Love in the big city : mon avis

Lorsque j’avais vu le casting prévu pour ce kdrama, j’étais très intriguée. D’autant que le scénario tiré d’un roman de Park Sang-young semblait prometteur. Etait-ce le KBL qu’on attendait tous depuis si longtemps ? Un KBL à la hauteur des capacités du pays du matin calme.

Je dois dire que Love in the big city (LITBC pour les intimes) m’a fait la même impression que lorsque Where your eyes linger est sorti en 2020. Une étape dans les productions coréennes. C’est vrai que la multiplication des plateformes a permis plus d’audace aux créateurs. Mais de là à accrocher un jeune acteur prometteur et talentueux comme Nam Yoon-su (Extracurricular, The King’s affection…), on en rêvait seulement.

Alors que dire de cette série ? Est-ce un BL ? Un Kdrama avec une histoire gay ? Pour moi, c’est simplement un kdrama avec des personnages LGBT. Une série comme on peut en voir en occident. Et ces gays coréens vivant et aimant dans la grande ville ressemblent à ceux d’ici. Si loin, si proches.

Déjà côté écriture, le drama s’appuie sur du solide : le livre éponyme coréen à succès de Park Sangyoun. Une version française en a été publiée récemment aux éditions La croisée. L’auteur a contribué au script ce qui fait que la série est très proche du roman.

La réalisation est d’une belle qualité, sans esbroufe, juste au service des acteurs. Avec néanmoins quelques jolis moments comme cette scène de l’EP6 où Go Young rejoint Gyu Ho allongé sous la pluie sur une route de Bangkok. Un arc en ciel les recouvre comme pour le bénir. J’y vois de la folie (un peu), de la liberté (beaucoup) et de l’amour (passionnément).

Que dire du jeu de ces mêmes acteurs ? Alors oui Nam Yoonsu nous fait un grand numéro d’acteurs et on comprend pourquoi il a refusé d’autres Kdramas pour interpréter le rôle de Go Young. C’est ce qu’on appelle un rôle en or pour un acteur. Il a pu y montrer l’étendu de son talent. Il a tellement voulu s’imprégner du rôle qu’il n’a pas hésité à aller dans des clubs gay pour plus de réalisme. Au final, il campe un Go Young plus vrai que nature avec son humour, ses côtés diva et son absence de jugement des autres ou de victimisation. A l’heure où certains acteurs coréens veulent oublier leur participation à un BL, Nam Yoonsu n’a pas hésité à défendre la série et à répondre à ses détracteurs. Il peut vraiment être fier du résultat.

Le reste du casting est tout aussi au niveau avec en premier Jin Ho-eun qui joue un adorable Gyu Ho, le grand amour de Go Young. Leur histoire est tellement belle qu’on aurait voulu qu’elle dure éternellement. Peut-être qu’elle vit de façon infinie du fait de s’être achevée relativement bien. Personnellement, je veux croire que Gyu Ho va revenir de Chine et que les deux hommes vont renouer. C’est ce que j’ai pensé en lisant la fin du livre de Park Sang-young: « J’avais réécrit plusieurs fois mes mots sur la lanterne. […] Au bout du compte, je n’avais laissé que deux syllabes. Gyu Ho. Mon voeu. »

Après il est certain que les rôles des autres amants de Go Young sont un peu moins lumineux, mais ils brillent tout autant. J’ai bien aimé le jeu touchant de Kwon Hyuk (The new employee) dans le rôle du photographe un peu trop collant et pathétique avec ces « splendide » agaçants ainsi que le mystère et la douleur de Kim Won-joong, Habibi l’homme d’affaire inconnu qui ramène Go Young à Bangkok. Même dans le rôle du salaud de service Na Hyeon-wu est parfait en type toxique (les muscles et les tatouages en prime) qui refoule son homosexualité, mais la vit de façon débridée en privé (la scène la plus hot est avec lui).

Lee Soo Kyung est aussi une actrice talentueuse et j’ai adoré son rôle de Mi Ae la meilleure amie et colocataire de Go Young au début de série. J’ai trouvé leur complicité totalement rafraîchissante et amusante.

Après sa sortie très attendue, je suis encore sous le charme de cette série pourtant « binge watché » en une journée. Je suis accro au binge watching, mais j’apprécie aussi de regarder à petite dose les bons dramas. J’aime lire les commentaires et les théories de mes ami.e.s de la communauté des dramavores et du fandom BL. Je ne sais pourquoi cette série de 8 épisodes de 50mn a été diffusée ainsi (pour nous sur VIKI). Le fait est qu’elle était totalement sous-titrée en français. Peut-être pour éviter plus de buzz qu’elle n’en a eu avant sa diffusion. Je ne sais si ce buzz faisait partie de la promo, mais j’espère que cela a fonctionné et que ce drama aura eu le public qu’il méritait.

Alors oui, ce KBL ne s’achève pas comme un BL classique et si c’est ce que tu cherches, passe ton chemin. On est là dans une série réaliste et émouvante, sans être larmoyante. Même si le drama n’élude pas des sujets graves comme l’homophobie, le SIDA ou l’avortement, il ne se dépare pas d’un humour irrésistible. Au delà de la quête de l’amour, la série est surtout une quête de l’acceptation de soi qui permet de continuer à vivre malgré tout. Tout simplement une belle leçon de vie.

Un commentaire

  1. […] La réalisatrice à succès de TMS était de retour en octobre avec le sensible Let free the curse of Taekwondo. On attendait le clou de l’offre coréenne en ce dernier trimestre avec Love in the big city et j’avoue que je n’ai pas été déçue. La série est mature, réaliste, drôle et émouvante. Elle offre à Nam Yoon-Su un très beau personnage qu’il a su parfaitement interpréter avec subtilité et émotion. Même si ce drama n’est pas un BL au sens strict, il fera date pour la Corée. Personnellement, je n’avais pas vu une oeuvre aussi aboutie depuis longtemps. C’est tout simplement mon kdrama préféré de 2024. Vous pouvez retrouver mon avis ici […]

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