter. Même si je n’avais jamais osé franchir les portes d’un sex shop, le challenge me paraissait amusant, surtout pour quelqu’un qui écrit sur ce genre de trucs. J’ai pris le métro et j’ai atterri dans le quartier très populaire de Belleville. Là, je me suis faufilée boulevard Oberkampf jusqu’à une petite rue adjacente. Le lieu ne payait pas de mine. Juste une grande porte rouge en métal. Après avoir pris ma respiration, j’ai franchi cette porte, et après avoir poussé un lourd rideau de velour rouge, j’ai enfin pénétré dans les lieux. Ça ressemblait à une caverne d’Ali Baba du BDSM. Mais, je n’ai pas traîné. J’ai filé en direction des objets que je recherchais. Pour lui. Pour eux. Des trucs dont ils m’avaient parlé. Après les avoir trouvés, j’ai gagné rapidement la caisse où une jeune caissière piercée m’a encaissée et m’a donnée une carte de réduction. Je n’ai pu retenir un sourire avant de partir et de fourrer les objets dans mon sac à main. Après, quoi de plus normal que de se balader avec un bâillon et des pinces à seins dans le métro (Bon avec une Opinel aussi mais ça c’est une autre histoire).

Photo : Julia Vernier 2018

Fin prête et équipée, je devais rencontrer ce fameux soumis expérimenté ce week-end. Cependant, il m’a méchamment manqué de respect ( volontairement ? ) deux jours avant notre rendez-vous. J’ai préféré abandonner. Une dominatrice doit sentir de la dévotion, sinon elle ne peut devenir ce qu’elle est. Ce n’est que partie remise avec d’autres qui, eux, seront motivés. Il est bon de savoir que comme tout homme lambda, le soumis n’est pas plus fiable qu’un autre. Donc, tous les plans b, c, d sont à prévoir pour lui tout comme pour tous les autres.

Nouveau départ

Voilà. C’est fait. J’ai décidé de partir.

Cela faisait si longtemps que je ne vivais plus, que la vie elle-même voulait me quitter. Je n’étais plus que le fantôme de ce blog. Une âme errante dans l’éternité du net. Ce lieu de consolation ne me suffisait plus. Il me fallait la chaleur du réel. La douceur des peaux.

Alors, oui, ça paraît un peu fou, tous les trucs que je fais depuis. Mais, c’est comme un vampire qui naît à une autre vie. Une soif énorme d’expériences et d’exploration de son univers. Là, le monde à l’extérieur.  Tous ces gens qui te tendent les bras. Les photos noir et blanc qui passent en couleurs.

Curieusement – et je n’en reviens toujours pas d’ailleurs – mon vrai moi intéresse les vivants. Pourtant, comme je le dis souvent, je n’ai rien d’un top model. Je suis juste une femme avec du charme, et la faim qui se devine, là, en bas.

Depuis quelques semaines, j’ai décidé de franchir la porte du réel et je rencontre des followers. Certains twittos et twittas avec qui j’ai sympathisé, voire plus, au fil du temps. Il y a deux semaines j’ai organisé une sorte de speed dating pour en rencontrer certains. Presque tous sont venus. J’avais donné rendez-vous à chacun dans un bar différent de la gare Saint Lazare. Et j’ai navigué de bar en bar toute la soirée sur mes très hauts talons. Au bout du 4ème verre, je savais que mon dernier rendez-vous n’aurait pas de mal à me séduire. J’étais déjà séduite d’ailleurs. C’était mon chouchou du moment et, accessoirement, un mec bien.

Alors, oui. J’ai donné mon corps. J’ai caressé le sien très longtemps. Cette chaleur et cette douceur de la peau. C’est ce qui m’avait tant manquée durant toutes ces années. Comme si j’avais traversé une ère glacière. Et que c’était de nouveau le printemps et que le soleil brillait plus fort.

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Un nouveau départ, c’est comme reprendre les trucs où tu les avais laissé, des années auparavant. C’est retrouver la folie de ta jeunesse. Mais, avec l’expérience et la noirceur accumulée tout ce temps. Alors, oui, tout ce qui sera fait ne sera pas comme dans un conte de fées. Il n’y aura pas de happy end. Il n’y aura pas d’amour. Il y aura juste des corps qui s’étreignent. Et juste le plaisir que tu arrives à prendre.

Et, dans cette nouvelle vie, il faut prendre tes précautions. Fixer toi même tes rendez-vous. Choisir les lieux. Publics pour une première rencontre. Et ne pas hésiter à en changer à la dernière minute. Ne pas faire confiance à l’autre et avoir toujours sur toi, les bouts de plastic qui peuvent te sauver la vie. Et rester ferme sur ces principes. Même si, et surtout, si tu as un coup de coeur pour quelqu’un.

Ainsi, j’ai un agenda bien rempli. Des tas de gens à voir et, peut-être, à étreindre. Cela paraît un peu démesuré pour quelqu’un qui n’avait connu qu’un seul homme dans sa vie. Alors, oui, ça va inquiéter, voire choquer. Une femme qui multiplie les expériences, on sait bien ce que c’est ? Mais, étrangement, je m’en fous totalement. Je suis libre.

Dans ce nouveau départ, il y aura des étapes, des trucs nouveaux à vivre. Des trucs pas toujours mainstream.  Mais, cela peut-il être différent ? Je suis toujours la même personne. Complexe. Et l’obscurité en moi devra s’incarner. Oui, les gens, la vie réelle ce n’est pas comme dans vos séries à l’eau de rose.

Alors, même si ce nouveau départ ne mène nulle part, finalement, j’aurais vécu. Et c’est déjà beaucoup. J’aurais vécu, et je n’aurais pas de regret quand viendra la nuit. La vraie nuit.

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À l’heure des possibles 

Il est une heure sur internet où tout devient possible et où tout peut arriver.…

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Internet, à l’heure des possibles,

Les pirates sont philosophes et les garagistes poètes.

 

Internet, à l’heure des possibles,

Les braves gens sont couchés

et ne restent plus que ceux qui brûlent

d’un feu que rien ne peut éteindre.

 

Internet, à l’heure des possibles,

Ce sont nos enveloppes charnelles qui vibrent

à l’unisson sur nos mots sales.

 

Internet, à l’heure des possibles,

C’est ma tête posée sur ton invisible épaule

et tes baisers imaginaires

sur mes yeux qui se ferment.

 

Internet, à l’heure des possibles,

C’est mon âme qui t’écrit « je t’aime »,

Et mon coeur qui se fend

aux blancs de ton silence.

 

Internet, à l’heure des possibles,

C’est le moment où les masques tombent

pour la vérité crue.

 

Internet, à l’heure des possibles,

C’est un cri déchirant

qui se noie dans le néant

avec tous les autres.

 

Internet, à l’heure des possibles,

C’est ma vie que je perds

pour avoir encore rêvé

À l’impossible.

Harcelée et agressée. #MeToo

Depuis le début de l’affaire Weinstein, j’ai suivi avec intérêt les réactions des femmes à ce sujet, me félicitant de leur écho dans notre société. Avec le relais énorme au travers des réseaux sociaux, j’ai pu lire les témoignages de harcèlements qui ont déferlé dans ma TL. J’étais particulièrement sensible aux cris des plus jeunes femmes, car cela résonnait avec de vieux souvenirs enfouis, plus ou moins douloureux. Alors que je ne me sentais pas particulièrement légitime pour parler de ce sujet, j’ai décidé, à la lumière des dernières polémiques et aux propos indécents qui ont été tenus, de prendre la plume à mon tour et de balancer quelques vieux porcs bien rancis.

Je ne sais quand j’ai pris conscience que j’étais harcelée voire agressée, mais très vite j’ai senti qu’il se passait des trucs bizarres autour de moi qui me mettaient mal à l’aise : des gestes, des regards appuyés, des mots prononcés et des actes. Il faut remonter assez loin pour ça, du côté de la prime adolescence et de ce tonton un peu vicelard qui voulait toujours vérifier si « ça poussait » en me touchant les seins. J’étais terrorisée rien qu’à l’idée de me rendre chez lui. Il trouvait toujours un moment quand mes parents n’étaient pas dans la pièce pour furtivement venir me peloter. Dans la même veine, je me souviens aussi de ce collègue de mon paternel qui m’attrapa un jour fermement par la taille et tenta de m’embrasser sur la bouche parce que je l’avais soit disant émoustillé avec mon short au retour du centre de loisirs.

Ado, l’extérieur était inquiétant avec les sifflets, les coups de klaxon et les mots vulgaires prononcés dans la rue par des hommes inconnus. Ainsi, un matin en partant au lycée, j’ai croisé un quadra à l’oeil goguenard. Le type se jette sur moi et me place direct une main bien appuyée entre les cuisses. Et alors que je l’insultais après le choc, il a ri à gorge déployée. Comment pourrais-je me souvenir encore d’un tel évènement s’il ne m’avait pas terrifiée alors ? Je ressens encore mes tremblements après la violence subie.

Autre évènement traumatisant, une année en camping en vacances en Corse des types bourrés qui secouèrent violemment la caravane où une copine et moi-même étions endormies. Ces mêmes types essayèrent d’en ouvrir la porte tout en nous appelant par nos prénoms, en rajoutant un « J’arrive ! » qui laissait deviner leurs mauvaises intentions. Je me serais crue dans un film d’horreur. J’avais un couteau dans la main. S’ils étaient entrés j’en aurais planté un c’est certain. Pour finir, les types sont partis, mais au matin, excédée, j’ai retrouvé ces garçons au bar du camping et là j’ai fait un scandale terrible devant tout le monde. J’ai passé le reste des vacances tranquille.

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Dans le monde du travail, je ne peux pas dire que j’ai eu à souffrir moi-même de gros problèmes de harcèlement. Evidemment, j’ai eu droit à quelques propos sexistes, blagues graveleuses,  pornos dans la boîte mail et poids des regards sur mes formes. Mais, je pense que c’est plus insidieux maintenant et que j’ai tellement intégré ces comportements que ne n’y fais plus attention. Mais, la réalité du problème m’est revenue dans la figure quand une collègue a été agressée dans les locaux d’une boîte où je travaillais.  J’ai été chargée de prendre son premier témoignage, car j’étais la seule femme cadre présente dans l’entité ce jour là. J’ai lu sa détresse et compris son traumatisme. Le type s’en est tiré seulement avec un blâme. Il avait perdu la tête car elle venait tous les jours lui prendre des bonbons dans sa boîte de Haribo. C’est certain qu’elle le cherchait cette garce !  Hallucinant. Comme il s’agissait d’une petite structure, la collègue a dû supporter de croiser le mec tous les jours par la suite. Moi, de mon côté, je me suis tenue à l’écart de ce pervers et j’ai stoppé les sucreries. Par la suite, dans ce monde d’hommes, j’ai arrêté de m’habiller en fille tout simplement. Peu à peu, j’ai troqué les jupes et les escarpins pour jean & Converses. Je suis plus à l’aise et je passe plus inaperçue, mais j’ai renoncé aussi à une part de ma féminité.

Dans ma vie privée d’adulte, je ne peux pas dire non plus que j’ai eu de véritables gros problèmes non plus. Certes, comme toutes les jeunes femmes qui sortent en boîte de nuit j’ai eu droit aux mêmes types un peu lourds qui ne veulent pas lâcher l’affaire lorsqu’on leur dit non. Mais, généralement, j’ai toujours eu suffisamment de répondant pour faire face ou pu trouver de l’aide lorsque j’étais en fâcheuse posture. Les frotteurs du métro, je ne connais pas non plus, même si j’ai vécu à Paris un moment. Mais, je n’ai pas envie de soulager leur misère sexuelle non plus, pas plus maintenant que lorsque j’aurais 70 ans comme Catherine Millet.

Non mesdames Deneuve & co, nous n’en voulons pas aux hommes. Nous exigeons seulement qu’ils nous laissent vivre en paix. Ne confondons pas domination patriarcale et domination sexuelle. Tu peux être avec un mec dominant sexuellement, mais qui peut partager les thèses des féministes et s’interposer, quitte à prendre un poing dans la figure, pour prendre la défense d’une fille harcelée. Ce n’est pas pour leur couper les couilles que nous demandons aux hommes le respect et l’arrêt de la violence. Et si, exceptionnellement, j’ai envie de me faire démonter par un beau brun musicos, ce n’est pas pour ça que je rêve de me faire violer par le premier venu.

Après, je dois balayer devant ma porte moi aussi, je n’ai pas toujours été correcte dans mes comportements avec certaines. J’ai intégré moi aussi ces mauvaises manières parce que je n’en avais pas d’autres en modèle. C’est pourquoi il faut veiller à enseigner à nos enfants filles et garçons ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Ce qui relève de la séduction et ce qui relève du harcèlement. Ce n’est qu’à ce prix que chacune  pourra, tout comme chacun, s’épanouir et jouir pleinement de la vie, sans crainte.

Fais le test ici pour connaître les bons comportements.

 

 

 

 

 

 

 

Quand le rock est toujours vivant

Ce week end, comme j’étais sur Paris pour mon travail, j’en ai profité pour me rendre au Download Festival qui avait lieu sur l’ancienne base aérienne de Brétigny en banlieue parisienne. Je n’avais jamais participé à ce genre d’évènement. Plus jeune, je n’osais pas. Maintenant, arrivée à mi-parcours, je souhaite réaliser ce que je n’ai jamais fait jusque là. Quelqu’un m’a dit récemment que je devais passer le reste de ma vie à me faire plaisir. Et c’est bien mon intention tant que j’en aurais l’envie et les capacités physiques.

Donc, voilà, après un voyage en RER C trop long, j’ai débarqué avec beaucoup d’autres à la gare de Brétigny. De là, comme il faisait beau, j’ai suivi le troupeau le long d’un itinéraire fléché et encadré pendant une grosse demi-heure.

J’ai mené cette longue marche à mon rythme, doublée par une majorité de jeunes dont pas mal d’étrangers. Beaucoup portaient des sacs à dos dans l’optique de camper et de rester les trois jours sur place. Evidemment, tous avaient revêtu les insignes de leurs goûts musicaux. Le noir était la couleur de base sur lequel se dessinaient les sigles de leurs groupes préférés. Les filles arboraient en masse le short de jean sur des collants résille et avaient souvent les cheveux colorés. J’avais moi-même mis un t-shirt aux couleurs de Linkin Park pour ne pas trop dépareiller.

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Dowload festival Paris 2017 – Photo Julia Vernier

Arrivée sur place, tout était bien indiqué et organisé. Nous étions fouillés au corps avant de passer à la vérification des billets. Peu après, je récupérai un bracelet munis d’une puce qui me permettrait ensuite de payer aux différents bars et autres crêperies du lieu. Après toutes ces formalités, je m’installai tranquillement dans l’herbe attendant le premier groupe au niveau du main stage 1. De là, j’entendais la musique qui provenait du main stage 2 tout proche.  Mais, le spectacle était aussi en dehors de la scène. De mon lieu de verdure, j’observais avec amusement les festivaliers déguisés en licorne ou en Dark Vador, les hommes en kilt et les filles sexy aux cheveux violets. Sous le soleil beaucoup de garçons avaient laissé tomber le haut. J’admirai leurs tatouages colorés. Pas mal de gens semblaient être venus en famille.  L’ambiance était sympa et bon enfant.

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Pierce the veil au Download Festival Paris 2017 – Photo Julia Vernier

Côté musique, rapidement j’assistai au passage des énergiques Pierce the veil , des rockeurs américains sautillants. Ils furent suivi par les norvégiens métalleux de Kvelertak. Leur leader barbu et aux cheveux longs semblait comme sorti tout droit des légendes vikings. Il avait le torse nu et arborait une frise de tatouages sur les pectoraux. Dans la fosse, certains festivaliers enchaînaient les rondes et les pogos comme dans une transe sauvage et très physique.  Le groupe fera la première partie de Metallica à Bercy en septembre.

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Kvelertak au Download Festival Paris 2017 – photo Julia Vernier

Alors que les américains de Blink-182 s’élançaient sur la scène, j’en profitais pour m’éclipser rapidement pour une pause technique avant d’aller me chercher de quoi me restaurer. Je revins pour assister à la fin de leur concert un peu  à l’écart. Je filai ensuite m’installer face au main stage 2 pour entendre en vedette Gojira , le groupe de métal français. Alors qu’il existe depuis plus de vingt ans, le groupe a connu la notoriété après avoir été (un peu) médiatisé suite à leurs nominations aux derniers Grammy awards.  Ils ont envoyé du lourd et du Magma entre deux messages positifs.

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Blink-182 au download festival Paris 2017 – photo Julia Vernier
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Gojira au Download festival Paris 2017 – Photo Oui FM Edit : Julia Vernier

Au soleil couchant, la journée musicale s’acheva avec Linkin Park qui enchaîna – heureusement pour moi – ses anciens titres avec ceux de son dernier opus One More Light. Entendre Numb en live est toujours un plaisir. J’étais aussi heureuse de reprendre en coeur de nombreux morceaux que j’avais si souvent écoutés. Même si les nouveaux titres n’avaient pas la puissance des anciens, le mélange était agréable à l’oreille. Après  1h45 de concert, les américains semblaient satisfaits de leur prestation et de l’accueil chaleureux du public du Download Festival. Pour moi, c’était juste trop court, mais c’était le jeu de ce genre d’évènement parfaitement organisé.

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Linkin Park au Download Festival Paris 2017 – Photo Julia Vernier

Alors qu’il était 23:30, j’accompagnai la foule vers la sortie et les navettes qui nous ramenaient dans le calme jusqu’à la gare. Comme beaucoup d’autres, j’étais fatiguée. J’avais pris des coups de soleil et des ampoules aux pieds, mais j’étais heureuse d’avoir partagé la ferveur avec d’autres passionnés de musique rock et métal. Car, oui, le rock est toujours aussi vivant !

La femme de mes rêves

Lorsqu’on me demande à quoi ressemblerait la femme de mes rêves, je pense alors à « Mon rêve familier », l’un de mes poèmes préférés de Verlaine. Cependant, après m’être prise de multiples vestes pour cause d’âge, de physique, de coiffure manquant de pep’s (si si on me l’a fait) ou d’éloignement, j’en effectue ce jour une lecture toute personnelle.

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime

Le rêve pénétrant, me connaissant, c’est à prendre au sens propre. Mais, le coup de la femme inconnue qui t’aime et que tu aimes, c’est juste du conte de fées. Cela me rappelle cette pub : « Tout d’un coup, un inconnu vous offre des fleurs ».  Je ne crois pas du tout au coup de foudre, mais plus à un lent apprivoisement commun.

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Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

C’est vrai qu’internet nous donne le tournis côté filles de rêve.  Les photos de beautés retouchées défilent sans discontinuer dans nos fils d’actualité Facebook ou nos dashboards Tumblr. Pour la renaissance perpétuelle,  je suis plus habituée à celles qui changent de PP ou de compte Twitter tous les trois quatre matins comme certaines drama queens de ma TL. Voire même à celles qui créent de nouveaux comptes et que je reconnais toujours même avec un autre pseudo et un autre avatar (c’est le côté sorcière du numérique).

Sinon, à mon avis, on peut aimer sans comprendre. Ce serait préférable pour elle, car si elle veut me comprendre, bonjour le boulot ! Sauf, si elle est psy expérimentée ou extralucide (et encore).

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Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème

Oui, je pense qu’elle serait bien la seule ! Moi même j’essaie de me comprendre depuis toujours et je n’ai toujours pas compris. Cependant, si elle accepte mon indépendance, mon besoin de solitude ou mes moments plus darkness, alors elle m’aura un peu cernée et pourra surtout me supporter.

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Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Euh là, là… C’est non !  Je n’aime pas les filles qui pleurent (ni les mecs non plus). Si tu veux me rafraîchir, une bonne petite douche prise en commun fera l’affaire (ou pas). Après, si elle n’a pas peur d’exprimer ses émotions, qu’elle est sensible, à l’art ou à la beauté par exemple, je ne dis pas non.

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Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.

Moi aussi, je l’ignore. Je peux juste trancher en matière de bière, mais en matière capillaire peu m’importe. Là, si tu captes que je ne trouve déjà pas UNE femme, je ne vais quand même pas être difficile sur l’option couleur de cheveux ! Je la veux surtout active, intelligente et cultivée. Pour le reste, si elle est belle, ce sera un plus qui me la fera aimer à la folie (vaut peut-être mieux pas me connaissant).

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Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Comme j’ai fait barrage à la Marine, même si son nom à la consonance d’une exilée cela ne me dérangera pas du tout. J’aime les voyages, travailler avec des gens du monde entier et l’autre ne me fait pas peur.

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Son regard est pareil au regard des statues,

Franchement avez-vous déjà vu un regard de statue ? Oui, c’est pas ça, non ? A-t-elle un regard dur ou doux ? A vrai dire, si elle sait ce qu’elle veut, c’est bien mieux pour moi.

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Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Le ton de la voix d’une actrice de l’âge d’or d’Hollywood ça m’irait bien. La voix de Cate Blanchett dans la Pub « Si » de Giorgio Armani me comblera dans tous les cas (et l’italien… je meurs).

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Smells like teen spirit

C’est cette série triste « 13 reasons why » qui m’a rappelé le temps où moi aussi j’étais ado. Cela fait des lustres. C’était au siècle dernier.

En choisissant une option particulière, j’étais entrée dans un de ces lycées de centre ville.  Tous les matins je prenais le bus pour quitter ma banlieue afin de m’y rendre. Il fallait encore plusieurs bonnes minutes de marche pour l’atteindre après avoir traversé de longues rues commerçantes. C’était un peu de liberté avant de m’enfermer dans ce lieu un peu austère. Il y avait là des antiquaires remplis de trésors mystérieux, une librairie fabuleuse, une herboristerie aux senteurs incroyables et pour le malheur de ma silhouette une merveilleuse boulangerie-pâtisserie. Cette dernière produisait de sublimes pains au chocolat ainsi que de délicieux et gigantesques florentins.

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Je devais ensuite contourner un immense monument historique avant de gagner la porte d’entrée du bahut. Mes pas résonnaient sur les pavés qui étaient ultra casse gueule en hiver. Là, je devais montrer patte blanche. Le lycée était là derrière de très hautes portes. Il s’élevait sur de nombreux étages en un dédale de couloirs et d’escaliers. L’édifice datait probablement du 19ème siècle même si une aile semblait plus récente.

J’étais élève de 2ème C, c’était bien avant la réforme des sections. On nous disait que nous étions l’élite. Les matheux. Moi, je n’avais rien choisi, c’était le système qui avait choisi pour moi. Je vois qu’aujourd’hui rien a changé. Il y a les « S » et ceux qui ne peuvent pas entrer en « S ». Mais, alors que les maths n’avaient jamais été un problème pour moi, elles l’étaient devenues cette année là. Et quand on est très moyen dans une classe de matheux, on devient invisible. J’avais une paix royale. J’étais hors jeu de la grande compétition.

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Si scolairement c’était un peu la galère à cause des maths, pour le reste j’avais trouvé la vie au lycée géniale. Bien plus mature que le collège et ses harcèlements idiots. Etait-ce réellement plus cool ou plus hypocrite ? Le fait est que j’appréciais l’ambiance. J’avais noué une amitié avec une très belle fille de ma classe : Sandrine. Elle était magnifique. De long cheveux bruns lisses, de beaux yeux dorés, un corps élancé et athlétique. Tous les regards étaient sur elle. Cette dernière, quant à elle, s’émerveillait de mes qualités artistiques :  mon joli coup de crayon et la justesse de mon ton pour les récitations. Hélas pour moi, elle préféra un intello bavard comme binôme. Il l’aida pour faire ses exos de maths avant qu’elle ne tombe dans ses bras. Occupée par ses amours, elle devint ensuite un peu plus distante.

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Je me rabattis alors sur une redoublante P. La fille était de fait plus mature, mais aussi sympa et réservée. Nous avions d’interminables conversations. Elle aimait que je lui lise mes romans de SF ou mes articles polémiques sur le film militariste des jumeaux réalisateurs du lycée. Sur le chemin du retour, nous discutions des derniers potins, nous moquions du prof d’anglais aux postillons ou choisissions le prochain film que nous irions voir. Nous rêvions du futur, des lendemains qui chantent, de l’espoir d’une vie meilleure que celle que nous connaissions à la maison. Nous avions encore la foi dans le rôle émancipateur du savoir, de pouvoir nous élever au delà de notre condition de naissance.

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Par hasard, au milieu de ce labyrinthe, j’avais aussi recroisé une amie intime d’enfance, Agnès. Elle n’avait pas changé, physiquement, depuis que nous nous étions perdues de vue après son déménagement. Cependant, mentalement, nous étions devenues très différentes. Et globalement, il ne me fallut que peu de temps et de paroles pour comprendre que nous n’avions plus rien à nous dire. Elle était exubérante et futile, j’étais discrète et réfléchie. C’était comme si le destin avait voulu que je tourne une page. Comme un ultime adieu à l’enfance.

Cette année de seconde est sans doute la plus difficile que j’ai connue. Mais, paradoxalement, je n’en garde pas un mauvais souvenir. J’avais atteint mes limites, voilà tout. En même temps, j’avais structuré ma pensée, conforté mes ambitions et rencontré ma meilleure amie. Que pouvais-je rêver de mieux ?

* Photos extraites de la série « 13 reasons why »  diffusée par Netflix. 

Les faux lovers (et les autres)

Pendant que les affaires suivent leur cours avec la mystique, qui semble bien plus complexe qu’au premier abord, je viens poser ici quelques réflexions sur les comportements de certains dans ma TL. J’aurais pu en rédiger un article sérieux que j’aurais publié ailleurs, mais cela fait tellement écho à mon passé conté dans mon roman « Les âmes étreintes » que j’ai préféré l’évoquer en ces lieux.

Cette semaine, une femme sympathique parmi mes followers a fait appel à moi pour l’aider à résoudre un problème. Cette femme, lesbienne, était en contact avec une twitta assez bien cotée sur Twitter ( > 10 KE d’abonnés ) depuis presque un an. Après doutes et embrouilles, voilà qu’elle découvre que la twitta en question était en fait un homme.

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Personnellement, je n’ai rien contre les hommes qui ont des penchants pour les lesbiennes. J’en compte certainement de très nombreux dans ma TL, mais généralement ils se tiennent tranquilles ou tentent juste une plaisanterie de temps à autre. Et puis j’ai beaucoup d’indulgence pour les faiblesses humaines. Le soucis c’est quand certains jouent à un jeu pervers avec certaines femmes seules et un peu trop naïves.

Ainsi, le type s’était fait passer pour une belle jeune femme en prenant grossièrement le physique d’une actrice de série TV US (Phoebe Tokin). C’était une manipulation plutôt bas de gamme, facilement détectable avec Google image, mais comme cette amie ne regardait jamais la TV par choix, elle n’y avait vu que du feu. Juste un beau conte de fées où une jolie princesse tombait dans ses bras. Mais, les contes de fées n’existent pas. Sur la durée, il est certain que cette quadragénaire avait ressenti des sentiments pour cette personne (l’homme en question) avec qui elle avait échangé nuit et jours pendant de nombreux mois.

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Maintenant qu’il a été démasqué, l’individu refuse de lui donner toute explication. Cela me fait en conclure qu’il n’a sans doute pour seule finalité que la perversion. Seul un tel état d’esprit lui a permis de tenir autant de temps en mentant.  Il a par ailleurs, sentant le vent du boulet très proche,  créé d’autres comptes avec lesquels il harcèle d’autres amies. Il est même venu me narguer ( et vaguement me menacer ) dans mes DM.  Je ne citerai pas ses comptes ici. Cependant, je l’informe via ce billet, que je vais garder – d’une manière ou l’autre – un oeil sur lui. Si je vois qu’il s’attaque de nouveau à des personnes de mon entourage, je n’hésiterai pas à le signaler. Nous avons en notre possession moult preuves de sa véritable identité et des différentes manipulations réalisées.

Là, je vais passer sur le moment faible de ce billet. Oui, là où je rappelle des vérités que personne ne suivra. Le monde d’internet n’est pas un monde de Bisounours. C’est juste le monde, mais caché derrière un écran. Alors oui, cela donne beaucoup de liberté pour s’exprimer (même si de plus en plus surveillée : coucou à nos amis les analystes). Mais, même si ce monde est virtuel, vos âmes présentes ici sont elles bien réelles. Alors, comme vous ne laisseriez pas rentrer quelqu’un IRL dans votre intimité, faites en autant ici. Les intentions des faux lovers ne sont pas toutes mauvaises, mais elles peuvent l’être, vraiment. Toutes les pires intentions du monde peuvent se trouver là, au coin de votre blog, au coin de ce réseau social que vous aimez tant. Alors, vous souffrirez probablement.  Votre amour propre trinquera certainement, votre compte en banque aussi et votre santé mentale peut-être.

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Alors, vous ferez – quand même – les erreurs que je vous signale là. Sans doute n’écouterez vous pas, car vous êtes plus intelligent que la moyenne des braves gens qui se font avoir. Sans doute ne tiendrez vous pas compte de mes rappels à la prudence, car cela NE PEUT PAS vous arriver. Cela vous arrivera. Mais, maintenant vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. Nos amis les super riches grâce à nous du net le savent bien puisqu’ils ont tous créé des fonctions « Unfollow », « bloquer », « signaler ». N’hésitez pas à les utiliser. Si malgré tout, vous avez un coup de coeur pour l’un ou l’une de ces faux lovers,  sachez que le plus fiable ( je ne dis pas le plus infaillible ) pour connaître une personne avant une rencontre physique est la caméra. Allez sur Skype (par exemple) et demandez de voir la personne. Vous pouvez rester invisible de votre côté pour commencer. Si la personne refuse, warning de chez warning. Mieux vaut être méfiant(e) que souffrant(e).

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Après tout ça – je vous avais bien dit que c’était le moment faible de ce billet – si vous n’êtes pas devenus parano, vous serez un peu plus éclairés. Et vous pourrez naviguer en connaissance de cause. Le net n’est PAS QUE dark. Le net est aussi beauté, liberté, amitié et fraternité. La toile relie les gens et ne fait – PAS QUE – les attraper pour mieux les dévorer ensuite. C’est aussi un merveilleux moyen d’entrer en contact avec tout l’amour du monde. Toute la gentillesse qui existe. Allez vers ceux qui vous élèvent plutôt que vers ceux qui vous maintiennent dans l’obscurité. Aidez vous pour lutter contre les faux lovers, mais pas qu’eux. Aidez vous pour aller vers le meilleur.

Pour ma part, j’ai renoncé à l’ombre. Cette dernière ne m’apportait qu’encore plus de solitude et de souffrance. La lumière vous expose un peu plus, mais si vous le faites de façon raisonnable, vous pouvez faire ici de jolies rencontres amicales ( voire plus ). Et ainsi, juste pour un jour,  juste pour un instant, vous vous sentirez enfin vivant et un peu moins seul dans l’univers. Have a nice day my friends.

 

Lune obscure

Chère ange de l’ombre,

Tu auras noté que depuis quelques jours, je me suis peu à peu éloignée de toi. En effet, la lune obscure n’éclaire jamais la nuit et j’ai besoin de voir un peu de lumière au bout du tunnel. Alors que le printemps pointe ses premiers rayons sur nos peaux affamées, j’ai envie d’un peu de chaleur, pas d’un retour à l’hiver.

Tu es sublime ma beauté fatale, ténébreuse à souhait. Mais, ton âme est torturée. Et je n’ai plus la prétention – non jamais – de sauver les personnes qui ne veulent pas se sauver elles-mêmes. Je laisse cela aux spécialistes. J’ai déjà bien assez de mal d’apprivoiser mes propres démons.

Tu mérites qu’on s’intéresse à toi et tu es sans doute plus intéressante que tu ne le crois. Mais, tu glisses sur une pente que tu auras bien du mal de remonter si tu la descends trop. La vie est si courte ma belle, même si la tienne te semble infinie. La vie est pourtant si fragile. Et je n’ai plus beaucoup de temps avant la nuit.

 

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J’ai aimé ta folie, le volcan qui brûle en toi. Mais, je ne veux plus être brûlée, je veux juste être réchauffée. Je veux de la simplicité et tu es trop complexe. Je n’ai plus la force de m’embraser de passions vaines. Je n’aspire plus qu’à un amour serein.

Les amours Ethernet ne sont pas éternelles. Ici tout est plus intense et s’achève plus rapidement. La connexion s’effectuant d’âme à âme, il n’y a pas d’interférences. Et quand le lien est rompu pour une raison ou une autre, c’est terminé. Plus rien ne passe. Alors, oui, c’est un adieu.

Cependant, je reste dans le coin, si tu souhaites les mots d’une amie. Mais, ce seront des mots sages, des mots d’amitié ou des jeux de mots. Plus rien de ces histoires torrides qui t’étourdissaient. Mes mots seront chastes, rangés et polis. Ils t’indiffèreront sans doute jusqu’à l’oubli. Mais, sache que je n’ai jamais, pour ma part, oublié une de mes histoires du net. Elles sont toutes là quelque part, dans la mémoire du réseau, égarées sur un site ou un autre, pour toujours peut-être.

Julia.