Vous pouvez noter que j’ai rarement écrit des avis sur des séries BL cette année en dépit une programmation riche et variée. Le fait est que j’attends toujours l’exception pour me mettre à écrire et que ces exceptions sont tout de même assez rares. La série chinoise A winter sun wakes the wind in spring hills’ dream en fait partie. J’ai trouvé dans cette série une qualité et une richesse d’écriture plutôt remarquable en ces temps de prêt à consommé aussi vite oublié.
Le scénario
Cette série, centrée sur la romance entre une célébrité (Feng Qinglang) qui fuit le show-business et un cultivateur de thé libre d’esprit (Xu Changyang) dans les montagnes théières du Yunnan, est écrite avec soin. Elle se base sur un scénario de Zelia qui a adapté son roman graphique et qui est aussi la réalisatrice du show (entre autres). Cette scénariste raconte l’histoire sur plusieurs niveaux de compréhension, si bien que vous pouvez la suivre au premier degré ou alors creuser dans la symbolique des dialogues. Je ne suis pas vraiment au fait de la culture chinoise, mais je pense que la série s’appuie sur son héritage culturel proprement chinois pour en transcrire la beauté des paysages comme des peintures classiques, pour célébrer la tradition du thé ou en sublimer la poésie.
Outre la romance avec un age-gap pour les leads, la série explore le contraste entre le monde artificiel de la célébrité et la pureté de la nature. En se mettant au vert, Qinglang se déconnecte de ce monde factice et se reconnecte avec des valeurs plus saines. Néanmoins, Zelia ne fait pas de la nature un monde idéal, elle en fait quelque chose de réaliste avec ses dangers. Le drame qui intervient sur la fin prouve que ce lieu est source de beauté et de paix, mais aussi qu’il est aussi source de risques, même pour les plus aguerris.
Qi Hao Yu et Han Lu sont des acteurs qui tournent un remake (ou une nouvelle version) du drama dans lequel Feng Qinglang et son ex Shi Yuhao avaient joué ensemble il y a sept ans. Leur relation sert de reflet à l’ancienne histoire douloureuse entre Qinglang et Shi Yuhao : on y voit les dynamiques de couple dans le milieu du divertissement, les frontières floues entre jeu d’acteur et sentiments réels, les blessures, les malentendus et les choix difficiles liés à la célébrité. On y voit aussi la fragilité des acteurs face aux prédateurs qui pullulent dans le milieu. Ces fameux sponsors qui profitent des jeunes en quête de gloire.
La série n’élude en rien toutes les difficultés du secteur du divertissement à l’heure des réseaux sociaux. Les fans toxiques, les haters, la compétition, le rôle des agences pour aider les acteurs, rien n’est oublié. Zelia égratigne aussi la censure, la chasse aux acteurs au physique un peu trop féminin et l’homophobie de la société chinoise. J’ai adoré notamment le fait que Changyang devienne un soldat d’élite, soit ce qu’il y de plus virile dans cette société, tout en étant amoureux d’un homme. L’auteur se moque clairement de l’hypocrisie associée.
Les décors et la cinématographie
Contrairement à une majorité de séries tournées en studios, A winter sun… est filmée dans les montagnes chinoises de la région des producteurs de thé du Yunnan. La réalisatrice a véritablement profité du paysage et de ses couleurs pour filmer de magnifiques scènes. Outre ces décors naturels, la cinématographie est superbe et tout est fait pour que l’ensemble soit le plus réaliste possible. A noter les très longs plans séquences, notamment dans la maison de Changyang et l’absence de doublage. Ce qui rend la série très naturelle et bien en phase avec la déconnection et le retour à la nature souhaité. La scène des retrouvailles après leur première courte rupture est vraiment remarquable avec ces techniques. Que d’émotions !







L’alchimie et la qualité d’interprétation des leads
L’alchimie des acteurs est incroyable. Avec tellement de réalisme. Kuma et Liu Jing Yu ne jouent pas Qinglang et Changyang, ils sont vraiment ces personnages. Ils leur donnent vie avec tellement de vérité qu’on a presque l’impression de déranger à mater leurs embrassades et ébats passionnés. Il s’enlacent, se quittent, reviennent, s’enlacent de nouveau et souffrent encore d’être séparés. C’est sans doute l’un des plus beaux couples que j’ai croisé dans ma vie de BL fan et certainement le meilleur de l’année à cette date. Et ce qui est rare dans le flot de CBL, aucune toxicité dans le couple. Chanyang étant le plus green des tops. Green forest.
Kuma et Liu jing yu sont parfaits dans les rôles. Kuma en princesse ultra connectée et fatiguée de sa vie de star. Liu Jing Yu en jeune producteur de thé protecteur et follement amoureux de son acteur préféré. Ils sont plus vrais que nature dans l’expression de la passion qui les anime. Certains se sont dits frustrés parce que les scènes NC avaient été coupées et diffusées en parallèle contre rémunération sur une chaîne spécifique. On ne peut leur reprocher de vouloir rentabiliser la production. La diffusion plus confidentielle évitant par ailleurs des ennuis potentiels aux acteurs.
Hu Yi Chen et Huang Qi Xiu, les acteurs qui jouent Qing Tian et Wenshu, ne sont pas mauvais non plus, même si leur temps d’écran est limité. La performance de Hu Yi Chen restera gravée dans nos mémoires pour bien des raisons.
Cependant, je n’ai pas trop aimé le couple secondaire Qi Hao Yu (Guo Zongxu) et Han Lu (He Jiakai) que j’ai trouvé moins réaliste dans son jeu. Mais peut-être était-ce volontaire pour renforcer le contraste entre les couples.
L’OST
L’OST ma tapé dans l’oreille dès le premier épisode et, franchement, c’est la meilleure bande originale de 2026 à date. Elle a rejoint le club de mes musiques de BL favorites dans ma bibliothèque.
La majorité des musiques instrumentales a été composée par ZELIA (la réalisatrice/scénariste elle-même).
On trouve aussi des contributions de Roc Chen, ainsi que des chansons vocales interprétées par A Kun, Qin Jian et les deux acteurs principaux. L’ambiance générale est poétique, atmosphérique, douce et très cinématographique : beaucoup de cordes, de piano, de sons naturels et de mélodies qui collent parfaitement aux paysages de montagne et à l’émotion des scènes. La musique a un côté hypnotique et elle amplifie énormément le feeling healing et romantique de la série.
Tout ça pour dire que A winter sun… est une série BL incontournable de 2026. Je l’ai beaucoup aimée et elle va me manquer. Ce genre de CBL de qualité, j’en redemande. Je souhaite beaucoup de succès à Zelia et à la team ainsi que le meilleur pour nos deux leads exceptionnels.
