Quand le rock est toujours vivant

Ce week end, comme j’étais sur Paris pour mon travail, j’en ai profité pour me rendre au Download Festival qui avait lieu sur l’ancienne base aérienne de Brétigny en banlieue parisienne. Je n’avais jamais participé à ce genre d’évènement. Plus jeune, je n’osais pas. Maintenant, arrivée à mi-parcours, je souhaite réaliser ce que je n’ai jamais fait jusque là. Quelqu’un m’a dit récemment que je devais passer le reste de ma vie à me faire plaisir. Et c’est bien mon intention tant que j’en aurais l’envie et les capacités physiques.

Donc, voilà, après un voyage en RER C trop long, j’ai débarqué avec beaucoup d’autres à la gare de Brétigny. De là, comme il faisait beau, j’ai suivi le troupeau le long d’un itinéraire fléché et encadré pendant une grosse demi-heure.

J’ai mené cette longue marche à mon rythme, doublée par une majorité de jeunes dont pas mal d’étrangers. Beaucoup portaient des sacs à dos dans l’optique de camper et de rester les trois jours sur place. Evidemment, tous avaient revêtu les insignes de leurs goûts musicaux. Le noir était la couleur de base sur lequel se dessinaient les sigles de leurs groupes préférés. Les filles arboraient en masse le short de jean sur des collants résille et avaient souvent les cheveux colorés. J’avais moi-même mis un t-shirt aux couleurs de Linkin Park pour ne pas trop dépareiller.

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Dowload festival Paris 2017 – Photo Julia Vernier

Arrivée sur place, tout était bien indiqué et organisé. Nous étions fouillés au corps avant de passer à la vérification des billets. Peu après, je récupérai un bracelet munis d’une puce qui me permettrait ensuite de payer aux différents bars et autres crêperies du lieu. Après toutes ces formalités, je m’installai tranquillement dans l’herbe attendant le premier groupe au niveau du main stage 1. De là, j’entendais la musique qui provenait du main stage 2 tout proche.  Mais, le spectacle était aussi en dehors de la scène. De mon lieu de verdure, j’observais avec amusement les festivaliers déguisés en licorne ou en Dark Vador, les hommes en kilt et les filles sexy aux cheveux violets. Sous le soleil beaucoup de garçons avaient laissé tomber le haut. J’admirai leurs tatouages colorés. Pas mal de gens semblaient être venus en famille.  L’ambiance était sympa et bon enfant.

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Pierce the veil au Download Festival Paris 2017 – Photo Julia Vernier

Côté musique, rapidement j’assistai au passage des énergiques Pierce the veil , des rockeurs américains sautillants. Ils furent suivi par les norvégiens métalleux de Kvelertak. Leur leader barbu et aux cheveux longs semblait comme sorti tout droit des légendes vikings. Il avait le torse nu et arborait une frise de tatouages sur les pectoraux. Dans la fosse, certains festivaliers enchaînaient les rondes et les pogos comme dans une transe sauvage et très physique.  Le groupe fera la première partie de Metallica à Bercy en septembre.

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Kvelertak au Download Festival Paris 2017 – photo Julia Vernier

Alors que les américains de Blink-182 s’élançaient sur la scène, j’en profitais pour m’éclipser rapidement pour une pause technique avant d’aller me chercher de quoi me restaurer. Je revins pour assister à la fin de leur concert un peu  à l’écart. Je filai ensuite m’installer face au main stage 2 pour entendre en vedette Gojira , le groupe de métal français. Alors qu’il existe depuis plus de vingt ans, le groupe a connu la notoriété après avoir été (un peu) médiatisé suite à leurs nominations aux derniers Grammy awards.  Ils ont envoyé du lourd et du Magma entre deux messages positifs.

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Blink-182 au download festival Paris 2017 – photo Julia Vernier
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Gojira au Download festival Paris 2017 – Photo Oui FM Edit : Julia Vernier

Au soleil couchant, la journée musicale s’acheva avec Linkin Park qui enchaîna – heureusement pour moi – ses anciens titres avec ceux de son dernier opus One More Light. Entendre Numb en live est toujours un plaisir. J’étais aussi heureuse de reprendre en coeur de nombreux morceaux que j’avais si souvent écoutés. Même si les nouveaux titres n’avaient pas la puissance des anciens, le mélange était agréable à l’oreille. Après  1h45 de concert, les américains semblaient satisfaits de leur prestation et de l’accueil chaleureux du public du Download Festival. Pour moi, c’était juste trop court, mais c’était le jeu de ce genre d’évènement parfaitement organisé.

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Linkin Park au Download Festival Paris 2017 – Photo Julia Vernier

Alors qu’il était 23:30, j’accompagnai la foule vers la sortie et les navettes qui nous ramenaient dans le calme jusqu’à la gare. Comme beaucoup d’autres, j’étais fatiguée. J’avais pris des coups de soleil et des ampoules aux pieds, mais j’étais heureuse d’avoir partagé la ferveur avec d’autres passionnés de musique rock et métal. Car, oui, le rock est toujours aussi vivant !

Smells like teen spirit

C’est cette série triste « 13 reasons why » qui m’a rappelé le temps où moi aussi j’étais ado. Cela fait des lustres. C’était au siècle dernier.

En choisissant une option particulière, j’étais entrée dans un de ces lycées de centre ville.  Tous les matins je prenais le bus pour quitter ma banlieue afin de m’y rendre. Il fallait encore plusieurs bonnes minutes de marche pour l’atteindre après avoir traversé de longues rues commerçantes. C’était un peu de liberté avant de m’enfermer dans ce lieu un peu austère. Il y avait là des antiquaires remplis de trésors mystérieux, une librairie fabuleuse, une herboristerie aux senteurs incroyables et pour le malheur de ma silhouette une merveilleuse boulangerie-pâtisserie. Cette dernière produisait de sublimes pains au chocolat ainsi que de délicieux et gigantesques florentins.

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Je devais ensuite contourner un immense monument historique avant de gagner la porte d’entrée du bahut. Mes pas résonnaient sur les pavés qui étaient ultra casse gueule en hiver. Là, je devais montrer patte blanche. Le lycée était là derrière de très hautes portes. Il s’élevait sur de nombreux étages en un dédale de couloirs et d’escaliers. L’édifice datait probablement du 19ème siècle même si une aile semblait plus récente.

J’étais élève de 2ème C, c’était bien avant la réforme des sections. On nous disait que nous étions l’élite. Les matheux. Moi, je n’avais rien choisi, c’était le système qui avait choisi pour moi. Je vois qu’aujourd’hui rien a changé. Il y a les « S » et ceux qui ne peuvent pas entrer en « S ». Mais, alors que les maths n’avaient jamais été un problème pour moi, elles l’étaient devenues cette année là. Et quand on est très moyen dans une classe de matheux, on devient invisible. J’avais une paix royale. J’étais hors jeu de la grande compétition.

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Si scolairement c’était un peu la galère à cause des maths, pour le reste j’avais trouvé la vie au lycée géniale. Bien plus mature que le collège et ses harcèlements idiots. Etait-ce réellement plus cool ou plus hypocrite ? Le fait est que j’appréciais l’ambiance. J’avais noué une amitié avec une très belle fille de ma classe : Sandrine. Elle était magnifique. De long cheveux bruns lisses, de beaux yeux dorés, un corps élancé et athlétique. Tous les regards étaient sur elle. Cette dernière, quant à elle, s’émerveillait de mes qualités artistiques :  mon joli coup de crayon et la justesse de mon ton pour les récitations. Hélas pour moi, elle préféra un intello bavard comme binôme. Il l’aida pour faire ses exos de maths avant qu’elle ne tombe dans ses bras. Occupée par ses amours, elle devint ensuite un peu plus distante.

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Je me rabattis alors sur une redoublante P. La fille était de fait plus mature, mais aussi sympa et réservée. Nous avions d’interminables conversations. Elle aimait que je lui lise mes romans de SF ou mes articles polémiques sur le film militariste des jumeaux réalisateurs du lycée. Sur le chemin du retour, nous discutions des derniers potins, nous moquions du prof d’anglais aux postillons ou choisissions le prochain film que nous irions voir. Nous rêvions du futur, des lendemains qui chantent, de l’espoir d’une vie meilleure que celle que nous connaissions à la maison. Nous avions encore la foi dans le rôle émancipateur du savoir, de pouvoir nous élever au delà de notre condition de naissance.

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Par hasard, au milieu de ce labyrinthe, j’avais aussi recroisé une amie intime d’enfance, Agnès. Elle n’avait pas changé, physiquement, depuis que nous nous étions perdues de vue après son déménagement. Cependant, mentalement, nous étions devenues très différentes. Et globalement, il ne me fallut que peu de temps et de paroles pour comprendre que nous n’avions plus rien à nous dire. Elle était exubérante et futile, j’étais discrète et réfléchie. C’était comme si le destin avait voulu que je tourne une page. Comme un ultime adieu à l’enfance.

Cette année de seconde est sans doute la plus difficile que j’ai connue. Mais, paradoxalement, je n’en garde pas un mauvais souvenir. J’avais atteint mes limites, voilà tout. En même temps, j’avais structuré ma pensée, conforté mes ambitions et rencontré ma meilleure amie. Que pouvais-je rêver de mieux ?

* Photos extraites de la série « 13 reasons why »  diffusée par Netflix. 

Les faux lovers (et les autres)

Pendant que les affaires suivent leur cours avec la mystique, qui semble bien plus complexe qu’au premier abord, je viens poser ici quelques réflexions sur les comportements de certains dans ma TL. J’aurais pu en rédiger un article sérieux que j’aurais publié ailleurs, mais cela fait tellement écho à mon passé conté dans mon roman « Les âmes étreintes » que j’ai préféré l’évoquer en ces lieux.

Cette semaine, une femme sympathique parmi mes followers a fait appel à moi pour l’aider à résoudre un problème. Cette femme, lesbienne, était en contact avec une twitta assez bien cotée sur Twitter ( > 10 KE d’abonnés ) depuis presque un an. Après doutes et embrouilles, voilà qu’elle découvre que la twitta en question était en fait un homme.

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Personnellement, je n’ai rien contre les hommes qui ont des penchants pour les lesbiennes. J’en compte certainement de très nombreux dans ma TL, mais généralement ils se tiennent tranquilles ou tentent juste une plaisanterie de temps à autre. Et puis j’ai beaucoup d’indulgence pour les faiblesses humaines. Le soucis c’est quand certains jouent à un jeu pervers avec certaines femmes seules et un peu trop naïves.

Ainsi, le type s’était fait passer pour une belle jeune femme en prenant grossièrement le physique d’une actrice de série TV US (Phoebe Tokin). C’était une manipulation plutôt bas de gamme, facilement détectable avec Google image, mais comme cette amie ne regardait jamais la TV par choix, elle n’y avait vu que du feu. Juste un beau conte de fées où une jolie princesse tombait dans ses bras. Mais, les contes de fées n’existent pas. Sur la durée, il est certain que cette quadragénaire avait ressenti des sentiments pour cette personne (l’homme en question) avec qui elle avait échangé nuit et jours pendant de nombreux mois.

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Maintenant qu’il a été démasqué, l’individu refuse de lui donner toute explication. Cela me fait en conclure qu’il n’a sans doute pour seule finalité que la perversion. Seul un tel état d’esprit lui a permis de tenir autant de temps en mentant.  Il a par ailleurs, sentant le vent du boulet très proche,  créé d’autres comptes avec lesquels il harcèle d’autres amies. Il est même venu me narguer ( et vaguement me menacer ) dans mes DM.  Je ne citerai pas ses comptes ici. Cependant, je l’informe via ce billet, que je vais garder – d’une manière ou l’autre – un oeil sur lui. Si je vois qu’il s’attaque de nouveau à des personnes de mon entourage, je n’hésiterai pas à le signaler. Nous avons en notre possession moult preuves de sa véritable identité et des différentes manipulations réalisées.

Là, je vais passer sur le moment faible de ce billet. Oui, là où je rappelle des vérités que personne ne suivra. Le monde d’internet n’est pas un monde de Bisounours. C’est juste le monde, mais caché derrière un écran. Alors oui, cela donne beaucoup de liberté pour s’exprimer (même si de plus en plus surveillée : coucou à nos amis les analystes). Mais, même si ce monde est virtuel, vos âmes présentes ici sont elles bien réelles. Alors, comme vous ne laisseriez pas rentrer quelqu’un IRL dans votre intimité, faites en autant ici. Les intentions des faux lovers ne sont pas toutes mauvaises, mais elles peuvent l’être, vraiment. Toutes les pires intentions du monde peuvent se trouver là, au coin de votre blog, au coin de ce réseau social que vous aimez tant. Alors, vous souffrirez probablement.  Votre amour propre trinquera certainement, votre compte en banque aussi et votre santé mentale peut-être.

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Alors, vous ferez – quand même – les erreurs que je vous signale là. Sans doute n’écouterez vous pas, car vous êtes plus intelligent que la moyenne des braves gens qui se font avoir. Sans doute ne tiendrez vous pas compte de mes rappels à la prudence, car cela NE PEUT PAS vous arriver. Cela vous arrivera. Mais, maintenant vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas. Nos amis les super riches grâce à nous du net le savent bien puisqu’ils ont tous créé des fonctions « Unfollow », « bloquer », « signaler ». N’hésitez pas à les utiliser. Si malgré tout, vous avez un coup de coeur pour l’un ou l’une de ces faux lovers,  sachez que le plus fiable ( je ne dis pas le plus infaillible ) pour connaître une personne avant une rencontre physique est la caméra. Allez sur Skype (par exemple) et demandez de voir la personne. Vous pouvez rester invisible de votre côté pour commencer. Si la personne refuse, warning de chez warning. Mieux vaut être méfiant(e) que souffrant(e).

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Après tout ça – je vous avais bien dit que c’était le moment faible de ce billet – si vous n’êtes pas devenus parano, vous serez un peu plus éclairés. Et vous pourrez naviguer en connaissance de cause. Le net n’est PAS QUE dark. Le net est aussi beauté, liberté, amitié et fraternité. La toile relie les gens et ne fait – PAS QUE – les attraper pour mieux les dévorer ensuite. C’est aussi un merveilleux moyen d’entrer en contact avec tout l’amour du monde. Toute la gentillesse qui existe. Allez vers ceux qui vous élèvent plutôt que vers ceux qui vous maintiennent dans l’obscurité. Aidez vous pour lutter contre les faux lovers, mais pas qu’eux. Aidez vous pour aller vers le meilleur.

Pour ma part, j’ai renoncé à l’ombre. Cette dernière ne m’apportait qu’encore plus de solitude et de souffrance. La lumière vous expose un peu plus, mais si vous le faites de façon raisonnable, vous pouvez faire ici de jolies rencontres amicales ( voire plus ). Et ainsi, juste pour un jour,  juste pour un instant, vous vous sentirez enfin vivant et un peu moins seul dans l’univers. Have a nice day my friends.

 

Les invisibles

Cela fait plusieurs jours que je traîne dans ma tête ce billet traitant du temps qui passe. De cette fatalité qui laisse des traces de son passage sur les humaines que nous sommes. Oui nous là, les femmes derrière nos claviers.

Alors, oui, nous avons l’air à la page. Nos avatars sont des ménagères de moins de 50. Nous tweetons avec les mots nouveaux et dièses du moment. Même si, tout de même, mieux orthographiés que la moyenne. Nous nous intéressons à des musiques de djeuns, des séries d’ados, des livres de…Euh non, pas les livres. Bref, nous nous sentons juste « up to date » . Toujours dans la course et encore cotées à l’Argus. Mais, il se trouve toujours quelqu’un ou quelqu’une qui à un moment nous rappelle que l’autre, oui celle qui vous fixe derrière son écran, cette femme là est périmée. Qu’elle a juste dépassé la date limite de consommation.

Personnellement, l’avancée en âge ne m’avait jamais perturbée plus que ça. J’ai toujours été très active. Même de trop. Je n’ai jamais vraiment été très coquette, ni trop maquillée. Je n’ai jamais eu d’attente vis à vis du regard des autres. J’ai vieilli paisiblement, tranquillement, sereinement. Surtout dans l’indifférence de mon corps et de l’image que je pouvais bien renvoyer à l’extérieur.

Mais, un jour, le réveil fut douloureux. Je dus me rendre à l’évidence, en me voyant sur des selfies.  Le temps, cette bitch, avait fait son oeuvre. Non, il ne m’avait pas oubliée. Les rides n’étaient pas profondes, mais le visage était un peu fané, le corps alourdi. J’avais une femme de mon âge réel devant les yeux et pas cette femme que je suis au quotidien dans la virtualité. Pour m’en convaincre, alors que je ne le fais jamais, j’ai transmis des photos actuelles de moi à certains de mes contacts internet. Et leur retour fut cinglant, perturbant et, au final, déprimant.

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Pour l’une, qui m’idéalisait, je n’avais plus aucun avenir avec elle. Pour l’autre, que j’intriguais, je n’avais plus d’avenir du tout. L’une et l’un continuant juste par politesse à rester vaguement en contact. Mais, ce qui était le plus effarant, c’était que d’une minute à l’autre, leur attitude avait totalement changé juste en fixant une photo de moi. J’avais brisé en un instant leur image rêvée de moi.

Alors, je repense à Camille Laurens et à son roman « Celle que vous croyez » où la problématique de l’âge est très présente. Elle s’y insurge contre la dictature du regard des autres, spécialement masculin, sur les femmes vieillissantes :  «Les hommes meurent plus jeunes. Peut-être. Mais ils vivent plus longtemps.» Lorsque j’ai lu ce livre, ce sujet ne m’avait pas marquée plus que ça. J’étais plus attirée par ses réflexions sur les relations virtuelles. Mais, maintenant, après coup, ces mots résonnent clairement en moi. Lorsqu’on ne renonce pas au désir, ni à l’envie d’être désirée par quelqu’un d’autre, on se soumet à son jugement. Et le résultat est dur et sans appel. «Quel super-pouvoir acquièrent les femmes de cinquante ans ? – Elles deviennent invisibles.»  INVISIBLES.

Cela me fait aussi penser à des blogueuses – plus ou moins féministe – dont j’aime les publications et qui écrivent parfois sur ces sujets. Elles assument plutôt bien leur corps comme Les pensées de Manu et veulent continuer de porter des trucs que les journaux féminins leur conseillent raisonnablement d’éviter comme Sophie Gourion. Ces femmes sont déraisonnables et c’est rassurant. Elles ne veulent plus être des invisibles. Mais, bien s’afficher, vaguement améliorée tout de même, sur les réseaux sociaux ou sur leur blog.

Seulement, je n’ai pas leur courage. Aujourd’hui, assommée par ces réactions, alors que j’aspirais à plus de transparence et à, éventuellement, changer de vie, je suis démotivée. Je pense maintenant qu’il est trop tard. Je suis vraiment devenue un fantôme (d’où le titre de ce blog). Et que les seuls frissons volés au temps, je ne les obtiendrai plus que par l’illusion. Comme la sorcière Melisandre de la série Game of Thrones. Dans la saison 6, nous avons découvert son vrai visage. En guise de collier magique, moi j’ai juste la boîte magique Internet et mes mots pour continuer de rêver de ce côté ci du monde.

 

 

L’indifférent

Depuis quelque temps, j’ai remarqué un homme. Partout où je vais, il est toujours là dans les parages. Lui. Le type parfait dont toutes mes copines sont amoureuses. Il a tout. La beauté et le talent. L’intelligence et la sensibilité.

Pour moi, il est tellement parfait qu’il ne peut exister. Et, je cherche le bug, l’erreur, le vice caché. Mais, RIEN.

Elles, folles de lui : « Tu sais, il comprend tellement les femmes. »

Moi, suspicieuse : «  Les seuls types que j’ai connu qui comprenaient les femmes, c’était juste pour mieux jouir d’elles ou les faire souffrir, ou les deux… ».

Le mec peut-il être réellement mal intentionné  ? Ou c’est moi qui projette sur lui tout ce qui fait que je ne peux en supporter un très longtemps ? Pourtant, il a l’air tout ce qu’il a de plus rangé et fidèle. Il affiche son couple idéal dans les soirées et sur les réseaux sociaux… Ah, ah, ah… Désolée, c’est nerveux.

Alors, mes copines soupirent et leurs soupirants enragent. Quand elles leur reprochent de ne pas être comme lui, ils se rebellent, me prennent à témoin : « Dis leur toi Jul qu’un type comme ça, c’est trop beau pour exister ! ». Je lève les yeux au ciel. Je voudrais leur dire qu’il est comme ci ou comme ça, mais non, je ne trouve vraiment rien. Même si les apparences sont généralement trompeuses, le mec ne semble pas tromper son monde.

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Et s’il était réel après tout ? Une perfection faite homme. Artiste touche à tout, engagé, courageux et féministe… Juste un truc qui m’agace un peu en lui : sa propension à donner des leçons aux autres mecs et à se mettre un peu trop en avant. Il a un côté exhibitionniste. Les copines me rétorquent : « Obligé, s’il veut être lu et écouté. » Eh bien oui, de nos jours faut savoir attirer le chaland quand on veut percer. Son personnage si attrayant les amènera à lire ses textes, à écouter ses chansons. Il a bien compris l’importance de la communication à l’époque où l’image et l’ego sont rois.

Bref, le garçon a fini par sérieusement m’intriguer moi aussi. J’ai voulu en savoir encore plus sur lui. J’ai lu ce qu’il écrivait. Et depuis, je n’écris plus ou si peu. C’est juste un putain de bon écrivain, avec un style moderne, direct et dense.  Le genre de jongleur des mots qui me confirme que je suis juste ratée ou que j’écris peut-être bien, mais que je ne pourrai pas faire mieux. Ai atteint mes limites. Point, à la ligne.

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C’est qu’il me parle ce coquin. De ses addictions passées si joliment et poétiquement décrites. Des choses qui le révoltent avec des jeux de mots qui dansent une volte sans vertugadin. Oui, il parle à mon esprit. Mais, il ne me parle pas à moi. En fait,  je l’indiffère. Dans une pièce, il irradie, pas besoin de lumière. Et comme des mouches, mes amies sont attirées par son aura. Sa copine n’est pas fâchée. Non, elle est fière de son succès et pas du tout jalouse. Ah, ah, ah… Encore désolée, c’est toujours nerveux.

Dans l’ombre, tel le fantôme que je suis, j’observe tout ce manège… J’écoute. Je n’en perds pas une miette. Combien de temps ce beau conte va-t-il durer ? Certaines espèrent. D’autres désespèrent. Les paris sont ouverts. Les maris sont vénères. Moi, je ris. Ces sont les nerfs…

Il y quelques jours, il m’a souri et m’a complimenté pour un bon mot que j’ai sorti. Et puis, après, plus rien. Même pas un petit bonjour. Le bougre, il est fort. Il a percé à jour le secret des femmes. Il ira loin. Notre monde lui appartient.

 

 

Je te fais visiter ma bibliothèque ?

Quand j’ai lu que Kemp, l’un des auteurs de mon site d’écriture possédait plus de six mille ouvrages, je me suis dis que mes bibliothèques débordantes étaient loin d’en compter autant. Cependant, tout comme lui, elles retracent une longue vie de lecteur, commencée pour lui à l’enfance et pour moi à l’adolescence.

J’en profite pour remercier mes profs de français de 6ème et 5ème de ne pas m’avoir dégoûté des lettres, mais plutôt d’avoir réussi à me transmettre leur passion de la littérature. Monsieur H. que ma mère croisait au marché tractant pour Lutte Ouvrière et qui eut la bonne idée de me retirer trois zéro par trimestre sur mes notes d’orthographe. Mademoiselle P., si élégante et érudite, qui nous invitait dans son petit appartement avec mes camarades du club théâtre pour  nous aider à confectionner nos costumes de scène (impensable aujourd’hui). Oui, je les remercie parce que chez moi il n’y avait presque aucun livre. Ma mère lisait seulement des magasines et mon père ne s’intéressait qu’au Canard enchaîné et à San Antonio.

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Ainsi, j’ai commencé ma carrière de collectionneuse en achetant mes premiers livres avec l’argent que me donnait ma grand-mère. Oh, ce n’était que des livres de poche mais, aujourd’hui, ils sont toujours là, dormant sur des rayons en bois. Pour mes premières acquisitions, j’ai privilégié des romans historiques et des témoignages. Et donc, nous commencerons par là pour la visite des oeuvres entassées dans mes bibliothèques. Là, se côtoient en vrac Jules César et Caligula, Louis XIV, Pierre Le Grand, Marie Antoinette et Joséphine ainsi qu’un grand nombre de témoignages de la seconde guerre mondiale. Période pour laquelle je me suis prise de passion avant de quitter le collège. Plus tard, j’ai acquis des oeuvres importantes comme « L’identité de la France » de Fernand Braudel.

J’ai débuté aussi, dès le collège, une collection d’ouvrages traitant de l’homosexualité masculine afin d’étancher ma curiosité sur ce sujet. Le « le jardin d’acclimatation » d’Yves Navarre a été mon premier choix avant de dévorer le reste de son oeuvre. Sont venus l’accompagner assez rapidement « Dans la main de l’ange »  de Dominique Fernandez et le « Satiricon » de Petrone. Plus tard, j’ai poursuivi entre autres avec de nombreux romans de Philippe Besson ainsi que pas mal d’autobiographies de stars homosexuelles.

Arrivée au lycée, à l’âge où la conscience politique se forge, je suis devenue féministe et donc j’ai donc entamé la lecture d’une série d’ouvrages associés : du « deuxième sexe » de Simone de Beauvoir à « XY » d’Elisabeth Badinter. Le lycée était aussi le temps où j’ai connu mes premiers émois de cinéphile, alors j’ai acheté quelques livres traitant de cet art ou de la vie des plus grandes stars de l’écran comme Marilyn Monroe. Mais, c’est aussi à cette époque que j’ai réellement commencé à m’intéresser au roman avec du bon comme du moins bon. Les grands auteurs y ont côtoyé des écrivains plus modestes d’ouvrages destinés à l’évasion.  Et là, nous sautons à la deuxième bibliothèque du salon. De cet amas foisonnant et bigarré, je ne garde que « Le choix de Sophie » de Styron, « Epaves » de Goodis,  Anne Rice et ses chroniques des vampires ainsi que les meilleurs livres de Houellebecq. Des oeuvres sombres et désespérées. Le reflet de mon âme.

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Outre d’abondants ouvrages d’art, mon autre passion, qui sont toujours difficiles à stocker, j’ai entamé bien plus tard des collections de BD à caractère historique. Tout cela prenant beaucoup de place, j’ai fait l’acquisition d’une troisième et très grande bibliothèque en chêne. Là, j’ai rangé les oeuvres complètes de Victor Hugo dans une belle édition reliée. Les auteurs humanistes sont bien ceux qui ont le plus d’influence sur moi.

Et, je vous épargne la description de toutes ces encyclopédies, ces ouvrages de voyage, ces beaux livres de cuisine, de santé, de bricolage qui occupent bien d’autres meubles ailleurs dans ma maison.

Depuis quelques temps, j’ai choisi la tablette pour lire mes derniers livres.  Je ne garde les quelques places qui restent que pour des ouvrages d’exception. Mais, le plus important, au delà du temps que je passe à errer sur Internet, je continue à lire. Et j’espère que ma bibliothèque iBooks croulera elle aussi bien vite sous les oeuvres numériques telles celles de Delphine de Vigan ou de Camille Laurens.

 

 

 

 

 

Et si on écrivait sur une plateforme d’écriture ?

Alors que j’écris dans des blogs depuis de nombreuses années, je n’avais jusqu’ici jamais publié de roman (ou seulement de courts textes) sur internet.

Mais, cela me démangeait depuis longtemps. Ainsi, en suivant sur Twitter quelques auteurs non professionnels, je tombai sur les plate formes où ils publiaient leurs oeuvres.

Je connus en premier la plate forme Wattpad et y publiai un premier roman que j’avais écrit dans ma jeunesse.

Ce site a été créé en 2006 à Toronto mais, il n’a commencé son essor qu’à partir de 2007. Il est à ce jour la plus grande communauté d’écrivains, lecteurs et remixeurs d’histoires avec plus de 34 millions d’inscrits. S’y côtoient des auteurs déjà publiés IRL jusqu’aux plus jeunes écrivains en herbe.

La plate forme te permet de publier ton oeuvre  chapitre / chapitre comme un feuilleton. Tu peux y ajouter une page de couverture, une présentation de l’oeuvre et des caractéristiques ainsi que des mots clés. Ces éléments permettent aux lecteurs de sélectionner les oeuvres à choisir et au site de cibler tes goûts par la suite.

Cependant, vu le faible nombre de lectures que j’ai eu, je pense que je n’ai pas dû cibler les bons mots clés. Alors afin d’accroître mon lectorat, j’ai fait un petit tour sur les oeuvres publiées par les auteurs que le site me proposaient.

Il s’agissait pour la plupart de jeunes adolescentes ou de jeunes adultes qui publiaient des romans décrivant leur environnement quotidien. L’adolescence, la vie au lycée et ses tracas, les petites amourettes… Le tout pas toujours bien écrit et avec énormément de fautes d’orthographe. Mais, cela ne semblait pas perturber le moins du monde leurs lecteurs car elles affichaient un volume de vues plutôt enviable. Je me demande toujours si je n’ai pas appris une autre langue par le passé et que la nouvelle n’est pas la leur.

Mais, passé cette barrière de l’orthographe, il y avait aussi pas mal d’idées. Certains, inspirés par les romans de fantasy, publiaient des choses intéressantes. Il y avait du potentiel et de la fraîcheur. J’annotai avec bienveillance leurs écrits. Je me souvenais qu’étant ado, je ne devais pas non plus écrire sans fautes. Et si ce genre de plate forme avait existé, j’aurais passé ma vie dessus.

L’intérêt que je vois à Wattpad est le nombre de lecteurs potentiel ainsi que la simplicité d’usage. J’apprécie particulièrement le fait de pouvoir intégrer des photos dans les chapitres. Il y a aussi un version mobile qui te permet de continuer ton oeuvre en dehors de ton ordi et de voir avec facilité les commentaires de tes lecteurs.

Alors que j’avais déjà publié deux vieux romans complets sans réel succès, je tombai un jour sur un commentaire d’un auteur Wattpadien que je suivais et qui parlait d’une autre plate forme : Scribay. Ce site avait l’avantage pour lui de disposer d’un lectorat plus mature et avec des oeuvres publiées de meilleures qualité.

J’ouvris un compte dans la foulée. La plate forme, créée en 2014 par deux français amateurs d’écriture, s’affiche toujours en bêta même si elle compte déjà de très nombreux auteurs et lecteurs. J’y ai, à ce jour, publié 3 oeuvres et pu remonter à l’un des créateurs qui me suivait, les constats suivants :

Les moins :

 – le démarrage d’une première oeuvre n’est franchement pas intuitive.
– Il m’a été impossible d’éclater un texte copié/collé en plusieurs chapitres. Suite à ma méconnaissance des fonctionnalités précédente, je n’avais pas compris que je pouvais créer autant de chapitres que je voulais.
– Contrairement à Wattpad, il est impossible de débuter plusieurs chapitres en mode brouillon sans publier. Et votre oeuvre est en mode public, cela peut être gênant.
– Il n’y a pas moyen non  plus de faire un plan avec les têtes de chapitre sans publier.
– L’éditeur de texte est pauvre avec aucune possibilité de rajouter des images, des liens… En 2016, c’est tout de même dommage.
– Il n’y a pas de version mobile alors que le site d’affiche comme un véritable réseau social.

Les plus :

– le site est français et les auteurs tout comme les lecteurs
– La qualité des oeuvres produites est nettement au dessus de ce que j’ai vu sur Wattpad
– la présentation des oeuvres y est claire et simple. L’affichage du début du premier chapitre est un plus pour attirer le lecteur (mais aussi pour le rédacteur s’il veut attrapé le lectorat)
– La possibilité d’entraîner son art en participant à des défis littéraires
– Le côté communauté d’écrivains qui te permet de rencontrer de nombreuses personnes de tous les âges partageant ta passion.
– les propositions d’amélioration sont encouragées et prises en compte

Le plus et moins : 

La relecture est franchement un point positif que ce soit sur l’orthographe, la grammaire et le style. Je suis plus mitigée sur les commentaires sur le fond de l’oeuvre. Certaines critiques sont très dures avec des remarques assez peu factuelles. Certes, le site veut se démarquer des dérives de Wattpad par une meilleure qualité mais, cette absence de bienveillance est préjudiciable selon moi au maintien des contributeurs.
Comme tout site gratuit, Scribay doit sans doute chercher à garder ses contributeurs afin de disposer d’une large audience. A cause de ces critiques non fondées, certains peuvent se braquer et quitter cette plate forme pour retrouver des rivages plus accueillants. Je pense surtout à mes petits ados de wattpad.  En ce qui me concerne, venant du blog, j’ai l’habitude des commentaires désobligeants. Et les critiques que j’ai eu étaient totalement légitimes.
Mon conseil pour ce site serait qu’il dispose soit de relecteurs habilités à encourager les auteurs en parallèle, soit que chaque relecteur auto-proclamé signe une charte de bienveillance.

Au final, vous l’aurez compris, au delà de ses insuffisances, Scribay est la plate forme que j’ai retenue pour y publier un roman qui me tient à coeur. Je veillerai pour ma part à ses évolutions en toute impartialité.

Quand tu ouvres un compte Wattpad

Eh bien oui, ça m’a pris comme ça. Comme une petite adolescente qui veut se lancer dans la création littéraire. Il faut dire que, de mon temps, ce genre d’outils n’existait pas. Alors, je me rattrape. Et je me régale à ressortir de vieux romans plus ou moins aboutis. Et, vous savez, j’adore les publier sur ce site en les retouchant à peine.

En fait, il y aura tellement peu de lecteurs, que je ne risque pas de me prendre la honte. Même si j’espère secrètement qu’il y aura au moins une personne qui se perdra sur mon compte et lira quelques passages. Et, si j’ai un petit commentaire positif alors, cela égaillera ma journée.

J’ai toujours écrit pour moi. Même si parfois je lisais mes romans à ma meilleure amie, la majorité de ma production restait secrète. C’est que j’ai toujours pensé que ce que j’écrivais devait rester confidentiel. En effet, je suis auteure de romans MxM (ou M4M ou BoyxBoy). Bref, des livres qui parlent de garçons qui aiment d’autres garçons. Et comme le fait remarqué l’une des jeunes écrivaines en herbe que j’ai lu sur Wattpad, je me suis toujours trouvée bizarre à cause de cette attirance.

Il n’y a que lorsque je suis venue sur internet et notamment sur Tumblr que j’ai découvert que ce que je rédigeais depuis tant d’années appartenait, en fait, à un genre littéraire en tant que tel. Ce constat m’a soulagé d’un poids. Non, je n’étais pas seule au monde et non, je n’étais pas  une tordue qui aimait des trucs salaces. Et non, toi aussi, chère jeune écrivaine de Wattpad, tu n’es pas une grosse perverse !

Writing Tools

Je ne suis pas psy pour donner des explications à cet attrait que nous avons pour ce genre de littérature, mais ce n’est pas pire que du Marc Levy ou un truc du type de « 50 nuances de Grey « !!!  Eh oui, les gens, nous sommes NORMALES !

Vous avez pu lire dans ce blog que j’ai été très loin pour pouvoir alimenter ma production avec des données réalistes sur la vie des gays. Je ne le conseille à personne. C’est trop perturbant sur le plan émotionnel. Les lectures et l’imagination suffisent bien après tout.

Alors, tremblez puritains et bigots, j’ai dans mes archives de quoi alimenter mon compte durant des mois 🙂  Vive le genre M/M et vive l’écriture !

Et si vous voulez me lire, vous me trouverez là –> https://www.wattpad.com/user/Jul_Vernier

La fille de la bibliothèque

L’autre jour, j’ai revu cette drôle de fille à la bibliothèque. Lorsque j’ai levé mon nez de mes bouquins, elle était là, me fixant avec insistance. A cet instant, surprise, elle en a perdu le stylo qu’elle mâchouillait. Ce dernier a roulé sur sa table puis, est tombé sur le sol. Elle s’est précipitée pour le ramasser mais, s’est cognée la tête en se relevant. Le bruit généré a fait se retourner sur elle une demi-douzaine de regards agacés. Paniquée, elle a remballé illico toutes ses affaires et a quitté la salle avec précipitation.

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En la voyant s’enfuir, j’ai juste souri en coin.

Je sais ce que j’aurais dû.

Mais, avec les filles gauches, je n’ai droit qu’à des ennuis.

Alors, je les fuis.

Je fuis la faiblesse que j’ai pour elles.

Le mec virtuel, quelle plaie !

Quoi ? Même pas un petit « Je t’aime ». Rien. Quand tu sais qu’il a lu ton dernier message il y a des heures et qu’il te fait mariner depuis (au mieux) ou qu’il t’ignore complètement vaquant tranquillement à ses autres occupations (le plus probable). Non, comme il dit « franchement tu te poses trop de questions Jul ! » Oui, c’est ça ! Et où tu songes de plus en plus à te dégoter une mignonne qui t’écriras des mots doux et n’oubliera pas de te souhaiter une bonne journée le matin. Oui, parce qu’un mec virtuel (même Bi) ça n’écrit pas plus qu’un mec réel en fait. Oui, parce qu’un mec virtuel ce n’est pas un mec de rêve, c’est juste un mec réel qui n’est juste PAS LA. Et même un mec virtuel potentiellement écrivain ça n’écrit pas plus. Dans tous les cas, les hommes se foutent complètement de ces petites attentions qui font nos jours et rendent plus douces nos nuits. Quand les mecs te font juste chier en réalité.

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Le seul truc que tu peux faire avec ton mec virtuel faute de lui arracher réellement les yeux, c’est d’imprimer sa pic et la découper consciencieusement en millions de confettis histoire de te soulager (un peu). Mais bon, deux minutes plus tard,  tu fais le pied de grue devant son blog ou son mur Facebook faute de pouvoir le faire devant sa porte. Non franchement rien n’arrive véritablement à te calmer.

Et puis tu t’imagines des trucs. Les pires. Tu hais déjà ces « bitches » qui « like » son dernier message sur Facebook (que tu n’as pas vraiment bien compris parce que t’es toujours autant une brêle en anglais) et tu t’imagines qu’il se trouve avec l’une (ou l’un) d’entre elles roucoulant bien physiquement. Et mettant en pratique tous tes conseils de drague, fier de sa toute nouvelle confiance gagnée grâce à toi. Bref, ces pensées toxiques te foutent gravement les nerfs. Et en fait, rien n’apaise la rage que tu sens monter en toi à mesure que les heures passent.

Il faut juste te rendre à l’évidence : il te manque cruellement. Tu l’aimes vraiment. Ta passion, elle, n’a rien de virtuelle et elle te fait souffrir bien factuellement. Oui, parce que le mec virtuel est aussi cruel que le mec réel. Et toi, tu as l’air aussi hystérique numériquement que tu peux l’être physiquement. Plus le temps passe, plus les mauvaises pensées t’assaillent comme de balancer sur le net une de ses « hot pics ». Mais bon, tu n’en fais rien (un truc trop définitif à ne réserver qu’en dernière limite).  Et tu te détestes de réagir comme ça car tu constates que tu ne vaux, toi non plus, pas mieux dans ce monde que dans l’autre. Ce monde n’est pas le monde des rêves, c’est juste une vague copie du vrai trafiquée sous photoshop. Ce n’est rien que le reflet déformé de tes sentiments, de tes actes et de tes pensées. Ce n’est qu’une réalité diminuée qui te désespère autant que ce qui est.

Hier, tu croyais que tu avais une vie plus belle ici. Aujourd’hui , elle n’ajoute que des douleurs supplémentaires à celles qui encombrent déjà ton esprit et ton cœur. Et tu ne peux que te rendre à l’évidence : le mec virtuel est aussi chiant que le réel.

PS : Quand en finissant ton billet, tu reçois juste un court message te disant qu’il est malade aujourd’hui et qu’il préfère lire un bon bouquin plutôt que de  te parler… Tu n’as plus qu’à te pendre, à écrire un livre ou à publier cette « fucking hot pic » sur un site BDSM juste histoire de rigoler (ou pas).