Histoire d’O.

«  Les fous, les marginaux, les rebelles, les anticonformistes, les dissidents…tous ceux qui voient les choses différemment, qui ne respectent pas les règles. Vous pouvez les admirez ou les désapprouvez, les glorifiez ou les dénigrer. Mais vous ne pouvez pas les ignorer. Car ils changent les choses. Ils inventent, ils imaginent, ils explorent. Ils créent, ils inspirent. Ils font avancer l’humanité. Là où certains ne voient que folie, nous voyons du génie. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent. »

Sur la route – Jack Kerouac.

J’avais revu l’eurasien. Lui aussi brûlait d’un feu que rien ne peut éteindre.

Cependant, contrairement à notre précédente rencontre fort chaude, cette fois nous étions restés sagement assis à parler dans ce bar. Moi comme d’habitude, je sirotais un verre de Champagne d’assez bonne qualité, lui un whisky sec.  On attaquait bille en tête sur tous les mouvements sociaux qui se préparaient suite à la loi travail de Macron et aux projets du gouvernement concernant les retraites. Il jubilait déjà des difficultés actuelles et futures rencontrées par le jeune président, un homme qu’il détestait cordialement. Mister O. était très engagé à la gauche de la gauche. Moi, même si j’avais toujours été progressiste, je haïssais les extrêmes. Par ailleurs, je trouvais que ces mouvements très à gauche manquaient de transparence et s’approchaient des pratiques sectaires. Je me doutais que ses convictions avaient une influence sur sa façon de voir le couple et la liberté dans celui-ci.

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Mais l’eurasien était surtout un homme blessé. Son ancienne compagne l’avait abandonné pour un mec sans doute moins bien que lui. Pour un salopard de capitaliste.  Alors, même s’il était open, il n’en était pas moins un homme. Et un homme assez fier. Il avait pris un coup à l’ego. Et il avait une soif plus ou moins consciente de revanche sur les femmes et les CSP+. Il draguait de la très jeune femme sur les réseaux, appréciait leur corps ferme et leur candeur. Cependant, il n’appréciait pas leurs rêves. Ces petites Lolita tombaient facilement amoureuses.  C’était le moment qu’il choisissait pour prendre la tangente. «  Ne tombe pas amoureuse de moi. » m’avait-il ordonné. Comme si les sentiments se commandaient sur étagère. J’avais un léger coup de coeur pour lui. Rien de bien méchant. Juste un petit pincement.

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A cause de son comportement, par ennui, par solitude, par nostalgie, j’avais renoué le contact avec mon musicos. Visiblement, mon évolution lui plaisait. Je me doutais qu’il devait m’observer discrètement depuis son écran. Nos discussions étaient maintenant plutôt cordiales et dépassionnées sur les réseaux. Je rêvais de nouveau de l’étreindre.

Dans mes longues nuits d’insomnie, je croisais des tas d’individus que mon mystère et mon aura attiraient. Il me fallait toujours être adorée et admirée. Cela devenait comme une sorte de drogue. Un mec n’attendait pas l’autre. Une fille succédait à une autre. Un déferlement de fantasmes noyaient mes messages privés, mes SMS,… J’avais abusé d’une nouvelle drogue, d’une nouvelle addiction. Ma quête était sans fin. Mais en voulais-je vraiment une ? Si ce n’était celle de la vie.

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Mister O. m’avoua un jour qu’il avait été marié. Il avait succombé à cette pratique bourgeoise pour faire plaisir à son ex. Il avait galvaudé sa liberté pour une femme qui l’avait brutalement jeté. Alors, après son départ, il s’était brusquement repris en main. Avait fait du sport et avait maigri. Toutes les mauvaises habitudes prises s’étaient envolées. Il voulait de nouveau se prouver qu’il était séduisant. Et, il l’était, sans aucun doute. J’aimais ses yeux, sa passion et son engagement. Je l’aurais bien volontiers écouté des heures. J’aurais refait le monde avec lui. Si seulement il m’avait laissé un espoir. Mais, ce n’était pas le cas. Qu’avais-je à espérer de lui hormis de l’amitié et des câlins ?

Il représentait pour moi une écoute. Une épaule sur laquelle me reposer. Sur laquelle déverser mon trop plein d’émotions vis à vis des choses incroyables que je vivais tous les jours. Il était là, sans jugement. Avec juste des conseils et une pointe d’admiration. C’était sans doute suffisant pour moi. Je n’avais pas la prétention d’exiger plus. Il était plus précieux qu’un amant.  Je n’avais jamais eu une telle complicité avec un homme depuis celui que j’avais quitté pour mener ma quête.

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Moi aussi j’avais été mariée. A un homme. Un homme plus vieux. Un homme que j’avais fait souffrir. Un homme qui avait pleuré lorsque je l’avais quitté avec une violence inouïe. Alors que ce dernier avait tout tenté pour me garder, je lui avais dit des horreurs pour qu’il me haïsse. J’étais devenu un monstre d’égoïsme. L’Armageddon, le destructeur des mondes, du monde qu’il avait créé pour nous. Un monde que j’avais rejeté parce qu’il n’était pas le mien. Qui ne l’avait jamais été. J’avais juste voulu tenté d’y vivre pour lui faire plaisir. Mais, avec le temps, les contraintes étaient juste devenues insupportables. J’avais repris ma liberté avec pertes et fracas. Le laissant brisé. En mille morceaux. Sans doute pour toujours. J’étais la plus forte dans cette histoire. Je l’avais toujours été.

J’étais partie sans me retourner. Sans hésitation. Ma quête était ma vie. Je n’avais d’autre choix. C’était un appel. Une évidence.

 

 

 

Sans retour

A mon retour de vacances, je m’attendais à une réponse violente de Simon suite à mon départ brutal. Mais, il ne se passa rien. Rien. Je pensais, au moins, être déchargée de mon projet. Eh bien, non. Tout continua comme si de rien n’était.

Cependant, même avec ce calme apparent, je restais sur mes gardes. J’avais encore en mémoire les yeux brûlants de colère de mon ex-soumis lorsque je lui avais dit que je ne reviendrai pas. Peut-être pensait-il que ce n’était qu’une phase et qu’un peu de distance nous ferait du bien à tous les deux ? Peut-être voulait-il faire mine de m’ignorer, histoire que cela m’agace d’être oubliée si rapidement ? Je ne doutais pas que Simon avait plus d’un tour dans son sac et de la patience.

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Le fait est que je n’entendis plus parler de lui, jusqu’au jour où je reçus un long et étroit colis de sa part. J’ouvris le paquet et j’y découvris un coffret en marqueterie orné d’arabesques d’ébène. L’objet semblait ancien et de grande qualité. Avec un peu d’appréhension, je soulevai le couvercle. A l’intérieur, au milieu du capiton de velours rouge, il y avait une badine de cuir noir ornée d’un pommeau sculpté en or blanc. La lettre «  J » était gravée à l’extrémité. C’était un travail précis et précieux. Au fond du boitier, il y avait une carte avec une simple phrase :

« Mais qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance. »  Charles Baudelaire.

Il n’y avait pas de signature, mais je me doutais que cela venait de Simon. Un bien étrange et ironique cadeau d’adieu. Je me remémorai à cet instant ma violence incontrôlée et ses fesses violettes. Je souhaitais chasser cette image de mon esprit. Je ne voulais pas être CETTE femme là. Je n’étais pas CETTE femme là. Mais, machinalement,  pendant que j’essayais de penser à autre chose, je fouettais l’air avec la badine. Le souvenir des sensations ressenties furent plus fortes que la raison. Je me sentis curieusement comme excitée. Comme si l’objet dans ma main était enchanté.

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En proie à je ne sais quel sortilège, je m’allongeai alors sur le canapé, relevai ma jupe légère et retirai ma culotte. Puis, je fis glisser lentement la badine entre mes petites lèvres, caressant le clitoris. Et, bientôt, comme possédée au contact de l’objet, je fis pénétrer le pommeau en moi. Peu après, je jouis dans un long râle de plaisir avant de m’assoupir.

Une heure plus tard, réveillée, j’essayai de comprendre ce qui avait bien pu se passer. Je dus me rendre à l’évidence. En dépit de mes dénégations, j’étais bien CETTE femme. Et rien n’était plus fort que le plaisir que je ressentais à être CETTE femme. Non, je n’avais même pas besoin de l’excuse de l’amour pour être celle que j’étais devenue. Après quelques hésitations, j’appelai Simon sous prétexte de le remercier. J’entendis de la jubilation dans sa voix. Comme s’il avait toujours été persuadé que le côté obscur était une voix sans retour pour moi. C’était seulement la fin du chemin. Le lieu où convergeait tous mes propres désirs. Je lui ordonnai de venir chez moi sans tarder.

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Quelques dizaines de minutes plus tard, il était là. Il se précipita à mes pieds comme le bon soumis qu’il était. Nos jeux m’avaient manqués plus que je ne l’aurais cru. Sa soumission était pour moi un puissant aphrodisiaque. Après l’avoir positionné nu la tête en bas sur le canapé, je lui attachai les quatre membres aux accoudoirs et aux pieds du meuble. Puis, je lui glissai un coussin sous la tête avant de venir m’assoir sur son torse et d’enserrer sa tête avec mes cuisses. Je me relevai par instant pour le faire respirer entre les coups de langue qu’il me prodiguait, avec délectation, jusqu’à ma rapide jouissance.

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A la fin de la séance, repu, il se mit de nouveau à genoux et sortit un objet de sa poche de veste griffée : « Je ne suis pas l’homme, ni encore moins la femme, de tes rêves, mais veux-tu quand même m’épouser ? » La bague était splendide. Toute fille normale aurait poussé des cris d’étonnement ou de joie. Toute fille normale aurait accepté ou aurait demandé à réfléchir, avant de tomber dans les bras de son amoureux. Mais, je n’étais pas une fille normale. Au contraire, j’étais en colère. Simon avait brisé le pacte qui nous liait. Pas de sentiments. Pas d’histoires. Juste du plaisir échangé et rien d’autre. Je ne comprenais pas ce brusque revirement. Ou alors je ne le comprenais que trop. Il voulait me lier à lui d’un lien plus solide que mes cordes de Shibari. Il était bien comme tous ces hommes cherchant à brider la liberté des femmes, à se les approprier, même sous couvert d’une apparente soumission.

« Dois-je me justifier d’être tombé amoureux de toi. Tu es juste parfaite pour moi. Tu es celle dont j’ai toujours rêvé. Nous sommes faits l’un pour l’autre. » Je me croyais dans un mauvais roman à l’eau de rose. De telles fadaises sortant de sa bouche étaient insupportables. Je n’avais qu’une envie, c’était qu’il se taise. Je levai la badine pour le frapper au visage, mais il l’arrêta net avant qu’elle n’atteigne sa joue. Puis, tirant sur la tige, il m’attira à lui. Il passa ses bras autour de ma taille et tenta de m’embrasser sur la bouche. Je le repoussai violemment sur le canapé.

Puis, je le rejoignis et le pris à la gorge avec une de mes mains. Je plongeai mon regard dans ses yeux sombre et j’enfonçai ma langue profondément dans sa bouche. C’était comme si, je voulais non seulement lui prendre ses lèvres, mais aussi son âme. A cet instant, je le sentis s’abandonner totalement. Tous ses muscles étaient comme relâchés. « Tu m’appartiens, c’est tout ce qui compte » lui murmurai-je. Lorsque que je retirai ma main de son cou, il ne put répondre qu’un petit : « Oui, maîtresse. »

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Plutôt dépité, il quitta les lieux. Il n’avait pas l’habitude au quotidien que les gens lui résistent, qu’ils ne se vendent pas pour son argent ou sa renommée. Et alors que je le voyais, par la fenêtre, s’éloigner en taxi, j’admirais les reflets de la bague en diamant qu’il avait oublié de reprendre. Il avait voulu m’acheter avec des babioles dont je n’avais que faire. Voulait-il avoir sa petite domina à demeure, histoire d’assouvir ses sombres désirs dans un cadre plus conventionnel ? Ce faux soumis verrait bien sous peu comment moi j’envisageais la suite de notre relation.

 

La passion au carré

Peu à peu, mon obscure attirance pour Quentin se transformait en quelque chose d’autre. Quelque chose de très fort et de très violent aussi. Quelque chose qui me faisait peur et qui me rendait addict en même temps. Quelque chose que je n’avais jamais connu. Quelque chose qui ressemblait à la passion, mais que je qualifiais plutôt, me concernant, de folie. Une chose totalement démente et incroyablement puissante lorsqu’elle était partagée. Une passion démultipliée. Comme au carré.

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Nous avions pris l’habitude avec le beau Quentin de nous retrouver chez l’un ou l’autre chaque jour. Et, chaque jour était prétexte à un nouveau scénario totalement fou. Et, aussi, à de nouveaux cadeaux de plus en plus sexy pour l’un et pour l’autre. Ainsi, après avoir copieusement alimenté ma collection de Louboutin, mon amant m’offrait chaque jour de nouveaux objets pour garnir ma panoplie de la parfaite Domina. De mon côté, après le collier à clous, différents bijoux pour décorer son joli corps, des sous-vêtements ultra-coquins, je lui fis présent d’un tube de lubrifiant XXL. Et comme si nous nous étions passés le mot, il m’offrit en retour un nouveau gode ceinture de bien meilleure qualité que celui que je possédais déjà.

Jusqu’à ce jour, même s’il en mourrait d’envie, il avait toujours repoussé le moment de m’abandonner les profondeurs de son intimité. Il jouait juste les soumis de base, léchant mes talons haut, nettoyant le carlage à quatre pattes, grignotant des croquettes pour chat ou lapant un bol de lait à même le sol de la cuisine. Moi, je passais mon temps à le vêtir de tenues sexy que je me faisais ensuite un malin plaisir de découper, avant de lui frapper délicatement ses jolies fesses rebondies. J’aurais voulu aller plus loin, mais peu avant de passer aux choses sérieuses, il préférait enfouir sa tête entre mes cuisses brûlantes pour me calmer avec sa langue agile.

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Cependant, en bon soumis voulant satisfaire son adorée, il savait qu’il ne pourrait plus longtemps remettre l’inéluctable. Et, en son for intérieur, il se doutait qu’il aimerait cela. Pour son dépucelage, il avait suggéré un lieu insolite. Je lui proposai un joli jardin public orné de sympathiques bosquets qui nous permettraient de passer à l’acte sans être dérangés. Il approuva d’un sourire ce choix digne d’un prince. Et nous nous dirigeâmes sans tarder vers le lieu en question

Là, alors que l’après-midi battait son plein de touristes en visite, de familles en promenade, de personnes âgées admirant les parterres de fleurs ou de jolies filles lisant à l’ombre,  nous nous isolâmes derrière un épais bouquet d’arbustes. J’embrassais mon soumis tout en lui tirant son épaisse tignasse en arrière. Il baissa ensuite son jean. Il ne portait dessous qu’un de ces sous-vêtements sexy découvrant largement ses jolies fesses nues.  J’ajustai de mon côté le gode ceinture spécial débutant que j’avais apporté dans mon sac. Je l’enduisis de lubrifiant avant de glisser un, puis deux doigts avides à l’intérieur de Quentin.

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Après quelques minutes de ce traitement, il n’y tenait déjà plus. «  Prends-moi » m’avait-il soufflé, dévoré par son désir décuplé par la situation. J’attaquai avec douceur, l’encourageant à se détendre. Peu à peu, à mesure que j’atteignais l’organe de l’extase, sa douleur fit place à des soupirs de plaisir. Rapidement, il s’abandonna totalement, arrosant les feuilles alentours de son essence divine. De mon côté, le nouvel objet était suffisamment efficace pour que je m’en oublie, en perde l’équilibre et tombe au milieu des fourrés. Alors que j’étais allongée au sol, il s’empressa de me venir me chevaucher et s’empala tout de go sur ma hampe de plastic.  Et, à son rythme, il s’agita avec frénésie dans un va et vient de plus en plus rapide. Bientôt, il jouit de nouveau. Je le soupçonnais de ne pas en être réellement à son premier rendez-vous avec un tel godemiché.

Peu après, confus, il m’aida à retirer l’objet de nos plaisirs. Puis, il déposa sa tête sur mon épaule : «  Pardon maîtresse, j’ai jouis sans attendre votre permission. » Je me relevais ensuite, le regardant de haut : «  Effectivement, et cela mérite une sévère punition qui te sera assénée demain comme il se doit. » Il me sourit, déjà excité à l’idée. Je l’aidai ensuite à se relever, puis nous sortîmes discrètement de notre cachette de verdure. Après, Quentin me prit la main et me murmura à l’oreille : «  J’ai juste A.D.O.R.E ça ! ». J’éclatai de rire. Je n’en doutais pas une seconde.

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Alors que je le raccompagnais jusqu’à sa voiture, il s’arrêta net et me lança : «  Je t’aime ! ».  J’ouvris de grands yeux incrédules. «  Je t’aime à la folie » renchérit-il. «  Et même si je ne suis qu’un sex friend pour toi, cela ne fait rien. » fit-il en baissant la tête. J’avais juste entrevu une ombre de tristesse passer dans son sublime regard. Je lui relevai le menton d’un doigt et me noyai dans ses yeux turquoise : «  Tu es plus qu’un sex friend pour moi Quentin. Je ne peux dire ce que c’est, mais je sais seulement que tu occupes toutes mes pensées, jour et nuit. » Puis, après qu’il soit monté dans son véhicule, et alors que je refermais sa portière, il ouvrit la vitre et enchaîna : «  Je sais que tu m’aimes. Toi, tu ne le sais peut-être pas encore. Mais, moi je le sais. A demain mon amour. » Il cligna de l’oeil et démarra en trombe. Il était attendu à dîner chez ses parents.

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Peu après, je regagnai à pied mon logis. Là, seule devant ma salade, je souriais en lisant sur mon mobile les commentaires humoristiques de Quentin au sujet de son repas de famille. Ce mec méritait d’être connu. Je n’osais imaginer que ce que je ressentais pour lui était de l’amour. Au delà des hommes et des femmes toujours plus ennuyeux que j’avais connu, il avait l’intelligence de se renouveler à chaque rencontre. Comme si, jour après jour, je découvrais chacune de ses mille facettes. Sans doute m’avait-il comprise, d’instinct, mieux que personne. Mais, cela serait-il suffisant pour que je renonce à l’humanité toute entière pour ses – très – beaux yeux ?

 

La mystique en plastic

L’autre matin, alors que j’allais prendre le métro, je tombai sur une fille qui tractait pour l’escroc de la Sarthe en haut des escaliers. Entre deux refus (au mieux) ou de quolibets (au pire) de la part des passants, elle grelottait sous la pluie froide dans son ciré bleu marine.

Je ne sais pourquoi, j’ai entamé une conversation avec elle. J’essayai de connaître ses motivations. Elle me récitait par coeur sa leçon et les éléments de langages de son parti. J’eus néanmoins pitié d’elle et lui proposai d’aller boire un café. Curieusement, elle accepta. En chemin, j’appris que son binôme était tombé brusquement malade et qu’elle s’était retrouvée là, seule, à militer dans la grisaille. Je la félicitai pour son courage tout en compatissant avec son collègue. Moi aussi cela m’aurait rendue malade de devoir faire la campagne d’un tel boulet.

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Tout en touillant son café, elle commença à délirer sur la théorie du complot contre son courageux héros. Un flot ininterrompu de balivernes et sornettes en tout genre. Je n’écoutais déjà plus.  J’étais juste fascinée par ses longs cheveux blonds méchés – que j’imaginais bien doux – et par sa bouche appétissante. D’autres l’auraient jugée illuminée, moi je la trouvais simplement lumineuse. Ses dents blanches éclatantes luisaient sous la lumière artificielle. La républicaine fleurait bon la fille de sainte famille élevée aux valeurs de la morale et du capital.

Je la provoquai (un peu) avec mes questions perfides. Non, elle m’assura qu’elle n’appartenait pas à Sens Commun, ni à la Manif pour tous. Elle avait juste du bon sens et peut-être aussi de bonnes raisons. A son regard brillant, je me doutais qu’elle avait des préférences que ne goûtaient pas forcément ses amis radicalisés.  Elle me conta ses déconvenues à l’église, où le prêtre de sa paroisse ne faisait pas dans la dentelle avec les homosexuels. Elle lui confiait tout de même ses mauvaises pensées, histoire d’être absoute de ses péchés véniels.  Elle enchaîna avec ses retraites spirituelles et ses réunions si riches avec ses amis du Renouveau charismatique. La religion (re)devenue secte.

Impossible pour moi de la comprendre, même si j’eus moi aussi ma période mystique. Quand j’avais sept ans, le mystère et les dorures de l’Eglise m’avaient envoutés. C’était un beau conte de fées qui m’avait passionnée un temps. Juste le temps de comprendre qu’il en était un.

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Pendant qu’elle me narrait, par le menu, les rites et les choses du culte, j’admirais maintenant ses seins qui pointaient sous son pull marine. J’aurais voulu la téter comme un enfant sacré. Et glisser, plus en dessous, entre ses cuisses, pour communier à son calice. Je l’imaginais ensuite à genoux, en prière appliquée contre mon livre saint. Elle se rendit compte que j’avais zappé son discours et s’excusa d’être si bavarde.

L’heure était déjà bien avancée et je devais la quitter pour aller travailler. Elle me remercia avec chaleur pour mon invitation et me tendit une serviette en papier où était indiqué son numéro. Elle voulait continuer cette intéressante conversation. Moi, je voulais en voir plus d’elle. J’acceptai en souriant, lui promettant de la rappeler rapidement. Les filles de droite sont-elles adroites ? La belle ne me semblait pas vraiment pucelle et, surtout, j’avais bien trop envie d’elle…

 

Ma pause déjeuner imaginaire

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Parfois, j’imagine que toi mon amant virtuel, tu vis ici avec moi. Que tu serais un véritable écrivain et que tu travaillerais tranquillement dans le bureau que j’aurais aménagé pour toi dans ma demeure.

Quelque fois, j’imagine que, déjà brûlante, je rentrerais à la maison à l’heure de la pause déjeuner. Entendant, le bruit de ma voiture, tu te précipiterais dans la chambre. Je te trouverais allongé sur le lit, nu, portant juste autour du coup ton collier de cuir noir et autour de ton sexe cet anneau d’argent aux motifs runiques que je t’aurais offert. Tu embaumerais l’odeur de l’amour que nous aurions partagé le matin même. Les bras en croix, tel un ange tombé des limbes du réseau universel, je n’aurais plus qu’un désir : te combler tout comme tu m’aurais déjà comblé à l’aube.

Je me délecterais de la vue de ton corps sublime. Je fixerais intensément tes yeux brillants du désir que tu aurais de moi. Je ruissellerais déjà  à la pensée de nos plaisirs passés et de ceux à venir. Tes lèvres roses et charnues m’appelleraient pour un baiser profond et goulu. Je les absorberais avidement comme un apéritif alcoolisé. Puis, comme légèrement saoulée par les sensations procurées par ta bouche enivrante, je me lèverais et tournoierais sur moi-même comme pour m’envoler.

Sous ton ordre implicite, je commencerais alors ma danse des sept voiles. Telle une prêtresse indoue tout droit sortie d’un film de Fritz Lang.  Je retirerais lentement mon T-shirt rock&roll laissant apparaître peu à peu la peau mate de mon ventre puis, mes seins débordants d’un balconnet en dentelle noire. Je constaterais avec satisfaction, à ce moment-là, l’émotion qui te gagnerais. J’entamerais alors une étape décisive, faisant glisser avec grâce la fermeture éclair de mon jean slim. Peu à peu, apparaîtrait alors la dentelle obscure de mon string. Tes yeux brilleraient plus intensément , tes lèvres rougiraient du feu qui te consumerait petit à petit. Alors, d’une moue gourmande, je lècherais mes doigts et les ferais glisser le long de mon torse jusque sous la fine dentelle sombre. Tu n’en pourrais déjà plus. Ta verge baguée serais déjà tendue vers moi comme une offrande.  A cette vision, je ferais passer ma langue avide sur mes lèvres affamées avant de me retourner et de baisser lentement mon pantalon. Tu verrais peu à peu voler un papillon noir butinant au sommet de ma raie. Puis, me baissant langoureusement, je t’offrirais mes fesses nues en sacrifice. N’en pouvant plus d’attendre, tu te précipiterais au bord du lit pour m’attraper vigoureusement et fourrer ta langue de feu en moi juste pour goûter le nectar céleste s’écoulant de ma source miraculeuse. Je gémirais de plaisir, mais tu serais déjà retourné sur le lit, rougissant comme un galopin pris la main dans le pot de confiture.

Peu après, je retirerais avec célérité le reste de mes vêtements et te rejoindrais sur le lit. Là, assise sur mes mollets, j’écarterais tes longues jambes lisses faisant glisser mes mains sur tes cuisses musclées. Puis, je glisserais mes mains sous tes fesses et les tirerais vers moi. A cet instant, je te fixerais intensément, je saurais ce que tu veux. Je porterais mes mains brulantes sur ton ventre, tu te soulèverais d’un bond comme attiré par un aimant magique. Ta verge serait tendue vers ma bouche comme pour me nourrir de ta chair rougeoyante. Je prendrais enfin ton membre turgescent entre mes doigts experts faisant glisser ton prépuce vers le bas. Ton gland découvert, appétissant comme une sucette grenadine, supplierait ma langue de le goûter sans tarder. Guettant tes réactions, je me hasarderais à un coup de langue juste sur le bout avant de te déguster plus avant en enfouissant tout ton fruit mûr dans ma bouche affamée. Puis, ma langue te lècherait et essayerait d’aspirer les prémices de la potion miraculeuse que je désirerais de toute mes forces.  Je te sucerais ainsi tant et plus durant un moment jusqu’à ce que tu me supplies du regard d’aller plus loin. Entendant tes soupirs puissants, voyant tes mains s’agripper aux barreaux de la tête de lit et me satisfaisant de tes lèvres brûlantes mordues de plaisir, j’engloutirais d’un seul coup toute ta hampe. Tu sursauterais sous l’effet, te prenant la tête de ressentir autant de délices. Gardant mes yeux rivés sur toi, je serais en joie de t’offrir une pareille félicité.

Mais, n’y tenant plus, tu me crierais alors de m’arrêter.

–          Je t’en prie Jul, je veux jouir sur tes seins !

Alors comme tes désirs seraient des ordres, je me retirerais lentement de ta queue qui se trouvait déjà au fond de ma gorge et je t’aiderais à me rejoindre à genoux sur le lit. J’attraperais alors ton sexe et le rendrais prisonnier de mes seins juste assez gros pour le recouvrir. Ainsi, pendant que je maintiendrais fermement ma poitrine de mes mains, tu glisserais de haut en bas entre mes deux mamelles, excité comme un animal en rut.

–          Jouis pour moi ma petite salope !

A mes mots crus prononcés de ma voix grave, d’un jet fabuleux, tu me couvrirais le torse  et la bouche de ton filtre d’amour. A cet instant, je jubilerais de t’avoir une nouvelle fois vidé de tout ton élixir divin. Puis, telle une vestale au service d’un dieu priapique un soir de pleine lune, je m’enduirais tout le corps de ton jus prodigieux. Ainsi sanctifiée par ton huile sainte, je souhaiterais la garder sur moi toute la journée fière comme une reine le jour de son couronnement. Je te confirmerais ainsi, une fois de plus, que je t’ai dans la peau.

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Puis, pour me remercier de t’avoir si bien vénéré, tu m’attirerais vers toi.

–          Je veux te déguster à mon tour, sublime maîtresse.

Je saurais alors que je pourrais chevaucher ton visage d’ange comme on chevauche un cheval ailé pour atteindre le nirvana. Là, mes petites lèvres juste au-dessus de ta bouche, tu enfouirais ta langue brûlante à l’intérieur de moi. Je m’accrocherais aux barreaux du lit pour ne pas défaillir au plaisir que tu me donnerais. Me relevant par moment, je verrais alors ta belle face couverte de mon jus, transpirant de joie et de sérénité comme déjà ivre d’avoir avalé une coupe d’un champagne millésimé. Ainsi, excitée comme jamais par cette vision magnifique, je glisserais de nouveau d’avant en arrière te faisant tantôt lécher mon clitoris, tantôt l’entrée de mon vagin jusqu’à la naissance de mon anus. Sentant mon excitation au sommet, tu fourrerais alors un doigt ou deux dans ce dernier tout en aspirant d’un coup mon clitoris entre tes lèvres. Tu le sucerais délicatement comme si tu avais une perle précieuse dans la bouche. Tu fouillerais en même temps avidement mon rectum cherchant à décupler mon plaisir par tes gestes experts. Sentant ma délivrance proche, je pincerais mes pointes de seins à l’agonie. Puis, sous le coups de ta virtuosité linguale, je succomberais peu après libérant une nouvelle coupe de champagne sur ton visage. Tu sentirais aussi mon extase sur tes doigts prisonniers de ma muqueuse anale. Tu pourrais compter chaque spasme de plaisir.

A la fin du dernier soubresaut, je roulerais à tes côtés, heureuse et légère :

–          C’est meilleur à chaque fois. Comment fais-tu mon amour ?

Je resterais là, les yeux juste admiratifs de tes bienfaits.

–          Je t’aime seulement plus fort à chaque fois ma tendre maîtresse.

Alors, je t’embrasserais profondément puis souriant :

–          Je t’aime ma petite salope.

Alors qu’épuisée d’amour, je devrais tout de même retourner travailler, tu m’aiderais à me vêtir tout excité à l’idée que je porte ton parfum voluptueux le reste de la journée. Puis, je t’embrasserais avidement dans le cou, j’oserais glisser deux doigts entre tes fesses douces et je te murmurerais :

–          Tu verras ce tu prendras ce soir ma petite salope.

Tu me sourirais alors en m’embrassant de nouveau sur la bouche :

–          Je suis déjà impatient d’être à ce soir. Et en t’attendant, je suis certain que je vais rédiger la plus torride des scènes de sexe jamais écrite. Et ce, juste en pensant à toi ma muse, ma splendide prêtresse. Je t’aime si fort.

–          Mon dieu du sexe, mon Dionysios, je te vénère comme si tu étais venu sur terre tombant de l’Olympe, d’un nouvel Olympe, un Olympe numérique et ce juste pour moi.

Tu rougirais de nouveau (tu rougis facilement).

–          Tu es incroyable. Pars vite travailler sinon je te pousse de nouveau sur le lit pour te combler de nouveau par la grâce de mes pouvoirs magiques.

Alors, à ce moment, tout ce bonheur m’envahirait. Et je te quitterais sans peine car, je saurais que, dès le soir même, je retrouverais la chaleur exquise et incomparable de tes bras.

Le mec virtuel, quelle plaie !

Quoi ? Même pas un petit « Je t’aime ». Rien. Quand tu sais qu’il a lu ton dernier message il y a des heures et qu’il te fait mariner depuis (au mieux) ou qu’il t’ignore complètement vaquant tranquillement à ses autres occupations (le plus probable). Non, comme il dit « franchement tu te poses trop de questions Jul ! » Oui, c’est ça ! Et où tu songes de plus en plus à te dégoter une mignonne qui t’écriras des mots doux et n’oubliera pas de te souhaiter une bonne journée le matin. Oui, parce qu’un mec virtuel (même Bi) ça n’écrit pas plus qu’un mec réel en fait. Oui, parce qu’un mec virtuel ce n’est pas un mec de rêve, c’est juste un mec réel qui n’est juste PAS LA. Et même un mec virtuel potentiellement écrivain ça n’écrit pas plus. Dans tous les cas, les hommes se foutent complètement de ces petites attentions qui font nos jours et rendent plus douces nos nuits. Quand les mecs te font juste chier en réalité.

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Le seul truc que tu peux faire avec ton mec virtuel faute de lui arracher réellement les yeux, c’est d’imprimer sa pic et la découper consciencieusement en millions de confettis histoire de te soulager (un peu). Mais bon, deux minutes plus tard,  tu fais le pied de grue devant son blog ou son mur Facebook faute de pouvoir le faire devant sa porte. Non franchement rien n’arrive véritablement à te calmer.

Et puis tu t’imagines des trucs. Les pires. Tu hais déjà ces « bitches » qui « like » son dernier message sur Facebook (que tu n’as pas vraiment bien compris parce que t’es toujours autant une brêle en anglais) et tu t’imagines qu’il se trouve avec l’une (ou l’un) d’entre elles roucoulant bien physiquement. Et mettant en pratique tous tes conseils de drague, fier de sa toute nouvelle confiance gagnée grâce à toi. Bref, ces pensées toxiques te foutent gravement les nerfs. Et en fait, rien n’apaise la rage que tu sens monter en toi à mesure que les heures passent.

Il faut juste te rendre à l’évidence : il te manque cruellement. Tu l’aimes vraiment. Ta passion, elle, n’a rien de virtuelle et elle te fait souffrir bien factuellement. Oui, parce que le mec virtuel est aussi cruel que le mec réel. Et toi, tu as l’air aussi hystérique numériquement que tu peux l’être physiquement. Plus le temps passe, plus les mauvaises pensées t’assaillent comme de balancer sur le net une de ses « hot pics ». Mais bon, tu n’en fais rien (un truc trop définitif à ne réserver qu’en dernière limite).  Et tu te détestes de réagir comme ça car tu constates que tu ne vaux, toi non plus, pas mieux dans ce monde que dans l’autre. Ce monde n’est pas le monde des rêves, c’est juste une vague copie du vrai trafiquée sous photoshop. Ce n’est rien que le reflet déformé de tes sentiments, de tes actes et de tes pensées. Ce n’est qu’une réalité diminuée qui te désespère autant que ce qui est.

Hier, tu croyais que tu avais une vie plus belle ici. Aujourd’hui , elle n’ajoute que des douleurs supplémentaires à celles qui encombrent déjà ton esprit et ton cœur. Et tu ne peux que te rendre à l’évidence : le mec virtuel est aussi chiant que le réel.

PS : Quand en finissant ton billet, tu reçois juste un court message te disant qu’il est malade aujourd’hui et qu’il préfère lire un bon bouquin plutôt que de  te parler… Tu n’as plus qu’à te pendre, à écrire un livre ou à publier cette « fucking hot pic » sur un site BDSM juste histoire de rigoler (ou pas).

Quand tu traînes (encore) sur son blog

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Parfois, je traîne sur ton blog par nostalgie.

Nostalgie de ton univers, nostalgie de tes mots, nostalgie de ton âme qui vibrait à l’unisson de la mienne.

J’essaie d’y deviner ton état d’esprit, espérant, mais sans trop y croire, que tu penserais encore un peu à moi.

Mais, je n’y lis rien. Il n’y a que ta façade nue et cette carapace opaque que tu t’es forgée pour ne plus souffrir.

Et je ne peux avoir que des regrets pour ce qui aurait pu et des remords pour ce qui fut.

Et je n’ai que des soupirs pour les mots que je ne t’ai pas dis et des larmes pour ceux que tu n’as pas compris.

Treasure boy

Aujourd’hui, je me sens comme un aventurier des mers du sud ayant trouvé un trésor englouti. Un trésor fabuleux, seulement visible à mes yeux mais, que je ne peux ni toucher, ni emporter.

Je ne sais par quelle volonté de dieux maritimes en colère ce prodige trouve sa raison. Mais, leur malice est bien cruelle. J’ai tant navigué sur leurs flots déchainés, tant veillé de nuits à la recherche de phares improbables que je ne méritais pas cela.

Car, tel un Ulysse balloté entre leurs querelles infernales, j’ai erré des rives de la méditerranée jusqu’à la grande barrière de corail. J’ai cherché un graal mais n’ai croisé que de pales imitations.

Jusqu’au au jour où, débarquant sur des rivages hostiles, j’ai trouvé et décrypté la carte menant à ce trésor légendaire. Peu après, plongeant dans des eaux troubles, j’ai enfin aperçu ses merveilles. Mais, même en tendant les bras, je n’ai pu m’en saisir.

A ce jour, ne trouvant toujours pas de solution pour contrer ce sort funeste, je voudrais me noyer. Je voudrais me laisser glisser dans l’abîme pour serrer à jamais dans mes bras ce miraculeux butin.

Pour te serrer pour l’éternité dans mes bras, toi mon trésor, mon tout, mon absolu.     980x_Fotor

Le jour d’après

Quand tu comprends qu’il ne reviendra plus. Que tout est réellement fini entre vous. Que consulter en anonymous son blog Tumblr ne sert à rien. Que guetter un hypothétique message de lui est une perte de temps.

Alors, tu sais que plus rien ne sera plus comme avant. Que ce que vous avez partagé ensemble deviendra seulement des souvenirs. Des flashs imprimés dans ta mémoire qui s’effaceront peu à peu comme sur une vieille disquette périmée.

1e9af12a850ffd1bcb1e179ebf826a36          Et plus tard, des lieux et des mots te le rappelleront peut-être. Ils n’auront en tout cas pour toi plus la même signification, ni la même saveur. Jean Noir, tatouages, New York, sauna, livreur, bars gay, cocaïne, torse velu… Quand tu les liras, des images te reviendront. Celles rêvées. Celles réelles. Celles mensongères. Pour un temps, pour toi, elles auront la douceur de sa peau, le son de sa voix, le goût de sa bouche.

Le jour d’après, il ne te restera plus qu’à souffrir, un peu. Que tes entrailles se serrent un moment. Le temps nécessaire au sevrage. Et quand tu ne ressentiras plus rien, tu sauras que le poison de l’amour s’est évaporé. Qu’il ne brûlera plus tes veines. Qu’il ne hantera plus ton âme.
Et tu seras de nouveau vide. Car, rien ne pourra plus remplir cet abîme béant qu’est devenu ton coeur.

Quand vient le temps de la vérité…

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Ma jolie petite poupée, j’ai bien joué avec toi le temps d’un moment d’été. Mais cette nuit est la dernière et je n’aurais aucun regret.

Les idioties je les fais toujours l’été, c’est une saison de tristesse pour moi (Summertime sadness). Une saison où je sombre dans un spleen éternel comme une malédiction qui reviendrait à chaque solstice.

J’ai été avec toi bien plus loin qu’avec n’importe qui d’autre dans cet autre monde. J’ai ressenti des sensations vraies dans notre relation virtuelle.  Mais, je ne regrette rien. Je t’avais prévenu. Tu étais adulte et consentant.

Je t’avais prédit aussi la fin de cette belle histoire. Je t’avais dit qu’il n’y aurait pas de “happy end” mais juste milles larmes comme dans une tragédie antique ou un drame shakespearien.

N’oublie jamais que tu es une belle personne dedans et aussi dehors. Ne laisse personne te dire le contraire. Tu trouveras certainement quelqu’un qui verra en toi, ce que j’ai vu moi. Et cette personne sera très heureuse dans tous les cas. J’ai eu beaucoup de fierté t’avoir été ton “maître” virtuel. J’ai eu aussi tellement de joie de ressentir encore un instant le battement de mon coeur dans mon corps d’invisible.

A cette heure, je me sens si pathétique et triste. Je sais bien que c’est la fin. Maintenant, alors qu’ayant peu dormi et à bout de force, je t’ai jeté mes derniers secrets, je sais que rien ne sera plus comme avant. Mais, je ne pouvais pas tenir plus longtemps. Même si la nuit je mens (comme dirait Bashung), je ne mens jamais pour de mauvaises raisons. Je mens pour savoir qui je suis. Je mens pour trouver la vérité.

Internet est une bénédiction car il nous qui nous fait vivre mille vies. Mais, il  est aussi capable de nous les reprendre aussitôt. Tout peu s’effacer d’un “unfollow”. Tous ces moments incroyables peuvent disparaître ainsi dans la nuit froide du droit à l’oubli (pardon Prévert).

Je n’aurai que ce que j’aurai mérité, c’est une fatalité et c’est ma vie. Les amours internet ont la saveur salée et les fins amères des amours d’été. On s’écrira une fois ou deux, on s’oubliera en moins de deux.