NourTheSeries : mon avis

J’en avais rêvé et ils l’ont fait. Il y a bien longtemps, j’ai écrit un BL avec des vampires et ce genre a toujours été l’un de mes favoris. J’ai été biberonnée à l’œuvre d’Anne Rice qui a toujours mêlé le sang, la sensualité et une certaine queeritude. Nombre d’œuvres cinématographiques comme Les prédateurs avec Susan Sarandon explorent aussi ce thème. Donc, même si j’étais un peu dubitative avant de démarrer cette série thaï, j’ai fini par en être agréablement surprise.

L’histoire

Après Revamp ou My golden blood qui m’avaient largement laissée sur ma faim (ou plutôt ma soif) l’année dernière, j’attendais beaucoup de ce Nour avec ses immortels suceurs de sang à la sauce thaïlandaise. Ken est un Nour lassé de la vie qui travaille comme médecin légiste et enquêteur pour retrouver le Nour tueur de Nours qui lui permettra d’achever son existence. Mais sa détermination va être ébranlée par un jeune collègue lui aussi en quête du fameux exterminateur.

Il faut dire que le scénario est un script original. Ce qui a beaucoup fait pour son intérêt dans un visionnage hebdomadaire, parce qu’en l’absence de références littéraires, c’était l’ouverture à des tas de théories chaque semaine. Chacun y allant sur son interprétation ou de ses supputations sur qui était qui. C’était un véritable plaisir de lire tous ces commentaires et je me doute que les acteurs et le réalisateurs s’en régalaient aussi. Néanmoins, je dois regretter que WETV ait diffusé les épisodes 9 et 10 en fast track, ruinant totalement cette dynamique de visionnage du fandom et l’engagement de ses fans. La logique du business qui prévaut sur le plaisir des spectateurs, j’espère qu’elle aura un jour des limites. En tout cas pour moi c’est un désabonnement immédiat après la fin de la série.

Le trope Vampire et homosexualité sont intimement liés depuis les origines au XIXème siècle. Autrefois le vampire était une métaphore des amours interdits et de l’affranchissement des normes, il est aujourd’hui icône flamboyante d’une sexualité pleinement assumée. Pas étonnant que nos amis thaï se soient appropriés ce thème dans le cadre de l’industrie du BL.

Dans cette série thaï, nous avons affaire à une réinterprétation moderne du mythe du vampire par les scénaristes de la série. Il n’y a pas de lien avec la mythologie thaïlandaise. Ici, le Nour est un immortel buveur de sang, mais il peut vivre à la lumière du jour et, ni les croix, ni tout le folklore à la Dracula ne l’atteignent. A l’image de Ken qui a essayé plus de 200 fois de mourir par tous les moyens (dans un premier épisode incroyable), il est difficile à tuer.

Comme je l’ai écrit sur X, la série m’a fait penser à l’oeuvre d’Ann Rice. Elle présente l’immortalité comme un état que peu peuvent endurer sur le long terme : de nombreux vampires tombent en dépression ou dans la folie et parfois ils mettent fin à leurs jours. Seuls certains, parmi les plus anciens, arrivent à survivre et à avancer. Louis, Armand, Magnus (le créateur de Lestat) étaient dépressifs et voulait mourir. Et dans les livres d’Ann Rice, le vampire rencontre un nouveau partenaire qui lui apprend de nouvelles choses (comme James apprenant à Ken à se servir d’un smartphone). Et une nouvelle raison de vivre.

La réalisation et la cinématographie

La réalisation a beaucoup fait aussi pour la réussite de la série. Boss Wasakorn Khumklaowiriya déjà réalisateur de Top Form en 2025, confirme son talent avec cette œuvre plus intimiste et psychologique que spectaculaire. Quelques scènes ont fait l’objet d’une génération via IA, mais cela reste vraiment mineur par rapport à l’ensemble de la série. Il a surtout centré sa réalisation sur ses acteurs avec un abondant usage de gros plans qui nous font partager les émotions des personnages.

J’ai apprécié, qu’à l’instar de nombreux metteurs en scène thaï, il intervienne durant la diffusion pour donner des explications autour de son œuvre. Comme toujours ces éclairages sont précieux.

À son actif plusieurs très belles scènes, dont la NC entre Chita et le Dr Jirat particulièrement somptueuse. J’ai beaucoup aimé aussi celle de l’arc en ciel avec James et Ken dans un genre moins gore. La cinématographie associée est soignée, même si le budget a sans doute été serré.

L’acting et l’alchimie des acteurs

L’interprétation est surtout ce qui a fait la différence dans cette série. Et quelle bonne idée de faire venir des acteurs de lakorn dans du BL. Même si on avait vu Tongtong Kitsakorn Kanogtorn jouer dans d’autres BL comme To sir with love et The wicked game, il n’était jamais dans un rôle BL (même si tout le monde l’avait shippé avec son garde du corps/assistant interprété par Inn dans cette série). Cet acteur confirmé a fait équipe avec un jeune débutant Boss Patthakarn Thanasiriudom. Ce dernier menait conjointement une carrière en entreprise et du mannequinat avant ce BL qui est son premier rôle. En dépit de cet écart d’expérience et d’âge, leur alchimie est parfaite et leur interprétation excellente.

Toey et Phoom en second lead sont aussi excellents. On avait vu Toey dans Top Form, mais son personnage n’était pas très développé alors que là le second lead a suffisamment de temps d’écran. Seules les meilleures séries peuvent y arriver. Toey est un acteur qui a plus de 10 ans de métier derrière lui et Phoom, même s’il a peu d’années dans l’industrie derrière lui, n’est pas débutant. Ils ont aussi un age gap, mais le couple présente une parfaite alchimie. Leurs scènes sur la fin de la série sont incroyables et ils vont laisser aux spectateurs un souvenir impérissable.

Il y a aussi un troisième ship dans la série entre deux petits étudiants, mais j’avoue que même s’ils sont mimi, ils m’ont laissée indifférente.

Nour est clairement une des meilleures séries de 2026. Même si la fin nous laisse sans réponses sur plusieurs sujets, elle était suffisamment explicite pour que chacun se fasse son avis. Un ou deux épisodes de plus n’aurait pas été de trop. Par ailleurs, je dois regretter qu’une polémique relative à une photo postée par erreur par TongTong sur Instagram ait brouillé un peu la hype sur la fin de la série. La photo est en lien avec sa vie privée et n’avait rien à voir avec la série. L’acteur s’est excusé sur les réseaux et surtout auprès de son partenaire qui joue gros sur la série pour la suite de sa carrière. J’espère que ce bad buzz ne nuira ni aux acteurs, ni à la série qui mérite de figurer dans les Top de l’année et autres récompenses.

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