Undercover

Comme un passager clandestin,
Un vrai agent sous couverture,
j’ai masqué quelle était ma vraie nature,
ce pour pimenter un peu mon destin.

Aujourd’hui, je ne sais plus qui je suis
de celui que j’ai choisi ou du réel
de celle que je suis ou du virtuel.
Confusion des genres, c’est facile ici.

Et j’ai brisé tous mes engagements
obligée de commettre des parjures.
Mes mensonges résonnent comme des injures
et tous mes mots frappent comme des reniements.

Pourras-tu un jour me pardonner ?
Je n’ai aucune excuse à avancer
seul l’ennui comme mauvais conseiller
et le défi, vouloir tout essayer.

Juste un besoin de tressaillir encore
dans le vide de mon existence banale.
En riras-tu, même si ça fait mal
de toute cette histoire d’attention whore ?

Net(tes) Impressions.  Mai 2014.

Dis raconte moi ton pseudo

De façon rėcurrente reviennent des articles de blog concernant l’anonymat des internautes.

Si certains s’ėlèvent contre cet anonymat synonyme pour eux de dėrives homophobes ou racistes à l’instar des hashtags répugnants qui sévissent sur Twitter, d’autres y voient une liberté indissociable du net. D’autres gardent leur pseudo car il fait partie intégrante de leur identitė virtuelle et de leur histoire dans le monde numérique.
Ainsi, sans vouloir y cacher des choses plus que de raison, ils y cherchent une liberté de s’exprimer dégagée de tout jugement lié à la catégorie sociale, au genre ou à l’âge.
Ils ne souhaitent pas non plus être quelqu’un d’autre. Personnellement, ma bio me résume. Je n’ai rien caché de mon genre, ni de mon métier, ni de mes goûts. J’ai juste gardé un nom que j’ai choisi au fil du temps passé sur le Web. Il est la somme des mes expériences, la carte de visite de ma prise de parole numérique. 
Comme je l’ai déjà écrit, j’ai pas mal déconné lorsque j’ai mis les pieds sur le net. J’ai joué de l’anonymat pour voir jusqu’où je pouvais aller. J’ai bien rigolé avec ça mais j’ai aussi frémi lorsque j’y ai croisé des gens masqués bien moins intentionnés. Alors, je me suis dit qu’il fallait que j’arrête la comédie pour être juste moi. Aussi, j’ai créé un compte Facebook à mon vrai nom. 
Cependant, bien vite, être moi voulait dire avoir des convictions politiques, vouloir aussi donner mon avis sur la gestion RH de mon entreprise…bref des tas de choses que tu ne fais pas sans conséquences plus ou moins graves dans ta vie réelle.  D’autant plus lorsque tu travailles dans le numérique où ce genre d’outils est fréquemment utilisé pour mieux te connaître (recruteurs, commerciaux, concurrence…).
J’ai donc pris un pseudo et ajouté un nom prénom tout aussi inventé. Mon identité virtuelle s’est construite de mes canulars sur un site où je me nommais  » Jul » .  Je l’ai juste féminisé pour devenir Julia. Pour le nom, j’ai repris la signature apposé au pied d’un témoignage qui avait fait la une d’un site info online. Le journaliste avait repris en l’état mon long commentaire sous un billet et l’avait inséré dans un de ses articles. Ma plus grande fierté à ce jour.
Maintenant, cette identité, c’est moi, ici. Je signe partout de ce même pseudo. Je ne joue plus aucun rôle, j’y vis seulement.

Twittos, mythos et fachos

Depuis que je suis sur le net, je constate tous les jours que la réalité dans ce monde là est bien différente de celle de l’autre.

Ainsi, l’anonymat aidant, certains se créent des identités numériques bien éloignées de celles IRL. En effet, quoi de plus facile de de passer pour quelqu’un d’autre. Après tout, le net, ne connaît ni le genre, ni l’âge, ni le physique, ni la situation sociale d’un internaute. Ainsi, comme l’indique cet article sur les mensonges du net, les hommes mentent le plus souvent sur leur taille et les femmes sur leur poids.  On ne connaît de vous que vos écrits et ce qu’ils peuvent dire de vous. Sur le net, il n’y a simplement que de pures âmes naviguant sur les eaux de la toile.

J’ai moi-même joué de cette facilité pour essayer de comprendre le net, mais aussi pour avoir le plaisir de devenir quelqu’un d’autre. C’est une sensation comme de jouer au théâtre ou plus simplement de revenir à l’enfance. A une époque où tous les destins étaient possibles.

Ainsi, parmi les mythos de ma Time Line Twitter,  il y a cette @mariewalch qui se fait passer pour quelqu’un travaillant à Europe1 mais qui pourtant n’est connue de personne là-bas.

Il en va ainsi des innombrables fakes de personnalités connues qui pullulent sur Twitter.

Néanmoins, au delà des petits mensonges anodins de ces mythos rigolos, d’autres sont là pour mentir à dessein dans un but plus inquiétant.

Comme dans cette incroyable histoire narrée par un Twittos qui a croisé sur sa TL, une étrange jeune femme. Cette personne travaillait en fait pour une société qui analyse les réactions de gens sur Twitter. Quand un truc pareil vous arrive, il y a de quoi devenir parano (Cf. l’article on vous-observe-sur-twitter).

D’autres sont là pour semer leur venin. Comment ne pas parler de @Linformatrice, ce phénomène twitterien qui arriva comme un cheveu sur la soupe durant la torpeur estivale. Se faisant passer pour une journaliste obligée de garder l’anonymat, cette dernière nous balance à longueur de journée des infos de l’AFP relookées à sa sauce. Cependant, voilà au milieu de ses tweets se cachent ses propres convictions politiques nauséabondes.  Dès son arrivée, nous avons été nombreux à alerter sur « elle ». Depuis la semaine dernière le blogueur @antennerelais croit l’avoir démasquée et l’a largement fait savoir (Cf. @Linformatrice démasquée : c’était l’extrême droite). Pour lui c’est bien l’extrême droite ce que confirment certains des tweets de cette manipulatrice. Le phénomène survit encore sur le net mais ses propos ne sont plus que rarement relayés.

C’est que la manipulation est inhérente au web comme de tout média. Internet est un outil d’information comme peuvent l’être la télévision ou la presse. La seule différence, c’est qu’il est actuellement possible de contrôler les TV ou la presse mais qu’il n’est pas (encore) possible de contrôler le web (et c’est heureux). 

De ce fait, plus encore qu’IRL, il faut se méfier des inconnus. Même si écrire, génère une sorte d’intimité avec l’autre et donne peu à peu l’impression d’établir des relations proches, en réalité elles ne le sont pas. L’écran masque bien des choses et lorsqu’on se rencontre en réel, on comprend mieux la personnalité de l’autre. Le langage non verbal est très important, les gestes, la façon de parler, l’apparence… Sur internet, on a pas vraiment de repères même si on peut déduire beaucoup de choses de la manière d’écrire. Les risques de tomber sur un psychopathe sont très limités, il ne faut pas exagérer, mais il faut rester prudent. 

Au final, n’oubliez pas que vous êtes tout de même à l’abri derrière vos claviers. Là, c’est plus facile, si quelqu’un vous ennuie, bloquer le. Pour moi, les internautes ont tout intérêt à faire eux même le ménage avant que les autorités politiques ou économico/technologiques ne le fassent à leur place. Parce que là, au delà de la liberté des mythos ou des fachos, ce seront toutes nos libertés qui seront menacées.

Alors ici, comme ailleurs, ouvrez l’oeil (et le bon).